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Un
an après la signature de l’Accord Politique Global (APG),
nous avons approché le Secrétaire Général de la CDPA,
le Prof. Léopold Messan Gnininvi, l’un des
signataires dudit accord, pour faire avec lui l’état
des lieux. Il est en outre revenu sur le processus
électoral en cours et la question de l’impunité qui
fut l’une des revendications de ce parti lors des
pourparlers togolo-togolais. En sa qualité de
ministre d’Etat, ministre des Mines et de l’Energie,
il s’est également prêté aux questions relatives à la
crise d’énergie électrique au Togo. Lisez plutôt. |
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Le Prof.
Léopold
Gnininvi
A la signature de l'APG
le 20 Août 2006 |
Monsieur le Professeur, il y a un an que l’Accord
Politique Global a été signé entre les acteurs
politiques togolais dont votre parti. Quel bilan
faites-vous du processus démocratique au Togo ?
Nonobstant quelques difficultés dans la mise en œuvre
de certaines dispositions dudit accord, nous pouvons
dire que le bilan est loin d’être négatif. Un
gouvernement a été mis en place, une CENI conduit
dans la transparence le processus électoral, un
comité de suivi s’efforce d’aplanir les divergences
habituelles, etc. Nous voulons saisir l’occasion de
cette interview pour saluer le courage et la volonté
politiques de la classe politique togolaise qui a
choisi d’aller à l’essentiel en privilégiant
l’intérêt de la nation.
Mais la question du mode de scrutin a été mal réglée
ainsi que celle relative à la recomposition de
la Cour Constitutionnelle…
Le mode de scrutin de liste a été retenu à défaut
d’obtenir un consensus sur les autres modes proposés
par les uns et les autres. On peut regretter que le
mode de scrutin uninominal à deux tours ne soit pas
retenu. On peut aussi regretter les conditions dans
lesquelles s’est
déroulée la désignation des membres de la cour
constitutionnelle. Cela témoigne des diverses
résistances au changement.
Quelle appréciation faites-vous des opérations de
recensement qui viennent de s’achever ?
Le recensement s’est globalement bien déroulé en
dépit de quelques difficultés d’organisation au
début. Nous tenons à féliciter la CENI pour le
travail abattu. Mais nous ne devons pas oublier que
l’enjeu réel est la tenue dans de bonnes conditions
du scrutin. Pour cela, nous devons rester mobilisés
et vigilants pour que le jour du scrutin tout se
déroule dans de bonnes conditions.
Votre parti semble observer un silence par
rapport à un passé récent. La solidarité
gouvernementale en serait la cause ou la peur des
polémiques auxquelles se livrent certains partis
politiques?
Je ne sais pas de quoi vous voulez parler ! A la CDPA,
nous avons fait le choix de nous attacher à
l’essentiel et particulièrement aux intérêts majeurs
de la nation. Les polémiques stériles ne nous
intéressent pas. C’est aux Togolais, le moment venu
d’apprécier notre option politique. Nous leur faisons
confiance pour faire le bon choix lors des élections
prochaines.
La question de l’impunité est l’une des exigences de
la CDPA lors du dialogue intertogolais. Etes-vous
satisfaits de la façon dont cette question est
traitée ? Comment avez-vous accueilli le discours du
chef de l’Etat à Atakpamé le 28 juillet 2007 ?
Notre parti a salué cet engagement ferme récent du
chef de l’Etat sur la question de l’impunité. Nous ne
pouvons que l’appuyer. Notre souhait serait que nous
puissions faire du règlement de la question de
l’impunité une des priorités de l’actuel
gouvernement. Nous restons vigilants afin que cette
question qui est importante ne soit pas négligée. On
ne saurait en faire l’économie si nous voulons sortir
notre pays du cycle infernal de violences qui l’a
toujours caractérisé.
Il y a quelques semaines, les Togolais ont
accueilli avec joie une amélioration dans la
fourniture du courant électrique. Qu’est-ce qui
justifie cette situation ? Des dispositions
sont-elles prises pour éviter à l’avenir la même
situation désastreuse qui a porté un coût dur à
l’économie nationale ?
Le Togo connaît une amélioration dans les services de
fourniture de l’énergie électrique ces derniers
temps. Cela est dû aux pluies qui sont tombées sur le
pays et sur la sous région et qui ont permis une
alimentation en eau des barrages. Cela n’est que
passager. Pour éviter de connaître les mêmes
problèmes, nous sommes en train de prendre les
dispositions pour accroître la fourniture en énergie.
Nous espérons que le Togo connaîtra une évolution
positive dans le domaine.
Où en est-on avec le projet Gazoduc ? Le Togo, notre
pays serait-il réellement le mauvais élève qui
retarde l’avancement du projet selon certaines
sources ?
Nous venons de lancer le chantier. Nous sommes forts
pour inventer des rumeurs contre notre propre pays.
Le Togo n’est pas du tout le mauvais élève dans ce
domaine, au contraire, nous savons que ce gaz est
notre planche de salut et nous nous y accrochons.
Qu’en est-il du contrat de construction de la
centrale thermique avec Contour Global, la firme
américaine ?
Les travaux sont en cours. Nous attendons le
rendez-vous de juillet 2008 pour la livraison de
l’électricité.
Revenons à la politique. Est-ce que la CDPA sera
présente sur les 81 listes ? Avez-vous déjà réglé la
question des candidatures ?
Avec beaucoup de chances, nous ne connaissons pas les
mêmes tiraillements que vivent douloureusement
d’autres partis politiques dans le choix des
candidats. Nous avons fait le choix de la solidarité
au sein du parti. Nous serons présents dans toutes
les préfectures avec notre Logo « main dans la
main », symbole de la tolérance et de l’unité.
Nous sommes déjà prêts pour l’investiture de nos
candidats.
Vos détracteurs vous accusent de dénicher des gens
dans la diaspora pour en faire des candidats. Que
leur répondez-vous ?
La CDPA,
un des tout premiers partis de l’échiquier togolais,
a payé un lourd tribut pour l’avènement de la
démocratie et de nombreux camarades de la première
heure ont dû prendre le chemin de l’exil. Ceux qui
reçoivent l’investiture chez nous ne sont pas des
ouvriers de la dernière heure.
Qu’espère
la CDPA
en allant à ces élections législatives ?
Une alternance au pouvoir et un changement dans la
paix et l’unité afin de lancer enfin notre pays sur
la voie du développement.
Interview réalisée par Zeus A. et Didier Ledoux |