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Liberté Hebdo

4 juillet 2007

[ 223: du 2 juillet 2007]  
Exclusif : Rapport de la mission exploratoire électorale de l’Union Européenne sur le Togo

Dans le cadre des élections législatives premièrement fixées au 24 juin 2007, une mission exploratoire (MEx) de l’Union Européenne a séjourné dans notre pays du 13 au 23 mars 2007. Quatre mois après son travail sur le terrain, elle vient de transmettre aux Etats membres de l’institution un rapport de 148 pages dont « Liberté » a réussi à avoir copie. Ce document qui n’est pour l’instant disponible en anglais donne des informations précises sur l’organisation des élections et les appréhensions des Eurocrates. Il convient de rappeler que c’est de ce report que dépend l’observation proprement dite du processus électoral par l’UE.

« Les prochaines élections législatives sont importantes dans l’avenir du Togo. Après quatre décennies de règne du Président Eyadema, sa mort soudaine en février 2005 a entraîné une crise, puisqu’une tentative a été faite pour imposer la succession de son fils, l’actuel Président Faure Gnassingbé, par des moyens anticonstitutionnels. Le rejet de cette solution par la communauté internationale a par la suite conduit aux élections présidentielles du 24 avril 2005, remportées par Faure mais avec des dénonciations d’irrégularité par l’opposition. L’armée était sortie après l’annonce des résultats et dans l’agitation plusieurs personnes ont été tuées. Le parti au pouvoir (RPT) et la plupart des parties d’opposition ont par la suite signé un accord  pour  restaurer la démocratie au Togo : l’Accord Politique Global le 20 août 2006, balisant ainsi la voie à la formation d’un gouvernement d’union nationale, dirigé par un membre de l’opposition, et la création d’une commission électorale, CENI,  composée des membres de toutes les parties et des représentants de la société civile. Maintenant, le climat politique s’est sensiblement amélioré et il y a un consensus général que les prochaines élections législatives, organisées par la commission électorale ouverte, pourraient marquer une étape importante dans l’enracinement de la démocratie togolaise. Le changement du système électoral (système proportionnel à la plus forte moyenne, favorisant une représentation plus équilibrée des parties dans l’Assemblée Nationale) devrait également favoriser cette tendance », précise le sommaire du rapport. Dans le document, la mission a rappelé que la communauté internationale surtout l’UE suive de près la situation politique au Togo. Des détails précis sont donnés sur la CENI, sa composition, ses prérogatives, ses démembrements et la façon dont elle mène ses activités. Le rapport est au revenu sur les conditions d’éligibilités des députés, les plaintes déposées dans le cadre des élections et la situation des médias. « Il y a un besoin pressant d’améliorer la connaissance des électeurs et les rassurer sur le processus électoral. Il y a en effet une crainte générale parmi la population concernant les élections, qui avaient lieu dans le passé et qui étaient accompagnées de violences. Le Togolais doit être rassuré afin de participer activement et paisiblement au processus. Mais ni la CENI ni le ministère de communication ne trouvent pas opportun d’enclencher un programme de sensibilisation national », relève la mission. En ce qui concerne les électeurs nationaux et internationaux, le rapport fait état de ce que « Tous les interlocuteurs ont exprimé leur profonde satisfaction pour l’appui actif de la communauté internationale, en particulier l’UE, au processus électoral et ont bien accueilli le déploiement possible d’une mission d’observation de l’UE ». « Un certain nombre de groupes régionaux d’observateurs d’organisation sont susceptibles d’être présents au cours de la période immédiate d’élection, incluant la CEDEAO (qui a un devoir pour surveiller des élections parmi ses Etats membres), de l’Union Africaine et du Francophonie (OIF), mais aucun ne déploiera les observateurs à long terme comme l’UE projette faire. Non seulement les Togolais espèrent des élections transparentes mais également non violentes. La présence des observateurs internationaux devrait définitivement aider à désamorcer des tensions, à rassurer des électeurs et à améliorer la confiance publique en exercice. Néanmoins, plusieurs interlocuteurs, principalement de l’opposition et de la société civile, ont exigé la présence d’observateurs militaires comme ce fut le cas en 1994 et dans le cadre de l’Accord Politique Global. Bien que des groupes internationaux observent les élections probablement, il n’y a aucune indication claire pour l’observation nationale significative. UNONGTO et FUNGTO, mais également WANEP ont indiqué à l’équipe leur promptitude pour surveiller le processus », ajoute le rapport. Il est également indiqué qu’il Il y a des risques politiques liés à ces élections. La clarification d’un calendrier électoral avec un chronogramme réaliste et précis, d’un budget clarifié, l’éducation et la sensibilisation des électeurs et l’implication de tous les acteurs de la société civile sont souhaitées. La conclusion de la MEX est que l’UE une possible mission d’observation de l’UE serait extrêmement utile pour augmenter la crédibilité des prochaines élections par une observation indépendante, cela : i) donnerait la confiance accrue aux parties et aux électeurs à l’occasion des premières élections nationales dirigées par une institution indépendante ou au moins équilibrée ; ii) agirait en tant que force de dissuasion contre la fraude et la violence, quoique la mission n’ait pas un caractère militaire, iii) donnerait une évaluation complète du processus électoral. iv) contribuerait à la légitimité des élections si elles sont conduites de façon crédible et suffisamment en conformité avec des normes internationales et v) fournirait des recommandations constructives pour l’avenir…             

