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A
la veille de l’élection présidentielle du 1er juin
2003, des rumeurs persistantes faisaient état de ce
que les barons, qui gravitaient autour du
Général-Président, déclareraient « ne pas
vouloir, après avoir soutenu le père pendant des
décennies, soutenir encore un fils… ». Mais
bizarrement, c’est ce qui se passe depuis le 05
février 2005, date de la fameuse « catastrophe
nationale ». Tous les officiers qui avaient
servi Gnassingbé père et qui n’étaient même plus en
fonction, avaient subitement retrouvé leur treillis
pour faire allégeance à Faure au mépris des lois et
textes qui régissent le pays. Même des intellectuels
de la trempe de Barqué, Abdou Assouma, Roland
Kpotsra, Kwassi Klutsè …s’étaient associés à cette
comédie. Le tout suivi d’un vrai faux retrait de
Faure « légalisé » quelques semaines plus
tard par la frauduleuse du 24 avril 2005.
Cependant, « un leader nouveau, un
esprit nouveau » qu’on avait chanté pendant la
campagne électorale a de la peine à prendre ses
marques. Celui qui ressassait à qui voulait
entendre : « lui c’est lui, moi c’est moi »,
à part le fameux déblocage des avancements et
l’intégration de certains enseignants contractuels,
ne fait rien pour mettre le pays sur la voie de la
modernisation. Il se comporte exactement comme « papa »
en reprenant pour ses comptes les nombreuses fêtes
qui ont marqué le règne de son géniteur. Et à chaque
occasion, il donne l’impression de celui qui est
forcé de commémorer ces événements. « Faure même
ne voulait pas fêter. Ce sont ses petits frères et
les officiers qui lui ont forcé la main »,
entend-on souvent dire. C’est du leurre, c’est une
fausse innocence, bref c’est de l’hypocrisie. Ainsi,
depuis lundi, il est à Pya pour prendre part aux
festivités marquant le 22e anniversaire
du décès de sa grand-mère Maman N’Danidaha. Même le
23 septembre va être célébré avec la manière.
Sur le plan politique, il use des mêmes pratiques
que son père : dilatoire, fuite en avant,
roublardise, manipulation, stratégie de « diviser
pour régner » : Pour le dialogue en cours, il a
garé les barons et envoyé les jeunes cadres. Même si
les personnes ont changé, les idées sont les mêmes.
D’ailleurs, ce groupe de mecs n’est là que pour
tromper ceux qui sont dans les cavernes et qui
croient que tout change au RPT. Ce parti et son « mal
élu » ne veulent qu’une façade d’accord pour
aller tout de suite aux élections législatives,
conditions sine qua non pour une reprise de la
coopération avec l’Union Européenne. Comme « papa »
qui courait derrière les dialogues politiques après
chaque hold-up électoral, Faure initie à son tour un
dialogue mais ne veut pas que les problèmes soient
résolus en profondeur. Une fois que les parenthèses
de la présidentielle sont fermées, il est quand même
judicieux que le RPT accepte les réformes
nécessaires pour faire de ce pays atypique un pays
« civilisé ». Mais tel n’est malheureusement
pas le cas. Conscients d’un « tsunami électoral »
suite à un scrutin transparent, Faure et ses copains
font feu de tout bois pour garder en l’état la
machine à fraudes « made by RPT »
(fabriquée par le RPT). Il est étonnant que Me
Agboyibo ait pu accepter dans la version révisée du
protocole d’accord qu’on réserve deux places au
gouvernement dans la CENI.
En outre, comme « papa », Faure a
mis en place aux lendemains de son « élection »
une kyrielle de commissions pour tenter de séduire
la Communauté Internationale. Il y a d’abord la
commission dirigée par son « oncle » Me
Koffigoh pour enquêter sur les violences qu’a
connues le pays lors de la période intérimaire.
Cette commission avait également pour mission de
poursuivre les auteurs et les commanditaires des
actes de violences. Bien que les résultats soient
rendus publics depuis novembre 2005, rien n’a été
fait jusqu’à ce jour. On se souvient aussi de la
commission Dosseh-Anyron qui n’a servi aux Togolais
qu’une version biaisée de leur histoire.
Comme « papa », il ne prend aucune
mesure idoine pour améliorer le vécu des
populations. Quand une lame de tôle enlève le cou à
un élève dans une région donnée, on
envoie une délégation ministérielle pour apporter à
la famille éplorée quelques CFA comme soutien du « chef
de l’Etat ». Tout continue de se décider sur « instruction
personnelle du chef de l’Etat ». N’a-t-on pas
entendu lors du choix du président du Bureau du
dialogue que « Grâce à la magnanimité du chef de
l’Etat, le RPT retire sa candidature » ?
On peut multiplier les exemples à
loisir. Faure Gnassingbé n’est pas un homme de
renouveau. Lui, il va même plus loin que son père en
nommant à des postes stratégiques petits frères,
cousins, cousines, oncles…C’est la gestion « familiale »
qui a cours dans le pays et le comble est la
nomination du « petit jongleur de football »
au poste de « Chargé de mission à la présidence ».
Même si certains, par des arguments tirés par les
cheveux, ont soutenu que c’est « une polémique de
trop », nous pensons que c’est de la pagaille
qui se fait au sommet de l’Etat.
Z.A |