|
Liberté Hebdo |
23 juin
2007 |
|
|
|
[
N°218:
du 20 juin 2007]
|
|
|
|
Processus électoral
:
Processus électoral
Potopérè mécontent des manœuvres de la société ZETES |
|
En début de semaine dernière, la CENI a bénéficié
d’un grand souffle de la part des partenaires
étrangers. En effet, le PNUD (Programme des Nations
Unies pour le Développement) lui a offert la
bagatelle somme de 13 milliards de F CFA comme son
apport financier aux législatives à venir et aux
locales de 2008. Et les « vautours » ne se sont pas
retenus de récupérer l’événement, faisant croire
qu’il ne manquait que ça pour voir accélérer les
choses. Les responsables de la CENI avaient aussi
fait de la surenchère autour de la simulation
électorale. |
|
Ils sont ainsi arrivés à embobiner nombre de
Togolais qui se sont du coup persuadés de voir les
préparatifs marcher comme sur des roulettes. Mais
apparemment, il n’en est rien. Et pire, on assiste
aux premières manifestations de crise de confiance
entre la CENI et la société ZETES chargée de
l’initialisation des kits, et la date du 5 août
pourrait bien à son tour être abandonnée. On n’en
voudra pour preuves que les propos du patron de la
CENI, M. Potopérè de passage sur « Le Plateau de la
Semaine » dimanche dernier sur la TVT.
Beaucoup de Togolais se sont avoués perplexes devant
certaines déclarations de M. Potopérè. L’opération
de simulation qu’on disait devoir mettre en
confiance les électeurs sur la fiabilité des kits a
révélé quelques anomalies au niveau des imprimantes
de certains kits. Si le président de la CENI a
positivé ces problèmes- « Ces difficultés que
nous avons enregistrées nous ont permis de trouver
des stratégies pour mieux gérer le matériel pendant
le recensement proprement dit », a-t-il confié-,
il n’a pas pu dissimuler son courroux devant les
prestations de service médiocres de ZETES qui ont
fait que l’opération de simulation n’est pas allée à
son terme. Le problème s’est posé au niveau de la
centralisation des résultats. « Jusqu’à ce
dimanche, la liste des 1640 électeurs sur lesquels
la simulation a été faite n’est pas encore
centralisée, ce qui fait que nous n’avons pas de
liste », a-t-il déclaré avant de pester :
« Si les choses ne marchent pas de ce côté,
la CENI va réagir ».
Les Togolais se réjouissent que ce soit M. Potopérè
en personne, visiblement à bout de nerf, qui vienne
à faire ces déclarations d’amertume. Il ne fait que
donner raison à ceux qui doutaient depuis le début
de la crédibilité de cette société. Notre journal
était des tout premiers à dénoncer le flou
caractérisé qui entoure la signature de contrat
avec cette société. Cela avait des airs de
« business » des ministres Bawara et
Ahoomey-Zunu quand on voit le zèle singulier dont
ils ont fait montre dans cette affaire. Il leur est
même arrivé de prendre position pour cette société
au détriment de la CENI. Nombre de Togolais ont
d’ailleurs perdu le peu de confiance depuis qu’ils
ont appris que cette société serait une propriété du
zélé Commissaire Européen au Développement et à
l’Action Humanitaire, le Belge Louis Michel.
Le problème de centralisation semble réel et risque
de mettre un coup de frein au processus. La
nouveauté, c’est que la société ZETES soutiendrait
que le contrat signé avec le Togo n’a nullement
prévu de clause de centralisation des résultats.
Une telle situation ne peut qu’affecter
dangereusement le processus entier. Aujourd’hui, la
conséquence immédiate de cet imbroglio, c’est la
caducité de la date du 5 août censée voir tenir le
scrutin législatif. M. Potopérè semble anticiper
l’éventualité quand il affirmait : « Nous avons
besoin du temps nécessaire pour organiser des
élections crédibles et transparentes. La date du 05
août a été choisie sur la base des conditions
précises. A
la CENI, nous faisons tout ce qu’il faut pour avoir
des élections crédibles…Mais, s’il faut un nouveau
report pour qu’elles soient bonnes, le problème ne
se pose pas ».
