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Liberté Hebdo

8 juin 2007

[ 212: du 7 juin 2007]  
Inondations à Lomé : La comédie du ministre  Komlan Mally face aux difficultés des populations

A peine la saison pluvieuse a pointé son nez et que les pluies ont commencé à arroser Lomé que la capitale a les pieds dans l’eau. Certains quartiers sont inondés obligeant les familles  à vivre dans l’eau. Et chaque saison de pluie c’est le même calvaire pour les populations. Non seulement on ne peut rester chez soi parce qu’on est envahi par l’eau mais aussi lorsque après mille efforts on réussit à sortir de la maison, on est confronté à d’autres problèmes. La circulation devient un parcours de combattant car les rues et autres artères présentent  par endroits des nids de dromadaire et ne sont pratiquement pas carrossables.

Pour les autorités municipales, les problèmes d’inondations que connaît  la ville de Lomé sont  en partie inhérents  aux comportements des populations qui utilisent  les caniveaux et les égouts comme poubelles. Les ravins ainsi bouchés empêchent l’évacuation des eaux de pluie. Pour  circonscrire le mal, une politique de réaménagement est entreprise depuis quelques jours. Mais c’est un travail d’amateur auquel on assiste. Les travaux qui devraient normalement être faits dans la saison sèche n’ont débuté qu’à l’orée de la saison des pluies. Conséquence, tous les caniveaux n’ont pas pu être curés. Qui plus est, les déchets sortis des  égouts sont jetés aux abords des rues  engendrant d’autres insalubrités. Il  a fallu que cet état de chose soit vigoureusement dénoncé par la presse pour obliger les pouvoirs publics à se mettre au pas et à faire dégager les rues des montagnes d’immondices.

Depuis la dernière pluie, les populations sont confrontées à d’énormes  problèmes liés à  l’inondation. Au lieu de faire face à cela, le ministre de la Ville, M. Komlan Mally s’est livré à une farce de mauvais goût.

On l’a vu  débarquer à la plage avec son bataclan pour faire observer que « l’eau coule normalement » dans les canaux d’évacuation. Comme si cela suffisait pour régler les problèmes d’inondation que connaissent les populations. C’est un show inutile qui n’a rien apporté aux sinistrés.

Les problèmes d’inondations ne datent pas d’aujourd’hui et, au lieu de procéder à des distributions de  quelques morceaux de sucres et de « gari », il urge que les gouvernants mettent une véritable politique d’infrastructure afin d’endiguer le mal.

L.H.

 
Préparation des législatives 2007 : La CENI verse dans le tâtonnement

L’imminence des élections législatives fait couler beaucoup d’encre et de salive de par les péripéties assez mouvementées qui jalonnent leur préparation. Préalablement fixé au 24 juin 2007, le scrutin a dû être renvoyé au 05 août. Et de jour en jour, le pessimisme s’empare des Togolais. Mais côté CENI, on affiche un optimisme surprenant.

Au cours d’une conférence de presse organisée le 18 mai dernier à l’Hôtel 2 février, le premier responsable, M. Tozim Potopèré et les siens rendaient public le chronogramme du recensement électoral. Selon ce programme donc, le fameux recensement dans lequel on place tant d’espoir devrait se dérouler du 08 juin, vendredi prochain donc, au 08 juillet 2007.Mais au dernier moment, il est différé. Ce recensement sera singulier dans l’histoire électorale du Togo. Car pour ce faire, on utilisera des kits empruntés à la République Démocratique du Congo, dont l’utilisation permettrait de réduire au maximum les fraudes. Mais l’imminence de cette opération intriguait beaucoup d’observateurs, eu égard aux failles relatives à l’utilisation de ces kits.

Justement à ce propos, nous révélions dans notre  parution N° 201 du 09 mai 2007 que « les kits empruntés à la RDC ne sont pas fiables » et que « des fraudes massives » sont en «  perspectives ». Ces affirmations étaient consécutives au test d’acceptation du logiciel de recensement fait et qui aurait mis en exergue « moult anomalies ». Nous écrivions, entre autres, que « …le test a montré que la plate-forme matérielle et logicielle fournie pour le test d’acceptation n’est pas conforme à celle prévue pour le recensement. Ce qui ne permet pas de mesurer le temps nécessaire pour recenser un électeur. La sécurisation des cartes n’est pas garantie puisque la comparaison des empruntes digitales des utilisateurs n’est pas faite. Il est possible à la même personne utilisant  le même doigt de s’enregistrer comme président, rapporteur, opérateur de saisie et second opérateur de saisie. De plus, la saisie de la même emprunte (index gauche) pour l’électeur n’est pas détectée lorsque le doigt est placé sous un angle de 45 degré…Le Webcam ne dispose pas de focus (un logiciel bis qui permet d’améliorer la qualité des images)…Bien que la carte d’électeur soit imprimée, le numéro de carte ne figure pas sur la souche ». Eu égard aux révélations du rapport technique, on signalait aussi que, « dans 50% des cas, le transfert des données a échoué sans explication logique…Le logiciel testé est incomplet (absence du module  d’importation toujours en développement). La configuration des paramètres du CR permet l’introduction de données qui produiront des erreurs dans la constitution du fichier électoral. Plusieurs inscriptions de la même personne sur le même kit sont possibles sans que le kit ne détecte les inscriptions multiples correspondantes ».

