|
Liberté Hebdo |
30 juillet
2007 |
|
|
|
[
N°233:
du 27 juillet 2007]
|
|
|
|
Sempiternelle crise à la FTF
:
Il
faut tirer les leçons et éviter de tomber dans les
mêmes erreurs
La Fédération Togolaise
de Football est secouée depuis quelques années par
des crises récurrentes. La dernière, née de la
suspension du président de
la Fédération Togolaise
de Football Tata Adaglo pour cause de corruption
d’arbitres risque de plonger le football national
dans les abysses. |
|
Indubitablement, on tend vers de nouvelles élections
à la FTF puisque au niveau de la CAF,
on estime qu’il faut mettre fin à la crise et éviter
d’exacerber les querelles de personnes au sein du
Bureau Exécutif.
Si de nouvelles élections il devait y avoir, nous
pensons qu’il faut tirer les leçons du passé pour
ne pas commettre les mêmes erreurs. Certaines
personnes ont montré leurs limites et il faudrait
des garde-fous pour empêcher celles-là de revenir à
la FTF. Le
public sportif togolais veut voir de nouveaux hommes
à la tête de
la FTF,
des gens imbus d’expérience en matière sportive,
administrative et dans les rapports humains.
Autant Tata et Améyi ont montré par leur
arrogance, ignorance et impulsivité qu’ils ne sont
pas en mesure de réunir des hommes autour d’un idéal
commun. Tous ceux qui gravitent autour des deux
hommes doivent être boutés hors pour de bon. C’est
les mêmes qui ont conduit le football togolais à la
dérive dans l’équipe de Rock Gnassingbé.
Même si les statuts de la FTF
n’interdisent pas aux anciens membres de briguer de
nouveaux mandats, il urge que des balises soient
posées pour les en empêcher pour le bien de notre
football. On ne peut à chaque temps revoir les mêmes
personnes qui prennent en otage le football
national et le public. Le Togo dispose des gens
capables de diriger notre sport roi. Ce n’est pas
les potentialités qui manquent pour mettre le seul
élément qui unit les Togolais aux mains des
aventuriers et autres fossoyeurs. Les présidents des
clubs et ligues qui ont le droit de vote doivent
penser à l’intérêt national et éviter de se laisser
guider dans leur choix par leurs intérêts
personnels. Ils portent une lourde responsabilité
dans la crise que nous vivons aujourd’hui. Obnubilés
par des espèces sonnantes et trébuchantes, ils
n’ont pas su faire des choix judicieux et ont jeté
leur discrédit sur des hommes qui manquent
d’expérience et d’humilité. Nous pensons qu’ils en
tireront les leçons et qu’ils ne voteront plus à
l’avenir l’argent mais des gens justifiant de
solides expériences en matière de gestion d’hommes.
Le destin de notre football est entre leurs mains et
c’est eux qui décideront de son sort.
M.A. |
|
|
|
Malaise à la Communauté Electrique du Bénin Les
délégués du personnel s’insurgent contre le pillage
des ressources |
|
La Communauté Electrique
du Bénin (CEB), un organisme public international
créé pour produire, transporter et vendre de
l’énergie électrique à moindre coût aux populations
du Bénin et du Togo, connaît depuis plus de six ans
des perturbations internes qui agissent
considérablement sur son rendement. Les
perturbations sont essentiellement dues à un manque
de rigueur dans la gestion des ressources de
l’entreprise et à la discrimination constatée dans
la gestion du personnel de cet organisme.
|
|
Au même moment où les cadres de l’entreprise vivent
aisément et bénéficient des primes spéciales à hauteur
de 5 millions de F CFA, certains employés, les plus
sollicités et exposés, continuent de tirer le diable par
la queue avec leurs statuts d’agents temporaires,
occasionnels et contractuels. C’est cette gestion
hasardeuse qui a conduit au délestage suicidaire que
vivent aujourd’hui les peuples togolais et béninois.
