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Liberté Hebdo

31 juillet 2007

[ 234: du 27 juillet 2007]  

Guerre de communiqués : La rupture définitivement consommée entre l’UFC et le CAR

Lors d’un point de presse tenu lundi dernier à son siège sis au quartier Lom-Nava à Lomé, l’Union des Forces de Changement (UFC) s’est prononcée sur les opérations de recensement après une semaine de leur démarrage.

« Le recensement électoral prévu par l’Accord Politique Global en vue de constituer un nouveau fichier électoral a officiellement démarré le lundi 16 juillet 2007. Après une semaine et à mi-parcours, il nous paraît indispensable de procéder à une première évaluation », annonce le communiqué qui porte le seing du Secrétaire Général du parti Jean-Pierre Fabre. Se fondant sur des rapports émanant de ses membres au sein des Comités Listes et Cartes (CLC) sur toute l’étendue du territoire, le parti de Gilchrist Olympio relève certaines irrégularités, défaillances et anomalies. Il indiquent entre autres que les premières journées ont été perdues, le matériel n’ayant pas été positionné dans la plupart des centres de recensement ; des kits livrés incomplets (cantines vides, défaut de batterie, défaut de groupe électrogène…) ou défectueux (imprimante, Webcam, scanner) ; des erreurs sont commises dans le déploiement des kits dans la mesure où certains kits se retrouvent dans des centres de recensement pour lesquels ils ne sont pas programmés, entraînant l’annulation des cartes émises et la reprise des opérations d’enregistrement ; les fiches d’identification, les cartes d’électeurs et autres consommables ne sont pas rationnellement répartis, entraînant des pénuries qui bloquent les opérations. A ces problèmes s’ajoutent les mauvaises conditions de vie et de travail des techniciens et opérateurs de saisie et l’ingérence des préfets dans les opérations de recensement. « Dans plusieurs préfectures, les préfets s’immiscent dans le processus de recensement. Selon les informations portées à notre connaissance, les préfets de Doufelgou, de Dankpen et du Moyen-Mono, MM Kadjma Di Rem, Dadja Manganawé et Djato Nadjindo Dana s’introduisent dans les centres de recensement, pour imposer l’enregistrement des étrangers et des mineurs, menaçant et intimidant les membres des CLC qui s’opposent à leurs manœuvres », souligne le communiqué qui fait aussi état de l’enregistrement des étrangers organisé par le pouvoir dans les préfectures de Wawa et de l’Oti. Après avoir demandé que ces préfets soient remplacés dans les meilleurs délais et suggéré des sanctions exemplaires à leur encontre, l’UFC annonce qu’elle introduira auprès des organes compétents, des recours en radiation de toutes inscriptions frauduleuses. « L’UFC affirme qu’elle tiendra le chef de l’Etat et le Premier ministre responsables de l’échec du processus électoral. Elle invite la CENI et le gouvernement à prendre d’urgence les mesures appropriées pour mettre fin aux fraudes », poursuit le parti avant d’ajouter qu’il « s’interroge sur la portée de certains propos de représentants de la communauté internationale faisant état du bon déroulement du processus électoral alors qu’ils peuvent ignorer les graves irrégularités dont celui-ci est émaillé ».

Au lendemain de cette sortie de l’UFC, le Premier ministère a rendu publique une mise au point dans laquelle il précise : « Dans la déclaration liminaire de son point de presse du 23 juillet 2007, l’UFC, avec son acharnement habituel à « VOIR TOUT EN NOIR », s’est plu à ressasser les manquements techniques relevés par tous les acteurs politiques aux premiers jours du recensement électoral ». La Primature tient donc à rappeler que l’UFC est co-organisatrice des élections à travers les deux personnalités qu’elle a désignées pour la représenter dans la CENI et dont l’une est chargée de la tâche primordiale de la gestion et du déploiement des kits et des autres éléments du matériel électoral. « L’UFC ne saurait donc se dérober à la responsabilité des manquements constatés dans la gestion des équipements  du recensement en pointant d’un doigt accusateur le chef du gouvernement », fait constater le communiqué de la Primature signé par le Directeur de Cabinet, M. Georges Aïdam. Enfin, « le gouvernement pour ce qui le concerne continuera à veiller en accompagnement de la CENI, à ce que les difficultés techniques constatées soient surmontées et ne puissent en aucun cas favoriser des inscriptions irrégulières ou empêcher un Togolais en âge de voter de se faire enregistrer ».

