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Le lundi dernier, les députés auraient planché sur
l’âge de départ à la retraite des enseignants du
supérieur. « L’âge limite de départ à la retraite
des enseignants du supérieur est fixé comme suit :
65 ans pour les professeurs titulaires, 64 ans pour
les professeurs agrégés et maîtres de conférence, 63
ans pour les maîtres assistants et 60 ans pour les
assistants », apprenait-on. C’était, selon la
version officielle, dans le souci d’harmoniser les
textes avec ceux de l’UEMOA que de pareilles
dispositions ont été prises. |
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C’était à la limite un zèle de députés que cette
gymnastique de voter des textes pour se conformer à
ceux de l’UEMOA. Au-delà du zèle, c’était une
incompétence que de chercher à légiférer sur l’âge
de départ à la retraite alors qu’il existe des
problèmes plus pressants. Le bon sens aurait voulu
que ces enseignants soient mis dans d’ « acceptables »
conditions de travail et de vie, semblable à celles
de leurs pairs des autres pays de l’UEMOA avant de
chercher à « niveler » leur âge de retraite,
afin qu’ils puissent donner les meilleures
formations possibles aux étudiants qui sont censés
être la relève de demain, constituer
l’intelligentsia devant mettre en valeur le pays.
C’est assez pitoyable qu’un enseignant du supérieur
ne soit pas payé à la fin du mois dans ce 21e siècle
débutant. C’est difficile qu’il arrive le ventre
creux, à dispenser au mieux les cours à des
étudiants dans des amphithéâtres aux effectifs
pléthoriques.
Une chose est de les « pousser » à
la retraite, une autre est d’arriver à assurer leur
relève car ce problème s’est toujours posé. Par
exemple, un cas s’était posé au département de
Géographie à l’Université de Lomé. L’emploi du temps
affiché pour l’année académique en cours manquait de
donner des précisions de jour, heure et lieu pour
les étudiants de « S2 Géographie du commerce »,
une des spécialités à choisir en Géographie. La
raison a été toute simple : le professeur titulaire
dans la matière partait à la retraite à l’époque et
il manquait donc de professeur pour enseigner cette
matière. Ce sont les étudiants de S2 eux-mêmes qui
ont dû entreprendre des démarches auprès du
professeur -retraité- pour qu’il ait l’amabilité
de venir terminer l’année avec eux puisqu’ils
étaient en fin de cycle. Voyez-vous ? Juste pour
dire qu’il y a des dispositions plus pressantes à
prendre plutôt que de statuer sur des inutilités.
Point n’est besoin de rappeler les
conditions « honteuses » dans lesquelles
vivent les étudiants qui constituent le vivier
intellectuel de
la Nation. C’est un scandale qu’ils soient réduits à
trois (3) pauvres tranches de 20 000 F chacune
comme aide de l’Etat à leur endroit alors que c’est
un « jeune archi-diplômé », lauréat
des « Grandes écoles européennes et américaines »
qui préside aux destinées du pays. Les amphithéâtres
qui servent de salles de cours à la limite
ressemblent à des musées abandonnés de l’époque
médiévale occidentale. Des étudiants qui suivent les
cours en position debout, qui sont obligés de
parcourir à pied des kilomètres, qui, faute de
logement, squattent les amphis qu’ils transforment
la nuit en dortoirs, qui arrivent à peine à dormir
au chaud, qui ne disposent pas de bibliothèque digne
de ce nom fournie en documents pour leur permettre
d’actualiser leurs connaissances et effectuer des
recherches…, tout ceci ne préoccupe pas nos fameux
députés.
On préfère statuer sur des choses de
seconde zone alors que les urgences se trouvent
ailleurs. C’est ça « le Togo » sous le Père.
Mais jusqu’où cela va-t-il continuer sous le Fils et
le Saint Esprit ?
TINO Kossi |