   L.H.

 
La CENI  toujours indécise sur la date de la tenue des législatives

La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) se trouve aujourd’hui confrontée à des difficultés qui ne lui permettent pas d’arrêter un calendrier pouvant fixer la date réelle de la tenue des législatives. La date du 05 Août est déjà hypothéquée. Selon un membre de la CENI qui a requis l’anonymat, il faut d’abord lancer le recensement et c’est en vue de l’évolution du processus qu’on pourra fixer la date des élections. Cependant, la même source rassure que « les travaux évoluent normalement à la CENI et qu’ il n’y a pas de blocage ». « D’après les résultats de la simulation, il y a des espoirs que les choses soient en ordre », ajoute-il. Ce qui veut dire que le processus est en bonne voie et qu’il faudra un peu plus de temps pour conduire les travaux à bon terme.

      La source précise également que d’ici peu, « les matériels électoraux seront déployés sur le territoire  et le recensement proprement dit pourra démarrer le 16 juillet prochain ». Mais étant donné que le nombre de kits disponibles est d’environ 1890 à 2500 pour 3485 centres d’enregistrement, le recensement se déroulera en deux phases. Les enregistrements se feront d’abord dans une première zone composée de 1743 centres. Et puis s’en suivront  ceux de la seconde zone composée de 1742 centres. Pour ce faire, la CENI a, selon notre source, « fixé un délai d’un mois pour le déroulement du processus de recensement soit  deux semaines pour chaque zone ». Ce qui n’est d’ailleurs pas possible d’après certains spécialistes des questions électorales.

            En effet, ces spécialistes trouvent que le délai d’un mois fixé par la CENI pour l’enregistrement sur l’ensemble du territoire est relativement court vu l’estimation de la population électorale. Selon ces derniers, compte tenu du nombre de kits, du nombre de personnes qui seront recensées et de la répartition par zone, il y aura un kit pour 2000 électeurs. Or, en deux semaines, un kit qui fonctionne normalement ne peut pas recenser un tel nombre de personnes. Il faut au moins trois semaines. Aussi les opérations liées au dédoublonnage, aux contentieux, à la correction, à la validation et l’impression des  listes définitives pourront-elles prendre trois semaines. Ce qui porte le délai nécessaire à la bonne organisation  du recensement à neuf semaines soit deux mois sept jours. Ce que confirme d’ailleurs le document portant projet d’enregistrement et appui au cycle électoral au Togo signé par le gouvernement, la CENI et le PNUD. Ainsi, si on arrive à prendre en Conseil des ministres, le décret invitant les populations à aller s’inscrire et si l’ enregistrement démarre le 16 juillet comme le confirme notre source, le recensement prendra  mathématiquement fin le 22 septembre.