Commentaire
De tout ce qui précède, il est clair que le pont s’est rompu entre le CAR et l’UFC pourtant très proches dans un passé récent. Encore une fois, la mise au point signée par M. Georges K. Aïdam n’est pas une réaction du Premier ministère mais du CAR, parti politique, guettant des occasions pour régler des comptes à un adversaire politique. L’expression « VOIR TOUT EN NOIR » et écrite en lettres capitales sent la vengeance, le règlement de compte. Dans la déclaration liminaire de l’UFC, le chef de l’Etat et du gouvernement sont interpellés pour réparer certaines erreurs commises par les représentants locaux du pouvoir central. Les deux personnalités ne sont-elles pas les mieux indiquées pour faire entendre raison à ces préfets ? Qui plus est, ce n’est pas une correspondance qui est adressée au Premier ministre. S’il veut publier des mises au point à la suite de déclarations de chaque parti politique, il faut dire qu’il a du boulot. Avoir des membres au sein de la CENI ne signifie pas que le parti doit s’imposer l’omerta. Bien qu’un parti soit co-organisateur des élections ne signifie pas qu’il se confond à l’organisation et qu’il n’a plus le droit de se prononcer sur les dérapages. En Côte d’Ivoire, les acteurs sont parties prenantes des différents accords mais les partis  se prononcent individuellement quand il y a des couacs. Lors des élections passées, le CAR de Me Agboyibo était co-organisateur, c’est-à-dire ayant toujours des représentants à la CENI, mais il s’insurgeait contre les manquements de la CENI et mettait la pression sur le chef de l’Etat et de gouvernement. N’est-ce pas curieux qu’il prenne en mal aujourd’hui ce qu’il faisait lui aussi hier ? La politique c’est comme du tennis lancé contre le mur et qui vous revient.

En outre, l’UFC semble mettre plus l’accent sur les défaillances que  sur la mobilisation de la population à aller se faire recenser. A l’ouverture des opérations, c’est un communiqué mou et terne signé du Secrétaire Général appelant les populations au recensement qui a été fait. Il n’y a pas eu assez d’informations sur ce nouveau type de recensement. La partie visible de ses actions a aujourd’hui trait aux critiques. Et ce ne sont pas les critiques qui iront voter le jour du scrutin mais bien les populations qui ont besoin d’assez d’information et d’assurance.

Par ailleurs, au lieu de chercher à répondre du tac au tac à ses adversaires politiques, Me Agboyibo ferait mieux de jouer son rôle de Premier ministre en ayant son regard sur la gestion des affaires du pays. Il se focalise sur les « commérages » de parti politique et laisse le clan se partager les postes juteux du pays. Bien qu’étant chef de gouvernement, il n’a réussi à placer aucun de ses proches dans les sociétés d’Etat. Ceux-ci sont confinés à la Primature et dans l’entourage des ministres issus du CAR et retourneront au chômage au prochain ouragan. Pendant qu’il affirme attendre les élections pour tendre la perche à ses proches, le chef de l’Etat, lui, continue de nommer ses frères, ses amis et ses intimes à la tête des grandes sociétés. L’administration est verrouillée au nez et à la barbe du Premier ministre opposant.

R. Kédjagni

 
Processus électoral : Les raisons d’une prorogation du recensement électoral

L’opération de recensement  électoral enclenchée depuis le lundi 16 juillet est à sa deuxième et dernière semaine dans la zone A. Elle est censée y prendre fin dans 48 heures, c’est-à-dire le dimanche 29 juillet. Juste la première semaine bouclée, des voix se sont élevées pour exiger la prorogation du délai. Pour l’instant, ces appels n’ont eu aucun effet à la CENI. Mais quelles sont les raisons qui justifient et nécessitent une prorogation du délai ?

Le recensement par les kits a été choisi par les parties engagées dans le processus car on cherche à obtenir un fichier électoral fiable. « Les parties prenantes au Dialogue conviennent de faire procéder à un recensement électoral en vue d’obtenir un fichier électoral fiable », lit-on dans l’Accord Politique Global au point 1.2.5 consacré « Recensement pour la confection du fichier électoral ». Mais le déroulement sur le terrain n’inspire pas confiance, vu les ratés constatés.

