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15 Août 2006

[ 109: 11 Août 2006]  
Dans la perspective des prochaines législatives : Faure adresse un sévère avertissement aux députés RPT
 
 

L’un des principaux objectifs du dialogue intertogolais en cours est l’organisation d’élections législatives crédibles et acceptables par toutes les parties. C’est un passage obligé pour la reprise définitive de la coopération entre notre pays et l’Union Européenne. Il convient aussi de rappeler que l’actuelle Assemblée Nationale arrive à son terme dans un peu plus d’un an. Et selon la Constitution, « Les élections ont lieu dans les trente (30) jours précédant l’expiration du mandat des députés » (article 52, alinéa 2). C’est dans cette optique que certains députés qui n’ont plus rendu visite à leur électorat depuis qu’ils sont élus, ont recommencé par réchauffer le terrain. Nombre d’entre eux croyaient dur comme fer qu’ils allaient rempiler en 2007.

Sûrement qu’ils ont déjà changé leur fusil d’épaule. Puisque le jeudi 03 août dernier, il s’est déroulé à la Présidence de la République une rencontre entre le Groupe Parlementaire RPT et le N° 1 togolais Faure Gnassingbé. Au menu des discussions, les prochaines élections législatives. Selon nos informations, Faure aurait dit à ses interlocuteurs que les législatives s’approchent et que ceux qui savent qu’ils ne peuvent pas faire le poids dans leur circonscription respective donnent la chance à d’autres. Pour lui, les prochaines législatives seraient transparentes et qu’aucun dérapage ne serait toléré. Il souhaite que les impopulaires s’écartent pour permettre au parti de faire un bon score.

Rappelons que l’Assemblée Nationale n’est composée que des députés RPT après que l’opposition démocratique réunie au sein de la Coalition des Forces Démocratiques (CFD) eut boudé les législatives anticipées d’octobre 2007. La plupart des députés n’avaient pas eu affaire à des adversaires coriaces et s’étaient retrouvés avec des scores hitlériens.

EkouE  Pierre

 
Affaire Rosine Soglo-Faure Gnassingbé : On récolte ce qu’on a semé

Le confrère « La Trompette » dans sa parution N°007 du 08 août dernier rapportait un évènement insolite, sous le titre « Rosine Soglo a refusé de saluer  Faure Gnassingbé au Bénin ». Au-delà de l’affront subi par le « chef de l’Etat » togolais, ce scandale - c’en était un- devrait servir  de leçon au « jeune Président » pour se remettre en cause  et ainsi être en odeur de sainteté dans la corporation des grandes personnalités.

L’incident se passait le 1er août dernier à Cotonou lors des festivités marquant l’anniversaire de l’accession de la République du Bénin à la souveraineté nationale et internationale. L’ancienne Première Dame du Bénin, Rosine Soglo, pour marquer sa révérence à l’endroit des chefs d’Etat et personnalités présentes, les salua en leur serrant la main. Faure Gnassingbé s’attendait donc logiquement  que la Dame serrât sa main son tour venu. Il était loin de s’imaginer qu’une mouche pourrait la piquer à le snober. Mais c’est ce qui arriva. Sa main ferme, bien écartée, ne rencontra pas dans l’immédiat celle attendue. Ceci durant plusieurs secondes. La situation a été fort heureusement débloquée par le conjoint de la dame, M. Nicéphore Soglo qui, dans l’assistance, arriva à la dissuader, par quelques signes visuels et mimiques dont il a le secret. Elle s’exécuta, sinon la main ferme de Faure Gnassingbé, durant de longues secondes suspendue comme une épée de Damoclès aurait pu l’être jusqu’au retour de Jésus-Christ sur Terre… Et dans la masse des diplomates présents et des Béninois, des langues ont semblé murmurer : « C’est bien fait pour lui avec les cadavres qu’il a sur le dos ». Ce scandale a défrayé la chronique au cours de la semaine dans la presse béninoise.

            Il fallait s’y attendre, vu le charisme de la dame qui serait très influente au sein de l’opposition béninoise. Elle aurait certainement fait sienne cette assertion : « Quand on refuse on dit non ».

            Faure Gnassingbé  et ses disciples devront faire de cet incident une autocensure. Le respect et la célébrité, ça ne se mendie pas. Plutôt cela se mérite. Et par les actes que l’on pose, par la bonne impression que l’on donne de soi. Cela ne sert à rien de s’inviter aux rencontres internationales et s’afficher avec de grandes personnalités afin de se donner de grands airs. Le salut de Faure Gnassingbé ne se trouve pas dans les sommets « France à Fric », Cen-Sad, CEDEAO, UA, de l’ONU… Faure Gnassingbé ne sera vu que d’un mauvais œil quand il a fallu que l’on massacre mille de ses citoyens pour qu’il monte au trône. Et pire, malgré les recommandations des divers rapports établis de traduire en justice les auteurs et commanditaires de ces actes de violence, plus de 15 mois après les faits, rien n’est entrepris dans ce sens. Pire, en mars dernier, son Premier ministre fait passer un circulaire qui «ordonne » la cessation des poursuites. Et  les bourreaux passent des jours paisibles au pays pendant que leurs victimes qu’ils sont arrivés à faire fuir, croupissent toujours dans les camps au Bénin.