            Comme on peut le constater, les élections législatives ne peuvent pas avoir lieu avant la fin du mandat de l’actuelle Assemblée Nationale. La sortie catastrophique qu’a faite Faure Gnassingbé le 13 juin dernier ne pourra donc rien changer à la donne. A moins qu’on n’ait pas envie d’organiser des élections crédibles, transparentes et acceptables par tous. Si le pouvoir RPT souhaite aujourd’hui une véritable sortie de crise au Togo, la seule aide qu’elle peut apporter à la CENI est d’éviter les précipitations  et de la laisser organiser convenablement les élections.

GLAKPE Koffi

 
SICOT en déconfiture est poursuivie par la BTCI

Etranglée par les dettes sous lesquelles elle ploie, la Banque Togolaise de Commerce et l’industrie (BTCI), a engagé des poursuites judiciaires contre ses clients douteux en vue de recouvrer les fonds  nécessaires pour se refaire une santé financière. Aujourd’hui, selon des  sources proches de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la BTCI a une ardoise qui est estimée à plusieurs milliards de nos francs. Ainsi, ses provisions restent douteuses aux yeux des institutions financières.

En effet, la BTCI a engagé des poursuites judiciaires contre la Société Industrielle de Coton (SICOT SA), à qui elle réclame environ 2,7 milliards de F CFA. Cette société anonyme au Capital d’un milliard de nos francs appartient à M. Kagnassi « Opérateur économique » malien. Il ressort de nos investigations que SICOT à une période difficile de son histoire de gestion avait contracté un prêt auprès de la BTCI afin de redynamiser la société pour une meilleure rentabilité et faire  face à la concurrence dont elle faisait face .

            Une  infirme partie de ce prêt a servi à quelques  actions de SICOT mais la grande partie a été investie dans le financement de la construction d’une usine à Korhogo et aussi à N’Begue en Côte d’Ivoire où Abdoulaye Kagnassi, le fils du PDG exerce ses activités en qualité de Directeur d’une filiale du Groupe Aiglon. Selon les indiscrétions le Groupe Aiglon basé en Suisse est la  Société mère avec les succursales en Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Bénin et Togo dont le patron est M. Kagnassi. Et partout il place ses enfants premiers responsables sauf au Togo où SICOT et Banamba sont dirigés par M. Anselme Gouthon, considéré comme son fils adoptif. L’on note également comme facteur de la déconfiture de cette société qui a été inaugurée avec faste par les autorités togolaises, l’arrivée dans cette boîte de Mariam Kagnassi  qui a fait chambouler  tout. Cette dernière enclenchant systématiquement une guerre de succession en vue d’accaparer cette entreprise. Alors la stratégie de  « Diviser pour régner » était mise en branle, semant une brouille entre son père et Anselme  Gouthan. Une situation qui engendra un coup dur  à la gestion en général et celle des ressources humaines en particulier. Et le drame aujourd’hui, c’est la cessation d’activité de SICOT, une situation qui ne pénalise que des compatriotes qui ne savent  pas à quel  saint se vouer.

            L’enquête révèle également qu’il s’agit d’un prêt obtenu par des gymnastiques savamment orchestrées pour soutirer à  la BTCI de l’argent à investir ailleurs au détriment des Togolais.  La preuve, ce prêt n’a guère servi à rehausser  l’économie togolaise déjà à l’agonie.                 Actuellement, l’on clame haut et fort qu’il s’agit d’une faillite, chose tout à fait naturelle en matière du  commerce. Faux, rétorquent des juristes qui estiment plutôt qu’il s’agit d’un acte d’escroquerie avec en toile de fond du détournement car les prêts n’ont pas  en réalité servi  au projet pour lequel ils étaient contractés.

            Aujourd’hui qu’un procès est intenté contre la SICOT par la BTCI, il y a aussi la question des droits de licenciement et des huit (08) mois d’arriérés  de salaires des employés qui, pour l’instant donne l’impression d’être classée. Aussi la leçon à tirer de cette situation est-elle que toute institution qu’elle soit administrative, financière, politique  fait  toujours plus confiance aux  étrangers qu’aux autochtones. Un investisseur digne de ce nom, amène dans le pays d’accueil  un investissement capital dont il en a besoin pour le développement de son entreprise.

