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Aucun Togolais n’avait espéré qu’à la mort du
Général Eyadema, la CEDEAO et l’UA, ces simulacres
d’organisations sous-régionale et panafricaine,
pouvaient se permettre d’accompagner la France
criminelle dite civilisée, on ne le répétera jamais
assez, en cautionnant la perpétuation de l’esclavage
des populations togolaises du nord au sud sous le
règne des Gnassingbé. En avril 2005, le monde entier
aura vu des élections frauduleuses soutenues par le
transport à la course par nos militaires d’urnes,
pendant que le contenu s’éparpillait en boucle sur
le lieu du vote. Au Togo cela s’appelle «
sécuriser des urnes», avons-nous appris comme
expression nouvelle en 2005. Il y a eu bien d’autres
anomalies qui s’étaient passées et qui, ajoutées au
vol d’urnes (c’est la vraie expression), suffisaient
à faire invalider des élections dans tous les pays
civilisés du monde.
Au finish,
la CEDEAO
sous la conduite de Tandja Mamadou, avait trouvé que
ces élections s’étaient globalement bien déroulées,
en dépit de la dénonciation des fraudes massives par
certains scrutateurs courageux et honnêtes cooptés
par
la CEDEAO elle-même. La sœur jumelle de la CEDEAO,
l’Union Africaine, tout aussi malade que la
première, ne dira pas le contraire. Son président en
exercice d’alors, dont l’opposition togolaise
ignorait tout de sa criarde fragilité et de son
impotence et qui n’était au fait qu’un lèche-botte
de
la France
fut vainement sollicité pour un juste arbitrage au
moment crucial de la phase préparatoire de la
présidentielle.
Les lèvres solidement scotchées au moment des appels
de l’Opposition à l’UA, l’ex-président en exercice
finira par se faire entendre et crier haut et fort,
après la proclamation des résultats de la
frauduleuse que lui ne reconnaissait qu’un seul chef
d’Etat démocratiquement élu au Togo après avril
2005. Comble de l’aberration! Oui, le tout puissant
chef d’Etat du Nigeria et Ministre du pétrole
(allez-y comprendre quelque chose) qui n’est au fait
qu’un géant aux pieds d’argile, se laissera humilier
en voulant aller à l’encontre de la constitution de
son pays. Le monde entier aura alors compris, mais
bien tardivement, qu’il n’avait pas la moralité
requise pour régler en digne président en exercice
d’une vraie UA, l’épineux problème togolais qui a
justement sa racine dans la volonté délibérée d’un
individu ou d’un clan de s’éterniser au pouvoir. Le
complot international contre tout un peuple venait
d’être consommé malgré les coups de gueule du
Parlement Européen, avec une certaine complicité de
l’UE sous la houlette de son Commissaire au
développement et à l’Action humanitaire avec son jeu
trouble.
Des offices religieux pour les Eperviers
Quelques semaines avant le démarrage de la Coupe du
Monde de football, le président de notre semblant de
fédération, Rock Gnassingbé, avait demandé des
offices religieux auprès des trois principales
religions importées opérant dans le pays. C’était à
l’intention, disait-on, de notre équipe nationale de
football, afin que Dieu l’accompagnât dans sa
campagne au Mondial allemand. On l’avait même vu
assister à l’une de ces messes ou cultes, entouré de
quelques-uns de ses acolytes et écoutant l’officiant
d’un air obséquieux. Dieu dont aucun être humain ne
saurait être dans les secrets, savait à ce moment
précis, ce que le président de la FTF avait dans la
tête. Avait-on voulu se cacher derrière l’image de
Dieu pour tout simplement nous faire croire qu’on
aspirait réellement au succès des Eperviers? Nous ne
saurions le dire.