Quoi de plus normal quand on sait que le recensement
proprement dit censé débuter le 8 juin ne l’a pas
été ! La date du 05 août semble bien intenable car
d’après les spécialistes, il faut neuf (9) mois pour
pouvoir recenser l’électorat togolais.
Mine de rien, on risque d’aller de report en report.
TINO Kossi |
|
|
|
Violation des droits de l’homme
:
Un
réfugié de retour au pays, arrêté et détenu à la
prison d’Atakpamé |
|
.Des militants de l’opposition terrorisés par les
Préfets
Malgré les recommandations contenues dans l’Accord
Politique Global (APG) et qui appellent à un
changement de comportement de tous les acteurs
politiques, certains préfets et chefs traditionnels
continuent de terroriser leurs administrés. Ils
n’ont que faire de la Déclaration Universelle des
Droits de l’Homme qui prévoit par exemple en son
article 20 : |
|
« Toute
personne a droit à la liberté de réunion et
d’association pacifiques. Nul ne peut être obligé de
faire partie d’une association » et du code de
bonne conduite de l’APG dans lequel les parties
prenantes au dialogue intertogolais « s’engagent
à œuvrer pour la sauvegarde de la paix, de la
concorde sociale et de l’unité nationale par
l’acceptation des diverses options politiques et
d’opinions et le rejet de la violence sous toutes
ses formes ». C’est eu égard à cette situation
que le Premier ministre déclarait,2 dans son
discours lors de la cérémonie d’ouverture du
séminaire du Haut Conseil des Nations Unies pour les
Droits de l’Homme (HCDH) à l’intention des partis
politiques le mardi 12 juin dernier : « La
question se pose avec d’autant plus d’acuité que
nous apprenons de diverses sources, qu’un certain
nombre de préfets et de chefs traditionnels
exerceraient des intimidations et autres pressions
sur leurs administrés pour les empêcher de faire
route avec des partis de leur préférence. Il importe
de prendre à temps les mesures appropriées pour
remédier à de telles pratiques et garantir le libre
déroulement des élections ».
Les menaces du Préfet d’Amou
Dans une tournée de sensibilisation dans l’Amou, sa
préfecture d’origine, le ministre de la Ville Komlan
Mally était le 10 juin 2007 à Hihéatro. Il a, dans
son intervention, précisé que sa tournée visait à
présenter ses sincères condoléances aux familles
éplorées et aux victimes de la violence perpétrée
contre ledit village suite à la proclamation des
résultats de la présidentielle controversée de 2005.
Il a ensuite invité les populations à la
réconciliation et à éviter ces genres de situations
dans l’avenir. Après leur avoir demandé à aller
s’inscrire massivement, il a procédé à la
présentation du candidat du RPT, M. Somenou Atsou.
L’honneur échut alors à M. Togbé Kodjo,
préfet de l’Amou, de prendre la parole. Celui-ci n’a
pas été du tout tendre à l’endroit du leader de l’UFC
qu’il a taxé de tous les noms d’oiseaux. « Pour
peu qu’il (Gilchrist) arrive à Hihéatro, il se met
encore à faire des promesses démagogiques avec son
dilatoire d’entreprise de transformation. Il demanda
à la population de doigter l’entreprise qu’il a
jusqu’ici créée au Togo. Et pour peu qu’on apprenne
de lui, on court l’accueillir comme ce fut le cas de
sa dernière tournée à travers le territoire. Sur nos
lèvres, c’est toujours « Yovovia » sans réfléchir
pour une seconde. Il ajouta que voilà des ponts
cassés dans notre milieu et qu’eux, ils s’en moquent
éperdument. Il déclara par la suite que tous les
membres de l’UFC sont des moutons de pâturage qui
suivent bêtement leur fameux leader », raconte
un jeune.
De plus, il a fait remarquer que c’est
la circonscription électorale qui crée de sérieuses
entorses à chaque élection. Il a ajouté que Hihéatro
est un village mauvais, têtu et que les populations
sont bien payées pour les troubles passés.
Ces propos sont donc tenus par un préfet qui est le
représentant du pouvoir central. Il se raconte par
ailleurs qu’il poursuivrait et arrêterait des taxis
motos avec son véhicule de commandement, perçoit
lui-même des tickets à travers les marchés. Pour
nombre de populations de Hihéatro, tout ce qui s’est
passé en avril 2005 ne lui est pas étranger.
Un réfugié incarcéré à la prison d’Atakpamé
La présidentielle de 2005 a contraint beaucoup de
Togolais à prendre le chemin de l’exil. Le village
de Hihéatro a aussi enregistré beaucoup de départs.
La plupart des militants de l’opposition se sont
réfugiés au Ghana et au Bénin pour échapper aux
représailles qui se sont abattues sur le village.
Parmi ceux du Ghana se trouve le sieur Edinisse Yao
Kubuenale, un membre actif de l’UFC. Aux incessants
appels du gouvernement aux réfugiés de revenir au
pays, celui-ci est retourné à son village. Mais
depuis ce retour, il fut l’objet de convocation du
juge et de la gendarmerie d’Amlamé pour une affaire
de terrain vendu dont il ne maîtrise pas les
tenants et les aboutissants. Bien qu’il ait
manifesté auprès du juge sa volonté de se confronter
avec le plaignant, rien n’a été fait dans ce sens.
La semaine dernière, il s’est lui-même rendu chez le
juge pour éclairer une fois pour de bon cette
situation. Et c’est là qu’il aurait été arrêté par
la gendarmerie et gardé à vue pendant quatre jours
avant d’être envoyé à la prison civile d’Atakpamé
sans d’autres formes de procès. Suite à son
arrestation, sa femme s’est rendue à la prison pour
savoir effectivement ce qui était reproché à son
mari. Au portail, la question suivante lui a été
posée : « Etes-vous la femme du politicien arrêté
à Amlamé ? »
On le voit, c’est juste une histoire
inventée pour régler des comptes à un militant qui
gêne. Jusqu’aujourd’hui, aucune accusation
officielle n’est notifiée à la victime.
Les intimidations du Préfet de l’Est-Mono
Accusé d’avoir racketté certains militants de
l’opposition de Morétan en 2005 suite à la
présidentielle, le préfet de l’Est-Mono, M. Lemou
Pilakani, a recommencé à terroriser ses administrés
à l’approche des élections législatives. Tout a
commencé le 03 juin 2007 quand les garants de la
tradition de la zone de Kamina ont organisé une
prière aux mânes des ancêtres afin que les
prochaines élections soient pacifiques dans le pays
en général et dans la région de Kamina en
particulier. Informé par un activiste du RPT, un
certain Kaboure Toumbou, le préfet convoque le
régent du canton de Kamina à s’expliquer le 11 juin
dernier. Ce dernier aurait fait comprendre au
préfet que cette réunion ne relève pas du domaine de
l’autorité centrale car c’est une pratique
coutumière dans les contextes précis. Jusqu’alors,
la tension est vive entre les autorités coutumières
et le préfet n’hésite pas à leur envoyer des
convocations écrites en rouge.
C’est donc cette situation qui prévaut à
l’approche des élections législatives. Si rien n’est
fait pour arrêter ces préfets et chefs traditionnels
zélés dans leurs dérives, on risque de rééditer le
scénario de 2005. N’est-ce pas qu’il est urgent de
donner corps au point 2.1.5 de l’APG qui précise :
« Les parties prenantes au Dialogue conviennent
de la mise en place, au niveau national, d’un
mécanisme d’alerte en matière d’application des
mesures de sécurisation des activités des partis
politiques et des processus électoraux. Ce mécanisme
sera composé de représentants des partis politiques,
des autorités administratives et des forces de
sécurité. Il dispose d’organes déconcentrés,
composés de manière similaire, au niveau de
la Commune de Lomé et des autres préfectures » ?
R. Kédjagni |
|
|
|
« C’est ce que vous faites et le pays n’avance pas » |
|
Une phrase qu’on n’entend pas tous
les jours et qu’on aimerait entendre aussi souvent
que possible. Elle nous prouve à suffisance que nos
frères en uniforme sont après tout, des hommes comme
vous et nous. Ils ont la jugeote comme on dit et
savent qu’être militaires n’est pas un passeport
pour abuser des civils comme bon leur semble et que
personne ne naît militaire, policier, … on le
devient. Ils savent aussi que l’on se retrouve civil
à la retraite. |
|
La grande
différence entre les hommes en uniforme et nous
c’est que leur métier leur fait obligation de passer
plus de temps dans leur uniforme de travail. L’autre
différence c’est qu’il y en a parmi eux dont les
raisonnements sont simplement hum … Par contre dès
fois, il peut vous arriver d’en trouver de
séduisants dans leur parler et vous souhaiteriez, si
cela vous arrive, de les entendre le plus longuement
possible. C’est ce que nous avons vécu ce lundi 18
juin 2007. Tous les passants avaient été séduits et
il n’avait manqué que l’applaudissement.
En effet,
c’est tout à fait par hasard que lundi aux environs
de 10 heures, nous nous rendions au Consulat de
France, et faisant un détour par le rond point de la
prison civile de Lomé, nous avons surpris une
querelle intéressante qui nous a obligés à nous
arrêter, histoire de suivre un peu la scène. Deux
jeunes hommes allaient à moto, on ignore s’il
s’agissait de taxi-moto. Le pilote n’avait pas
respecté le sens giratoire au niveau du rond-point
de la Place des Nations Unies comme cela se devait.
Surpris par un militaire qui passait par là et qui
était de garde à la prison civile, celui-ci les
arrêta. Il voulait se défouler un peu sur eux et
peut-être même obtenir quelque chose puis les
laisser partir, comme nous en sommes souvent
victimes à Lomé de jour comme de nuit.
Alors
arriva un autre militaire sur sa bicyclette. D’après
ce que nous avons suivi, l’homme à vélo devrait
connaître l’un des jeunes hommes à moto. Cherchant à
comprendre ce qui leur était arrivé, et de
discussion en discussion surgit un troisième larron
qui tonnait de sa voie rauque et gauchement
autoritaire depuis une dizaine de mètres, assis
devant ou derrière sa calebasse de tchouk. Ce
dernier, à la différence des deux autres était en
tenue civile. Il ordonna au premier, qui jouait le
rôle de policier, de lui retirer la clé de la moto.
Ce dernier s’exécuta tout fièrement.
Le
Militaire à bicyclette fit comprendre à celui qui
donnait l’ordre depuis son pot de tchouk qu’il n’y
avait pas de raison suffisante de leur arracher la
clé et conduire la moto dans l’enceinte de la
prison. Dans sa tête, il aurait tout simplement
suffi de leur faire le reproche et les laisser
partir. Dans son entendement, il aurait suffi tout
simplement de leur faire le reproche et puis
l’incident est clos. Le monsieur au pot de tchouk,
sans doute un petit gradé pour qui le métier des
armes est le top des tops dans sa vie et qui pense
qu’avec cela on ne peut plus avoir les pieds à terre
et prendre des décisions plus sages, intimait
l’ordre à un moins gradé que lui à qui il pouvait
quand même faire comprendre qu’il voulait tout
simplement les intimider et les laisser continuer
leur chemin. Il ne l’a pas fait et n’y avait même
pas pensé. Le militaire en civil fit tant et si bien
de tapage autour de cet incident de moindre
importance, qu’il avait fini par vexer son collègue
à vélo qui lui jeta au visage avec véhémence : « c’est
ce que vous faites et le pays ne marche pas, es-tu
policier ? ». Quelle phrase peut être mieux que
celle-ci, venant d’un soldat togolais ? Comme quoi,
certains ont compris que l’uniforme ne saurait
prendre la place du cerveau, la chose commune à tous
les êtres humains. Au fait, il aurait tout
simplement suffi que le militaire en tenue qui avait
apostrophé les motocyclistes, leur fasse un petit
reproche et puis les laisse partir. Vous allez vous
étonner qu’un militaire dont le travail n’est pas de
réguler la circulation fasse une usurpation de
fonction, et ait retiré la moto aux deux jeunes gens
pour la piloter jusque dans l’enceinte de la prison
où il invita les intéressés à venir la chercher. Ne
soyez guère surpris si vous apprenez après que les
jeunes gens avaient dû lui graisser la patte avant
de récupérer leur engin. Ainsi va le Togo où l’on a
du pain sur la planche de faire respecter les lois
du pays par certaines catégories de Togolais.
Alain SIMOUBA |
|
|
|
Violence
gratuite des Béninois sur leurs frères Togolais
:
Quand les
autorités togolaises elles-mêmes n’ont que mépris
pour leur propre peuple ! |
|
Le samedi et le dimanche derniers, dans le cadre du
match retour comptant pour les éliminatoires de la
CAN 2008, nos voisins béninois se sont illustrés par
une inhospitalité et une barbarie d’une époque
presque révolue en sport à l’égard de leurs frères
et sœurs togolais. A l’analyse, les raisons ne sont
pas à aller chercher loin. Elles sont en nous et
nous suivent tous les jours, nous Togolais, comme
notre propre ombre. Lorsqu’on est dirigeant d’une
nation et d’un peuple dont on est censé rechercher
le bonheur et le mieux-être, mais qu’on éprouve un
malin plaisir à conduire sans frémir ses propres
compatriotes à la mort comme s’il s’agissait de
mouches et lorsque dans son propre pays, les
expatriés tiennent le haut du pavé, narguent,
abusent de l’hospitalité de leurs hôtes sans égard
et avec la complicité coupable des premiers
responsables de la nation, lorsque dans les
exactions sur la personne d’un Togolais, la part
belle est faite par la justice, la police ou la
gendarmerie à ces expatriés qui prennent notre
territoire pour un pays conquis (c’est connu de
tous), voilà jusqu’où peut pousser la bêtise
humaine. |
|
Ceux qui ont au moins une fois voyagé dans les pays
limitrophes du Togo que sont le Ghana et le Bénin,
en citoyens ordinaires et non en tant qu’officiels
d’une délégation présidentielle ou ministérielle,
savent à quel point les Togolais sont la risée de
nos voisins de l’ouest et de l’est. Les choses qu’on
y entend ne sont guère à l’honneur des Togolais et
de nos dirigeants dont on a parfois l’impression
qu’ils sont là tout simplement parce que la nature a
horreur du vide. Rien, absolument rien ne saurait
justifier le spectacle déshonorant, humiliant et
avilissant qu’ont offert nos frères béninois pour un
simple match de football. Déshonorant, humiliant et
avilissant, non pas seulement pour ceux qui ont subi
mais aussi pour ceux qui en sont les auteurs. Car
jusqu’à tout récemment, à force pour nous de refuser
délibérément de nous civiliser, compte tenu des
progrès importants réalisés à travers la Conférence
nationale du Bénin dans les années 90 et tout
dernièrement encore à travers la brillante et propre
élection du Sieur Yayi Boni, nous autres, prenions
les Béninois pour un modèle d’à côté que nous
aurions tout intérêt à suivre.
Certains parlent de l’indélicate attitude de Tata
Avlessi, président de la FTF à l’égard de son
homologue du Bénin à l’occasion de la CAN des moins
de 17 ans comme étant à l’origine de l’animosité de
nos voisins vis-à-vis de la délégation togolaise à
Cotonou. Nous, nous pensons pour notre part que cela
ne suffit pas pour justifier une telle sauvagerie.
Car cela aurait été compréhensible si, les coups
donnés ( ?) au Béninois à Lomé par Tata Avlessi
n’avaient été retournés qu’à ce dernier seul à
Cotonou, une sorte de réponse du berger à la
bergère. Si comme le soutiennent certains, c’était
l’élément détonateur, nous, nous disons que cette
réaction est totalement disproportionnée par rapport
à l’incident de Lomé et nous penchons plutôt du côté
de plusieurs autres qui soutiennent qu’une main
invisible tapis dans l’ombre, aurait juré de passer
par tous les moyens pour faire échec au mandat de
l’actuel président de la FTF que nous soutenons
personnellement eu égard au fiasco de l’ancien
bureau et au ridicule dans lequel le Togo avait été
entraîné au Mondial, ce que les Togolais ne veulent
plus vivre.
Curieusement, au jour d’aujourd’hui et sur un
certain plan, les choses semblent s’enliser et il
faut être franc pour attribuer cet état de choses à
un manque de maturité et de sagesse d’un certain
Avlessi Tata d’une part, et d’autre part à la
mauvaise volonté et au complot de certains membres
inciviques de l’actuel bureau de la FTF (seuls à
savoir pour qui ils roulent) qui ne font aucun
effort pour collaborer dans le bon sens avec le
Président Avlessi, afin de conduire notre sport-roi
vers des lendemains meilleurs. Nous n’osons pas
cacher notre déception par rapport à certains faux
pas du Président de la FTF qui doit à compter de
maintenant tirer les enseignements de ses erreurs
récentes pour se repositionner avant qu’il ne soit
trop tard. Si l’être humain n’a pas le sens du
pardon, et de l’humilité, la cohésion sociale sera
difficile à retrouver. Nous saluons dans une
certaine mesure l’édulcoration de son vin et
l’encourageons au progrès.
Pour revenir aux réactions des témoins directs du
drame de Cotonou et à celles de quelques victimes,
nous disons que nous en avons assez au Togo de
l’aveugle culte de la personnalité. Cela suffit
comme cela ! Les Togolais veulent enfin pouvoir
évoluer et approcher un peu ceux qui sont loin
devant nous dans le progrès. Le culte aveugle de la
personnalité n’a jamais concouru à cela. Nous avons
trouvé ridicule qu’à la télévision lundi soir, des
gens se soient permis de faire des éloges au chef de
l’Etat qu’ils remerciaient d’avoir pris des
dispositions dès leur arrivée à Cotonou pour régler
par voie diplomatique la situation des Togolais et
qu’il aurait contacté son homologue béninois à cet
effet. Mais alors qu’est-ce qui a été fait ?
N’a-t-on pas eu des témoignages concordants
attestant que les forces de sécurité du pays hôte
s’étaient alignées derrière leurs compatriotes en
les laissant maltraiter les nôtres sans broncher ?
Nous aurions toléré cet éloge flatteur, si et
seulement si, nous n’étions pas arrivés à cette
extrémité. Qu’est-ce que cette diplomatie a
produit ? Alors trêve de balivernes et de
flatteries. Si nous ne sommes pas en mesure de dire
la vérité qui blesse, il faut au moins avoir le
courage de se taire. Personne ne viendra vous
demander pourquoi vous ne l’avez pas encensé.