            Sur le plan de la gestion du pays, il ne convainc non plus. Il « s’encombre » des types qui ont desservi le pays aux côtés de son défunt père  durant 38 ans et entretient la même méthode  de gérance, lui pourtant qui se faisait  passer pour « un leader nouveau, un esprit nouveau ». Des esprits avisés tels François BOKO, rentré en disgrâce avec le clan  et Kofi Yamgnane l’avaient appelé à « oser prendre des réformes audacieuses » puisqu’il est  à la tête du pays. Mais rien n’y fit.

            Qu’il imite certains de ses pairs  africains. Faure Gnassingbé est  rentré dans le « syndicat des Chef d’Etat » avant Ellen Johnson Sirleaf du Libéria et Yayi Boni du Bénin. Mais ces personnalités ont été déjà reçues par l’Elysée. Pourquoi ses portes seraient-elles fermées  jusqu’à présent à lui qui est pourtant le fils de l’ami intime à Chirac ? C’est certainement pour ses manquements dans la gestion du Togo.

            Au demeurant, Faure et son bataclan doivent savoir que la réputation, c’est la résultante des bonnes actions que l’on mène. Il a beau voyager en Chine, Iran, Arabie Saoudite, sur Mars, Jupiter ou Pluton ; il ne sera pris au sérieux que lorsqu’il rimera avec la bonne gouvernance, ou  à défaut une gouvernance « acceptable ».

TINO Kossi

 
Détournement des dons destinés aux enfants démunis : La Secrétaire d’Etat Christine Agnélé mise en cause

Nommé au lendemain de la présidentielle controversée du 24 avril 2005, le Premier ministre Edem Kodjo a formé un gouvernement pléthorique de 30 membres que certains ont qualifié de « large union familiale et amicale ». C’est ainsi que le ministère de la Population, des Affaires sociales et de la Promotion féminine s’est vu adjoindre un Secrétariat d’Etat chargé de la Protection de l’Enfant et des Personnes âgées. Le premier est occupé par la militante de la CPP Dr Kanny Sokpoh-Diallo alors que le Secrétariat d’Etat a échu à l’ex-militante du CAR, Mme Christine Agnélé Mensah.

            C’est donc sous la tutelle du Secrétariat d’Etat que sont placées toutes les structures intervenant dans le bien-être de l’Enfant. Au sein de ce département, il y a par exemple la Direction Générale de la Protection de l’Enfance (DGPE) qui est un service technique qui récupère les enfants en détresse sur toute l’étendue du territoire. A en croire certaines indiscrétions, Mme la Secrétaire d’Etat a réceptionné tout récemment pour le compte de la DGPE un véhicule « Land Cruiser » offert par Plan-Togo. Mais ce véhicule n’aurait jamais été affecté au service en question. Elle l’aurait conduit directement à son domicile au Camp Général Gnassingbé Eyadèma et en aurait fait une propriété privée. Conséquence, il y aurait actuellement une vingtaine d’enfants qui attendent leur rapatriement.

            Par ailleurs, des informations recueillies ici et là font état de ce qu’elle serait au centre de détournements des dons destinés aux enfants démunis. « Il y a les dons mais on ne les voit jamais. Parfois, certains produits abandonnés à la douane sont remis à son département. Mais on ne sait pas où passent tous ces dons », se plaint un agent. Il se raconte que la plus grande partie des dons serait emmagasinée dans sa maison sise à Agbalépédogan au niveau du Bar Caméléon.

            « Si elle gérait bien son département, il devrait être renfloué de sous parce que c’est un département sensible », poursuit-il avant de s’emporter : « Elle seule fait tout : ministre -comptable - rédactrice de projet… ». Plusieurs sources indiquent qu’elle aurait rédigé entre-temps un projet de rapatriement des enfants réfugiés. Quand ce projet aurait été soumis aux partenaires, ceux-ci l’auraient jugé léger et auraient trouvé anormal le rapatriement des enfants réfugiés en pleine année scolaire. Le service technique n’était même pas au courant de ce projet.

            Aussi, à l’occasion de la Journée des Enfants le 16 juin dernier s’est-il passé quelque chose d’anormal. Grâce à un projet financé par Plan-Togo, une trentaine d’enfants sélectionnés sur toute l’étendue du territoire étaient à Lomé pour une manifestation. Mais les enfants n’ont pas été mis à l’aise et leurs encadreurs n’étaient pas pris en charge. Qui plus est, au lieu de chercher un bus pour les emmener à Lomé, elle a préféré faire ces navettes avec un véhicule familial qui a fait plusieurs aller-retour.

            Contactée par notre rédaction, Mme la Secrétaire d’Etat a balayé d’un revers de la main toutes ces accusations et déclaré que ces allégations ne visent qu’à la salir. A propos du véhicule offert par Plan-Togo, elle a reconnu l’avoir réceptionné mais l’a gardé pour faute de moyens pouvant permettre à son département d’engager un chauffeur. Et le lieu le plus sûr pour garer le véhicule est le Camp Général Gnassingbé Eyadèma. Mais malheureusement, sa voiture de commandement était tombée en panne et c’est seulement le jeudi 27 et vendredi 28 juillet qu’elle avait utilisé le véhicule offert par Plan-Togo. « Et voilà que les gens ont commencé à raconter des histoires. Ce véhicule, je l’ai gardé pour la DGPE et dès que nous aurons les moyens, nous engagerons un chauffeur », a-t-elle laissé entendre.

            A propos des allégations de détournement des dons, elle a fait savoir qu’elle fait tout dans la transparence et que le bien-être des enfants la préoccupe beaucoup. « Les gens croient que les dons réceptionnés doivent leur revenir », a-t-elle fait remarquer.

Z. A.

 

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