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Liberté Hebdo

26 juillet 2007

[ 232: du 25 juillet 2007]  
Vers de nouvelles élections à la FTF : Le ministre Bernard Walla pressenti pour diriger le comité de crise

Dans le cadre de recherche de solution à la crise qui mine la Fédération Togolaise de Football( FTF), une délégation interministérielle a rencontré le jeudi 19 juillet à Alger, le président de la Confédération Africaine de Football Issa Hayatou. Selon les conclusions de cette rencontre, le Comité National Olympique Togolais (CNOT) et le gouvernement mettront en place dans un bref délai une commission qui se chargera d’organiser de nouvelles élections dans deux ou trois mois. Mais en entendant la mise en place de cette commission, le gouvernement a fait sortir un communiqué le vendredi 20 juillet dernier dans lequel il interdit formellement l’accès des locaux abritant le siège de la FTF aux membres de la Fédération et demande la suspension du championnat national de première division  de la 18ème journée qui devrait être joué le week-end écoulé.

« …Suite à la sanction de son président Tata Adaglo Avlessi, la FTF connaît en son sein une lutte d’hégémonie qui se traduit par des déclarations tapageuses de ses membres  rangés en deux camps, chacun se réclamant par conséquent le droit de présider le bureau exécutif de ladite fédération…Le gouvernement interdit formellement l’accès des locaux du siège de la FTF à tout membre de cette fédération jusqu’à nouvel ordre et demande la suspension du championnat national de première division », lit-on dans le communiqué. Juste à la sortie de cette décision, des agents des forces de l’ordre ont été dépêchés au siège de la Fédération situé à Kégué. Ces agents ont vidé les bureaux  et ont récupéré les clés. Ils ont également arraché les clés des deux minibus de la fédération.

Pour protester contre cette invasion des forces de l’ordre du siège de la Fédération Togolaise  de Football, les sept membres du Bureau Exécutif , qui jusque-là étaient solidaires à Tata Avlessi de Mass ont annoncé leur démission collective de l’instance dirigeante du football togolais. « L’irruption brute de forces de l’ordre au siège de la fédération est un manque de considération à notre égard. Etant donné que c’est nous qui animons la vie de cette fédération, le gouvernement ferait mieux de nous notifier cette décision un peu plus tôt. C’est regrettable qu’on demande aux gens de sortir de leur bureau au moment même où ils sont en train de préparer un voyage des cadets sur l’Allemagne. Ils nous ont manqué de respect et c’est  pour cela qu’on a jugé mieux de rendre notre démission », s’est indigné un membre du bureau exécutif de la Fédération. Aussi, a-t-on appris qu’au moment de l’irruption des forces de l’ordre au siège de la fédération, le président autoproclamé, Gabriel Améyi devait animer un point de presse pour annoncer sa prise de fonction. Mais il était également obligé d’annuler son point de presse bien que les journalistes aient fait nombreux le déplacement sur le lieu de la rencontre. Toujours dans la recherche de solutions à tous ces problèmes, des informations font état de ce que le président de la République, Faure Gnassingbé, aurait eu un entretien personnel avec le président de la CAF, Issa Hayatou, sur le choix du président de la Commission qui se chargera d’organiser les nouvelles élections de la FTF. Selon toute vraisemblance, le Gal. Séyi Mémène, 1er Vice-président de la CAF ne serait pas indiqué pour conduire ces élections du fait qu’il a pris position dans la crise qui secoue actuellement la FTF. Le ministre Bernard Walla est pressenti pour diriger la Commission que le CNOT et le gouvernement  mettront prochainement en place. Vu les compétitions qui attendent le Togo, notamment la Coupe du Monde des cadets et le match de qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations 2008 que l’équipe nationale togolaise jouera contre le Mali en septembre, il est urgent qu’on mette rapidement de l’ordre dans la famille du football dans notre pays.