Problèmes d’organisation
« Les premières journées ont été perdues, le matériel n’ayant pas été positionné dans la plupart des centres de recensement ; des kits sont livrés incomplets( cantines vides, défaut de batteries, défaut de groupe électrogène…) ou défectueux (imprimante, Webcam, Scanner), des erreurs sont commises dans le déploiement des kits. Ainsi, certains kits se retrouvent dans les centres de recensement pour lesquels ils ne sont pas programmés (par exemple EPP gendarmerie pour EPP Kodjoviakopé) entraînant l’annulation des cartes émises et la reprise des opérations d’enregistrement », a constaté l’Union des Forces de Changement (UFC). Ce que la Primature qualifiera de « manquements techniques relevés par tous les acteurs politiques aux premiers jours du recensement électoral ».

En effet, lundi 16 juillet début officiel de l’opération, très peu de centres avaient pu fonctionner à cause de ces ratés. La journée a été donc perdue pour la plupart de ces centres. Il urge que cette journée soit rattrapée. D’où la nécessité de proroger le délai.

D’autre part, des problèmes d’organisation se sont posés ça et là. «  Les fiches d’identification, les cartes d’électeurs et autres consommables ne sont rationnellement repartis, entraînant des pénuries qui bloquent les opérations », a constaté l’UFC, et de donner l’exemple des CRV (Centre de recensement et de Vote) du canton de Baguida (Adamavo, Dévégo, Akodéssewa etc) où les opérations sont « régulièrement » bloquées, « faute de fiches d’identification ». Cette situation vient s’ajouter à une autre : la lenteur manifeste des opérations due à la non maîtrise des kits par les opérateurs de saisie. Il a été constaté que nombre d’entre eux ne maîtrisent pas le clavier, ce qui fait qu’ils prennent  du temps pour saisir les renseignements d’un seul électeur. La plupart saisissent les données avec une seule main, ou le font avec les deux mains, mais à une vitesse de caméléon. « De plus, les techniciens ne sont pas dotés de moyens de déplacement leur permettant  d’intervenir rapidement lorsqu’ils sont sollicités pour réparer les pannes », note encore le parti de Gilchrist Olympio. Et justement, nombre de kits se planquent pendant plusieurs  minutes, voire des heures. Ces problèmes, ajoutés à celui de lenteur des imprimantes,  ne corsent que davantage la lenteur. Des kits censés servir à l’enregistrement journalier de 100 personnes font à  peine 50 % de ce chiffre.

Défaillance dans la communication
Il souvient aux Togolais que lorsque la CENI avait préalablement annoncé la date du 05 août pour voir tenir le scrutin, elle a par la suite programmé le recensement électoral pour la période du 08 juin au 08 juillet. A l’époque, M. Tozim Potopéré et ses amis n’avaient en aucun cas parlé de subdivision du territoire en deux zones, donc du recensement en deux phases. Cette date a été par la suite abandonnée. Et subitement, la CENI prendra de court la population en annonçant le 4 juillet le recensement électoral du 16 juillet au 17 août, avec comme pour nouveauté son déroulement en deux phases : du 16 au 29 juillet dans la Zone A (Lomé, préfecture du Golfe et certains chefs-lieux des 29 autres préfectures), du 04  au  17 août dans la Zone B qui concerne toutes les autres localités. Dans l’entendement de nombre de Togolais-incultes, e recensement durera pendant tout ce temps dans les zones. C’est justement ce que racontait un électeur au centre de l’EPC Nyékonakpoè. Voyant  la foule qui attendait, il fit savoir qu’il ne sait pas pourquoi il va perdre du temps à faire la queue, puisque le recensement «se poursuit jusqu’au 17 août.» « Je peux revenir à tout moment », a-t-il précisé.  Voyez-vous ?

Cette situation aurait pu être réglée si la communication a été entreprise un peu plus  tôt. C’est aujourd’hui que le gouvernement se rend compte qu’il est important de porter le message aux populations. On constate que les ministres, en petits groupes, sillonnent tout le territoire pour inciter les populations à sortir pour se faire enregistrer. Ceci a été malheureusement entrepris après que le recensement  a démarré. De l’avis des observateurs avisés, pour une meilleure mobilisation des populations, la norme aurait voulu que cette campagne de sensibilisation soit entreprise plusieurs semaines, voire des mois avant le début du recensement proprement dit, afin de motiver les Togolais.

