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Liberté Hebdo

11 juillet 2007

[ 226: du 10 juillet 2007]  
Dossier spécial : Rapport de présentation du projet de décret portant dissolution de l’OTP et de l’IFG

. Le pouvoir lui-même reconnaît la gestion chaotique de ces sociétés
 OTP, entreprise publique, propriété exclusive de l’Etat togolais ; faute de renouvellement des équipements, la production a connu une chute vertigineuse jusqu’à 1.300 000 tonnes en novembre 2000 avec pour corollaire l’aggravation de la situation financière et le dynamisme économique compromis par un lourd endettement. L’Etat togolais devant la nécessité incontournable de remplacer l’outil de production a chargé la Compagnie Financière de la Méditerranée (COFIMED) de la mission d’identifier un investisseur stratégique trouvé en la personne de M Raouf BOUCHAMAOUI administrateur délégué de la société MEDEX Pétroleum. Le 18 janvier 2001, un protocole d’accord est signé entre les deux parties. L’objectif est d’augmenter la production jusqu’à 3.300 000t par an et la mise en place d’une usine de transformation du phosphate en acide phosphorique.

Il s’ensuit la création d’une société d’économie mixte IFG-Togo par les deux parties par décret N° 2001-005/PR du 07 février 2001 et conforté par la signature d’un pacte d’actes et des statuts le 27 septembre 2001. Les actions sont détenues de façon égalitaire par les deux parties soit 50% pour l’Etat Togolais et 50% pour la BIR IFCO. En dehors des 4 administrateurs qui devraient être nommés, les deux parties ont convenu que l’Etat Togolais désigne le président du Conseil d’Administration et la BIR IFCO le Directeur Général de la société.

La société IFG-Togo a contracté en date du 27 septembre 2001 un crédit de 40 millions de dollars US pour garantir une location financement d’équipement et pour financer des pièces de rechange et servir de fonds de roulement auprès de la Banque Belgolaise. D’autres contrats du même type ont été signés dans la foulée auprès d’autres institutions financières.

La société IFG-Togo a démarré ses activités mais, très vite elle se trouve paralysée par un conflit interne dû au fait que l’investisseur stratégique, le Directeur Général de l’IFG-Togo, administrateur désigné par BIR IFCO Holding Limited est entré en opposition frontale sévère et définitive avec les autres administrateurs désignés par BIR IFCO. Le désordre était perceptible à tous les niveaux de la société. Face à cette situation de blocage, un audit commandité par l’Etat togolais en 2003 révèle une gestion chaotique des 40 millions de dollars US :

. Sur les 40 millions de dollars, 10 millions sont partis en fumée au titre des commissions

. La production qui aurait dû atteindre 3.300 000t est en fin 2006 à moins de 1.300 000t, c’est- à-dire à un niveau nettement inférieur avant le début du partenariat

.  La fameuse usine d’acide phosphorique n’a jamais vu le jour.

Devant cette situation de manquement total de l’investisseur stratégique dans les engagements qu’ils ont souscrits et le blocage total de la société, le juge des référés du Tribunal de 1ère instance de 1ère classe de Lomé a par ordonnance N° 581/2003 du 20 octobre 2003, modifié par l’ordonnance du 11 novembre 2003, mis la société sous administration provisoire et nommé Awoki PANASSA en qualité d’administrateur provisoire en lieu et place des organes d’administration et de direction de la société.

Au cours d’une rencontre à Paris le 17 mars 2004 entre les 2 actionnaires, et la Banque Belgolaise, il a été arrêté et convenu le principe de la sortie de la BIR IFCO du capital social contre une indemnité à déterminer et la restructuration du crédit, après le constat de l’échec du partenariat.

Après plusieurs renouvellements de son mandat Awoki PANASSA a été remplacé par Charles TAKOU-AYAOH en 2005. La situation de la société malgré le renouvellement des mandats des administrateurs n’a guère évolué.

.  Sur le plan technique : à la mine, 65 à 75% des engins sont à l’arrêt ou en mauvais état ; à l’usine, on constate un état d’obsolescence générale du matériel de production. Les rails des chemins de fer sont usés. Deux locomotives sur six sont en état de marche ; 2 chaînes sur 5 sont en état de fonctionnement.