            Contrairement à ceux qui veulent que l’on prononce un gel des avoirs de SICOT au Togo, nous trouvons qu’il serait plus judicieux et plus sage de donner du coton à égrener et qu’une administration judiciaire dont la mission serait de commercialiser la production de SICOT SA soit mise en place. C’est une solution pour maintenir le personnel en  activité. Elle aura aussi le mérite de permettre à la BTCI de récupérer son dû par épuration progressive de la dette. Envisager un gel des avoirs reste suicidaire pour les employés. 

Affaire à suivre ...      

              Didier LEDOUX

 
Loi sur le blanchiment de l’argent sale : Une farce pour tromper la vigilance de la communauté internationale

A quelques semaines de la fin de leur mandat, les députés de l’Assemblée nationale monocolore qui se sont habitués, durant toute leur législature, à voter à l’unanimité des lois, n’ont pas dérogé à la tradition en votant à l’unanimité le 20 juin 2007, la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux. « Nous étions l’unique pays de l’UEMOA à ne pas avoir adopté cette loi. Vous comprenez donc ma joie et c’est avec fierté que je me présenterai à la prochaine réunion de l’UEMOA. L’unanimité avec laquelle vous avez adopté cette loi, prouve non seulement que vous avez compris la pertinence de l’importance de cette loi, mais que vous avez compris que le blanchiment est un phénomène rampant qui menace l’équilibre de l’économie mondiale contre lequel il faut lutter », ressassait le ministre des Finances, du Budget et des Privatisations.

Pour nombre d’observateurs, cette loi n’est que de la poudre aux yeux pour tourner en bourrique les partenaires en développement, d’autant que le Togo est de tout temps considéré comme une plaque tournante de la drogue, un trafic dans lequel plusieurs personnalités sont trempées. En effet, le blanchiment d’argent est défini comme le processus consistant à dissimiler la provenance d’argent acquis de manière illégale (spéculations illégales, activités mafieuses, trafic de drogue, d’armes, extorsion, corruption…) afin de réinvestir dans des activités légales comme par exemple la construction immobilière. On précise que c’est une étape importante, car sans le blanchiment, les criminels ne pourraient pas utiliser de façon massive ces revenus illégaux sans être repérés. Selon les estimations, quelque 500 milliards  à un billion de dollars américains de revenus illicites sont blanchis dans le monde chaque année.

            « La recrudescence, ces temps, du phénomène de blanchiment de capitaux nous interpelle tous pour une prise de conscience accrue des menaces réelles et graves qu’il engendre. Le Togo, cité à tort ou à raison dans ce domaine, veut par le vote de cette loi, prouver à l’opinion nationale et internationale qu’en aucun cas, les autorités togolaises ne peuvent admettre que le pays devienne la plaque tournante de la drogue », déclarait le président de l’Assemblée nationale, Abass Bonfoh.

Et pourtant, il y a de cela un an, la presse avait fait un large écho du rapport d’une enquête menée par le pouvoir lui-même sur le trafic de drogue au Togo. Cette enquête commandée par feu Eyadéma sous la pression de l’extérieur et dirigée par le Général Gnofame a révélé à la face du monde que le pouvoir togolais était au cœur du trafic de drogue au Togo et dans la sous région. Un rapport de l’Observatoire Togolais de la Bonne Gouvernance (OTBG) vient confirmer cette enquête quelques mois plus tard. « Tout le monde sait que les généraux de l’armée, des ministres, des responsables politiques sont impliqués dans toutes sortes de trafics illicites, des circuits mafieux et parallèles des gestions financières et des détournements systématiques des ressources du pays », faisait observer le président de l’observatoire. Le rapport de Gnofame n’a jamais connu de suite. L’impunité est totale. Des personnalités impliquées dans le gros dossier de trafic de drogue ne sont jamais inquiétées. L’affaire du navire  Pitéa arraisonné au large des côtes togolaises avec une importante cargaison de drogue est restée sans suite. Ce qui fait dire à certains que la loi pour lutter contre le blanchiment des capitaux au Togo n’est qu’une farce de plus destinée à tromper la vigilance de la communauté internationale car on estime que ce ne sont   pas les petits fonctionnaires qui font du trafic de la drogue leur dada mais les gros pontes qui font passer des marchandises sans aucune inquiétude au port, à l’aéroport et aux postes frontaliers.