La conséquence de ce manquement est que c’est aujourd’hui que les gens s’émeuvent pour à aller se faire recenser. Un tour dans les centres de vote et d’enregistrement à Lomé permet de s’en rendre compte. Les gens affluent et ce sont des queues interminables qu’on observe. Sans doute, bon nombre ne réussiront pas à se faire enregistrer avant la fin de l’opération dans la zone A programmée pour dimanche. Même si la CENI pense donner « des jetons » aux Togolais qui n’auront pas réussi à se faire  recenser afin de leur faire un recensement spécial, on aura à déplorer des pertes de voix.

Au demeurant, ces raisons sont assez majeures pour  pousser la CENI à proroger le délai de recensement. L’UFC a réitéré « son exigence de proroger la durée du recensement d’autant de journées perdues ». Avant ce parti, c’était le PDP qui lançait  cet appel, demandant « la prorogation du délai de recensement », tout comme Me Ajavon Zeus. A Ouaga vendredi, « le Comité de Suivi a invité la CENI à réactualiser son chronogramme pour tenir compte  de l’état d’avancement du processus de recensement électoral… ». Ces appels suffisent pour faire revenir la CENI à la raison.

TINO Kossi

 
La République sous Faure Gnassingbé : Après la FTF, Rock Gnassingbé parachuté au Port Autonome de Lomé

Voici presque six mois déjà que la presse a cessé de parler de Rock Gnassingbé. C’était depuis le 09 janvier, jour du congrès électif qui verra bouté du  siège de président de la Fédération Togolaise de Football le Lieutenant-Colonel. Le « Lion de Masséda » étant passé par là. Ses lamentations solitaires- le poste lui était sacré- n’auront  duré que six petits mois. L’homme vient d’être parachuté à la direction d’un secteur vital de l’Economie togolaise. Rock  est nommé Directeur Général-Adjoint du Port Autonome de Lomé. A l’instant même, il devrait occuper déjà son nouveau poste car la cérémonie de passation de service a été faite il y a 48 heures, mercredi donc.

« C’est un scandale ! C’est comme on tombe sur la tête au Togo ». Ce sont là les premières réactions d’un Togolais, lorsqu’il apprit la nouvelle. Ce genre de réaction n’est pas une exception. On ne peut qu’être scandalisé, quand on se remémore le passé récent de l’homme. Aucun argument ne milite en faveur de cette nomination, car, il a laissé  assez de plumes dans sa gestion précédente d’une moindre structure, la FTF.

            En effet, Rock Gnassingbé est arrivé à la présidence de l’instance dirigeante du football togolais en 1998. Au terme de son premier mandat en 2002, il a sollicité des électeurs qu’on lui accorde à nouveau confiance. Ainsi, de 2002 à 2006, il a fait ce que lui-même appellera « 2ème mi-temps». Que ce soit au cours du premier ou du second mandat, Rock Gnassingbé a fait  montre de comportements qui tranchent avec les qualités requises  par son nouveau poste.

            Au terme de son premier mandat, il n’a présenté aucun bilan financier. Personne ne sait donc comment il a géré les sous à lui confiés. Malgré cet état de choses,  il a été reconduit. Allez-y savoir par quelle alchimie. Il a surtout été éprouvé par sa « 2ème mi-temps ». Son trésorier, Tino Adjété n’a cessé de se plaindre d’être dépouillé de ses prérogatives. M. Adjété a signifié ne pas maîtriser les  décaissements faits. Il est accusé de signer seul les chèques, alors que les textes ne l’autorisent pas. Rock Gnassingbé aura surtout laissé des plûmes dans sa gestion des fonds alloués par la FIFA au Togo pour sa qualification pour le Mondial 2006.