GLAKPE Koffi

 
Deuxième semaine des opérations de recensement : Allez-vous inscrire : Les cartes sont très jolies

. Vigilance à propos de la datation des cartes
Le recensement électoral débuté depuis le lundi dernier est dans sa deuxième semaine, la dernière pour certaines zones. Comme la CENI n’était pas prête avant de lancer les opérations, les problèmes n’ont pas hésité à surgir. On soutient qu’il fallait commencer et que les difficultés se résoudront d’elles-mêmes. « Vous savez que c’est depuis trois jours que le recensement électoral a commencé avec quelques problèmes. Il aurait été miraculeux d’ailleurs qu’il n’y ait pas de problèmes. Aujourd’hui, il a fallu faire un peu le point. On a fait le tour de tout ce qui a été récolté sur le terrain. On peut dire que bien que le démarrage soit un peu laborieux, tout commence à rentrer dans les normes et que la vitesse de croisière sera atteinte bientôt », a indiqué le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, M. Gahoun Hégbor, suite à une rencontre jeudi dernier entre le Premier Ministre, des membres de la CENI et les partenaires au développement.

Mais force est de constater que jusqu’ici la « vitesse de croisière » tant annoncée n’a jamais été atteinte. Des mesures que les membres de la CENI auraient prises « pour parer rapidement » aux problèmes, ne sont pas traduites dans les faits. Ils sont demeurés intacts et rien n’est fait pour les résorber. Les problèmes techniques sont multiples. Les machines flambant anciennes qui « ont déjà servi à délivrer plus de 28 millions de cartes en République Démocratique du Congo », à en croire un membre de la CENI, sont admirablement lourdes. Tantôt ce sont les kits qui refusent de démarrer, tantôt ce sont les techniciens qui deviennent introuvables. Parfois, il faut passer des heures à se ronger les ongles avant  que  le technicien sauveur ne pointe son nez.

« Il arrive souvent de tout faire et de se voir bloquer au niveau de l’impression. La machine se plante curieusement et nous perdons des heures avant que le technicien ne vienne rétablir. Dans certains cas, ce sont nos propres crédits que nous utilisons pour joindre les techniciens qui nous indiquent la démarche à suivre. Cet état de chose embête et décourage les populations qui sont obligées de passer beaucoup de temps », a confié un opérateur de saisie dépité par les tournures que prennent les opérations. Conséquence, la moyenne de cartes  établies par jour et par bureau de vote se situe entre 90 et 100 cartes. « La fonctionnalité est liée à un certain nombre de problèmes – l’imprimante qui a des problèmes (parce que ayant déjà été utilisé) – que nous avons déjà constatés et signalés, et on a pris des dispositions pour améliorer le fonctionnement. Mais cela n’empêche qu’il y ait encore certaines imprimantes qui posent problème. Il y a des points qui ont été bloqués parce que le générateur n’a pas fonctionné », a expliqué M. Hervé Johnson, rapporteur de la CENI à notre confrère « L’Union ».

En outre, les cartes d’électeurs avec photos numérisées sont antidatées dans certains quartiers de Lomé. Alors que le recensement a démarré le 16 juillet 2007, on retrouve sur certaines cartes 26 juin 2007, 10 juillet 2007… A l’école « La Poudrière » située sur le boulevard du 13 janvier et non loin de l’ancien Restaurant la Pirogue, plusieurs citoyens se sont retrouvés dans ce cas. C’est grâce à la vigilance d’un inscrit que l’erreur a été détectée. Ceux qui ont été informés sont revenus faire des rectifications. Quel sort sera réservé à ceux qui ne l’ont pas su très tôt ou qui l’ont complètement ignoré ? C’est en ce moment que les agents recenseurs doivent faire preuve de clairvoyance et s’assurer que les cartes délivrées répondent aux normes exigées. Il est indispensable qu’ils vérifient si la carte imprimée est conforme aux données physiques qui sont prises. C’est la seule façon d’éviter qu’il y ait des frustrés le jour du scrutin.

A ces problèmes techniques, s’ajoute celui de pénurie de carburant. Les groupes électrogènes sont présents mais ils manquent de carburant. Ce sont les citoyens, qui sont venus pour s’inscrire, qui cotisent pour alimenter les groupes électrogènes. L’autre handicap à la bonne marche des opérations de recensement est le manque des fiches d’enregistrement. Tous les appareils sont parfois au point mais ce sont les fiches qui font extrêmement défaut. Dans certains centres de Lomé les opérateurs attendent ces sésames depuis deux jours. Dans le centre CEG de la Plage, le problème s’est posé avec acuité hier.