. Sur le plan financier : les dettes de l’OTP s’élèvent à 68.500 068 845 FCFA et celles de l’IFG-Togo à 40.784 433 004 FCFA dont 20 millions de dollars US de reliquat accordé à la Banque Belgolaise qui l’a cédé à l’office national Belge du DUCROIRE (assesseur de crédit).

Dans ces conditions, l’OTP qui a levé son actif est resté avec tout son passif à sa charge, alors que l’IFG-Togo ne versait aucun loyer.

S’agissant particulièrement de l’IFG-Togo, son capital social de 9 milliards de dollars US est perdu par la société dont les capitaux propres ont connu un déficit croissant passant de 2,21 milliards de FCFA au 31 décembre 2004 à 8,9 milliards en 2005 et à 12,2 milliards au 31 décembre 2006. En outre, le résultat net de la société a enregistré une perte cumulée de 10 milliards en 2005 et 2006. L’exploitation des phosphates est devenu un immense chaos.

Les deux sociétés ont un endettement équivalant d’un montant global de 109.284 501 849 FCFA. Elles sont donc en pleine déconfiture au moment où le minerai connaît une demande soutenue et que le minerai togolais est très recherché pour sa qualité. Elles ont perdu toute crédibilité auprès des partenaires et le mérite de toute exigence légale.

 
Grand rapport de l’armée : Les FAT réaffirment leur loyauté à Faure Gnassingbé

Les Forces Armées Togolaises (FAT) ont présenté le jeudi 5 juillet 2007 leur grand rapport au président de la République, Faure Gnassingbé. Officiers généraux, supérieurs et subalternes ont examiné les événements « les ayant affectés ou ayant affecté toute la nation afin de mieux se préparer à affronter l’avenir ».

Mais au lieu d’un rapport, c’est des louanges au chef de l’Etat qu’on nous a présentées. Le chef de division des ressources humaines, le Colonel Kwami Galley de Souza, s’est livré à un discours dithyrambique à l’endroit de Faure Gnassingbé qui, selon lui, « s’est  depuis deux ans,  attelé à décrisper la vie politique togolaise et à réconcilier les fils du pays entre eux » ; « Les FAT se réjouissent de la mise en place par le chef de l’Etat, des structures permettant le retour, au bercail, des fils réfugiés dans les pays voisins, l’amélioration du quotidien des citoyens etc »« Les FAT, par conséquent, restent reconnaissantes à cette politique pragmatique du président de la République et lui promettent de rester rassemblées, unies, fortes, solidaires et fidèles aux institutions de la République ». Voilà le disque  que nous ont servi les FAT. Cette sortie de l’armée n’a pour autre objectif que de faire allégeance au chef de l’Etat.

Comment peut-il en être autrement quand l’armée togolaise est considéré comme une pure création ex nihilo de Gnassingbé Eyadéma ? C’est ce qui explique le fait que « les forces armées ont salué la mémoire du père de la nation et fondateur des FAT, feu Gnassingbé Eyadéma dont l’esprit est toujours présent parmi eux ».  De tout temps, feu Eyadéma s’est targué d’être l’architecte de cette armée qu’il a toujours considérée comme sa propre chasse gardée. Mais des   observateurs avertis sur la genèse et la vie de l’Institution Militaire que sont les Forces Armées Togolaises soutiennent que l’argument qui veut attribuer à cor et à cri l’armée togolaise aux chefs d’œuvre d’Eyadéma ne s’appuie pas sur des faits sociopolitiques et historiques assez solides et valablement défendables. Ceux-ci estiment que c’est une grave entorse à l’Histoire du Togo que de clamer  que l’armée togolaise est la propriété de Droit Divin d’Eyadéma. Pour eux, les vrais architectes de l’armée depuis les  années 50 furent les aînés d’Eyadéma tels les Officiers Supérieurs feus Alidou Djafalo et Kléber Dadjo ainsi que ses compagnons de route tel que l’Officier Supérieur feu James Yawovi Assila.  Ça c’est un autre débat.

Les Togolais eux,  s’interrogent sur le sens réel de cette réaffirmation de loyauté envers Faure Gnassingbé le jeudi dernier à travers ce pseudo rapport.

