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Liberté Hebdo

23 juin 2007

[ 218: du 20 juin 2007]  
Processus électoral : Processus électoral Potopérè mécontent des manœuvres de la société ZETES

En début de semaine dernière, la CENI a bénéficié d’un grand souffle de la part des partenaires étrangers. En effet, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) lui a offert la bagatelle somme  de 13 milliards de F CFA comme son apport financier aux législatives à venir et aux locales de 2008. Et les « vautours » ne se sont pas retenus de récupérer l’événement, faisant croire qu’il ne manquait que ça pour voir accélérer les choses. Les responsables de la CENI avaient aussi fait de la surenchère autour de la  simulation électorale.

Ils sont ainsi arrivés à embobiner nombre de Togolais qui se sont du coup persuadés de voir les préparatifs marcher comme sur des roulettes. Mais apparemment, il n’en est rien. Et pire, on assiste aux premières manifestations de  crise de confiance entre la CENI et la société ZETES chargée de l’initialisation des kits, et la date du 5 août pourrait bien à son tour être abandonnée. On n’en voudra pour preuves que les propos du patron de la CENI, M. Potopérè de passage sur « Le Plateau de la Semaine » dimanche dernier sur la TVT.

Beaucoup de Togolais se sont avoués perplexes devant certaines déclarations de M. Potopérè. L’opération de simulation qu’on disait devoir mettre en confiance les électeurs sur la fiabilité des kits a révélé quelques anomalies au niveau des imprimantes de certains kits. Si le président de la CENI a positivé ces problèmes- « Ces difficultés que nous avons enregistrées nous ont permis de trouver des stratégies pour mieux gérer le matériel pendant le recensement proprement dit », a-t-il confié-, il n’a pas pu dissimuler son courroux devant les prestations de service médiocres de ZETES qui ont fait que l’opération de simulation n’est pas allée à son terme. Le problème s’est posé au niveau de la centralisation des résultats. « Jusqu’à ce dimanche, la liste des 1640 électeurs sur lesquels la simulation a été faite n’est pas encore centralisée, ce qui fait que nous n’avons pas de liste », a-t-il déclaré avant de pester : « Si les choses ne marchent pas de ce côté, la CENI va réagir ».

Les Togolais se réjouissent que ce soit M. Potopérè en personne, visiblement à bout de nerf, qui vienne à faire ces déclarations d’amertume. Il ne fait que donner raison à ceux qui doutaient depuis le début de la crédibilité de cette société. Notre journal était des tout premiers à dénoncer le flou caractérisé qui  entoure la signature de contrat avec cette société. Cela avait des airs de « business » des ministres Bawara et Ahoomey-Zunu quand on voit le zèle singulier dont ils ont fait montre dans cette affaire. Il leur est même arrivé de prendre position pour cette société au détriment de la CENI. Nombre de Togolais ont d’ailleurs perdu le peu de confiance depuis qu’ils ont appris que cette société serait une propriété du zélé Commissaire Européen au Développement et à l’Action Humanitaire, le Belge Louis Michel.

Le problème de centralisation semble réel et risque de mettre un coup de frein au processus. La nouveauté, c’est que la société ZETES soutiendrait que le contrat signé avec le Togo n’a nullement prévu de clause de centralisation des résultats.

Une telle situation ne peut qu’affecter dangereusement le processus entier. Aujourd’hui, la conséquence immédiate de cet imbroglio, c’est la caducité de la date du 5 août censée voir tenir le scrutin législatif. M. Potopérè semble anticiper l’éventualité quand il affirmait : « Nous avons besoin du temps nécessaire pour organiser des élections crédibles et transparentes. La date du 05 août a été choisie sur la base des conditions précises. A la CENI, nous faisons tout ce qu’il faut pour avoir des élections crédibles…Mais, s’il faut un nouveau report pour qu’elles soient bonnes, le problème ne se pose pas ». Quoi de plus normal quand on sait que le recensement proprement dit  censé débuter le 8 juin ne l’a pas été ! La date du 05 août semble bien intenable car d’après les spécialistes, il faut neuf (9) mois pour pouvoir recenser l’électorat togolais.

Mine de rien, on risque d’aller de report en report.

TINO Kossi

 
Violation des droits de l’homme : Un réfugié de retour au pays, arrêté et détenu à la prison d’Atakpamé

.Des militants de l’opposition terrorisés par les Préfets
Malgré les recommandations contenues dans l’Accord Politique Global (APG) et qui appellent à un changement de comportement de tous les acteurs politiques, certains préfets et chefs traditionnels continuent de terroriser leurs administrés. Ils n’ont que faire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui prévoit par exemple en son article 20 :

 « Toute personne a droit à la liberté de réunion et d’association pacifiques. Nul ne peut être obligé de faire partie d’une association » et du code de bonne conduite de l’APG dans lequel les parties prenantes au dialogue intertogolais « s’engagent à œuvrer pour la sauvegarde de la paix, de la concorde sociale et de l’unité nationale par l’acceptation des diverses options politiques et d’opinions et le rejet de la violence sous toutes ses formes ». C’est eu égard à cette situation que le Premier ministre déclarait,2 dans son discours lors de la cérémonie d’ouverture du séminaire du Haut Conseil des Nations Unies pour les Droits de l’Homme (HCDH) à l’intention des partis politiques le mardi 12 juin dernier : « La question se pose avec d’autant plus d’acuité que nous apprenons de diverses sources, qu’un certain nombre de préfets et de chefs traditionnels exerceraient des intimidations et autres pressions sur leurs administrés pour les empêcher de faire route avec des partis de leur préférence. Il importe de prendre à temps les mesures appropriées pour remédier à de telles pratiques et garantir le libre déroulement des élections ».

            Les menaces du Préfet d’Amou

            Dans une tournée de sensibilisation dans l’Amou, sa préfecture d’origine, le ministre de la Ville Komlan Mally était le 10 juin 2007 à Hihéatro. Il a, dans son intervention, précisé que sa tournée visait à présenter ses sincères condoléances aux familles éplorées et aux victimes de la violence perpétrée contre ledit village suite à la proclamation des résultats de la présidentielle controversée de 2005. Il a ensuite invité les populations à la réconciliation et à éviter ces genres de situations dans l’avenir. Après leur avoir demandé à aller s’inscrire massivement, il a procédé à la présentation du candidat du RPT, M. Somenou Atsou.

            L’honneur échut alors à M. Togbé Kodjo, préfet de l’Amou, de prendre la parole. Celui-ci n’a pas été du tout tendre à l’endroit du leader de l’UFC qu’il a taxé de tous les noms d’oiseaux. « Pour peu qu’il (Gilchrist) arrive à Hihéatro, il se met encore à faire des promesses démagogiques avec son dilatoire d’entreprise de transformation. Il demanda à la population de doigter l’entreprise qu’il a jusqu’ici créée au Togo. Et pour peu qu’on apprenne de lui, on court l’accueillir comme ce fut le cas de sa dernière tournée à travers le territoire. Sur nos lèvres, c’est toujours « Yovovia » sans réfléchir pour une seconde. Il ajouta que voilà des ponts cassés dans notre milieu et qu’eux, ils s’en moquent éperdument. Il déclara par la suite que tous les membres de l’UFC sont des moutons de pâturage qui suivent bêtement leur fameux leader », raconte un jeune.

            De plus, il a fait remarquer que c’est la circonscription électorale qui crée de sérieuses entorses à chaque élection. Il a ajouté que Hihéatro est un village mauvais, têtu et que les populations sont bien payées pour les troubles passés.

Ces propos sont donc tenus par un préfet qui est le représentant du pouvoir central. Il se raconte par ailleurs qu’il poursuivrait et arrêterait des taxis motos avec son véhicule de commandement, perçoit lui-même des tickets à travers les marchés. Pour nombre de populations de Hihéatro, tout ce qui s’est passé en avril 2005 ne lui est pas étranger.

Un réfugié incarcéré à la prison d’Atakpamé

            La présidentielle de 2005 a contraint beaucoup de Togolais à prendre le chemin de l’exil. Le village de Hihéatro a aussi enregistré beaucoup de départs. La plupart des militants de l’opposition se sont réfugiés au Ghana et au Bénin pour échapper aux représailles qui se sont abattues sur le village. Parmi ceux du Ghana se trouve le sieur Edinisse Yao Kubuenale, un membre actif de l’UFC. Aux incessants appels du gouvernement aux réfugiés de revenir au pays, celui-ci est retourné à son village. Mais depuis ce retour, il fut l’objet de convocation du juge et de la gendarmerie d’Amlamé pour une affaire de terrain vendu dont il ne  maîtrise pas les tenants et les aboutissants. Bien qu’il ait manifesté auprès du juge sa volonté de se confronter avec le plaignant, rien n’a été fait dans ce sens. La semaine dernière, il s’est lui-même rendu chez le juge pour éclairer une fois pour de bon cette situation. Et c’est là qu’il aurait été arrêté par la gendarmerie et gardé à vue pendant quatre jours avant d’être envoyé à la prison civile d’Atakpamé sans d’autres formes de procès. Suite à son arrestation, sa femme s’est rendue à la prison pour savoir effectivement ce qui était reproché à son mari. Au portail, la question suivante lui a été posée : « Etes-vous la femme du politicien arrêté à Amlamé ? »

            On le voit, c’est juste une histoire inventée pour régler des comptes à un militant qui gêne. Jusqu’aujourd’hui, aucune accusation officielle n’est notifiée à la victime.

Les intimidations du Préfet de l’Est-Mono

            Accusé d’avoir racketté  certains militants de l’opposition de Morétan en 2005 suite à la présidentielle, le préfet de l’Est-Mono, M. Lemou Pilakani, a recommencé à terroriser ses administrés à l’approche des élections législatives. Tout a commencé le 03 juin 2007 quand les garants de la tradition de la zone de Kamina ont organisé une prière aux mânes des ancêtres afin que les prochaines élections soient pacifiques dans le pays en général et dans la région de Kamina en particulier. Informé par un activiste du RPT, un certain Kaboure Toumbou, le préfet convoque le régent du canton de Kamina à s’expliquer le 11 juin  dernier.  Ce dernier aurait fait comprendre au préfet que cette réunion ne relève pas du domaine de l’autorité centrale car c’est une pratique coutumière dans les contextes précis. Jusqu’alors, la tension est vive entre les autorités coutumières et le préfet n’hésite pas à leur envoyer des convocations écrites en rouge.

            C’est donc cette situation qui prévaut à l’approche des élections législatives. Si rien n’est fait pour arrêter ces préfets et chefs traditionnels zélés dans leurs dérives, on risque de rééditer le scénario de 2005. N’est-ce pas qu’il est urgent de donner corps au point 2.1.5 de l’APG qui précise : « Les parties prenantes au Dialogue conviennent de la mise en place, au niveau national, d’un mécanisme d’alerte en matière d’application des mesures de sécurisation des activités des partis politiques et des processus électoraux. Ce mécanisme sera composé de représentants des partis politiques, des autorités administratives et des forces de sécurité. Il dispose d’organes déconcentrés, composés de manière similaire, au niveau de la Commune de Lomé et des autres préfectures » ?

R. Kédjagni

 
« C’est ce que vous faites et le pays n’avance pas »

Une phrase qu’on n’entend pas tous les jours et qu’on aimerait entendre aussi souvent que possible. Elle nous prouve à suffisance que nos frères en uniforme sont après tout, des hommes comme vous et nous. Ils ont la jugeote comme on dit et savent qu’être militaires n’est pas un passeport pour abuser des civils comme bon leur semble et que personne ne naît militaire, policier, … on le devient. Ils savent aussi que l’on se retrouve civil à la retraite.

La grande différence entre les hommes en uniforme et nous c’est que leur métier leur fait obligation de passer plus de temps dans leur uniforme de travail. L’autre différence c’est qu’il y en a parmi eux dont les raisonnements sont simplement hum … Par contre dès fois, il peut vous arriver d’en trouver de séduisants dans leur parler et vous souhaiteriez, si cela vous arrive, de les entendre le plus longuement possible. C’est ce que nous avons vécu ce lundi 18 juin 2007. Tous les passants avaient été séduits et il n’avait manqué que l’applaudissement.

En effet, c’est tout à fait par hasard que lundi aux environs de 10 heures, nous nous rendions au Consulat de France, et faisant un détour par le rond point de la prison civile de Lomé, nous avons surpris une querelle intéressante qui nous a obligés à nous arrêter, histoire de suivre un peu la scène. Deux jeunes hommes allaient à moto, on ignore s’il s’agissait de taxi-moto. Le pilote n’avait pas respecté le sens giratoire au niveau du rond-point de la Place des Nations Unies comme cela se devait. Surpris par un militaire qui passait par là et qui était de garde à la prison civile, celui-ci les arrêta. Il voulait se défouler un peu sur eux et peut-être même obtenir quelque chose puis les laisser partir, comme nous en sommes souvent victimes à Lomé de jour comme de nuit.