Bien que la capitale ait plus de moyens que les autres localités de l’intérieur du pays, c’est ici que l’on rencontre beaucoup de problèmes liés à l’organisation. Dans l’Hinterland, la mobilisation est plus ou moins acceptable nonobstant quelques difficultés ayant souvent trait aux kits et aux identifications des citoyens. Mais comme l’a souligné le rapport de la Mission Exploratoire (MEx) de l’Union Européenne, il y a eu en amont une absence de sensibilisation sur les opérations de recensement proprement dites. Ce qui se ressent sur tout le processus de recensement. « Nos doutes sont d’autant plus justifiés, quand nous décriions déjà en ce qui nous concerne qu’il n’y a pas eu assez de communication autour de cette opération électorale, et qu’il n’y a d’ailleurs presque pas de véritable communication autour jusqu’à ce jour. De plus, l’opération connaît jusqu’à ce jour encore, tellement d’atermoiements qu’on craint de parler d’un simulacre de recensement, en tout cas comme on devait s’y attendre », s’indigne le Parti Démocratique Panafricain (PDP) dans une déclaration rendue publique vendredi dernier.

Pour cette deuxième semaine de recensement, il urge que la CENI et les CELI prennent les mesures qui s’imposent pour résoudre tous ces problèmes. Tous les centres d’inscription doivent être approvisionnés en matériels qui font défaut jusqu’alors. En plus, comme la vie des Togolais est conditionnée par ces législatives, il s’avère nécessaire que tous ceux qui sont en âge de voter se mobilisent pour aller s’inscrire. Ces cartes seront déterminantes pour les élections futures et sont si jolies qu’on ne peut s’en passer.

R. Kédjagni

 
Pour les élections législatives  2007 au Togo : La CDPA invite les populations à se faire recenser

C’est dans le cadre des élections législatives au Togo que la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) a organisé hier dimanche 22 juillet à Amoutivé, l’un des plus vieux quartiers de Lomé, un meeting de sensibilisation. C’était dans une campagne de sensibilisation et de mobilisation à l’endroit des populations, du fait qu’il y a un constat de manque d’engouement pour le recensement, que cette  manifestation a été organisée, à en croire un cadre de la CDPA.

Pour M. Gokan, membre du Comité Directeur et candidat aux prochaines législatives, il a, dans son mot de bienvenue, souhaité à l’assistance le courage et d’entrée, ils  les a exhortés  à aller se faire recenser. Même son de cloche chez M. Tettekpoé Raymond qui, lui, a comparé la situation à une bossue enceinte, qui est à terme et qui  est dans la salle d’accouchement avec la tête du bébé déjà dehors. (…). Le bébé ici en voie de naître symbolise le processus électoral qui a besoin de l’assistance de tout le monde, a-t-il expliqué tout en exhortant la jeunesse à s’intéresser à la chose car il ne reste plus assez de temps.

Mme Lydia Adanlété, quant à elle, s’est adressée particulièrement aux femmes à qui elle donne désormais   le prénom de « Ahoéfa », maison de la paix, ce qui veut dire que les élections seront apaisées parce que « partout où nous, femmes, passerons, il doit y avoir de la paix », a-t-elle déclaré et avant d’ajouter que l’oracle veut  « la main dans la main », le symbole de la fin de toute querelle. En vue de stimuler les désespérés pour qui les élections au Togo riment peut-être avec la violence, le Prof. Gnininvi, Secrétaire Général de la CDPA, a   comparé la situation à l’apprentissage  du cyclisme. « Doit-on refuser de persévérer dans l’apprentissage parce qu’on est tombé une fois pour aller à pied ? »,  s’est-il interrogé en citant en exemple les pays voisins qui ont persévéré et qui, aujourd’hui, sont en avance sur le Togo.

De plus, le Prof. Gnininvi a situé la presse sur le bien fondé de  la manifestation et le message  à la population. « Traditionnellement toutes les formations politiques sont en train d’inciter les populations à aller s’inscrire pour pouvoir voter. J’ai ajouté que voter ne représentera pas pour nous une simple corvée. Que les élections législatives à venir, donneront un nouveau coup de départ au Togo et donc, ce n’est pas une corvée gratuite. C’est cela qui nous permettra de renouer avec une vie politique normale, mais surtout de renouer avec une vie économique pour que tous les citoyens se sentent à l’aise au Togo », a-t-il souligné.

D.L.