L’Accord Politique Global signé le 20 août recommande « la vocation apolitique » et le « caractère national et républicain de l’armée et des Forces de Sécurité conformément à la Constitution et aux lois  pertinentes du pays ». Mais avec les discours dont ce corps  habitue les togolais, on se demande si l’armée pour s’abstenir de s’immiscer dans le débat politique comme le préconise l’APG.

Aux lendemains de la signature de cet accord, des officiers sous la houlette du ministre de la  Défense et Anciens Combattants M. Kpatcha Gnassingbé s’étaient transportés à la Présidence de la République pour faire allégeance à Faure Gnassingbé.

« Monsieur le Président de la République, chef suprême des armées, comme un seul homme nous vous suivrons. Quels que  soient les cas, nous répondrons toujours présents à vos côtés », avait promis Kpatcha Gnassingbé. Des propos que nous avions dénoncés à l’époque.

Mais les habitudes ayant la peau dure, les FAT tiennent d’autres propos qui résonnent comme une rengaine.

L.H.

 
Elections législatives : La CENI peine à mettre en place un calendrier clair et précis

La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) était en plein chantier quand la date du 24 juin 2007 était annoncée pour la tenue des élections législatives. Cette décision fait suite aux souhaits de Faure Gnassingbé sur le parvis de l’Elysée de voir se tenir les élections avant juin 2007. A l’époque, le ministre de la Coopération et son collègue de l’Administration territoriale avaient mis la pression sur l’institution afin qu’elle fixe une date, un préalable pour l’envoi de la requête de financement à l’Union Européenne. En plus, le gouvernement s’est accroché à cette date pour décider, en lieu et place de la CENI, l’emprunt des Kits alors que les partenaires militaient pour un achat. L’argument était qu’on voulait aller plus vite et que l’achat desdits kits prendrait le temps.

Aujourd’hui, le constat est là. On n’a rien gagné finalement. D’abord, on a pris un temps fou pour réinitialiser ces kits utilisés en République Démocratique du Congo (RDC) et qui portaient des noms comme Kasavubu, Kasongo et autres. Certains voudraient se faire une santé financière par le truchement de ces élections et sont allés signer des contrats obscurs avec la société belge ZETES qui serait proche du très controversé Commissaire européen Louis Michel. Les membres de la CENI étaient obligés de supporter les sautes d’humeur des responsables de cette société qui n’hésitaient pas à s’opposer à certaines tâches que l’institution voulait exécuter. Ce sont autant de situations qui avaient conduit au report des élections. La date du 05 août a été fixée à la dernière session du Comité de Suivi qui s’est tenue il y a deux mois à Ouagadougou. Bien que son partenaire le PNUD ait commandé des matériels électoraux qui ne pouvaient être acquis qu’après le 15 juin, la CENI s’est empressée pour programmer le démarrage des opérations du recensement sur le 08 juin. Le recensement était prévu sur un mois. Dans la foulée, le Premier ministre Me Agboyibo introduit un projet de loi portant modification du code électoral récemment modifié. Pour lui, avec les matériels informatiques, il n’y aurait pas assez de contestation et de recours. Il fallait faire passer le délai de recours de 22 jours à 11. Ces nouvelles dispositions devaient être introduites dans le code électoral sur lequel se baseraient les CELI et les Commissions des listes et cartes (CLC) pour conduire les opérations du recensement. Autant de faits qui prouvent que la CENI a fait montre d’amateurisme en annonçant la date du début de recensement. Acculée par les événements, elle a tenté de se dédouaner en accusant les partis politiques de n’avoir pas communiqué à temps la liste de leurs membres devant siéger dans les CLC. Le recensement  prévu, a été remplacé au pied levé par une simulation dont la publication des résultats finaux a pris beaucoup de temps.

            Nous en étions là quand  jeudi dernier, la CENI a, lors d’une rencontre à son siège avec les partis politiques et la presse, annoncé que les opérations d’enregistrement des électeurs commenceront le 16 juillet pour s’achever le 17 août. Selon le patron de la CENI, M. Tozim Potopéré, ce délai a été décidé « après concertation avec le gouvernement ». « Je viens à vous informer que le décret convoquant le corps électoral sera pris 45 jours avant la date du scrutin. Cela suppose que chaque parti politique qui désire positionner des candidats a tout le temps pour le faire. Les dossiers devraient pouvoir arriver 30 jours avant la date du scrutin. C’est le législateur qui a fixé ces délais. Pour l’instant, nous ne voulons pas avancer une date pour les élections. Tout le monde va suivre l’évolution des opérations et on pourra à la fin fixer une date. Le premier élément, c’est le fichier électoral, parce que à la fin du recensement, si nous avons un fichier que vous acceptez, nous pouvons dire que l’élection a réussi », a-t-il expliqué.

            Ces propos montrent que la CENI ne maîtrise pas les contours des différentes tâches qu’elle aura à réaliser. Elle évolue dans l’apeuprèrisme. Elle ne sait plus là où elle va et attend le recensement avant de fixer une date pour les élections. Pourquoi ne met-elle pas alors à profit l’expertise des personnes ressources que les partenaires a mises à sa disposition pour établir un chronogramme clair et précis ? A ce qu’on sache, un calendrier électoral en bonne et due forme permettra aux différents partis politiques et aux organisations de la société civile de savoir à leur niveau ce qu’il faut faire à tel moment donné. Il pourrait être d’un atout pour les associations dans la défense de leurs projets auprès des bailleurs. Le fait que le décret convoquant « le corps électoral sera pris 45 jours avant la date du scrutin » n’est pas une raison suffisante pour embarquer tout le monde dans un flou kafkaïen. Même ce délai d’un mois arrêté pour le recensement se révèlera insuffisant si on se réfère au temps qu’a pris la CENI pour centraliser les résultats de la simulation. C’est pourquoi dans le projet tripartite, gouvernement-PNUD-CENI, il est prévu au moins neuf semaines pour le recensement. En fonction de cela, elle pourrait, avec l’apport des experts, fixer la date exacte des élections pour permettre à tous les Togolais de s’y préparer.

            Cette façon de gérer les choses est la preuve que la CENI « règne mais ne gouverne pas » pour parler comme Paul Valéry. Elle est agie et brille dans un jonglage sans précédent. Elle doit se ressaisir et reconquérir l’autonomie que lui confère l’APG. Sinon, elle risque de devenir la CENI qu’avait dirigée Ahoomey-Zunu, l’actuel ministre de l’Administration territoriale.

R. Kedjagni 

 
Rétablir la vérité : Les fossoyeurs du football togolais dans leur basse besogne

Au journal « Liberté », nous n’avons qu’un seul leitmotiv : la vérité rien que la vérité. Et c’est pourquoi nous assumons tous les actes que nous posons. Mais quand nous montrons la lune, les nains d’esprit ne voient que nos coudes et n’hésitent pas à nous traiter de tous les noms d’oiseaux. Dans la crise qui secoue la Fédération Togolaise de Football, nous préférons dire  la vérité au peuple au lieu d’être à la solde de certaines personnes qui n’ont aucun égard pour leurs semblables.

Nous ne le dirons jamais assez : Tata Avlessi a une part de responsabilité dans la crise actuelle. Il a posé des actes qui sont condamnables et à tout moment, nous les avons dénoncés. Cependant, nous refusons que certains membres de cette fédération qui avaient vainement tenté de saboter leur président, jouent aujourd’hui aux saints ni touche. Les quatre membres qui viennent d’adresser au Président une lettre ne sont nullement des gens propres et ont leur part de responsabilité dans ce qui se passe.

Les vice-présidents Ameyi Gabriel et Essoyaba Boukpessi,  le Secrétaire Général et son adjoint, Espoir Assogbavi et Patatu Ayivi Amavi, sont des torpilleurs par excellence et prouvent par cette lettre qu’ils sont des types foncièrement mauvais. Des gens «normaux» ne peuvent jamais mener une campagne pour que leur président soit coûte que coûte sanctionné dans une affaire de corruption d’arbitre. Bien que nous soyons contre la corruption sous toutes ses formes, nous pensons qu’à supposer que cette affaire soit vraie, l’acte qu’il a posé était pour l’intérêt de l’équipe nationale. Considéré comme tel, il implique tous les membres de la Fédération puisqu’il est dit dans l’article 19 du règlement intérieur que « Les membres du B.E. sont solidairement responsables de l’administration et de la gestion de
la FTF ». Aujourd’hui, ceux qui envoyaient des lettres anonymes et des coups de fil à la CAF et ses instances se dévoilent à la face du monde par le biais de cette correspondance « artisanale ».