Il y a lieu d’être surpris que le même Président de
la FTF qui prend sur lui l’initiative de faire
implorer la bénédiction de Dieu sur nos joueurs,
afin qu’ils fassent une prestation honorable à
la Coupe
du Monde pour l’honneur de
la FTF,
de notre pays et du football africain, pose au même
moment des actes contradictoires. A moins qu’il
n’ait demandé aux officiants à l’occasion des
prières, d’insister pour que Dieu endorme l’esprit
vif et revendicatif de ces joueurs pour qu’ils ne
soient pas tentés de contester ce qu’il lui plaira
de leur proposer comme prime pour ce mondial.
Comment peut-on comprendre qu’un prétendu président
de fédération qui gère des équipes et partant des
hommes, ne puisse pas avoir le réflexe approprié
digne d’un dirigeant et consistant à s’asseoir avec
ses administrés et à jouer cartes sur table pour
parvenir à un consensus avant que les joueurs ne
prennent le vol pour l’Allemagne? C’est justement
par là qu’il aurait fallu commencer et lorsque le
consensus aura été trouvé, alors les prières
d’accompagnement pourront suivre. On ne gère pas des
hommes comme l’on gère des chars et autres matériels
de guerre. On a jugé mieux de faire partir très tôt
nos jeunes gens à Wangen au lieu de régler sur place
à Lomé les problèmes de primes et consorts. .
Une honte de plus, mais objet de plaisir pour nous
autres
Un proverbe de chez nous dit ceci : « Si l’on
vous éduque à la maison et que vous refusez
d’entendre raison, c’est dans la rue que vous
retiendrez la leçon ». Faute de ne pas
comprendre les choses comme le bon sens, la chose la
mieux partagée du monde, le recommande, ou de ne
pouvoir tirer facilement les leçons du passé (car il
s’agit de la réédition de la CAN 2006 qui n’a guère
instruit nos arrivistes de la FTF), Rock Balakiyem
Gnassingbé a honteusement exporté et étalé sur le
marché international les lacunes avec lesquelles
depuis 1967 son père a régenté la vie des 5 millions
de Togolais jusqu’à ce jour. Se tromper est humain,
a dit Saint Augustin, mais persister dans ses
erreurs, voilà où se trouve le diabolique.
A force de prendre le pouvoir d’Etat pour son champ
de maïs ou pour un héritage de père en fils, les
enfants du défunt dictateur exposent le pays au
ridicule. Des choses qui ne se passent dans aucun
coin du globe, venez au Togo pour les découvrir! On
l’a vu lorsqu’à la mort d’Eyadema, son fils
actuellement à la tête de notre pays (pauvre Togo !)
avait prétendu prendre le pouvoir pour terminer le
mandat de son père. Il serait même allé jusqu’à
comparer le cas du Togo à celui de la RDC
et au Maroc, d’après ce que nous avions entendu
entre février et mars 2005. N’importe qui s’amuse
avec le Togo, sommes-nous tentés de dire. Les
militaires courant avec des urnes sous les bras,
c’est au Togo et nulle part ailleurs que vous le
verrez. Depuis deux semaines on observe un
déferlement des Gnassingbé à la présidence de
la République; qui chargé de mission, qui encore
conseiller technique. Cette semaine n’est pas encore
terminée, on attend le prochain nom. Pauvre Togo,
toujours toi?
Les Togolais peuvent être heureux aujourd’hui, du
moins, ceux qui ont toujours reproché au clan
Gnassingbé qui a du mal à distinguer la gestion d’un
patrimoine privé de celle d’un patrimoine national,
que la presse internationale ainsi que la FIFA
se soient très bien saisies du dossier togolais et
aient dénoncé la trop mauvaise gestion de
la FTF par celui qui s’en prétend président à
l’heure actuelle. A chaque retransmission d’un match
des Eperviers, les commentateurs qui ne sont
d’ailleurs pas des journalistes togolais n’ont
jamais manqué de faire pouffer de rire les
téléspectateurs avec leurs critiques acerbes à
l’endroit des dirigeants de notre football.