Inquiets de l’avenir de cette entreprise, les délégués
du personnel ont écrit le 02 juillet dernier une lettre
au Directeur de la CEB pour lui faire part des
préoccupations des employés et l’amener à prendre
conscience de la situation difficile que traverse la
société.
« En ce moment où les travailleurs manquent de tenues de
travail, des matériels de sécurité et d’hygiène et ce,
depuis plus de six ans ;
En ce moment où des travailleurs continuent de boire de
l’eau souillée dans certaines unités de
la CEB,
d’emprunter des pistes comateuses, de vivre avec leurs
familles dans des logements à matériaux cancérigènes,
d’être soumis à des bruits assourdissants, sans remèdes
et des menaces de reptiles dangereux ;
En ce moment où des travailleurs sont au service de la
CEB nuit et jour depuis plus d’une décennie voire deux
et continuent de garder le statut d’agent temporaire,
occasionnel, contractuel ;
En ce moment où les salaires, primes, indemnités et
autres accessoires de certaines catégories de
travailleurs de la CEB ne répondent plus au coût de la
vie actuelle ;
En ce moment où de sérieuses difficultés techniques,
technologiques, par manque criard de pièces de rechanges
dans nos unités de production se posent aux
travailleurs ;
En ce moment où les salaires des travailleurs sont
souvent payés sous découvert bancaire ;
En ce moment où beaucoup de travailleurs sont encore
victimes de violation des statuts du personnel et des
textes qui régissent le monde du travail,
Monsieur le Directeur Général, c’est en ce moment là que
les travailleurs de
la CEB
apprennent avec beaucoup de regret et d’indignation que
vous rééditez le pillage de leurs maigres ressources en
accordant des primes dites spéciales jusqu’à hauteur de
plus de cinq millions à certaines catégories de
travailleurs de
la CEB
au détriment d’autres en réalité les plus sollicités et
les plus exposés.
Monsieur le Directeur Général, les travailleurs vous
prient de bien vouloir les renseigner sur l’octroi de
cette prime en publiant les noms des bénéficiaires, le
montant de chacun d’eux et ce qu’ils ont fait de spécial
à l’entreprise pour mériter un tel montant »,
précise la lettre.
Dans la même lettre adressée à M. Djibril Salifou,
Directeur Général de la CEB,
le personnel a souhaité que « cette prime soit
accordée à tous les travailleurs et à des proportions
raisonnables en attendant que certaines dispositions des
statuts soient passées à la loupe ». Pour en savoir
plus sur cette affaire, notre rédaction a contacté M.
Kokoroko, Directeur adjoint de
la CEB. Pour
lui, il ne s’agit pas d’un pillage des ressources de la
CEB. Il est plutôt question de l’application stricte des
statuts qui régissent le personnel de
la CEB. Pour
lui, les textes précisent que ce sont les cadres, les
agents d’exécution et les agents de maîtrise méritant de
chaque catégorie qui doivent percevoir les primes. Or,
au temps de l’ancien Directeur Général, les primes sont
accordées à tout le personnel. Maintenant que le nouveau
DG est venu pour sortir la société de ses problèmes
financiers, il ne voulait plus étendre les primes à tout
le personnel. Il ne se réfère qu’aux statuts. Selon M.
Kokoroko, c’est ce qui serait à la base du
mécontentement des délégués du personnel qui ont écrit
la lettre.
De tout ce qui précède, il est souhaitable que le
Directeur Général de la CEB
fasse l’effort de régulariser la situation des
travailleurs qui font plus de dix ans dans l’entreprise
mais qui gardent le statut d’agent occasionnel,
temporaire, contractuel, conformément aux textes qui
régissent le monde du travail.
Rappelons que la CEB est créée en 1969 par le Togo et
le Bénin et elle a pour mission de céder l’électricité à
la CEET
et à
la Société Béninoise de l’Electricité et de l’Eau (SBEE).