M.A.

 
Education : Désordre et favoritisme à l’Office du BTS

Depuis bientôt deux décennies, les écoles de BTS (Brevet de Technicien Supérieur) participent à la formation de la jeune élite togolaise. Bien que les coûts d’inscription soient plus ou moins élevés, ces écoles absorbent une part importante de jeunes en formation. C’est fort de cela que l’Etat a créé l’Office de BTS pour mieux contrôler ce secteur de l’éducation.

Mais malheureusement, on assiste depuis quelques années à la création anarchique des écoles de BTS. De même, il règne à l’office du BTS un désordre sans précédent. Le favoritisme y est de mise. Le choix des enseignants devant composer les sujets se fait par cooptation. Seuls ceux qui sont dans les bonnes grâces du Directeur de l’Office de BTS sont invités à proposer des épreuves pour les différents examens. Il y en a parmi eux qui savent que, quoi qu’il arrive, ce sont leurs sujets qui seront choisis et ils préparent leurs élèves à cet effet. Sur cinq ans, les épreuves des mêmes enseignants pourront être choisis. Ce qui est encore navrant c’est que la plupart de ces gens ne sont pas des techniciens et n’ont pas les compétences requises. Ainsi, il est loisible de voir des enseignants de Gestion soumettre des sujets dans les domaines qu’il ne maîtrise pas. Quelqu’un qui enseigne par exemple la comptabilité dans la filière Comptabilité et Gestion, peut être amené à proposer des sujets pour Commerce International, Action Commerciale et Force de Vente ou bien Télécommunication ou encore Finance Banque. Conséquence, les élèves ne se retrouvent pas et les résultats sont parfois catastrophiques. En plus, ces « enseignants gâtés » vont jusqu’à tirer sur Internet des sujets corrigés qu’ils ne maîtrisent et qu’ils plaquent aux élèves. Pendant ce temps, les spécialistes sont mis à l’écart.

            L’autre préoccupation concerne la correction. Selon les informations en notre possession, ce sont les mêmes enseignants qui sont prisés pour la correction. Ce sont également ces enseignants qui alimentent les cours du soir dans quelques établissements de BTS de la place. Bien qu’ils ne fassent pas le volume requis de cours et ne bouclent pas l’année pleine, ils ont les meilleurs résultats. Sur six candidats provenant de ces cours du soir cinq réussissent alors que c’est souvent la catastrophe dans les institutions officielles. Aussi faut-il faire remarquer que la liste des correcteurs n’est jamais actualisée. Il arrive de voir des gens qui ne sont pas au pays de figurer sur celle-ci.

            En outre, avec le laxisme qui bat son plein à l’Office de BTS, des gens font des mémoires en catimini, sans stage, sans maître de mémoire adéquat. Il n’y a jamais un avis selon lequel tel étudiant admissible allait soutenir dans telle matière. Parfois, les membres de jury attribuent les mémoires à leurs amis qui ne sont peut-être pas indiqués à le faire.

            Il se raconte par ailleurs que pour les examens de BTS dont les résultats viennent d’être proclamés, certains candidats ont retrouvé, en lieu et place de leurs nom et prénom, ceux de leurs parents défunts. Dans certaines filières, des épreuves hors programme ont été proposées aux candidats.

            Il est donc impérieux que les autorités en charge de l’enseignement supérieur réagissent avant qu’il ne soit trop tard. Il faut mettre de l’ordre au sein de l’Office et repenser le BTS lui-même.           

  Nous  y  reviendrons...

R.K.