Analyse de la fameuse lettre
Cette lettre dont l’objet est « Observations sur le fonctionnement de la Fédération Togolaise de Football » et qui était à l’origine des éditions spéciales de certains canards de la place, n’a pour but que de « diaboliser » le Président de la Fédération alors que de bonnes volontés s’entichent à trouver une solution à la crise. La lettre a l’air d’un règlement de compte et est apparemment écrite par le félon Espoir Assogbavi. Elle n’est pas très éloignée des articles qui circulaient depuis un certain temps dans la presse togolaise. C’est du déjà entendu que ces quatre personnes viennent d’offrir aux Togolais. Le secrétariat est le poste le plus important au sein d’une institution. Et si le préposé à ce poste se met à l’écart qui viendra adresser « à certains membres pour assister aux réunions du Bureau pour des raisons que nous ignorons » ? « Lesdits membres qui sont d’office mis en quarantaine », ont, à ce qu’on sache, leur bureau au siège de la fédération à Kégué. S’ils ne sont pas conviés aux réunions comme ils le claironnent, ont-ils fait la démarche contraire ? Qu’est-ce que le président ou les autres membres leur ont donné comme réponse ? Le député Améyi a délibérément choisi de se mettre « en quarantaine » puisque depuis son élection, il n’a jamais participé aux réunions de la FTF. Il a son bureau au siège mais il n’est jamais allé l’occuper. Et même le règlement intérieur qui régit actuellement la fédération prévoit en son article 18 que « Tout membre de BE absent à 3 réunions consécutifs sans excuse reconnue valable, est considéré comme démissionnaire ». Non. Il ne faut pas que des gens prennent les Togolais pour des cons pour leur servir des jobardises et se présenter en victimes.

En outre, c’est malhonnête que des gens qui se sont mis à l’écart et qui ont déjà constitué leur équipe dans l’expectative des sanctions contre leur président, l’accusent aujourd’hui d’avoir fait des nominations sans les avoir consultés. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. De même, il y a certains faits qui sont contenus dans la lettre et qui ont déjà été publiés par la presse. Il est désormais clair que ce sont ces personnes qui ont fait circuler l’information selon laquelle c’est Tata Avlessi qui serait derrière l’accident de Lungi. « Il y a des accusations gratuites dans cette lettre. Les affaires de voyage à l’extérieur du pays aux frais de la fédération, d’équipement stocké et qui profite seulement aux proches du président sont des légèretés. Il faut que les gens soient conséquents avec eux-mêmes », nous a confié un membre du bureau. En ce qui concerne « la levée des sanctions infligées à certains joueurs des Eperviers », tout le monde sait le rôle que certains parmi eux ont joué pour pourrir la situation et saboter « les conditions nécessaires pouvant mettre en confiance lesdits joueurs et favoriser ainsi leur réintégration ». Après avoir étalé ces détritus, les quatre rustres déclarent que « nous nous désolidarisons de vos méthodes, de vos décisions non collégiales ainsi que des conséquences qui peuvent en découler ». N’est-ce pas que la sentence est hypocrite ? Pourquoi n’ont-ils pas rendu purement et simplement leur tablier ? « Quand on refuse, on dit non ». C’est ce que nous enseigne l’écrivain Ivoirien Ahmadou Kourouma à titre posthume.

Le rancunier Améyi
Nous avons longuement parlé de ce personnage dans l’une de nos précédentes parutions. Un député est un élu du peuple et doit être ouvert à tout le monde. Dans des situations difficiles, il se transcende et prend des décisions courageuses. Nous avons du respect pour tout ce qu’il a fait dans sa localité à Womé. Mais il faut reconnaître qu’un tel personnage ne joue pas le rôle qui doit être le sien. Il est plutôt devenu un champion des coups bas, de la mesquinerie. Devant les responsables de la FIFA et de la CAF, il a refusé de saluer son président actuel. Certes, il y avait des antécédents entre les deux ; mais c’était une occasion pour se réconcilier. Il est incontestablement l’un des acteurs qui veut voir trébucher Avlessi aux fins de prendre sa place. Par ailleurs, un président de club qui va tancer vertement son entraîneur de ne pas donner de vraies consignes, n’est pas apte à diriger dans le contexte actuellement la fédération. Le football togolais a suffisamment des problèmes pour le laisser entre les mains d’un gifleur par excellence de femme chef traditionnel. Ce sera une abomination.