GLAKPE Koffi |
|
|
|
Révélation
:
L’incident de
la TVT
avait un relent de coup d’Etat
:
Des interpellations dans les rangs des FAT |
|
Au petit matin du lundi 16 juillet 2007, jour du
démarrage des opérations de recensement électoral,
des rumeurs de tentative de coup d’Etat ont circulé
dans la capitale. Mais dans le journal de 20 heures
sur TVT, le commandant de
la Gendarmerie Nationale,
le Lt. colonel Yark Demehame, a fait une sortie
suspecte en lisant un communiqué du ministère de
la Sécurité.
« Dans la nuit du 14 au dimanche 15 juillet 2007,
aux environs de 2 heures, trois (03) individus se
sont introduits dans le magasin des saisies de
la Douane Togolaise,
dans l’enceinte de
la Direction Générale,
située du côté Est de
la Radio Télévision
en vue de voler des bidons d’essence. |
|
Ceux-ci devaient être passés à l’aide des cordons
dans l’enceinte de la Radio Télévision où il y a un
buisson. La sentinelle en poste à cent (100) mètres
a aperçu les trois (3) individus dont le premier a
réussi à sauter le mur et se trouvant sur la dalle
d’un immeuble dans l’enceinte de la Radio, faisait
des gestes à ses deux (2) camarades. Après des
sommations réglementaires de la sentinelle,
l’individu se trouvant sur la dalle a tenté de
s’échapper, obligeant ce militaire en faction, à
faire usage de son arme. Malheureusement, le coup a
mortellement blessé le voleur qui, après les
constatations, s’est avéré être un militaire. Les
deux (2) complices ont réussi quant à eux à prendre
la clé des champs »,
précise ledit communiqué.
Comme nous l’avons dit dans l’une de nos précédentes
parutions (Liberté N°230 du mercredi 18 juillet
2007), il y a beaucoup de zones d’ombres dans cette
affaire. « S’il s’agit d’un simple vol, pourquoi
a-t-on coupé au préalable les câbles de la tour de
contrôle afin de rendre la communication au sein de
la TVT inaccessible ? »,
sommes-nous demandé. Au cours de nos recoupements,
plusieurs pistes dont celle de coup d’Etat ont été
avancées. Interrogé par la rédaction, un militaire
qui a requis l’anonymat a confié : « La façon
dont les choses se sont passées, il s’agit ni plus,
ni moins d’un coup d’Etat. Sûrement qu’il y aurait
d’autres éléments pour rebondir au moment opportun.
Vous savez le rôle que jouent les médias officiels
lors d’une tentative de coup d’Etat ? Celui qui
était devant maîtrise les lieux et le pire aurait pu
arriver ».
Plus d’une semaine après cet évènement, la thèse de
tentative de coup d’Etat devient de plus en plus
plausible. Selon les informations en notre
possession, tout aurait été bien fignolé depuis
plusieurs semaines et on n’attendrait que l’euphorie
des Evala en pays Kabyè pour passer aux actes. Le
chef de l’Etat qui était dans le septentrion et qui
devait assister dimanche 15 juillet à la danse d’Evala,
a dû écourter son séjour pour revenir à Lomé. Il se
raconte que la mèche aurait été vendue au dernier
moment par certains potentiels putchistes.
L’objectif serait de prendre d’assaut les médias
officiels et d’annoncer la fin du règne de Faure
Gnassingbé. Il s’agirait d’un groupe bien organisé
et qui serait en partie composé de jeunes recrues. A
preuve, le militaire Paka qui a été abattu, a été
recruté en 2005. De sources concordantes, certains
officiers supérieurs auraient pris une part active
dans la préparation de ce complot. Et depuis
quelques jours, des interpellations seraient opérées
dans les rangs des FAT. A en croire des
indiscrétions, des armes et des tenues militaires
auraient été confisquées auprès du responsable du
corps qui assure la sécurité dans l’enceinte de
la TVT. Il serait également sur le point d’être
interpellé.