Ces anomalies qui n’étaient guère une invention de la presse, mais bien consécutives au rapport technique fourni par les experts, ont été de manière hypocrite, balayées du revers de la main par le patron de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), M. Tozim Potopérè. Il viendra pondre même un communiqué à ce propos, appelant  la presse à vérifier  la véracité des informations avant de les rendre publiques. En réalité, le courroux de M. Potopérè s’expliquait par la surprise de voir le  rapport qu’il voulait garder jalousement, se retrouver dans la presse. Car dans les coulisses, des sources provenant de l’entourage même du président reconnaissent ces anomalies.

Pour y revenir, la solution pour annihiler ces anomalies ne relevait pas du miracle. Selon les experts, il fallait juste corriger le test ou procéder à une nouvelle réinitialisation. A l’approche du début du recensement, les Togolais se demandent si cette recorrection a été entreprise.

Les difficultés se corsent d’ailleurs pour la CENI. Et aujourd’hui, la date du 08 juin programmée pour voir débuter le recensement n’est plus tenable. M. Tozim Potopérè l’a signifié au cours d’un point de presse organisé lundi. De toute vraisemblance, la CENI n’est pas encore en possession de tout le matériel nécessaire pour le recensement. « Une bonne partie des matériels de fournitures nécessaires au recensement sera livrée entre le 05 et le 07 juin », a indiqué le président de la CENI. Ce n’est pas pour autant que dès réception, le recensement peut débuter le lendemain 08 juin comme programmé. Car cela « requiert un temps supplémentaire pour leur déploiement ». « Eu égard aux difficultés évoquées, et pour crédibiliser le processus électoral, la CENI a décidé de procéder à un exercice de simulation du recensement électoral dans une dizaine de centres en milieu urbain et rural dans la Région Maritime », qui vise à « rassurer la population et couper court aux rumeurs », « roder et tester le matériel et le logiciel qui seront déployés », permettrait « d’apprécier le comportement du personnel technique et politique qui sera affecté dans les CLC (ndlr :Comités de Listes et Cartes) », « d’identifier les difficultés éventuelles liées à la gestion des files d’attente, aux défaillances techniques des CLC et d’anticiper les solutions idoines ».

Par ailleurs, elle rencontre des difficultés d’ordre humaines. Elle accuse les formations politiques et le gouvernement de ne lui avoir pas communiqué les noms de leurs représentants dans les Comités de Listes et Cartes. Le délai pour ce faire était le 29 mai dernier. « A ce jour, aucun parti politique n’a déposé de liste conforme aux spécifications de la CENI. Il en est de même pour le gouvernement », a indiqué la CENI. Mais les accusés, surtout les partis politiques ne se rappellent pas avoir reçu une telle demande de la CENI.

Elle joue décidément à un jeu trouble et veut entretenir le mirage.

TINO Kossi 

 
Vers une gestion opaque de la nouvelle société des phosphates : Les membres du Conseil d’Administration nommés dans l’entourage du clan

* Tout s’est déroulé à l’insu du ministre des Mines
En 1952, les premières recherches de phosphate au Togo aboutirent à la découverte d’un gisement  sédimentaire étendu relativement important et de  qualité. Cinq ans plus tard, l’extraction et la commercialisation ont été confiées à la Compagnie Togolaise des Mines du Bénin (CTMB), une société dont l’Etat togolais ne détenait que 35% du capital.