Peut-être, nous dira-t-on qu’ils sont eux aussi,
manipulés par l’opposition togolaise, seul langage
qu’ils ont sur les lèvres. On nous le dira peut-être
demain ou après demain.
Les instances politiques tolèrent la pagaille, pas
nous à la FIFA
C’est certainement ce que
la Fédération Internationale
de Football Association (FIFA) du Suisse Joseph
Blatter semble vouloir signifier très prochainement
à la FTF
après le Mondial et nous attendons tous la sanction
de pieds fermes. Si, malgré toute la pagaille au
sommet de
la FTF
depuis le Togo, puis en Allemagne, avec une opacité
dans la gestion financière, l’actuel président de
la FTF
ne donne pas sa démission de lui-même ou est encore
reconduit au prochain congrès ordinaire (puisqu’au
Togo les mauvaises décisions sont prises par la
pression de mains obscures mais aisément
identifiables) alors tout le monde entier comprendra
réellement ce qui se passe dans notre petit pays qui
a pourtant d’énormes potentialités de développement
mais que des gens comme Mamadou Tandja et Obasanjo
entre autres ont délibérément choisi d’abandonner
entre les mains de gens qui ne font nullement la
fierté de notre nation ou de l’ Afrique. Dis-moi qui
te dirige et je te dirai quelles peuvent être tes
limites intellectuelles.
Pour éclairer les lanternes, signalons la gestion
opaque des fonds de la fédération par la seule
volonté du fils du père devenu président-trésorier,
le conflit ouvert entre le trésorier général et son
président, le conflit entre le SG de la FTF
et son président, l’intention avortée d’incorporer 4
Brésiliens à l’Equipe nationale, projet auquel
s’était opposé Otto Pfister, établissement
frauduleux de licence pour deux de ces Brésiliens
pour le compte du DYTO dont le président de
la FTF est le président d’honneur, la démission de
l’entraîneur national, le niet de Rock au Président
du CNOT opposé à la reconduction du démissionnaire,
etc. etc., et enfin le grand bouquet, les Togolais
étaient les seuls au Mondial à avoir deux problèmes
à régler en même temps en plein Mondial: problème de
prime et quête de bonne performance. Voilà autant
d’embrouillaminis qui nécessitent qu’on nettoie
l’écurie pour arrêter l’ascension dévastatrice des
prédateurs.
Quelle sera exactement la nature de la sanction qui
attend le Togo? Personne ne saurait le dire.
Toujours est-il que
la FIFA
a promis de sanctionner le Togo, ce qui visiblement
réjouit plus d’un Togolais, car trop c’est trop. Il
est aussi temps de tirer sur la sonnette d’alarme
pour mettre fin à la pagaille dans notre pays. Par
ailleurs, il y a longtemps et pas moins de 30
années, que notre fédération est gérée par des
militaires et nous avons vu le résultat jusqu’ici.
Les Togolais seraient heureux que dans un proche
avenir, la FIFA
sorte une loi interdisant de confier la gestion des
fédérations de football à des hommes en uniforme qui
la plupart du temps n’ont aucune notion de
démocratie et conduisent les sportifs comme on
conduit des troupes militaires. Le football ou le
sport en général est un art et il faut aimer l’ART
pour aimer le football et conduire convenablement
des jeunes qui ont décidé de jouer pour leur propre
plaisir et pour celui des spectateurs. Le football
c’est le cœur, l’amour et la volonté dans la rigueur
certes, mais aussi dans la souplesse.
Nous terminons en disant que si la moitié seulement
du sérieux et de la rigueur au travail de
la FIFA
qui sont de notoriété publique et que nous saluons
au passage, habitait nos responsables politiques et
administratifs, il y a longtemps que nos Etats
africains seraient avancés dans le développement.
Malheureusement, on se plaît à diriger les Etats
africains sans le moindre sens de responsabilité.
Alain SIMOUBA |