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Mercredi dernier, la Haute Autorité de l’Audiovisuel
et de la Communication (HAAC) s’est entretenue à son
siège avec les directeurs des télévisions privées
émettant dans le pays. A en croire notre confrère
« Togo-Presse », « cette rencontre s’inscrit
dans la volonté de
la HAAC d’entretenir un climat de confiance et de
paix entre l’institution de régulation qu’elle est,
et ses partenaires ». Que la démarche est noble ! |
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Mais malheureusement, la HAAC a seulement chargé les
directeurs des télévisions privées sans leur
proposer des pistes pouvant leur permettre
d’augmenter leur chiffre d’affaires et de faire face
aux multiples besoins. Elle constate sur les
chaînes la politisation à outrance de l’information,
l’insuffisance de reportages et de sujets locaux
visant le développement ainsi que le manque
d’équilibre et d’équité dans les émission-débats.
Certes. Mais les problèmes des médias togolais se
posent en terme de moyens financiers, matériels et
humains. Un directeur qui crée sa chaîne de
télévision, qui est avant tout une entreprise,
travaille avec les moyens de bord pour ne pas mettre
la clé sous le paillasson après un ou deux mois
d’exercice. C’est ainsi qu’on voit les mêmes
personnes défiler sur les écrans pour des émissions
différentes. Un organe qui a deux ou trois caméras
ne peut jamais s’offrir le luxe d’envoyer ses
journalistes faire des reportages à Kpendjal ou à
Tindjassi. Même s’il le décide, le journaliste ne
fera pas le travail avec le coeur parce qu’il est
mal payé, parce qu’il sait qu’il n’aura pas les
primes de déplacement, les primes de motivation et
autres. D’ailleurs combien de sujets locaux ou de
reportages nous propose la TVT qui est une structure
de l’Etat ? Là aussi, le problème de moyens se pose
avec acuité. Les journalistes préfèrent aller aux
conférences de presse pour attraper le « gombo »
ou le « communiqué final » (frais que payent
souvent aux journalistes les organisateurs) que de
défier les montagnes pour réaliser un reportage à
Akpolo dans la préfecture d’Agou. De plus, les
caméras de la TVT qui
ressemblent fort bien à des bazookas sont mêmes
insuffisantes sans oublier les voitures qui
« refusent » souvent de continuer le trajet.
Avec tous ces problèmes, peut-on avoir l’excellence
qu’on cherche tant ? That is the question.
Dans le domaine de la publicité, il faut reconnaître
qu’il y a beaucoup de dérapages. C’est une
lapalissade. Mais
la HAAC a encore péché en sommant les directeurs des
télévisons de cesser à partir du 1er octobre
2006 de recevoir des tradithérapeutes qui
« usurpent des titres pompeux de docteur et
professeur ». Dans l’ordre normal des choses,
elle (HAAC) devrait prendre attache avec le ministre
de la Santé et l’association des tradithérapeutes
pour assainir d’abord le milieu et arrêter ensuite,
d’un commun accord, un cahier de charges qui
définirait clairement les relations des
tradithérapeutes avec les médias. Ce ne sont pas
tous les tradithérapeutes qui sont des vendeurs
d’illusions. Il y en a des vrais, des gens qui
maîtrisent leur travail. Qu’on ne se voile pas la
face, il y a des tradithérapeutes qui guérissent le
SIDA et qui ont traité et traitent des ministres et
hauts fonctionnaires de ce pays. Mais c’est la façon
de le dire sur les médias qui pose problème.
Nous sommes heureux que
la HAAC veuille être légaliste en se référant
régulièrement au code de la presse, au cahier de
charges… Mais l’aide de l’Etat est justement
instituée pour permettre aux médias de tendre vers
cette excellence. C’est ce à quoi doit s’atteler la
HAAC en prenant langue avec les décideurs pour que
les 50 millions de F CFA annoncés soient revus à la
hausse. Dans un pays ou la publicité est comme
l’urine d’un lézard, que deviendront les médias
s’ils n’ont pas l’aide en question et si on leur
refuse « toute publicité sur les médicaments,
tabac et boissons alcooliques » ? Ces décisions
sans mesures d’accompagnement ne participent-elles
pas au musellement des médias ?
Les médias sont appelés à disparaître s’ils n’ont plus
de source de revenus. « C’est un peu difficile.
Si nous n’avons plus de publicité, nous serons
obligés de fermer », s’est plaint le Pasteur Luc
Russel Adjaho au micro de nos confrères de
la TVT.
Evans Yemey |