 

Fédération Togolaise de Football : Remplacer Avlessi par le député Ameyi est une abomination
Il souvient aux Togolais que le 09 janvier dernier, les acteurs du football étaient, sous la houlette de la FIFA et de la CAF, en congrès extraordinaire pour renouveler le bureau de la Fédération Togolaise de Football (FTF). L’autre objectif était d’insuffler une nouvelle dynamique au sport roi togolais qui était dans l’impasse après les bouffonneries de la Coupe du Monde. Mais malheureusement, ces élections ne donneront pas les résultats escomptés puisque les problèmes de personne qui ont marqué les huit ans de Rock Gnassingbé, ont refait surface. Le Président de la FTF, Tata Adaglo Avlessi, et ses deux vice-présidents, Gabriel Ameyi et Essoyaba Boukpessi, et tout récemment son Secrétaire Général, Espoir Assogbavi, n’arrivent pas à accorder leur violon, ouvrant ainsi la voie aux coups bas, aux commérages, aux mensonges, à la félonie… C’est donc dans ce méli-mélo que le Togo a organisé en mars dernier la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) des cadets. Un événement au cours duquel une affaire de corruption d’arbitre a éclaté et sur lequel certains veulent surfer pour donner corps à leurs rêveries.

Il y a en effet plus d’une semaine que le Président de la Fédération Togolaise (FTF) a été auditionné au Caire dans ce dossier de corruption. L’arbitre gambien qui a dirigé le match Togo-Tunisie dans le cadre de la deuxième journée de la CAN U-17 et son homologue togolais qui aurait joué le rôle d’intermédiaire, ont été déjà sanctionnés. Ce qui veut dire que des mesures disciplinaires à l’encontre de Tata Avlessi ne sont pas exclues. Outre des sanctions financières, on parle de sa mise à l’écart de toute activité footballistique pendant une période donnée. Ces sanctions seraient imminentes à en croire des indiscrétions. Et déjà, ces adversaires se mettent en ordre de bataille pour savourer leur victoire construite sur des coups bas. Quel cynisme ! C’est curieux que le vice-président Gabriel Ameyi qui, depuis le 09 janvier, est en marge de toutes les activités de la FTF, pleurniche aujourd’hui par médias interposés qu’on voudrait l’écarter. L’empressement avec lequel le député cherche à revenir cache quelque chose. De plus, la manière dont cette affaire de corruption d’arbitre a été gérée par les médias n’est pas gratuite. C’est comme si on a tout fait pour compliquer la vie à un Tata Avlessi qui, quoi qu’on dise, manque de tact et de circonspection dans sa gestion des affaires. N’a-t-on pas entendu tout récemment certains Togolais dire à l’homme de Masseda qu’il n’a que six mois à passer à la tête de la fédération ?

            Dans l’ordre normal des choses, le Président agit au nom d’une institution et s’il faut prendre des sanctions, elles doivent concerner toute la Fédération. Dans certains cas, l’équipe bénéficiaire de cette tentative de fraude est aussi suspendue. Par exemple, dans le scandale des matches truqués en Italie, ce sont certains dirigeants et leurs clubs qui ont été sanctionnés. Tout récemment, l’ex-international ghanéen Abedi Pélé et son club ont reçu des sanctions dans une affaire de matches négociés. Mais apparemment, dans le cas togolais, seul le Président serait concerné par des mesures disciplinaires.

Si Tata venait à être mis à l’écart comme le disent les textes et comme le souhaitent Ameyi et ses ouailles, il serait urgent que la CAF et la FIFA mette en place un comité de crise qui devrait organiser de nouvelles élections selon les statuts standardisés avec de nouvelles personnalités. On doit mettre out tous ceux qui sont dans l’actuel bureau. Mais faire remplacer Avlessi par son vice-président Ameyi, sera une abomination. Comme le dit l’adage populaire, on risque de « vendre le voleur pour acheter le sorcier ». On n’aura rien résolu. Nous ne faisons pas de « l’honorable député » un paria. Certes, c’est un amoureux du cuir rond et il l’a montré par les réalisations qu’il a faites. Mais il n’est pas un bon dirigeant. Il suffit de faire un tour à Womé au cours d’un match de championnat pour s’en convaincre. Lui aussi, il est imbu de sa personnalité et son credo c’est « moi ou rien ». Le député Ameyi n’est pas la personne indiquée pour sortir le football togolais de l’ornière. On ne saurait confier toute une fédération à quelqu’un dont le degré d’animosité est immesurable. Tout le monde a en mémoire le triste spectacle que le député, un élu du peuple, a offert lors du congrès extraordinaire de la FTF le 09 janvier dernier. Après son élection au poste de président, Tata Avlessi a fait un tour d’honneur dans la salle où il a eu à embrasser certaines personnalités. Rock Gnassingbé qu’on attendait le moins, a fait montre de fair-play et s’est jeté dans les bras de son adversaire. Mais le député a refusé de s’exécuter, donnant la preuve qu’il est un fielleux. Quel crédit faut-il alors accorder à un tel  individu? Changera-t-il de comportement dès qu’il savourera l’après Avlessi ? Nous ne le pensons pas en tout cas.