            Il a géré seul les décaissements, les avances faites par la FIFA. Personne n’a vu les couleurs des fonds issus des partenariats que le Togo a noués à l’occasion de ce Mondial. Sa gestion solitaire des fonds a même traversé les frontières, et s’est révélée à la face du monde. Les joueurs ont été contraints d’engager avec lui un bras de fer,  menaçant même de bouder la rencontre contre la Suisse s’ils n’obtenaient pas satisfaction sur les primes. Il a fallu que la FIFA fasse une avance pour parer au plus pressé. L’instance dirigeante du football mondial n’aurait pas agi promptement qu’on aurait assisté à une première dans l’histoire de la Coupe du Monde de la FIFA, voir une équipe participante bouder une rencontre officielle. Même après la Coupe du Monde, les choses n’iront pas mieux. A cause de sa gestion opaque des fonds, des malversations financières, quatre de ses collaborateurs : feu Théodore Amégnran,  Winny Dogbatsè, Espoir Assogbavi et Tino Adjété, ont démissionné. Ce qui a convaincu la FIFA à s’ingérer dans l’affaire. D’où l’organisation du congrès électif du 09 janvier 2007.

            On serait dans un Etat Normal que Rock Gnassingbé ne serait pas nommé à un poste dans un secteur aussi vital que le Port Autonome de Lomé. Là-bas, ce ne sont pas des millions qui se comptent. C’est des milliards qui se brassent chaque jour. Et parachuter l’homme là peut lui faire retrouver les réflexes d’antan... Le Port est un secteur  de l’Economie qui a besoin de vrais gestionnaires pour le conduire. Malgré son importance, c’est pourtant Rock Gnassingbé que  l’ « homme nouveau » à l’ « esprit nouveau » a choisi.   Ainsi  va la République sous le Fils…

T.K.

 
Cour Constitutionnelle : Les membres élus n’ont pas encore prêté serment
 

Dans les dispositions de l’Accord politique Global (APG) signé le 20 août 2006 entre les acteurs  politiques togolais, il a été prévu des réformes institutionnelles. L’une de ces réformes exigées s’avère être la recomposition de la Cour Constitutionnelle pour la simple raison de son illustration négative de par le passé. Contre vents et marrées et suite aux diverses pressions, le pouvoir RPT a finalement cédé, acceptant de recomposer cette Cour Constitutionnelle hautement indispensable dans le processus électoral enclenché.

En effet, depuis le 24 mai 2007, l’Assemblée monocolore RPT  procéda à l’élection de ses six (06) membres devant  siéger dans cette institution. Il faut souligner que parmi ces membres élus,  figurent trois d’entre eux qui  siégeaient déjà dans la précédente. Il s’agit de MM. Maman-Sani Aboudou Salami, Kouami Amados Djoko et Aboudou Assouma. Pour les trois nouveaux venus, il s’agit de MM. Mipamb Nahm-Tchougli, Arégba Polo et Koffi Tagbé. La Présidence de la république nomma par la suite ses trois représentants. Les neuf (09) membres devant ainsi composer la Cour Constitutionnelle sont alors connus. Mais depuis près de trois (03) mois,  ceux-ci  sont restés sans prêter le serment. Selon certaines indiscrétions, « Il s’agit tout simplement d’un piège ». Pourquoi alors ? se demande-t-on. «Dans  ce cas de figure,  tant que les membres de cette cour ne prêteront pas serment, toutes les saisines préalables seront vaines. Elle est le juge de la constitutionalité de la loi et c’est elle qui garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques. Aussi, c’est elle qui est l’organe  régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs  publics. Donc vous voyez qu’elle a un rôle important à jouer en tout instant et surtout dans ce processus. Alors, si un petit problème d’ordre constitutionnel par exemple surgit aujourd’hui, il peut devenir une crise aiguë tant  qu’une réponse constitutionnelle   n’est  pas trouvée », nous a confié un juriste. « C’est très dangereux que depuis trois mois que les membres sont désignés, ils n’aient  pas jusqu’alors prêté serment. Le processus électoral en cours au Togo est à haut risque, d’où il serait  souhaitable que toutes les institutions  visées par l’APG soient  rétablies dans leur rôle à temps afin d’éviter des crises souvent engendrées par la mauvaise interprétation des textes en vigueur au Togo », a expliqué un autre juriste.

            Pourquoi cette institution n’est-elle pas installée jusqu’aujourd’hui alors que le processus électoral a démarré ? Se demandent nombre d’observateurs de la politique togolaise. « Cette situation  plus que alarmante fait croire à certains qu’il s’agit d’un acte malveillant pour faire perdurer la crise au Togo », a laissé entendre un pessimiste.

