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On ne le dira jamais assez. Le groupe de copains qui
régente ce pays est nuisible à plus d’un titre. Ils
ne font rien pour améliorer les conditions de vie
des populations. Leur stratégie ne consiste qu’à
asphyxier chaque jour que Dieu fait les Togolais par
des mesures cyniques. La dernière en date est
l’annonce de l’ouverture des postes de péage
construits sur nos routes il y a quelques années.
Cette décision est mise en exécution dès ce samedi 1er juillet
2006. Comme les Togolais sont très passifs, il faut
toujours les surprendre par ces décisions
sardoniques.
En effet, selon le communiqué
ayant sanctionné le conseil des ministres du
vendredi 23 juin dernier, les quatre postes de péage
dont les recettes sont prévues dans le budget 2006,
seront ouverts le 1er juillet
prochain. Il s’agit des postes de Vodougbé à
l’entrée d’Anèho en venant de Lomé, de Davié à
l’entrée de Davié en venant de Lomé, de Sotouboua à
l’entrée de Sotouboua en venant de Blitta et de
Sanguéra à la sortie de Sanguéra en venant de Lomé.
Le conseil est même allé loin en fixant les prix
pour les différentes catégories de véhicule : 300
francs CFA par passage pour les véhicules légers ;
400 francs CFA pour les minibus jusqu’à 15 places ;
1000 francs CFA pour les bus et autocars (plus de 15
places) et 2000 francs CFA pour les véhicules
lourds. On n’aurait rien trouvé à redire si nous
étions dans un pays normal où tout marche comme sur
des roulettes. Mais actuellement, les Togolais
souffrent et ce montant les crucifierait davantage.
En dehors donc des prix très élevés du carburant,
les chauffeurs doivent désormais faire face à de
nouvelles dépenses. Pour un chauffeur d’un minibus
de neuf places qui fait par jour trois aller-retour
Tsévié-Lomé, il devra payer au poste de péage 2 400
FCFA. En plus de cela, il doit satisfaire routiers,
gendarmes, douaniers, policiers, militaires qui
pullulent sur les routes. Combien lui reviendra-t-il
pour remplir d’abord son contrat vis-à-vis du
propriétaire du véhicule et subvenir ensuite à ses
besoins et à ceux de sa famille ? C’est un véritable
supplice auquel Faure et Kodjo soumettent encore ces
nombreux chauffeurs qui tirent le diable par la
queue depuis la dernière hausse des prix du
carburant. Ne règne-t-il pas un désordre sur nos
routes à propos des tarifs de transports ? Le
ministre de la CPP qui pilote le portefeuille du
Commerce et des Transports n’a pas daigné harmoniser
les frais de transport après qu’il eut lu
cyniquement le communiqué décrétant la hausse des
prix du carburant en octobre 2005 en pleine euphorie
d’une qualification historique de notre pays à une
phase finale de Coupe du Monde. Conséquence, les
tarifs varient selon la tête du passager. Et
souvent, le chauffeur se livre aux surcharges pour
compenser le manque à gagner créé par ces passagers
qui par des jérémiades demandent une remise. Avec
l’ouverture des postes de péage, les chauffeurs
reverront à coup sûr les tarifs à la hausse.
Par ailleurs, ces
fonctionnaires qui vivent à Anèho ou à Tsévié et qui
rallient chaque matin la capitale à bord de leur
voiture sont pénalisés par cette mesure. En
aller-retour, ils devront payer 600 FCFA, ce qui
fait
3000 F par semaine et
12 000 F à la fin du mois. Pendant ce temps, les
salaires ne sont pas augmentés.
L’autre problème se pose au
niveau des structures qui vont gérer les quatre
postes de péage en question. « Les quatre
derniers décrets adoptés ce jour par le conseil sont
relatifs à la concession de l’exploitation de quatre
postes de péage et de péage-pesage routiers
construits et équipés par le Fonds d’Entretien
Routier (FER) », précise le communiqué. Il est
fort probable que des proches du clan et leurs amis
libanais se retrouvent derrière ces sociétés
concessionnaires. Ces postes de péage ne vont pas
échapper à la gestion familiale et calamiteuse qui a
cours au Togo.
Evans Yemey |
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La petite blague à laquelle se
livrent les Agboyibo, Kissem Walla, Gilbert Bawara
et les ordres secrets qu’ils servent à la salle
Evala risque de s’avérer grande et mauvaise.
Les vrais partis qui luttent
pour le bonheur du peuple avaient rendu publiques
leurs observations sur les simulacres de « projet
d’accord » qui sont soumis aux participants au
dialogue. La logique aurait voulu qu’on tienne
compte de leurs remarques dans les versions
suivantes du projet à proposer aux protagonistes.
Comme si on pouvait en faire fi, la seconde version
dite « révisée » soumise le 16 juin dernier,
à défaut de ressembler typiquement à la première
n’en est qu’un duplicata. Des mots ont été remplacés
par leurs synonymes, des points par des points
virgules, des accents aigus par des trémas… L’Union
des Forces de Changement (UFC) et
la Convention Démocratique
des Peuples Africains (CDPA) se sont encore fait le
devoir de faire des observations sur cette seconde
version. Au moment où l’on se demande si cette
fois-ci, ces partis seront entendus, des
indiscrétions qui parviennent à notre rédaction font
état de ce que des tractations seraient enclenchées
pour sortir une troisième version du projet d’accord
qui devra être soumise au cours des prochaines
séances plénières. Et semble-t-il que ce serait la
toute dernière. Cela signifie beaucoup de choses.
Ce serait la dernière parce
que non seulement aucune observation de ces
« partis emmerdeurs » (UFC et CDPA) ne sera plus
acceptée, mais aussi et surtout que le bureau dirigé
par Me Agboyibo du CAR – un parti de l’opposition
traditionnelle – serait prêt à outrepasser la règle
de prise de décision par « consensus » telle
que recommandée par le dialogue et de passer au
« vote ». La mouvance présidentielle
l’emporterait ainsi avec 7 voix sur 9 ou 6 sur 9. Ce
12e
dialogue serait ainsi enterré. Qui a dit que tout le
monde veut la fin de la souffrance du
peuple ?
L.H. |