Nous saisissons l’occasion pour dire que du temps du
Gal Eyadèma au moins, on le voyait recevoir nos
joueurs, déjeuner avec eux, leur faire des promesses
et quoi encore ? Il est regrettable de constater que
depuis que la crise de notre football dure, M. Faure
Gnassingbé affiche une indifférence qui semble
crever les yeux. Des joueurs ne sont-ils pas allés
jusqu’à souhaiter sa médiation ? Ces derniers temps
et dans la perspective du Togo-Bénin, Yayi Boni aura
reçu au moins trois fois ses joueurs jouant le bon
rôle de manager de son équipe et le résultat a suivi
sans coup férir. Monsieur Faure Gnassingbé ne semble
guère se préoccuper de la vie de notre football.
Nous l’affirmons parce qu’il n’y a aucune visibilité
de ses actions en faveur du football. Pour les
sinistrés des eaux de pluie, les Togolais ont
beaucoup vu et entendu. Aucun chef d’Etat ou de
gouvernement ne saurait s’appuyer sur les règlements
de la FIFA pour laisser la situation pourrir au
niveau du football de son pays. Ce serait une
interprétation erronée et criminelle des règlements
de cette institution.
Nous voulons aussi saisir cette opportunité pour
demander qu’après les 3 jours de deuil national pour
les 13 Togolais tués dans le crash d’hélico le 3
juin dernier, quand auront lieu les journées de
deuil national pour les 150 morts de la commission
d’enquête Koffigoh ou des 500 morts de la commission
d’établissement des faits des Nations Unies suite
aux événements atroces et regrettables de 2005 ? Ne
sont-ils pas eux, des citoyens de ce pays ? Aux
autorités togolaises, il convient de faire
comprendre que toute nation dont les premiers
responsables ne respectent pas la vie de leurs
propres concitoyens et regardent avec indifférence
leur meurtre ou qui le commanditent eux-mêmes, ne
saurait asseoir une certaine respectabilité de ses
habitants à l’étranger. C’est justement ce qui est
arrivé à Cotonou chez nos frères qui savent comment
nous sommes traités chez nous par ceux-là qui ont
droit de vie et de mort sur leurs gouvernés comme
bon leur semble, au point de les voir détaler en
masse pour se réfugier sur le territoire béninois.
Vivement qu’au Togo on en tire les leçons pour plus
de respect de la vie humaine à l’intérieur du Togo
et de respect des Togolais à l’étranger. Les hommes
ne sauraient être des gibiers à abattre
éternellement par leurs semblables.
Tata Avlessi a eu peu avant Freetown et juste après,
à afficher des attitudes qui montrent un désir
d’apaisement de sa part. Il ne reste qu’à lui offrir
cette chance en espérant que les erreurs sont déjà
inscrites dans le registre du passé. Il n’est
certainement pas le meilleur des Togolais et encore
moins, le plus mauvais. Dirigés dans la médiocrité
et avec certes des vices de la terre par le défunt
président pendant près de 40 ans, beaucoup de nos
compatriotes ont oublié le sens de la vertu et de la
sagesse. Avlessi Tata n’est pas l’exception.
Seulement Tata Avlessi doit savoir que, lorsqu’on
est dans un environnement souillé et miné, on doit
faire attention à l’endroit où l’on pose ses pieds,
au lieu d’avancer les yeux fermés, ce qui semble
échapper pour le moment au Sieur Avlessi. Notre
présence à la CAN 2008 est un impératif, un pari à
gagner. Mais si l’on n’y parvient pas, ce n’est pas
la fin du monde. Que nos joueurs abandonnent leur
excès de suffisance pour s’assagir et cesser de se
laisser manipuler. Puissent-ils avoir à l’esprit
cette pensée d’André Gide et s’en rappeler
régulièrement pour leur propre gouverne ? <<L’homme
n’a qu’un printemps dans la vie ; et le souvenir
d’une joie n’est pas une nouvelle approche du
bonheur>>. Faisons les choses vite et bien. Il
ne sert à rien de perdre son temps dans des
inutilités.
Alain SIMOUBA |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
 |
|
|
|
|