Par ailleurs, c’est une réalité que depuis son élection il n’a jamais participé aux réunions du bureau exécutif. Il brille par une absence notoire aux activités de la fédération. Au même moment, il initie des activités parallèles. Un président sérieux et qui est conséquent envers lui-même, ne pourrait jamais se retrouver ailleurs avec des joueurs qui boudent la sélection nationale alors que les autres disputaient une rencontre périlleuse  en Sierra Leone. Que cette démarche a l’air d’un complot ! Si aujourd’hui, Ameyi se plaint parce que des « sanctions disciplinaires » seraient en train d’être prises à son encontre, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même. Il est victime de ses propres turpitudes. Pendant six mois, il s’est mis à l’écart pour la simple raison que la tête de son président ne lui revenait pas. Maintenant que ce dernier est sous le coup d’une sanction, il se frotte les mains et joue à l’agneau. Bien malin n’est-ce pas ? Affaire à suivre.

R. Kédjagni

 
Tentative de remobilisation du public autour des Eperviers : La manifestation de «Maman Togo» interdite in extremis

Depuis un certain temps,  l’équipe nationale du football est  secouée  par un malaise   engendré  par une longue crise qui affecte la Fédération togolaise de Football (FTF). Cette crise qui, depuis belle lurette désorganise le football  togolais a des répercussions négatives sur cette cellule, la  seule qui sauve les meubles aujourd’hui après les déboires politiques que le pays  connait.

C’est pour tenter de colmater les brèches que  la supportrice N° 1, celle que les Togolais appellent affectueusement « Maman Togo » avait décidé d’organiser une manifestation, le samedi 30 juin dernier. L’objectif était  de remobiliser le public autour  des Eperviers. Il s’agit d’autre part d’une action pour interpeller les autorités à user de leur personnalité  pour que tous les acteurs du football se réconcilient  avec eux-mêmes et ensuite avec le public. « C’est par une véritable réconciliation des dirigeants de la FTF  entre eux et avec les joueurs que le Togo peut sortir son épingle de jeu en battant le Mali au prochain match. Les autorités ont le devoir aujourd’hui, à voir l’allure que prennent les choses, de s’impliquer pour que  les Eperviers deviennent ce qu’ils étaient en allant de victoire en victoire », a indiqué Maman Togo avant d’ajouter  que « C’est par cette unique et seule voie que nous réussirons à relever le défi de la qualification qui passe nécessairement par notre victoire contre le Mali ».

            En ce qui concerne la non tenue de la manifestation,  Maman Togo explique : « Nous avons obtenu l’autorisation en bonne et due forme. Mais les autorités ont à la dernière minute jugé qu’il était plus opportun de reporter cela à une date ultérieure. Car les séquelles des derniers évènements de Cotonou sont encore dans les esprits des gens. Alors de cette manifestation, beaucoup de choses peuvent arriver. Donc, il faut surseoir provisoirement. Néanmoins, elles (autorités) ont promis proroger l’autorisation. Ce qui signifie que cette manifestation aura bel et bien lieu dans les tout prochains jours ».  Il faut souligner que cette version a été confirmée par des sources proches de la Présidence et de la Primature. L’on ne peut  que saluer  cette initiative louable en ce moment très difficile pour le football togolais.         

                       Didier LEDOUX

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
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