AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 

1er juillet 2006

[ 97 : du 30  juin 2006]

Vote des députés sur l’âge  de départ à la retraite des enseignants du supérieur : Abass Bonfoh et ses ouailles feintent les vrais problèmes de l’enseignement supérieur

Le lundi dernier, les députés auraient planché sur l’âge de départ à la retraite des enseignants du supérieur. « L’âge limite de départ à la retraite des enseignants du supérieur est fixé comme suit : 65 ans pour les professeurs titulaires, 64 ans pour les professeurs agrégés et maîtres de conférence, 63 ans pour les maîtres assistants et 60 ans pour les assistants »,  apprenait-on. C’était, selon la version officielle, dans le souci d’harmoniser les textes avec ceux de l’UEMOA que de pareilles dispositions ont été prises.

 
 

C’était à la limite un zèle de députés que cette gymnastique de voter des textes pour se conformer à ceux de l’UEMOA. Au-delà du zèle, c’était une incompétence que de chercher à légiférer sur l’âge de départ à la retraite alors qu’il existe des problèmes plus pressants. Le bon sens aurait voulu que ces enseignants soient mis dans d’ « acceptables » conditions de travail et de vie, semblable à celles de leurs pairs des autres pays de l’UEMOA avant de chercher à « niveler » leur âge de retraite, afin qu’ils puissent donner les meilleures formations possibles aux étudiants qui sont censés être la relève de demain, constituer l’intelligentsia devant mettre en valeur le pays.  C’est assez pitoyable qu’un enseignant du supérieur ne soit pas payé à la fin du mois dans ce 21e siècle débutant.  C’est difficile qu’il arrive le ventre creux, à dispenser au mieux les cours  à des étudiants dans des amphithéâtres aux effectifs pléthoriques.

            Une chose est de les « pousser » à la retraite, une autre est d’arriver à assurer leur relève car ce problème s’est toujours posé. Par exemple, un cas s’était posé au département de Géographie à l’Université de Lomé. L’emploi du temps affiché pour l’année académique en cours manquait de donner des précisions de jour, heure et lieu pour les étudiants de « S2 Géographie du commerce », une des spécialités à choisir en Géographie. La raison a été toute simple : le professeur titulaire dans la matière partait à la retraite à l’époque et il manquait donc de professeur pour enseigner cette  matière. Ce sont les étudiants de S2 eux-mêmes qui ont dû entreprendre des démarches auprès du professeur -retraité-  pour  qu’il ait l’amabilité de venir terminer l’année avec eux puisqu’ils étaient en fin de cycle. Voyez-vous ? Juste pour dire qu’il y a des dispositions plus pressantes à prendre plutôt que de statuer sur des inutilités.

            Point n’est besoin de rappeler les conditions « honteuses » dans lesquelles vivent les étudiants qui constituent le vivier intellectuel de la Nation. C’est un scandale qu’ils soient réduits à trois (3) pauvres tranches de 20 000 F chacune comme  aide de l’Etat à leur endroit alors que c’est un « jeune archi-diplômé », lauréat des « Grandes écoles européennes et américaines » qui préside aux destinées du pays. Les amphithéâtres qui servent de salles de cours à la limite ressemblent à des musées abandonnés de l’époque médiévale occidentale. Des étudiants qui suivent les cours en position  debout, qui sont obligés de parcourir à pied des kilomètres, qui, faute de logement, squattent les amphis qu’ils transforment la nuit en dortoirs, qui arrivent à peine à dormir au chaud, qui ne disposent pas de bibliothèque digne de ce nom fournie en documents pour leur permettre d’actualiser leurs connaissances et effectuer des recherches…, tout ceci ne  préoccupe pas nos fameux députés.

            On préfère statuer sur des choses de seconde zone alors que les urgences se trouvent  ailleurs. C’est ça « le Togo » sous le Père. Mais jusqu’où cela va-t-il continuer sous le Fils et le Saint Esprit ?

TINO Kossi

 

 

Job.com

 

 

 
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved