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Liberté Hebdo

26 juin 2007

[ 213: du 20 juin 2007]  
Simulacre de mouvements dans les préfectures : Les préfets en poste dans le  Nord-Togo maintenus

Au Conseil des ministres du mercredi 20 juin dernier, quelques mouvements ont été observés à la tête de certaines préfectures. Treize préfectures sur trente et deux sous-préfectures sont concernées par ces changements.

La première remarque est que parmi les quinze nominés, il n’ y a aucune femme. Un acte qui est en porte-à-faux avec les discours et l’Accord Politique Global (APG). N’y a-t-il pas de femmes au Togo capables d’assumer ces responsabilités ?

Aussi à la différence de la préfecture de Tône et de la préfecture de Cinkassé, tous les changements n’ont-ils concerné que les préfectures du Sud-Togo considéré à tort comme le fief de l’opposition. Tous les préfets du Nord du pays pris également à tort pour le fief du RPT et du clan, sont maintenus à leur poste. Des inamovibles comme Pépa Yata de la Kozah et Atcholi Aklesso de Blitta sont toujours aux affaires, continuant de faire de la misère à leurs administrés. C’est la seconde remarque.

Souvent c’est dans la région septentrionale que les pressions, les intimidations  et autres violences des préfets sont dirigées contre les militants de l’opposition. Ces pratiques primitives ont actuellement cours dans la préfecture de Blitta. De sources bien informées, le préfet de Blitta, M. Atcholi Aklesso, et certains responsables du RPT appelleraient la population de Blitta à des troubles lors des prochaines législatives. Par exemple, les semaines du 24 au 27 avril avril et du 14 au 20 mai 2007, le préfet en compagnie du candidat RPT imposé (Pékemsi) et de certains responsables du parti, a, au cours d’une tournée dans la préfecture déconseillé aux populations d’accorder leur vote à l’opposition, soutenant que si elle gagnait, elle chasserait les Kabyè, les Lamba, les Losso et autres ethnies de la région. Ce même préfet serait en train d’initier une procédure par laquelle les résultats des élections transiteraient par son bureau avant qu’ils n’arrivent à la CELI. Bien qu’il sème la zizanie dans la préfecture, il est maintenu à son poste pour parachever sa «mission».

En outre, les préfets militaires du Moyen Mono et  de l’Oti n’ont pas été changés. Ils continueront à terroriser leurs populations en toute impunité.

En définitive, le mouvement tant attendu dans les préfectures en la faveur de l’APG et du Gouvernement d’union nationale, n’a concerné qu’une partie du pays. Les préfets en poste dans le Nord du pays qui jouent un rôle capital dans les bourrages d’urnes et le traficotage des résultats en faveur du RPT qui sait qu’il ne peut jamais remporter des élections transparentes au Togo, sont maintenus. Faure Gnassingbé et son parti ne veulent donc qu’un simulacre de changement sur la terre de nos aïeux.

R.Kédjagni

 
Port Autonome de Lomé : La Direction des Impôts s’oppose à la reprise de la SIG par Uniport

Un Conseiller de Faure serait derrière la nouvelle société
Depuis quelques mois, la Direction Générale des Impôts est partie en guerre contre les mauvais payeurs, ceux qui tentent de saboter l’économie nationale en refusant de payer les impôts. Parmi ceux-ci se trouve Bassam El Najjar, le patron de la Société Immobilière du Golfe (SIG). On se souvient qu’un bras de fer avait opposé les deux structures. Bassam n’était pas prêt à payer les 9 milliards que la DGI lui réclamait. Ce qui amena la Directrice Générale Mme Ingrid Awadé Nanan à revoir sa position et à lui accorder un délai d’un mois pour lui permettre de se manifester. Mais  le délai est passé sans que l’intéressé ne s’exécute. Conséquence, la DGI a pris des mesures urgentes et a procédé au blocage de ses comptes sur lesquels seulement 25 millions FCFA ont pu être récupérés. Quant au sieur Bassam, il a disparu dans la foulée sans laisser d’adresse.

            Depuis lors, tous les gérants de parcs auto administrés par la SIG sont conviés à verser directement les frais de location et autres sur les comptes des impôts. Tout le monde se souvient que la SIG a eu le monopole  de la gestion des véhicules d’occasion au Port autonome de Lomé par décret présidentiel N°2005-045/bis/PR du 05 avril 2005.  La concession de ce marché s’est déroulée en période transitoire, ce qui est en somme une anomalie. Il est donc normal que la liquidation de la SIG  soit  d’abord constatée avant que d’éventuels repreneurs ne se manifestent. Et pour la transparence, c’est par décret présidentiel aussi que ce changement pourrait intervenir. Mais contre toute attente, la société Uniport qui serait proche d’un Conseiller  de Faure, tente de se faire une santé financière en se substituant à la SIG. C’est le Directeur Général du Port qui a, en toute opacité, adressé une correspondance à la DGI pour l’informer « de la désignation de la société Uniport pour assurer le contrôle de l’exploitation des Parcs MAD de véhicules d’occasion aménagés sur le site de la SAZOF en lieu et place de la SIG ».

            Surprise par cette correspondance,  la Direction des Impôts, dans une correspondance en date du 14 juin 2007 n’est pas allée par quatre chemins pour faire entendre raison au DG du  PAL et rejeter la reprise de la SIG par Uniport. Pour celle-ci, l’exploitation des parcs a été confiée à la SIG par décret présidentiel et à ce jour, aucun décret présidentiel abrogeant cette décision n’a été portée à sa connaissance. « De ce fait, l’Administration ne disposant d’aucune information concernant la création de la Société Uniport, ne saurait accepter  sa désignation en lieu et place de la SIG », conclut la dame de fer de la DGI.

            Comme on le voit, on ne semble pas tirer des leçons de ce qui s’est passé avec Bassam et on s’empresse de faire venir encore d’autres Libanais tapis dans l’ombre. Le sieur Alexandre Aziabou qui se trouve être le DG de Uniport n’est que  le grand arbre qui cache la forêt. Il y a nombre de Libanais derrière lui qui veulent s’enrichir sur le dos des Togolais.

            A propos, comment s’est pris le contre-amiral Adégnon pour substituer la compétence de la SIG à la Société Uniport ? Qui le lui a demandé?

R.K.

 
Violation des droits des retraités Le Comité des Retraités s’insurge contre les actes indignes de la CNSS

.Le gouvernement interpellé
La suspension de la Caisse des Retraités Complémentaires des Cadres est l’objet d’indignation chez les retraités togolais qui trouvent anormal cet acte de la Direction de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et son Conseil d’Administration.

En réalité, le Comité des Retraités Bénéficiaires des prestations de la Caisse de Retraite Complémentaire des Cadres  a organisé dans la salle de conférence de la CNTT, le mercredi 20 juin dernier une conférence de presse. Cette rencontre avec la presse était une aubaine pour les organisateurs d’expliquer à l’opinion publique la réalité de la vie cauchemardesque qu’endurent les retraités togolais. C’est aussi une occasion pour le comité de faire entendre sa voix afin que des mesures idoines soient prises pour qu’enfin, ils puissent sans aucune distinction rentrer tous dans leurs droits notamment la retraite complémentaire des cadres qui venait d’être suspendue sans mobile réel et convaincant.

« Nous avons voulu nous retrouver pour essayer d’attirer l’attention des autorités togolaises sur cette situation qui nous parait anormale au niveau de la Caisse Nationale  de Sécurité Sociale (CNSS). En effet, c’est vers juin 2006 que  le Directeur Général de la CNSS et le Conseil d’Administration ont envoyé une lettre nous informant de la suspension du payement de notre retraite complémentaire des cadres »,  a expliqué M. Abbé Nicolas, Secrétaire général du comité.  Aussi a-t-il déclaré : « Nous avons donc essayé  de faire des démarches à plusieurs niveaux ; d’abord à la CNSS pour tenter une solution à l’amiable, nous  avons saisi le tribunal qui ne nous a pas  donné satisfaction et on est retourné à la CNSS, toujours pour une conciliation à l’amiable mais en vain. On a saisi également les autorités togolaises par écrit notamment le Président de la République, le Premier ministre mais, jusqu’à présent, les choses tournent en rond. On ne comprend rien. Et nous avons décidé de faire cette conférence pour que l’on nous entende ».

Dans la déclaration liminaire, M. Attiogbé Apoté, Président du Comité des retraités n’est pas allé par quatre chemins pour dénoncer et s’indigner de la situation de précarité dans laquelle pataugent aujourd’hui les retraités togolais.

« Depuis quelques années, les travailleurs privés et parapublics relevant de la compétence de gestion de la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale assistent impuissants à des assauts répétés dirigés contre leurs droits et à des atteintes graves portées à leurs intérêts, concourant  tous à leur appauvrissement notoire, progressif et suicidaire. L’opération d’appauvrissement en question est l’œuvre de la CNSS et de ses dirigeants, en l’occurrence, son Conseil Administratif et son Directeur général.  C’est au cours de l’année 2000 qu’elle a été déclenchée. Et, en plusieurs actes, elle se poursuit jusqu’à ce jour », a laissé entendre M. Attiogbé.

Quant aux actes indignes de la CNSS à l’encontre des retraités, M. Attiogbé en a énuméré quatre qui sont entre autres : 1-Du réaménagement des taux de cotisations à la branche de la pension vieillesse en défaveur des assurés de la CNSS ; 2-De la réduction de l’assiette de base de calcul de la pension vieillesse  du régime général ; 3- De la réduction de l’assiette de base de calcul de la pension de retraite complémentaire;  4-De la suppression de la pension de retraite complémentaire des cadres. Concernant ce dernier volet, « la décision fut reçue par les pensionnés concernés  comme une bombe sur la tête, et plus d’un en ont piqué une crise », a souligné M. Attiogbé.

En effet, eu égard à cette situation de précarité dans laquelle sont plongés les retraités, des inquiétudes meublent désormais leur existence. Parce qu’il y a l’éducation des progénitures qui est d’ores et déjà menacée et aussi, l’accumulation de dettes supplémentaires viendront se greffer sur celles sous lesquelles ils ploient depuis un temps, à en croire les témoignages recueillis à l’issue de la rencontre. « Nous sommes donc inquiets, très inquiets face à la grande offensive lancée par les membres  du Conseil administratif de la CNSS et nous nous en indignons. Car, après avoir amoindri nos pensions (régime général comme complémentaire), après s’être ensuite attaqué à la pension de retraite complémentaire pour la supprimer et, en s’engageant résolument enfin à dissoudre l’institution (…) quelle sera alors la prochaine étape ? Nous nous interrogeons toujours », a martelé le Président avant de conclure : « Que la CNSS et ses dirigeants ne soient pas capables d’améliorer le système de protection sociale à eux légué par la postérité pour gestion, cela  se constate et cela  est incompréhensible. Qu’ils n’aient pas le génie de le maintenir en l’état pour les générations futures, cela est regrettable. Mais qu’ils mettent toute leur intelligence et toute leur énergie à le détruire et à cultiver la régression, cela est bien criminel ».

Il urge que toutes les instances impliquées dans la gestion de ce dossier qui affecte dangereusement non seulement les retraités mais aussi l’éducation de leurs progénitures et par ricochet une entrave au développement de toute une nation, soient amenées à une solution adéquate en vue de la jouissance pleine de leurs droits. C’est à ces problèmes que doit s’atteler la ministre chargée des Personnes âgées, Mme Christine Agnélé, au lieu de rebattre les oreilles aux Togolais avec ces histoires du « Guide des Retraités »

Didier Ledoux

 
L’après match Bénin-Togo : Les officiels togolais et béninois se moquent des Togolais

Dimanche dernier, le Togo engagé dans la course pour Ghana 2008 jouait la 5ème  journée des éliminatoires. A cette occasion, les Eperviers ont croisé les crampons avec les Ecureuils. Malheureusement, les hôtes Béninois n’ont pas parlé le langage du FOOTBALL, celui du FAIR PLAY prôné par la Fifa. Quand on repense à la « brutalité primitive » avec laquelle ils ont traité tout ce qui était togolais, on se demande si des appels officiels pouvaient réparer les frustrations créées chez le public sportif  togolais.

En effet, grandes   sont les frustrations nées de ces agissements peu orthodoxes des Béninois que les Togolais ont toujours pris pour des « frères ». Bien malin est celui qui pouvait prédire ce qui devait arriver  à nos compatriotes en terre béninoise. Les échos de Cotonou d’avant match qui parvenaient à Lomé étaient perçus par les Togolais comme un simple patriotisme de la part des Béninois. Pour les Togolais qui ont acquis l’expérience de grandes rencontres, la tension qui était perceptible côté Béninois était normale, vu l’enjeu de la rencontre. Une victoire devrait permettre aux Ecureuils de se relancer dans la course pour la qualification car distancés par les Eperviers et les Aigles. Il s’agissait aussi d’un duel de proximité, une lutte de suprématie, quoi de plus normal qu’il y ait de la tension. Rien, absolument rien ne présageait une telle brutalité, aucun antécédent.Mais à l’analyse, on se rend compte que les violences ont  été savamment programmées.

L’irresponsable Mouscharaf

Il en souvient aux Togolais qu’un incident avait opposé le président de la Fédération Togolaise de Football, Tata Adaglo Avlessi, à son homologue béninois Anjorin Mouscharaf le 10 mars dernier à l’occasion de l’ouverture de la CAN des Cadets qui s’est tenue dans notre pays. Les deux responsables sportifs s’étaient illustrés à travers une discussion houleuse, certes, mais qui ne se serait pas terminée en pugilat comme l’avaient signifié certains confrères. On n’en voudrait pour preuves que les déclarations de celui-là même que M. Anjorin Mouscharaf avait pris à témoin. Il s’agissait de M. Winny Dogbatsè qui avait signifié qu’il y avait eu certes des échanges houleux mais jamais, Tata Avlessi n’a porté la main sur son pair béninois. Ce dernier par contre, malgré ce témoignage, a continué à raconter à qui voulait l’entendre qu’il a encaissé un coup de poing de Tata Avlessi. Les confrères qui l’ont abordé à l’Hôtel Sarakawa ,ont rapporté à l’époque que M. Mouscharaf promettait le pire à son homologue togolais et à toute sa délégation lors du match retour de la 5eme journée éliminatoire de la CAN. En un mot, il promettait de prendre sa revanche sur les Togolais. On évoque cette histoire car c’est un des griefs que porte le public sportif béninois aux Togolais. Et l’irresponsabilité de M. Mouscharaf est pointée du doigt car on se rappelle qu’à peine 72 heures après les incidents, Tata Avlessi a présenté ses excuses publiques, non seulement à son homologue béninois, mais à M. Issa Hayatou et à la CAF pour avoir failli gâcher la fête du football que le Togo organisait. Ce geste suffisait pour calmer les ardeurs revanchardes de M. Mouscharaf. Mais…

La presse béninoise, pyromane

On se rappelle que lorsque l’incident s’était produit, la presse togolaise n’avait pas du tout été tendre à l’égard d’Avlessi. Elle a dans son ensemble, fustigé sa brutalité, croyant qu’il y en avait. Dans cette histoire, le président de la FTF a été traité de tous les noms d’oiseau. La presse n’a fait que jouer son rôle, en toute responsabilité. C’est malheureusement le contraire que feront les confrères béninois.

Sans langue de bois, il urge de signifier que la presse béninoise a proprement  préparé les esprits à la violence, au nez et à la barbe des autorités de régulation des médias et des autorités administratives. Les confrères béninois ont joué le rôle de pyromanes en faisant de la surenchère autour de cet incident. On a semé de la haine dans les esprits des Béninois. Sur toutes les chaînes, c’était un appel tacite à la vengeance. La chose a été amplifiée par une invention toute faite.

Il s’est raconté là-bas qu’un de leurs confrères a été brutalisé au cours du match aller en septembre dernier par un élément des forces de sécurité togolaises et sa caméra confisquée. A plusieurs égards, cela paraît une pure imagination, de l’intox car personne n’a eu vent de ce prétendu incident jusqu’à dimanche dernier, 10 bons mois après. L’incident se serait effectivement produit que la presse togolaise, en toute responsabilité, l’aurait dénoncé. En réalité, un supporter béninois a été effectivement brutalisé par un militaire à la suite d’une autre histoire qui paraît de la pure provocation. Le Béninois aurait poussé une témérité jusqu’à cracher au passage, à son endroit : « De Père en Fils », allusion faite à la succession à la présidence qu’il y  eut au Togo en avril 2005. Et en vrai « mon pays »

Le rôle qu’a donc joué la presse béninoise n’a rien à envier à celui joué par la fameuse Radio Mille Collines dans le cadre du génocide rwandais.

Responsabilité des gouvernants togolais

Le sommet togolais ne saurait se dédouaner dans la survenance de ces violences. A écouter les déclarations du Team Manager des Eperviers, M. Sronvi, du Conseiller et porte-parole, M. Lawson-Gallus, et du coach Stephen Keshi sur la TVT lundi soir, les Togolais auraient pu échapper à ces violences si cela ne dépendait que d’eux. Les trois avaient signifié que vu la tension qui sévissait depuis la veille, ils avaient décidé de ne pas jouer le match. En rappel, l’équipe a été empêchée de faire la reconnaissance du terrain, pourtant reconnue comme un droit à l’adversaire par la Fifa. Pour l’en dissuader, des joueurs, des médecins et des officiels ont été molestés. Les Béninois ont osé porter la main sur le Secrétaire d’Etat Gilbert Atsu qui conduisait la délégation officielle, emportant en plus son portable. Ce seul geste aurait suffi pour bouder le match. Ils avouent avoir saisi les autorités administratives togolaises qui les ont assurés que la sécurité serait maintenue le lendemain. Et pourtant…

Complot étatique ?

Tout porte à croire que les violences sont loin d’être un fait isolé comme on veut le faire croire. Ce n’est pas exagéré de pointer du doigt la responsabilité du sommet béninois. Les violences ne sont pas intervenues comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. La tension était perceptible déjà la veille, et le signe patent était l’agression perpétrée sur le ministre Gilbert Atsu.

Il se raconte que le président béninois a appelé les uns et les autres au calme. On ose bien le croire. Mais suffisait-il d’appeler au calme ? Avait-il pris toutes les dispositions sécuritaires qu’il fallait ?

Ce qui fait croire à une responsabilité du pouvoir, c’est l’attitude des forces de sécurité béninoises. On a vu des agents rester indifférents devant les « sauvageries » des supporters béninois. Des Togolais avouent avoir entendu des éléments de sécurité dire aux leurs en Fon-leur patois- de continuer à frapper les Togolais. Des témoins racontent que dans la plupart des cas, ils laissent frapper et que c’est quand la victime est épuisée qu’ils interviennent, font semblant d’arrêter le coupable, mais les relâchent juste quelques mètres plus tard, le temps de tourner le dos. La frustration est assez grande chez les Togolais car connaissant les forces de sécurité togolaises, elles auraient évité de tels événements.

Tout paraît une négligence coupable. Et on voudrait bien croire que les forces de sécurité béninoises ont été dépassées par les événements. Mais elles auraient séduit les Togolais si elles avaient cherché à se ressaisir. Il leur suffisait d’escorter le convoi des Togolais jusqu’à la frontière de Hilla-Condji. Comme ça elles auraient pu éviter aussi toute l’animosité dont ils ont été victimes tout le long du trajet Cotonou-Frontière.

Au demeurant, c’est se moquer des Togolais que d’organiser une rencontre entre officiels togolais et béninois à la frontière et appeler les Togolais au calme. Beaucoup se demandent si vraiment les Béninois eux aussi savaient que « 60 % » d’entre eux « ont des parents au Togo » et vice-versa comme le faisait croire le ministre béninois, ils allaient agir de la sorte envers les Togolais. C’est encore se moquer des Togolais que de vouloir organiser « un match de réconciliation » entre les deux sélections. C’est trop simpliste comme solution.

C’est toujours se moquer des Togolais quand au cours de cette rencontre, il ne s’est agi que de ces habituels échanges de civilités alors que rien n’est dit concernant le sort des victimes. On ne parle pas de dédommagement pour ceux dont l’intégrité physique ou morale a été atteinte. On ne dit rien concernant par exemple le compatriote qui a vu les pare-brise de son véhicule complètement cassés.

Non, la violence a été trop organisée pour être oubliée de si tôt. Ils sont encore nombreux à se demander ce qui se serait produit si les Eperviers avaient remporté la partie. Comme par hasard, aux dernières nouvelles, les Béninois continueraient à sévir contre nos compatriotes jusqu’à présent.

TINO Kossi

 
5ème journée des éliminatoires CAN 2008/ BENIN –TOGO : Lawson-Gallus : « La FTF a bel et bien déposé une plainte contre le Bénin »

De graves violences ont marqué le match Bénin-Togo discuté le 17 juin dernier à Cotonou. Des officiels, joueurs, journalistes et supporters togolais ont été violentés lors de cette cinquième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations Ghana 2008. Tout ceci a conduit à une large victoire des Ecureuils du Bénin face aux Eperviers du Togo (4 buts à 1). Après le match, des sources proches de la Fédération Togolaise de Football avaient indiqué que le bureau exécutif a saisi la Confédération Africaine de Football (CAF) pour le manque de fair-play dont les Béninois ont fait preuve et les incidents malheureux qui se  sont produits.

             Mais contre toute attente, notre confrère Gérard Dreyfus déclarait hier jeudi matin dans une émission sur la Radio France Internationale (RFI) qu’il a personnellement contacté le Secrétaire Général de la CAF à propos de la question  de la plainte que le Togo aurait déposée contre le Bénin et que ce dernier lui a répondu que le Togo n’a envoyé aucune lettre à la CAF alors que le délai imparti pour ce faire n’est que de 72 heures. Ce qui veut dire que si la Fédération n’a pas déposé la plainte jusqu’à mercredi minuit, elle n’a plus  la possibilité de le faire. Pour mieux informer nos lecteurs, nous avons contacté M. Lawson Gallus, porte- parole de la Fédération sur la question.

            Selon lui, la plainte a été remise le même jour au Commissaire au match, l’Ivoirien Djedje Benjamin, conformément aux dispositions de la CAF et que copie a été envoyée dans la boîte électronique de la CAF. Aussi, M. Lawson Gallus a-t-il ajouté que le président de la Fédération Togolaise de Football, Tata Avlessi, est allé au Caire le mercredi pour une rencontre avec les membres de cette institution et qu’il a également avec lui une copie de cette plainte. « La Fédération a bel et bien saisi la CAF à propos des incidents qui ont émaillé le match Bénin-Togo », a laissé entendre le porte-parole de la Fédération.

            S’il est vrai que la lettre n’est pas parvenue à la CAF, alors c’est le Commissaire au match qui ne l’a pas transmise. Au non de quoi pourrait-il donc refuser de transmettre cette plainte ? Y a-t-il eu des dessous de table de la part des Béninois ? Toutes ces questions restent posées. Mais dans tous les cas, nul ne peut nier les actes de vandalisme qui ont  émaillé cette rencontre. Même le Commissaire au match a été violenté. Il a essuyé comme les Togolais des jets de projectiles qui l’ont d’ailleurs contraint à fuir le stade peu après la mi-temps. Si après toutes ces anomalies, il refuse de faire un rapport en bonne et due forme à la CAF et de transmettre la plainte de la FTF, c’est dommage pour le  football africain. Il appartient donc aux dirigeants de la FTF de défendre leur droit. C’est à eux aujourd’hui de saisir le CAF à propos de cette plainte qu’ils ont formulée et remise au Commissaire au match.

            Rappelons que les Béninois ont fait usage de toutes les formes de violences pour venir à bout des Togolais ce dimanche 17 juin au stade de l’Amitié de Cotonou. Mis à part  les agressions physiques, l’équipe togolaise était contrainte de passer la mi-temps sur l’aire du jeu. Les supporters béninois ont versé sur les joueurs togolais des eaux suspectes qui ont provoqué des démangeaisons chez eux. Ils sont rentrés plusieurs fois sur l’aire du jeu en plein match et parfois, l’arbitre n’arrête même pas la rencontre. C’est un précédent dangereux pour le football africain si des sanctions exemplaires ne sont pas prises à l’encontre du Bénin.              

                                                                        GLAKPE Koffi

 

 
 
 
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