Au-delà des sorties officielles, la sérénité n’est
pas de mise dans l’entourage immédiat de Faure.
Deux camps se sont formés et s’épient constamment.
On reprocherait au Chef de l’Etat de ne pas
gouverner le pays comme « papa le faisait ».
On l’accuse de faire beaucoup de concessions à
l’opposition et à ses « oncles du sud ».
C’est ce qui est du moins dit officiellement.
Par ailleurs, Faure est accusé de placer ses pions à
la tête des sociétés prospères qui brassent
énormément d’argent. « Les impôts, la douane, les
Télécom ; Togocel, SNPT (ex-IFG), le FER… sont gérés
par des proches voire des intimes du Chef de
l’Etat », soutient-on dans l’autre camp. Affaire
à suivre.
R.K. |
|
|
|
Echec probable du processus électoral L’UFC
prévient le Chef de l’Etat et son Premier Ministre |
|
Le recensement électoral qui a démarré depuis le
16 juillet dans la zone A se poursuit et ne cesse de
faire couler d’encre et de salive. Votre journal,
assoiffé d’un processus électoral démocratique et
apaisé, s’est fait le devoir de relever les
irrégularités qui jalonnent cette opération. Nous
croyions être dans le faux puisqu’à la CENI on
raconte que le recensement est à sa « vitesse de
croisière » depuis mercredi. De tels propos ont
certes eu l’effet de séduire des esprits non
avisés. Mais quand un parti politique, qui plus est
engagé dans le processus, l’Union des Forces de
Changement en vient à dresser un bilan macabre de
cette opération à mi-parcours, il y a de quoi
nourrir des craintes sur l’issue du processus.
|
|
Les observations de cette formation politique
s’avèrent crédibles, d’autant plus qu’elles
tiennent « des rapports émanant de ses membres au
sein des Comités Listes et Cartes (CLC) sur toute
l’étendue du territoire », d’après le point de
presse tenu lundi à son siège.
« Les premières journées ont été perdues, le
matériel n’ayant pas été positionné dans la plupart
des centres de recensement.
.Des kits sont livrés incomplets (cantines vides,
défaut de batterie, défaut de groupe électrogène…,
ou défectueux (imprimante, Webcam, scanner).
.Les erreurs sont commises dans le déploiement
des kits. Ainsi, certains kits se retrouvent dans
des centres de recensement pour lesquels ils ne sont
programmés (par exemple EPP gendarmerie pour EPP
Kodjoviakopé), entraînant l’annulation des cartes
émises et la reprise des opérations
d’enregistrement.
.Les centres de recensement manquent cruellement
de carburant pour faire tourner les groupes
électrogènes.
.Les fiches d’identification, les cartes
d’électeurs et autres consommables ne sont pas
rationnellement répartis, entraînant des pénuries
qui bloquent les opérations. Les CRV du canton de
Baguida (Adanmavo, Dévégo, Akodésséwa etc.) sont
régulièrement bloqués, faute de fiche
d’identification.
.Des erreurs de dates d’émission de cartes
d’électeurs sont observées.
.Des messages équivoques qui sont diffusés sur
les médias à propos de la durée du recensement.
.Les personnels utilisés par
la CENI (techniciens et opérateurs de saisie) ont
été déployés sur le terrain à leurs propres frais et
se retrouvent dans une précarité préjudiciable à
leur efficacité. De plus, les techniciens ne sont
pas dotés de moyens de déplacement leur permettant
d’intervenir rapidement lorsqu’ils sont sollicités
pour réparer les pannes »,
a noté le parti de Gilchrist Olympio, avant
d’étaler au grand jour les agissements des préfets
et du pouvoir.
.« Des préfets s’ingèrent dans les opérations de
recensement.