 
Dossier spécial / Liquidation de l’OTP et de l’IFG : 444 employés en voie d’être licenciés

. Des employés fictifs décelés lors des audits
Il n’est un secret pour personne que l’Office Togolais des Phosphates (OTP) et l’International Fertilizer Group (IFG-Togo), ces deux dernières sociétés qui ont pillé à outrance les phosphates togolais ces dernières décennies, sont désormais remplacées depuis le 14 mai dernier par la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT). En effet, cette décision est tombée à la suite d’un nouveau constat d’échec dans la gestion de cette société d’Etat qui a connu diverses administrations depuis belle lurette avec en toile de fond des bilans toujours négatifs.

La SNPT, la nouvelle formule, frise d’ores et déjà la magouille et tout est mis en branle pour un nouveau pillage systématique des phosphates togolais dans leurs dix dernières années de vie. Le constat est amer dans la mesure où, au lieu de servir le pays dans une politique adéquate pour un développement intégral des populations, les retombées de ces mines remplissent directement les poches d’un groupuscule d’individus dont la gestion des affaires de la cité est chaotique depuis des décennies. Une situation qui a engendré des dettes sous lesquelles ploient les populations togolaises.

Aujourd’hui, les autorités togolaises dans un semblant de politique d’assainissement du secteur des phosphates, ont depuis le 14 mai dernier, initié une réforme par la dissolution de l’OTP et l’IFG-Togo pour les remplacer par la SNPT, une boîte qui résonne déjà « échec ». Loin d’être un mauvais prophète, il faut reconnaître que la nouvelle société prend un faux départ qui augure un lendemain incertain pour les phosphates togolais. La composition de l’« ancien nouveau» Conseil d’Administration et la reconduction fantaisiste de l’ancien Administrateur Provisoire sont là les signes précurseurs d’un échec cuisant avant bilan. Tout concourt pour l’instant à la faillite totale des dernières exploitations des mines des phosphates togolais.

Le secteur des phosphates est aujourd’hui en liquidation. Deux cabinets d’audit sont d’office commis pour la liquidation de l’OTP et l’IFG-Togo. Il s’agit de l’IIC de Mme Bitho pour la liquidation de l’OTP et de l’Afric Audit and Consulting (AAC) de M. Ignace Clomega pour celle de l’IFG-Togo. Même si les circonstances et les critères de désignation des deux cabinets restent flous, il y a au moins un d’entre les deux qui parait crédible au vu de sa compétence et de sa crédibilité à l’échelle internationale, à en croire des indiscrétions.

Selon des informations en notre possession, tout le personnel que ce soit de l’OTP ou de l’IFG-Togo est licencié et ce, avec date butoir la fin de ce mois de juillet. Déjà, les liquidateurs sont à pied d’œuvre pour le calcul des droits et avantages du personnel. Il faut souligner que l’IIC dans la mission qui lui est assignée, licenciera le personnel ayant atteint l’âge de 55 ans ou ayant fait 30 ans de services pour la période de 2007-2010. Il y a aussi 47 personnes handicapées détectées dont l’avis des spécialistes médicaux confirmeront l’effectivité pour leur licenciement. L’AAC quant à lui licenciera tout le personnel de l’IFG-Togo, c’est-à-dire tout le personnel embauché à partir de 2002. Il est aujourd’hui connu que 444 personnes seront licenciées, soit 397 plus les 47 personnes handicapées, sur un effectif de 1800 agents régulièrement embauchés et environ 274 recrues anarchiques de 2002 à nos jours et 600 contractuels, soit un total d’environ 2400 employés.

