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11 Août 2006

[ 108: 9 Août 2006]  
Economie :  Les Indiens de WACEM volent et appauvrissent l’Etat togolais
 
 

Nous avons dans nos précédentes parutions mis à nu certaines dérives et abus auxquels certains étrangers sans scrupules, en particulier les Indiens se livrent dans notre pays. Tant que ces messieurs qui prennent le Togo pour un territoire conquis et qui se croient tout permis, se complairont dans leur attitude méprisante vis-à-vis des compatriotes, nous ne cesserons de les rappeler à l’ordre et d’édifier nos lecteurs à travers des enquêtes bien fouillées sur certaines faces cachées de ces manitous.

Dans cette parution, nous mettons un point d’honneur à montrer comment les Indiens pillent nos ressources. Comme tout le monde le sait, il y a à Tabligbo deux usines : WACEM installée en Zone Franche Industrielle et FORTIA CEMENT S.A installée en Zone Douanière. Toutes deux sont dirigées par la même direction générale occupée par des Indiens proches du PDG Prasad Motaparti. C’est le lieu ici de dénoncer quelques uns des systèmes de vol et de pillage organisés sur le site du travail. « Si le gouvernement togolais s’aperçoit des transactions et des rapatriements énormes de fonds qu’opèrent les Indiens de WACEM vers leur pays, nous Indiens, nous serons du coup chassés du territoire togolais », déclarait récemment un Indien mécanicien entré en disgrâce avec le PDG et qui a démissionné de son poste.

Selon nos enquêtes, les Indiens tirent  d’énormes profits de la mine de calcaire qu’ils exploitent sur le sol togolais. Ils réalisent des bénéfices annuels de plus de 20 milliards de F
CFA alors qu’ils se contentent d’offrir des dons insignifiants, parfois moins de 5 millions de F CFA à notre pays à coup de publicité médiatique.

Pour l’année 2005, à titre d’exemple, on indique que les Indiens ont eu à réaliser un bénéfice de 23 milliards de F CFA en dehors des fonds qu’ils ont rapatriés par le jeu de facturations fictives et de surfacturations.

Il faut préciser dans les détails que le minerai est vendu à l’état brut (calcaire non traité) à plus de
300 000 tonnes par an à FORTIA, au Ghana et au Burkina-Faso. A l’état clinker, plus de 1 700 000 tonnes par an sont vendus dans ces pays. Cependant aucune indemnité n’est accordée aux populations locales qui voient leurs cultures arrachées par les gros engins de la carrière qui ne fait qu’avancer du jour au jour sans gestion.

En outre, il fait état de ce que les Indiens achètent du carburant et des lubrifiants hors taxes mais ces carburants sont revendus sur le site de WACEM aux transporteurs presque au même prix que dans les stations d’essence créant ainsi la mévente au niveau des stations d’essence, des villes avoisinantes. L’Etat togolais, dans sa lutte contre la désertification et la déforestation a lourdement subventionné le gaz butane exclusivement prévu pour usage domestique dans le but de favoriser les pauvres populations togolaises. Triste sort, les Indiens de WACEM et de FORTIA CEMENT S.A se procurent ce même gaz butane en grande quantité pour usage industriel en matière de travaux métalliques. Ils jugent trop cher l’acétylène prévu normalement pour l’industrie et donc non subventionné.

Il faut également souligner que l’usine FORTIA CEMENT S.A voisine de WACEM s’est appropriée presque la quasi-totalité de ses pièces et matériels du magasin WACEM. Ces matériels transitent par WACEM sans dédouanement, alors que FORTIA est en zone douanière. Un portail clandestin sans contrôle permet d’opérer ces contrebandes, évitant ainsi le service douanier prévu par l’Etat togolais à l’entrée principale de WACEM. Sur tout un autre plan, il faut préciser que l’Etat togolais a formé et continue de former des milliers de diplômés pour qui, il s’efforce à créer des emplois pour réduire le fléau de chômage. WACEM et FORTIA CEMENT S.A, au lieu de constituer un de ces débouchés d’emplois pour les diplômés et populations togolaises, offrent plutôt cet atout aux Indiens d’ailleurs non qualifiés qui débarquent sans contrat de travail prévu par la réglementation en vigueur au Togo. Ils sont aujourd’hui plus de 150 expatriés à travailler avec des rémunérations spéciales, éliminant ainsi la chance à l’embauche des Togolais. Les travailleurs de nationalité togolaise sont en majeure partie recrutés à titre d’occasionnels malgré la permanence des postes qu’ils occupent. Ils sont payés à
1000 F CFA par jour sans primes, sans couverture socio médicale. A WACEM et à FORTIA CEMENT S.A, pour échapper au payement d’Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP) à l’Etat et aussi à la couverture des travailleurs, les Indiens utilisent  à basse main d’oeuvre et illégalement plus de cinq cent travailleurs à titre d’occasionnels bien qu’ils aient déjà fait plus de 2 à 6 ans aux mêmes postes (départements de production, de mécanique, de chargement, de mines etc.).

            Comme on le voit, l’hospitalité qu’offrent les Togolais est source de leur malheur. Il urge enfin que nous ouvrions les yeux pour lutter contre les pillages et détournements de notre patrimoine national.

Médard A.

 
« Plateau de la semaine » du dimanche dernier : Me Abi Tchessa ne maîtrise pas son ministère

Le leader du Pacte Social pour le Renouveau (PSR) qui fait partie des transfuges de l’opposition que la machine infernale du clan Gnassingbé a charriés au lendemain de la Frauduleuse d’avril 2005, le préposé à la Justice était l’invité de « Le Plateau de la Semaine » dimanche dernier sur la TVT. Au demeurant, le constat de sa non maîtrise de son ministère était patent et ses interventions sur l’actualité politique renforcent cette assertion que ces ex-opposants que le régime a débauchés ne sont que des «pantins».