Alors arriva un autre militaire sur sa bicyclette. D’après ce que nous avons suivi, l’homme à vélo devrait connaître l’un des jeunes hommes à moto. Cherchant à comprendre ce qui leur était arrivé, et de discussion en discussion surgit un troisième larron qui tonnait de sa voie rauque et gauchement autoritaire depuis une dizaine de mètres, assis devant ou derrière sa calebasse de tchouk. Ce dernier, à la différence des deux autres était en tenue civile. Il ordonna au premier, qui jouait le rôle de policier, de lui retirer la clé de la moto. Ce dernier s’exécuta tout fièrement.

Le Militaire à bicyclette fit comprendre à celui qui donnait l’ordre depuis son pot de tchouk qu’il n’y avait pas de raison suffisante de leur arracher la clé et conduire la moto dans l’enceinte de la prison. Dans sa tête, il aurait tout simplement suffi de leur faire le reproche et les laisser partir. Dans son entendement, il aurait suffi tout simplement de leur faire le reproche et puis l’incident est clos. Le monsieur au pot de tchouk, sans doute un petit gradé pour qui le métier des armes est le top des tops dans sa vie et qui pense qu’avec cela on ne peut plus avoir les pieds à terre et prendre des décisions plus sages, intimait l’ordre à un moins gradé que lui à qui il pouvait quand même faire comprendre qu’il voulait tout simplement les intimider et les laisser continuer leur chemin. Il ne l’a pas fait et n’y avait même pas pensé. Le militaire en civil fit tant et si bien de tapage autour de cet incident de moindre importance, qu’il avait fini par vexer son collègue à vélo  qui lui jeta au visage avec véhémence : « c’est ce que vous faites et le pays ne marche pas, es-tu policier ? ». Quelle phrase peut être mieux que celle-ci, venant d’un soldat togolais ? Comme quoi, certains ont compris que l’uniforme ne saurait prendre la place du cerveau, la chose commune à tous les êtres humains.  Au fait, il aurait tout simplement suffi que le militaire en tenue qui avait apostrophé les motocyclistes, leur fasse un petit reproche et puis les laisse partir. Vous allez vous étonner qu’un militaire dont le travail n’est pas de réguler la circulation fasse une usurpation de fonction, et ait retiré la moto aux deux jeunes gens pour la piloter jusque dans l’enceinte de la prison où il invita les intéressés à venir la chercher. Ne soyez guère surpris si vous apprenez après que les jeunes gens avaient dû lui graisser la patte avant de récupérer leur engin. Ainsi va le Togo où l’on a du pain sur la planche de faire respecter les lois du pays par certaines catégories de Togolais.

Alain SIMOUBA

 
Violence gratuite des Béninois sur leurs frères Togolais  : Quand les autorités togolaises elles-mêmes n’ont  que mépris pour leur propre peuple !

Le samedi et le dimanche derniers, dans le cadre du match retour comptant pour les éliminatoires de la CAN 2008, nos voisins béninois se sont illustrés par une inhospitalité et une barbarie d’une époque presque révolue en sport à l’égard de leurs frères et sœurs togolais. A l’analyse, les raisons ne sont pas à aller chercher loin. Elles sont en nous et nous suivent tous les jours, nous Togolais, comme notre propre ombre. Lorsqu’on est dirigeant d’une nation et d’un peuple dont on est censé rechercher le bonheur et le mieux-être, mais qu’on éprouve un malin plaisir à conduire sans frémir ses propres compatriotes à la mort comme s’il s’agissait de mouches et lorsque dans son propre pays, les expatriés tiennent le haut du pavé, narguent, abusent de l’hospitalité de leurs hôtes sans égard et avec la complicité coupable des premiers responsables de la nation, lorsque dans les exactions sur la personne d’un Togolais, la part belle est faite par la justice, la police ou la gendarmerie à ces expatriés qui prennent notre territoire pour un pays conquis (c’est connu de tous), voilà jusqu’où peut pousser la bêtise humaine.