.Dans plusieurs préfectures, les préfets
s’immiscent dans le processus de recensement. Selon
les informations portées à notre connaissance, les
préfets de Doufelgou, de Dankpen et du Moyen-Mono,
MM. Kadjama Di Rem, Dadja Manganawé et Djato Nadjado
Dana s’introduisent dans les centres de recensement,
pour imposer l’enregistrement des étrangers et des
mineurs, menaçant et intimidant les membres des CLC
qui s’opposent à leurs manœuvres.
.Dans certaines préfectures, notamment le Wawa et
l’Oti, le pouvoir RPT organise l’inscription des
étrangers par convois entiers venus des pays
voisins. Des listes préétablies sont fournies aux
présidents des CLC pour imposer l’inscription de
ceux qui y figurent », a ajouté l’UFC.
Le tableau est donc sombre sur toute la ligne. Ces
« irrégularités, défaillances et anomalies »
font que « le recensement se déroule dans une
confusion et un désordre entretenus à dessein
pour… », estime l’UFC, « favoriser
l’établissement d’une liste électorale frauduleuse ».
Ce parti affirme tenir « le chef de l’Etat et le
Premier Ministre responsables de l’échec du
processus électoral », un échec qui se sont
d’ailleurs.
Au-delà des critiques, le parti de Gilchrist Olympio
appelle les uns et les autres à leurs
responsabilités. Il invite la CENI et le
gouvernement à « prendre d’urgence les mesures
appropriées pour mettre fin aux fraudes »,
appelle à « plus de vigilance les signataires de
l’APG qui manifestent un optimisme béat à l’égard du
processus tel qu’il se déroule », « réitère
son exigence de proroger la durée du recensement
d’autant de journées perdues », appelle à la
vigilance des populations.
TINO Kossi |
|
|
|
Suite à la réaction de l’UFC sur le recensement
:
Gilbert Bawara du RPT menace |
|
C’est à travers des interviews accordées à notre
consoeur RFI en guise de réaction, une semaine après
le début du recensement électoral que M. Gilbert
Bawara, Ministre de
la Coopération
et du NEPAD a tenu des propos menaçants qui, certes,
cachent tout ce que redoutent les Togolais. Il n’est
un secret pour personne au Togo que les opérations
de recensement ont démarré le lundi 16 juillet
dernier avec des ratés. Des kits de Wuiti à Abové,
d’autres sans batteries ici et là, des groupes
électrogènes à sec... |
|
Faisant une évaluation, M. Patrick Lawson, 2è
Vice-président de l’UFC, a réagi une semaine après
sur les antennes de RFI sur les ratés qu’a connus le
recensement. « Les premières journées ont été des
journées perdues. Les kits sont délivrés incomplets
ou avec défaut de batterie. Des erreurs sont
commises dans le déploiement des kits. Des préfets
qui s’ingèrent dans le processus, etc. Compte tenu
de tout ce que le Togo a vécu, l’UFC dit qu’il faut
mettre en garde les autorités de ce pays, de même
que
la CENI,
à temps. Sinon, on sera obligé de mobiliser nos
militants pour revendiquer les mêmes choses au cas
où nous ne serions pas écoutés »,
a-t-il déclaré.
La réponse du parti au pouvoir ne s’est pas fait
attendre. Ainsi, M. Gilbert Bawara, Ministre de
la Coopération et du NEPAD, et membre du Comité
central du RPT, a sévèrement réagi aux déclarations
de l’UFC. « Le rôle que doivent s’assigner les
partis politiques, le Gouvernement, les
organisations de
la Société civile, c’est d’intensifier la campagne
d’information et de sensibilisation. Les gens qui
auraient des propos ou des attitudes tendant à
démotiver et à démobiliser les populations, je pense
que c’est à leurs risques et périls »,
a-t-il martelé.