            Il donna le ton de par ses déclarations concernant la libération en clando du pédophile français, le sieur Philippe Desmars, condamné en mars dernier à 5 ans d’emprisonnement ferme pour violence sexuelle sur une mineure togolaise. « J’ai donné des instructions fermes au Procureur de la République pour que la loi soit appliquée dans sa rigueur… pour que M. Desmars soit puni avec toute la rigueur de la loi. Il me semble que c’est ce qui a été fait… Sa libération, (heu…) peut-être que c’est une partie que je n’ai pas pu suivre », avait déclaré le fameux Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, avant de tenter de se justifier en ces termes : « Parce qu’il me semble que j’étais à l’extérieur lorsqu’il a été libéré ». Et depuis qu’il était de retour avant de débarquer sur « Le Plateau de la Semaine », le garant de la Justice n’a pas eu les éléments nécessaires pour éclairer les lanternes des Togolais sur ce dossier aussi particulier. Il n’y a peut-être qu’au Togo sous les Gnassingbé que de tels manquements peuvent être constatés. A supposer que c’est devant la presse internationale qu’il sort ces choses, ce serait une honte nationale. Dans ces conditions, c’est fort logique que le type ne maîtrise pas l’ensemble de son domaine, la Justice. Il a certes eu la présence d’esprit de diagnostiquer le mal de la Justice togolaise : « Les lois sont lacunaires au Togo, inadaptées, dépassées, non conformes aux conventions internationales ». La teneur du CV qui a été lu de sa personne en tout début d’émission devrait logiquement lui permettre de venir à bout de ces difficultés qu’il exprimait en ces termes : «  Nous avons trouvé la Justice dans un Etat assez difficile ». Mais c’est assez dommage qu’il cherche une échappatoire en osant postuler que « La Justice n’est pas plus corrompue que certains secteurs d’activités du pays ». Est-ce ça le langage d’un professionnel ? C’est ce qui explique que le gros dossier des violences d’avril 2005 qui ont coûté la vie à près de mille Togolais soit resté sans suite quand bien même les divers rapports recommandent des poursuites judiciaires contre les auteurs et leurs commanditaires. Comme son bienfaiteur, le Premier Ministre, il récupère le programme nation de modernisation de la Justice comme une action à mettre à l’actif de son département pour éviter d’établir un bilan creux et plat.

            Abordant l’actualité politique, on a tout de suite compris que toute personnalité qui est où sera à la mangeoire, quelles que soient ses origines politiques ne saurait garder son identité d’origine. La devise c’est « regarder dans la même direction ». Il n’a fait que professer dans la logique du régime en relevant que « Le dialogue en lui-même, en voulant brasser un certain nombre de points, il n’en a pas la capacité ; il n’a pas le pouvoir nécessaire pour prendre des décisions exécutoires ». Alors on se demande si les présents pourparlers ne sont pas un cirque, une pure diversion et du temps perdu. Que le séjour à la mangeoire change les gens ! « Nous devons accepter qu’il n’est pas nécessaire d’envisager la modification de la constitution en cette période », avait-il osé dire. On a eu de la peine à retrouver en ce personnage le président du PSR d’ il y a 15 mois. Pourquoi n’est-il alors pas nécessaire de modifier la constitution en cette période, Monsieur le Ministre ? Cela ferait-il changer le nom Togo en Bénin ou Ghana ? Est-ce quand même possible qu’on la modifie ? Ça ne devrait nécessiter que quelques minutes et le tour est joué puisque Charles Debbasch n’est pas encore mort et l’Assemblée Nationale n’est pas encore dissoute. Dans la nuit du 05 au 06 février 2005 après la « catastrophe nationale », ce n’était qu’une question de seconde. On avait fait de Faure Gnassingbé Président de l’Assemblée puis Président par intérim du Togo. Si le RPT accepte modifier la constitution, il le fera sans anicroche. C’est une question de volonté. On a eu l’impression que Me Abi Tchessa défend certaines positions politiques contre ses propres convictions ou celles de son PSR.

            On redoute fort qu’il ne change d’opinion lorsqu’il sera éjecté du gouvernement très prochainement. Pour l’instant, il a l’obligation de dire ce qui plaît à ses employeurs du genre « La sortie de crise finalement dans notre pays, ce n’est pas à travers des résolutions ou des signatures ; c’est à travers une élection démocratique normale, transparente, acceptable et acceptée de tout le monde… Et il me semble que la légitimité qui découlerait de ce scrutin acceptable et accepté, c’est elle qui aura pour mission fondamentale de mettre en œuvre les grands chantiers de réforme dont notre pays a besoin ». C’est la stratégie du régime, aller aux législatives anticipées, même s’il faut bâcler les questions essentielles.

            C’est peut-être vrai que « Dans un Etat, l’existence d’un système judiciaire promouvant le respect des droits de l’homme, la justice sociale, la protection des personnes et des biens constituent le fondement même de l’Etat de droit » et que « le chemin en réalité pour l’Afrique pour la sortie de la misère, c’est le chemin de la Démocratie ». Mais qu’adviendrait-il du Togo ou de l’Afrique si au lieu de faire réaliser ces nobles idéaux, les professionnels des droits et libertés optent pour la « podocratie », c’est-à-dire la politique du ventre ?

TINO Kossi

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

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