Ceux qui ont au moins une fois voyagé dans les pays limitrophes du Togo que sont le Ghana et le Bénin, en citoyens ordinaires et non en tant qu’officiels d’une délégation présidentielle ou ministérielle, savent à quel point les Togolais sont la risée de nos voisins de l’ouest et de l’est. Les choses qu’on y entend ne sont guère à l’honneur des Togolais et de nos dirigeants dont on a parfois l’impression qu’ils sont là tout simplement parce que la nature a horreur du vide. Rien, absolument rien ne saurait justifier le spectacle déshonorant, humiliant et avilissant qu’ont offert nos frères béninois pour un simple match de football. Déshonorant, humiliant et avilissant, non pas seulement pour ceux qui ont subi mais aussi pour ceux qui en sont les auteurs. Car jusqu’à tout récemment, à force pour nous de refuser délibérément de nous civiliser, compte tenu des progrès importants réalisés à travers la Conférence nationale du Bénin dans les années 90 et tout dernièrement encore à travers la brillante et propre élection du Sieur Yayi Boni, nous autres, prenions les Béninois pour un modèle d’à côté que nous aurions tout intérêt à suivre.

Certains parlent de l’indélicate attitude de Tata Avlessi, président de la FTF à l’égard de son homologue du Bénin à l’occasion de la CAN des moins de 17 ans comme étant à l’origine de l’animosité de nos voisins vis-à-vis de la délégation togolaise à Cotonou. Nous, nous pensons pour notre part que cela ne suffit pas pour justifier une telle sauvagerie. Car cela aurait été compréhensible si, les coups donnés ( ?) au Béninois à Lomé par Tata Avlessi n’avaient été retournés qu’à ce dernier seul à Cotonou, une sorte de réponse du berger à la bergère. Si comme le soutiennent certains, c’était l’élément détonateur, nous, nous disons que cette réaction est totalement disproportionnée par rapport à l’incident de Lomé et nous penchons plutôt du côté de plusieurs autres qui soutiennent qu’une main invisible tapis dans l’ombre, aurait juré de passer par tous les moyens pour faire échec au mandat de l’actuel président de la FTF que nous soutenons personnellement eu égard au fiasco de l’ancien bureau et au ridicule dans lequel le Togo avait été entraîné au Mondial, ce que les Togolais ne veulent plus vivre.

Curieusement, au jour d’aujourd’hui et sur un certain plan, les choses semblent s’enliser et il faut être franc pour attribuer cet état de choses à un manque de maturité et de sagesse d’un certain Avlessi Tata d’une part, et d’autre part à la mauvaise volonté et au complot de certains membres inciviques de l’actuel bureau de la FTF (seuls à savoir pour qui ils roulent) qui ne font aucun effort pour collaborer dans le bon sens avec le Président Avlessi, afin de conduire notre sport-roi vers des lendemains meilleurs. Nous n’osons pas cacher notre déception par rapport à certains faux pas du Président de la FTF qui doit à compter de maintenant tirer les enseignements de ses erreurs récentes pour se repositionner avant qu’il ne soit trop tard. Si l’être humain n’a pas le sens du pardon, et de l’humilité, la cohésion sociale sera difficile à retrouver. Nous saluons dans une certaine mesure l’édulcoration de son vin et l’encourageons au progrès.

Pour revenir aux réactions des témoins directs du drame de Cotonou et à celles de quelques victimes, nous disons que nous en avons assez au Togo de l’aveugle culte de la personnalité. Cela suffit comme cela ! Les Togolais veulent enfin pouvoir évoluer et approcher un peu ceux qui sont loin devant nous dans le progrès. Le culte aveugle de la personnalité n’a jamais concouru à cela. Nous avons trouvé ridicule qu’à la télévision lundi soir, des gens se soient permis de faire des éloges au chef de l’Etat qu’ils remerciaient d’avoir pris des dispositions dès leur arrivée à Cotonou pour régler par voie diplomatique la situation des Togolais et qu’il aurait contacté son homologue béninois à cet effet. Mais alors qu’est-ce qui a été fait ? N’a-t-on pas eu des témoignages concordants attestant que les forces de sécurité du pays hôte s’étaient alignées derrière leurs compatriotes en les laissant maltraiter les nôtres sans broncher ? Nous aurions toléré cet éloge flatteur, si et seulement si, nous n’étions pas arrivés à cette extrémité. Qu’est-ce que cette diplomatie a produit ? Alors trêve de balivernes et de flatteries. Si nous ne sommes pas en mesure de dire la vérité qui blesse, il faut au moins avoir le courage de se taire. Personne ne viendra vous demander pourquoi vous ne l’avez pas encensé. 