Il faut souligner que de pareils propos qui frisent
des menaces ne sont pas autorisés en ce moment de
méfiance orchestrée par des violences
post-électorales d’avril 2005 dont les populations
togolaises traînent jusqu’aujourd’hui les séquelles.
Pour nombre de Togolais, ce sont de pareilles
déclarations qui, minimisées lors du scrutin d’avril
2005, ont conduit aux violences inouïes.
D. L. |
|
|
|
7e Session
du Comité de Suivi
:
Les sujets majeurs superficiellement abordés |
|
Les Togolais attendaient du Comité de Suivi une
étincelle, un déclic pouvant booster la bonne marche du
processus. Ils espéraient beaucoup de cette énième
session car de la précédente était sortie une décision
majeure, l’abandon de la date du 24 juin pour celle du 05
août. Mais la dernière organisée vendredi à Ouaga n’aura
servi qu’à « prendre acte », « prendre note » et
« exhorter » les parties engagées « à…». |
|
Le Facilitateur Blaise Compaoré se serait « réjoui des
avancées » dans la mise en œuvre de l’Accord
Politique Global. Des avancées que le Ministre de
la Coopération
et du Nepad, M. Gilbert Bawara a présentées, sourires aux
lèvres. « La création, la formation et le début de
déploiement de
la Force Sécurité Elections Législatives ( (FOSEL 2007)
composée de 6 000 hommes provenant essentiellement de
la Gendarmerie
et de
la Police
et chargée de sécuriser le processus électoral »,
voilà le tout premier argument avancé. C’est à faire
croire qu’on est à la toute première expérience de
création de force spéciale pour la sécurité d’un scrutin
au Togo. On a connu des FOSEP dans ce pays. Dieu seul
sait comment les éléments de ces forces se comportent,
lorsque débarquent les vrais « mon pays », « sécuriseurs
d’urnes », comme lorsque que celui-là détalait à
toute jambe, urne sur l’épaule, et dont l’image a fait le
tour du monde…
Par ailleurs, comme avancée parmi tant d’autres, on a
évoqué le sujet de « la recomposition de
la Cour Constitutionnelle »,
et « la mise en œuvre d’activités de formation et de
sensibilisation des préfets et des chefs traditionnels
sur leur rôle et leur responsabilité dans la réussite du
processus électoral ». Faut-il en rire ou pleurer ?
Peut-on véritablement parler d’avancées sur ces deux
sujets ? Malgré les dénonciations du traitement fait de
ces deux sujets par les opposants et des observateurs
avisés, tout ce que le Comité de Suivi a trouvé à dire,
c’est d’ « exhorter » « le gouvernement à
poursuivre le programme de leur formation et de leur
sensibilisation sur le code électoral », parlant des
préfets, de « prendre note » « de sa
recomposition » et de « souligner »
« l’importance du rôle de cette institution dans le
traitement du contentieux électoral et la proclamation
des résultats justes et équitables », pour ce qui
concerne la Cour Constitutionnelle.
Ceux qui avaient ouvert grandement leurs tympans pour se
situer par rapport à la date exacte du scrutin, ou
entendre débattre du simulacre de recensement entrepris
par la CENI
sont restés sur leur soif. Les sujets n’ont été
qu’ébauchés. Le Comité a vaguement « invité
la CENI
à réactualiser son chronogramme pour tenir compte de
l’état d’avancement du processus de recensement électoral
et à préciser dans les meilleurs délais les modalités
techniques du scrutin législatif afin de favoriser
l’information et la sensibilisation des acteurs
politiques et des électeurs ».
Ce n’est que dans les coulisses qu’on a osé aborder
clairement la question de la date du scrutin, que le
Facilitateur souhaiterait voir organiser « avant le 22
octobre ».
Au demeurant, Ouaga n’aura été qu’un rendez-vous
d’échange de civilités, une session de formalités ; les
questions urgentes ont été survolées.
T.K. |
 |
|
 |
|
|
|
|