Contacté, Me. Abi Tchessa, Ministre chargé des Relations avec les Institutions de la République, estime que « ce serait chose faite dans les tout prochains jours », avant de poursuivre qu’il n’y a pas lieu de s’affoler pour rien. Il urge cependant que les autorités politiques fassent en sorte que cette inquiétude soit levée au plus vite afin de rassurer davantage les Togolais à s’impliquer dans le processus électoral déjà enclenché.

D.L.

 
Affaire de tentative de corruption d’arbitres : Tata Avlessi est attendu au Caire ce mardi

Le président suspendu de la Fédération Togolaise de Football, Tata Adaglo Avlessi est attendu dans la capitale égyptienne ce 31 juillet prochain. Dans son entourage, on annonce qu’il sera question pour lui de se prononcer sur l’appel qu’il a fait de la décision  du Conseil disciplinaire de la Confédération Africaine de Football (CAF) l’interdisant pour huit ans de toutes activités liées au football. Aussi, des sources proches du président de la Fédération Togolaise Football informent-elles que tata Avlessi sera accompagné au Caire par ses avocats dont un Français.

Mais au vu des déclarations contradictoires des arbitres concernés, il est fort possible que Tata Avlessi soit blanchi dans cette affaire de tentative de corruption d’arbitres lors de la Coupe d’Afrique des Nations des moins de 17 ans qu’a abritée le Togo. Déjà, certains parlent d’une conspiration qui serait orchestrée contre le président de la FTF suite à sa prise de position dans l’affaire de l’UFOA.

Tout compte fait, les choses se préciseront ce mardi, juste après le passage de Tata Avlessi et ses avocats devant le Conseil disciplinaire de la CAF. Puisque selon le code de discipline de la CAF, le président du jury d’appel rend sa décision sans délai et celle-ci est immédiatement exécutoire. Il faut noter aussi que selon les textes, c’est le jury d’appel qui statue en principe en dernier ressort. Mais dans les procédures, il y a également la possibilité d’un recours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) de Lausanne en Suisse.

Rappelons que Tata Avlessi ne reconnaît pas jusque-là les accusations portées contre lui, accusations qui lui ont valu une sanction en première instance  par le Conseil disciplinaire de la CAF.

Il faut aussi faire remarquer que cette sanction de la CAF a créé de sérieux problèmes au sein de l’instance dirigeante du football togolais.

En effet, à l’annonce de la décision, le 1er Vice-président de la FTF, Améyi Gabriel qui voue une haine viscérale à son président et qui par conséquent n’a participé à une seule réunion du Bureau Exécutif de la FTF s’est autoproclamé président avec le soutien de trois autres membres du même bureau. Les sept autres membres de la fédération qui, depuis l’élection du Bureau Exécutif le 09 janvier 2007, étaient restés fidèles à Tata ne se sont pas laissé faire. Selon eux, le 1er Vice-président qui a boycotté plus de trois réunions sans motifs valables est considéré selon le statut de 1994 comme démissionnaire. Et comme dans ce cas, les textes précisent qu’il faut donner l’intérim au doyen d’âge, les 7 autres membres l’ont confié à Lawson-Gallus Téyi, Conseiller au sein du Bureau Exécutif de la FTF.

Suite à ce bras de fer engagé par les deux camps, le gouvernement a provisoirement interdit d’activité la FTF et d’accès à ses locaux  à tous les membres du Bureau Exécutif. Un comité interministériel a également rencontré Issa Hayatou, président de la CAF à propos du règlement de cette crise. Selon les résultats de cette rencontre, une commission devrait être mise en place pour organiser de nouvelles élections à la FTF. La mise en place de cette commission a été effective hier et c’est au ministre Bernard Walla que revient l’honneur de la présider. Mais selon les indiscrétions, la FIFA serait contre cette idée et demanderait une application stricte des textes sous menace de sanction.

Rappelons que si on tient vraiment compte des textes, le 1er  Vice-président serait également écarté pour son absence à  plus de trois réunions. Là, Lawson-Gallus serait bien placé pour assurer l’intérim en attendant que la sanction de Tata Avlessi soit infirmée ou confirmée.

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