Selon des informations recueillies au cours de nos investigations, il y aurait des employés fictifs régulièrement payés. Déjà, les cabinets d’audit sont confrontés à d’énormes difficultés. Outre les droits légaux à payer à environ 1800 employés, il y a des primes accumulées depuis l’Administration Provisoire de M. Panassa Awoki qui s’étaient accentuées par celle de M. Takou Ayao. Aussi, faut-il souligner qu’à cette situation sont venues se greffer des cotisations dûment prélevées sur les salaires des employés mais qui n’ont guère été reversées aux caisses des coopératives créées par le personnel. « Ces coopératives sont créées par le personnel en vue d’être à l’abri de toute éventualité en période de soudure. L’on constate aujourd’hui un détournement d’environ plus de 300 millions de francs. Il s’agit des cotisations prélevées sur le salaire du personnel pour le compte de
la Coopérative d’Epargne et de Crédit du Personnel OTP (CECPO). Pour le compte de cette institution, il est prélevé mensuellement sur les salaires, la bagatelle somme de 30 millions soit le montant de dix mois qui n’a jamais été reversé et ceci au temps de l’Administrateur Provisoire Commandant Panassa. Le détournement de fonds considéré comme n’étant pas un crime, l’Administrateur Provisoire M. Takou Ayao, enfonce davantage le clou, prélevant ainsi à son tour environ 179 millions qui n’ont pas été reversés sur le compte de CECPO. Même sort pour la Coopérative de Consommation du Personnel OTP (COCONSPO) dont les fonds sont prélevés mais n’ont jamais été versés. Il y a également la question des assurances du personnel », a expliqué un agent. Aujourd’hui, le personnel est confronté aux renvois  fréquents des divers assureurs auprès de qui il a diversement souscrit. Par exemple, face à des situations dans lesquelles doivent intervenir les groupes d’assurances, ceux-ci se refusent d’accomplir leurs devoirs sous le prétexte que l’employeur n’a rien versé. Où sont alors parties ces primes pourtant prélevées sur les salaires ? Telle est la question qui revient comme un leitmotiv sur les lèvres des employés de l’OTP et de l’IFG-Togo. « L’autre cas de figure concerne les prélèvements syndicaux qui ne sont jamais versés. En exemple, l’OTP et l’IFG-Togo doivent à la caisse du Syndicat National des Mineurs du Togo (SYNAMTO) et du Syndicat National des Agents en Post (SYNAPOST), au moins la somme de 3 millions qui n’a guère été versée », nous aconfié un autre agent. C’est le même son de cloche chez le Syndicat National d’Encadrement (SYNEM) qui lui revendique aujourd’hui à lui seul la somme de 9 millions de francs.

C’est à tous ces problèmes parmi tant d’autres auxquels sont confrontés les cabinets d’audit commis pour la liquidation. L’autre question épineuse est celle relative aux employés fictifs qui, selon des témoignages recueillis sur place, continuaient de percevoir des salaires jusqu’à la dissolution toute récente des deux sociétés ayant catastrophiquement géré le secteur des phosphates du Togo pendant longtemps. L’on s’inquiète également du fait que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Car, si M. Takou Ayao durant l’administration provisoire, n’avait pas pu redressé la barre, l’on se demande alors ce qu’il peut faire en devenant Directeur Général de
la SNPT. L’on assistera très bientôt à la réédition de la gestion chaotique certes avec la complicité et la bénédiction d’un Conseil d’Administration créé de toute pièce pour piller le reste des phosphates togolais.

Les Togolais dans leur impuissance face à un régime usé par quarante ans de règne, assisteront-ils de nouveau aux recrutements exagérés, surtout basés sur le despotisme avéré ? De plus, comme par le passé avec 12 Directeurs départementaux, 35 Chefs Service et 77 Chefs Section qui, outre leurs salaires colossaux, perçoivent des primes de Direction, primes d’accueil ou de week-end, primes d’embarquement par navire, astreinte fixe, carburant, crédits d’appel téléphonique, etc. qui sont estimées à une moyenne d’un million de FCFA mensuellement. De toute évidence, « L’habitude est une seconde nature ». En dépit de tout ceci, le rendement est resté médiocre. Ce n’est pas M. Agbo Mauraitis, ex-DG (1992-1993), aujourd’hui membre du Conseil d’Administration qui démentira cette information. Pour preuve, 1800 agents faisaient tourner 5 chaînes avec un rendement de 3 millions de tonnes par an. Mais, aujourd’hui avec environ 2400 agents pour 2 chaînes, le rendement est moins d’un million de tonnes l’an. Est-ce ça, la bonne gestion pour mériter de telle confiance qu’on peut qualifier sous d’autres cieux d’aveugle ?

Il urge que l’Etat révise sa position dans la gestion des affaires publiques et surtout que ces mines sont dans leur dernier virage. Des mesures doivent également être prises pour permettre aux employés de rentrer dans leurs droits.

Enquête réalisée par Didier LEDOUX

 

 
 
 
 
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