Nous saisissons l’occasion pour dire que du temps du Gal Eyadèma au moins, on le voyait recevoir nos joueurs, déjeuner avec eux, leur faire des promesses et quoi encore ? Il est regrettable de constater que depuis que la crise de notre football dure, M. Faure Gnassingbé affiche une indifférence qui semble crever les yeux. Des joueurs ne sont-ils pas allés jusqu’à souhaiter sa médiation ? Ces derniers temps et dans la perspective du Togo-Bénin, Yayi Boni aura reçu au moins trois fois ses joueurs jouant le bon rôle de manager de son équipe et le résultat a suivi sans coup férir. Monsieur Faure Gnassingbé ne semble guère se préoccuper de la vie de notre football. Nous l’affirmons parce qu’il n’y a aucune visibilité de ses actions en faveur du football. Pour les sinistrés des eaux de pluie, les Togolais ont beaucoup vu et entendu. Aucun chef d’Etat ou de gouvernement ne saurait s’appuyer sur les règlements de la FIFA pour laisser la situation pourrir au niveau du football de son pays. Ce serait une interprétation erronée et criminelle des règlements de cette institution.

Nous voulons aussi saisir cette opportunité pour demander qu’après les 3 jours de deuil national pour les 13 Togolais tués dans le crash d’hélico le 3 juin dernier, quand auront lieu les journées de deuil national pour les 150 morts de la commission d’enquête Koffigoh ou des 500 morts de la commission d’établissement des faits des Nations Unies suite aux événements atroces et regrettables de 2005 ? Ne sont-ils pas eux, des citoyens de ce pays ? Aux autorités togolaises, il convient de faire comprendre que toute nation dont les premiers responsables ne respectent pas la vie de leurs propres concitoyens et regardent avec indifférence leur meurtre ou qui le commanditent eux-mêmes, ne saurait asseoir une certaine respectabilité de ses habitants à l’étranger. C’est justement ce qui est arrivé à Cotonou chez nos frères qui savent comment nous sommes traités chez nous par ceux-là qui ont droit de vie et de mort sur leurs gouvernés comme bon leur semble, au point de les voir détaler en masse pour se réfugier sur le territoire béninois. Vivement qu’au Togo on en tire les leçons pour plus de respect de la vie humaine à l’intérieur du Togo et de respect des Togolais à l’étranger. Les hommes ne sauraient être des gibiers à abattre éternellement par leurs semblables.

Tata Avlessi a eu peu avant Freetown et juste après, à afficher des attitudes qui montrent un désir d’apaisement de sa part. Il ne reste qu’à lui offrir cette chance en espérant que les erreurs sont déjà inscrites dans le registre du passé. Il n’est certainement pas le meilleur des Togolais et encore moins, le plus mauvais. Dirigés dans la médiocrité et avec certes des vices de la terre par le défunt président pendant près de 40 ans, beaucoup de nos compatriotes ont oublié le sens de la vertu et de la sagesse. Avlessi Tata n’est pas l’exception.  Seulement Tata Avlessi doit savoir que, lorsqu’on est dans un environnement souillé et miné, on doit faire attention à l’endroit où l’on pose ses pieds, au lieu d’avancer les yeux fermés, ce qui semble échapper pour le moment au Sieur Avlessi. Notre présence à la CAN 2008 est un impératif, un pari à gagner. Mais si l’on n’y parvient pas, ce n’est pas la fin du monde. Que nos joueurs abandonnent leur excès de suffisance pour s’assagir et cesser de se laisser manipuler. Puissent-ils avoir  à l’esprit cette pensée d’André Gide et s’en rappeler régulièrement  pour leur propre gouverne ? <<L’homme n’a qu’un printemps dans la vie ; et le souvenir d’une joie n’est pas une nouvelle approche du bonheur>>. Faisons les choses vite et bien. Il ne sert à rien de perdre son temps dans des inutilités.

Alain SIMOUBA

 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
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