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29 juin 2006

[ 96: du 28  juin 2006]

Ouverture des postes de péage le 1er juillet prochain : Le tandem Faure - Kodjo asphyxie à nouveau les Togolais
 

 
 

On ne le dira jamais assez. Le groupe de copains qui régente ce pays est nuisible à plus d’un titre. Ils ne font rien pour améliorer les conditions de vie des populations. Leur stratégie ne consiste qu’à asphyxier chaque jour que Dieu fait les Togolais par des mesures cyniques. La dernière en date est l’annonce de l’ouverture des postes de péage construits sur nos routes il y a quelques années. Cette décision est mise en exécution dès ce samedi 1er juillet 2006. Comme les Togolais sont très passifs, il faut toujours les surprendre par ces décisions sardoniques.

            En effet, selon le communiqué ayant sanctionné le conseil des ministres du vendredi 23 juin dernier, les quatre postes de péage dont les recettes sont prévues dans le budget 2006, seront ouverts le 1er juillet prochain. Il s’agit des postes de Vodougbé à l’entrée d’Anèho en venant de Lomé,  de Davié à l’entrée de Davié en venant de Lomé, de Sotouboua à l’entrée de Sotouboua en venant de Blitta et de Sanguéra à la sortie de Sanguéra en venant de Lomé. Le conseil est même allé loin en fixant les prix pour les différentes catégories de véhicule : 300 francs CFA par passage pour les véhicules légers ; 400 francs CFA pour les minibus jusqu’à 15 places ; 1000 francs CFA pour les bus et autocars (plus de 15 places) et 2000 francs CFA pour les véhicules lourds. On n’aurait rien trouvé à redire si nous étions dans un pays normal où tout marche comme sur des roulettes. Mais actuellement, les Togolais souffrent et ce montant les crucifierait davantage.

            En dehors donc des prix très élevés du carburant, les chauffeurs doivent désormais faire face à de nouvelles dépenses. Pour un chauffeur d’un minibus de neuf places qui fait par jour trois aller-retour Tsévié-Lomé, il devra payer au poste de péage 2 400 FCFA. En plus de cela, il doit satisfaire routiers, gendarmes, douaniers, policiers, militaires qui pullulent sur les routes. Combien lui reviendra-t-il pour remplir d’abord son contrat vis-à-vis du propriétaire du véhicule et subvenir ensuite à ses besoins et à ceux de sa famille ? C’est un véritable supplice auquel Faure et Kodjo soumettent encore ces nombreux chauffeurs qui tirent le diable par la queue depuis la dernière hausse des prix du carburant. Ne règne-t-il pas un désordre sur nos routes à propos des tarifs de transports ? Le ministre de la CPP qui pilote le portefeuille du Commerce et des Transports n’a pas daigné harmoniser les frais de transport après qu’il eut lu cyniquement le communiqué décrétant la hausse des prix du carburant en octobre 2005 en pleine euphorie d’une qualification historique de notre pays à une phase finale de Coupe du Monde. Conséquence, les tarifs varient selon la tête du passager. Et souvent, le chauffeur se livre aux surcharges pour compenser le manque à gagner créé par ces passagers qui par des jérémiades demandent une remise. Avec l’ouverture des postes de péage, les chauffeurs reverront à coup sûr les tarifs à la hausse.

            Par ailleurs, ces fonctionnaires qui vivent à Anèho ou à Tsévié et qui rallient chaque matin la capitale à bord de leur voiture sont pénalisés par cette mesure. En aller-retour, ils devront payer 600 FCFA, ce qui fait 3000 F par semaine et 12 000 F à la fin du mois. Pendant ce temps, les salaires ne sont  pas augmentés.

            L’autre problème se pose au niveau des structures qui vont gérer les quatre postes de péage en question. « Les quatre derniers décrets adoptés ce jour par le conseil sont relatifs à la concession de l’exploitation de quatre postes de péage  et de péage-pesage routiers construits et équipés par le Fonds d’Entretien Routier (FER) », précise le communiqué. Il est fort probable que des proches du clan et leurs amis libanais se retrouvent derrière ces sociétés concessionnaires. Ces postes de péage ne vont pas échapper à la gestion familiale et calamiteuse qui a cours au Togo.

Evans Yemey

 
Le présidium et le régime RPT veulent sacrifier le dialogue

            La petite blague à laquelle se livrent les Agboyibo, Kissem Walla, Gilbert Bawara et les ordres secrets qu’ils servent à la salle Evala risque de s’avérer grande et mauvaise.

            Les vrais partis qui luttent pour le bonheur du peuple avaient rendu publiques leurs observations sur les simulacres de « projet d’accord » qui sont soumis aux participants au dialogue. La logique aurait voulu qu’on tienne compte de leurs remarques dans les versions suivantes du projet à proposer aux protagonistes. Comme si on pouvait en faire fi, la seconde version dite « révisée » soumise le 16 juin dernier, à défaut de ressembler typiquement à la première n’en est qu’un duplicata. Des mots ont été remplacés par leurs synonymes, des points par des points virgules, des accents aigus par des trémas… L’Union des Forces de Changement (UFC) et la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) se sont encore fait le devoir de faire des observations sur cette seconde version. Au moment où l’on se demande si cette fois-ci, ces partis seront entendus,  des indiscrétions qui parviennent à notre rédaction font état de ce que des tractations seraient enclenchées pour sortir une troisième version du projet d’accord qui devra être soumise au cours des prochaines séances plénières. Et semble-t-il que ce serait la toute dernière. Cela signifie beaucoup de choses.

            Ce serait la dernière parce que non seulement aucune observation de ces « partis emmerdeurs » (UFC et CDPA) ne sera plus acceptée, mais aussi et surtout que le bureau dirigé par Me Agboyibo du CAR – un parti de l’opposition traditionnelle – serait prêt à outrepasser la règle de prise de décision par « consensus » telle que recommandée par le dialogue et de passer au « vote ». La mouvance présidentielle l’emporterait ainsi avec 7 voix sur 9 ou 6 sur 9. Ce 12e   dialogue serait ainsi enterré. Qui a dit que tout le monde veut la fin de la souffrance du peuple ?             

L.H.

 

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