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Tout
commence à être clair pour les Togolais.
Le RPT qui monopolise le pouvoir, ne veut
rien lâcher. Ce parti étale lui aussi une
liste de désaccords pour tenter de flouer
l’opinion et mettre la pression sur les
partis de l’opposition notamment l’UFC de
Gilchrist Olympio. Parmi tous les points
inscrits à l’ordre du jour, le RPT n’a de
réserves que sur les réformes
constitutionnelles.
1) « Les points touchant à la constitution ne
peuvent être réglés que dans le cadre d’une nouvelle
Assemblée Nationale qui sera pluraliste »
2) « Dans le cadre des réformes
constitutionnelles à entreprendre par la nouvelle
Assemblée Nationale, le RPT propose une limite
supérieure de l’âge à la candidature aux fonctions
présidentielle à 65 ans »
3) « Le RPT propose que le régime politique actuel
soit revu afin de l’adapter au principe de l’unicité
de la fonction exécutive »
4) « Le RPT propose que soit porté à sept (07) ans
le mandat présidentiel afin de permettre au candidat
élu d’exécuter son programme de société ».
A l’analyse du point 2, on se rend compte que la
personne visée est incontestablement le leader de l’UFC,
Gilchrist Olympio et peut-être les autres leaders de
l’opposition démocratique. La plupart d’entre eux
sont dans la soixantaine et ne peuvent pas faire
acte de candidature si cette réforme du RPT venait à
passer. Le Directeur de cabinet de Faure Gnassingbé,
Pascal Bodjona, avait même annoncé les couleurs dans
l’interview qu’il a tout récemment accordée à RFI.
Ainsi, après avoir ramené l’âge minimal pour le
dépôt de candidature à l’élection présidentielle de
46 ans à 35 ans pour permettre au fils de succéder
au père décédé à 69 ans, le RPT veut désormais
bloquer le sommet à 65 ans pour empêcher la bande à
Gilchrist Olympio, Gnininvi, Agboyibo…. qui aspirent
au pouvoir d’y renoncer.
L’autre blague est le point 3 qui concerne le mandat
de 7 ans renouvelable. Et on nous dit que c’est pour
« permettre au candidat d’exécuter son programme
de société ». Que c’est rigolo ! Le
« mercenaire au col blanc », Charles Debbasch,
ne s’est-il pas associé à la rédaction de ces points
de désaccords ? Ça sent trop l’amateurisme. A ce que
nous sachions, le programme de société d’un candidat
est fait selon les types de mandat. A chaque type de
mandat, son programme de société. Un candidat qui
veut briguer le poste de Président de
la République
dont le mandat est de cinq ans, ne peut jamais
proposer un projet de société qui s’étendra sur
l’éternité. Son projet doit être conséquent avec le
temps qu’il passera au pouvoir et c’est en fonction
de ce qu’il a pu faire que le peuple lui
renouvellera ou non sa confiance lors des prochaines
joutes électorales. Aux Etats-Unis d’Amérique, au
Ghana, au Nigeria, le mandat présidentiel est de 4
ans mais aucun dirigeant de ces pays ne s’est plaint
que le temps était trop court et qu’il n’a pas pu
exécuter son programme de société. Que le RPT cesse
de se moquer des Togolais ! Si aujourd’hui, il faut
7 ans pour permettre au candidat élu « du RPT »
de réaliser son programme de société, demain, on
demandera aux Togolais un mandat de 15 ans et
peut-être plus tard 39 ans.
En outre, le RPT veut qu’on fasse un trait sur le
poste de Premier ministre. Ceci pour éviter que le
Président de
la République
partage son pouvoir avec un PM qui sera de
l’opposition.
Comme on le voit, le RPT a l’intention d’obliger l’UFC
à revoir ses revendications surtout celles
concernant les modifications constitutionnelles.
Après avoir opposé les partis de l’opposition, le
RPT fait aujourd’hui chanter l’UFC. Et cela risque
d’avoir une incidence sur la facilitation. Ne
sera-t-on pas tenté de ramener les discussions à ces
deux partis ? Des rencontres de Rome bis en somme ?
L’avenir nous le dira. Mais il est urgent que les
trois partis de l’opposition (CAR, CDPA, UFC)
enterrent la hache de guerre pour s’atteler à
l’essentiel : la conclusion d’un accord crédible
censé résorber définitivement la crise togolaise. |