Le béni-oui-oui Boukpessi
Cet homme, quoi qu’étant fonctionnaire de l’Etat, donne l’impression qu’il n’a pas de personnalité et qui suit seulement la direction du vent. Lui, il est un intellectuel et pourrait au moins prendre de la hauteur vis-à-vis  des autres. Mais il se laisse guider par le député Améyi qui n’a pour seule ambition que de faire couler le navire de son rival. Nous pensons qu’avec son niveau intellectuel, il a les moyens pour engager des discussions sérieuses et honnêtes avec Avlessi pour la bonne marche du sport roi togolais. Puisqu’il arrive de temps en temps à aborder le président et son premier vice-président, il est mieux indiqué pour réconcilier les deux personnes en leur disant la vérité. Ce sera à tout son honneur. Et c’est en cela qu’on reconnaît la valeur d’un intellectuel. Mais quand il prend fait et cause pour un camp, il y a péril en la demeure. Et dire que cet homme est candidat du RPT pour les prochaines élections législatives. Quel dommage !

La « girouette » Assogbavi
Le juge Espoir Assogbavi est dans tous les mauvais coups. Il fait partie du comité des sept magistrats qui ont organisé les législatives bizarres du 27 octobre 2002. Il a un puissant flair qui lui permet d’anticiper sur la direction du bonheur. Au commencement, le type venait commenter certains matches à la TVT. Il bûchait les noms de certains joueurs dans « France Football » qu’il venait déclamer en live se prenant ainsi pour un grand connaisseur en football. Une bonne publicité qui lui permit d’être élu au congrès de Kpalimé en décembre 2002. Il était le Secrétaire Général dans le bureau du second mandat de Rock Gnassingbé. Ce dernier l’a pris pour un incontournable et lui a beaucoup fait confiance. Mais, il a passé tout son temps à saborder le mandat de Rock Gnassingbé. Un Secrétaire Général n’avait pas les adresses des joueurs et c’était auprès des joueurs qu’il venait les chercher. Tout le monde a en mémoire le rôle trouble qu’il a joué à la dernière Coupe du Monde. N’est-il pas allé jusqu’à qualifier le sélectionneur Otto Pfister de « saoulard » ? Ayant enfoncé proprement Rock Gnassingbé, il a quitté la barque pour figurer sur la liste des démissionnaires dans la perspective des nouvelles élections. Il s’est rallié ensuite au groupe de Tata Avlessi pour se faire réélire lors du congrès du 09 janvier. Et comme qui a trahi, trahira, Espoir Assogbavi a délaissé celui grâce à qui il a été élu. Ne voulant pas quitter les délices d’un commissaire au match, il a pris partie pour le camp du député Améyi et du Nigérian Amos Adamu dans la crise de l’UFOA. C’est le début de la brouille entre lui et son président. Comme on le voit, Assogbavi n’use que de félonie. Aujourd’hui, pour saper le travail du reste du bureau, il détourne les courriers qui sont destinés à la fédération. C’est lui qui alimente dans la presse ces informations selon lesquelles « Tata Avlessi sera sanctionné lundi », « la décision va tomber mardi »… Cet homme est à craindre. C’est un élément dangereux à surveiller de près.

Le triste inconnu Amavi

Le sieur Patatu Ayayi Amavi est à plaindre. Ce militant de l’UDS d’Antoine Foly vient de démontrer lui aussi qu’il n’a pas de personnalité et qu’il est malléable à merci. « C’est le cas d’Amavi qui nous a étonnés. Lui, il était toujours avec nous et n’a jamais eu à formuler de réserves. Quand nous avons retrouvé son nom parmi les signataires de cette lettre, nous avons ri », a déclaré un autre membre de la fédération. Ces propos disent tout. Comme l’a dit Sartre, l’homme est toujours en situation et le sieur a opté pour le camp des torpilleurs. N’est-ce pas que tout le monde a besoin d’être heureux ?

Ces quatre prétendus « poids lourds » ne sont pas des types sérieux. De plus, aucun Togolais n’a accordé de crédit à leurs turpitudes. Avec cette lettre, on sait qui est qui et qui fait quoi dans l’aire footballistique togolaise.

R. Kédjagni

 
 
 
 

 
 
 
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