Selon l’histoire telle qu’elle est écrite sous Gnassingbé Eyadema et reprise dans «  Togo : Cap sur l’an 2000 » du journaliste habitué des salons feutrés des présidents africains, Blaise-Pascal Tallah, « l’économie mondiale est toujours en croissance forte et la production alimentaire ne cesse de s’imposer comme mode de production rural ». Les besoins en engrais vont croître de façon vertigineuse et le Maroc en position forte sur le marché mondial décide en 1973 de multiplier par trois le prix de son phosphate. Quant à la CTMB, elle refuse unilatéralement de s’aligner sur les prix pratiqués par le Maroc. « Autant dire que pour l’Etat togolais, c’est un manque à gagner considérable que le chef de l’Etat n’entend pas accepter. Coup de colère. Il informe alors Max Robert (administrateur délégué de la CTMB) que « les intérêts nationaux nous font l’obligation de prendre désormais la responsabilité de la gestion et de l’exploitation de nos ressources minières ». En conséquence de quoi, à compter du 1er  janvier 1974, la participation de l’Etat togolais au capital social de la CTMB est portée à 51%par apport du gisement : les 49%restants demeurent entre les mains de partenaires privés », lit-on.

Puis se produisit « l’accident de Sarakawa » le 29 janvier, soit 23 jours après la signature du nouveau contrat. Le 4 février de la même année, la CTMB devenait une société nationale au capital entièrement souscrit par l’Etat togolais et le 4 février 1980, six ans plus tard, elle voyait sa raison sociale changer pour devenir l’Office Togolais des Phosphates (OTP) assurant depuis cette date, la production et la commercialisation.

Bien que la production annuelle en phosphate marchant soit passée de 119 500 tonnes en 1961 à 2 932 800 tonnes en 1980 et à 3 390 000 tonnes en 1989, la nationalisation a ouvert la voie à une gestion opaque et aux dépenses de prestige. Tout était concentré entre les mains du clan et les prodigalités étaient courantes. « Nommé  Directeur général de l’Office Togolais des Phosphates (OTP) en décembre 1995, Kpanlou Patassé a hérité d’une situation délicate caractérisée par le haut niveau d’endettement de l’Office et les problèmes par le processus de privatisation. Mais Kpanlou Patassé était sans doute l’un des mieux placés pour relever le défi de la restructuration de l’OTP », vantait Blaise-Pascal Tallah dans son fameux « Togo : Cap sur l’an 2000 ». Mais malheureusement, c’est sous la gestion de ce natif de Pya que l’OTP connaîtra  une descente aux enfers. A titre d’illustration, l’ex-Premier ministre Agbéyomé Kodjo révélait dans le brûlot qu’il avait rendu public au lendemain de sa démission : « Pour célébrer le début du troisième millénaire, 2 milliards de FCFA ont été dépensés par la Direction de l’OTP  pour acheter les boissons, 250 millions de FCFA soustraits  de la caisse pour acheter au chef de l’Etat un buste à son image et 40 millions pour lui offrir une canne sans compter le bradage du patrimoine de l’OTP à Paris sous le couvert de prête-noms alors que l’entreprise connaît d’intenses difficultés financières et que  notre pays rechigne pendant ce temps à acheter un appareil de dialyse pour le CHU de Tokoin pour la somme modique de 12 millions de F CFA. Dans certains cas, pour couvrir les besoins de Lomé II, cette société n’hésite pas à recourir à des prêts bancaires notamment chez NATERSKI Bank dont le remboursement est transféré  sur la dette publique ».  Pour un ex-employé de l’OTP, « Les ressources ont été mal gérées et l’office a été confronté à des détournements ».

Pour corriger cette situation, la gestion de l’OTP a été confiée à l’International Fertilizers Group, (IFG-Togo) un groupe prioritairement constitué entre le groupe BRIFCO Limited (représenté par M. Moncef Kaouach, président de la Compagnie Financière de la Méditerranée) et le gouvernement togolais. Le capital de IFG-Togo est chiffré à 9 milliards F CFA.  Mais cette société n’a pas pu redresser ce secteur. « L’activité n’est plus rentable  depuis plus de dix ans en raison de l’état  de dégradation avancé des machines et autres matériels, alors que les charges fixes n’ont pas diminué », confirme un responsable de la société. A preuve, la production du phosphate brut est passée de 5,4 millions de tonnes en 1997 à 2,4 millions en 2006.   

C’est pour donc sauver le secteur que le  gouvernement a, au Conseil des ministres du 14 mai dernier, décidé de dissoudre IFG-Togo et de créer la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT). « L’incapacité à remplir leurs obligations montrée par l’Office Togolais des Phosphates (OTP) puis par l’International Fertilizers Group-Togo (IFG-Togo) auquel il a cédé la gérance de son activité, a conduit à une situation sinistrée de notre industrie phosphatière alors que le phosphate togolais est très apprécié sur le plan international », indique le communiqué. Selon des services techniques du ministère des Mines cités par « republicoftogo. Com », l’Etat devra  investir plus de 30 milliards de F CFA pour la réhabilitation des machines et autres matériels.

La nouvelle société a pratiquement pris corps et des discussions seraient en cours avec la banque Islamique de  développement pour aider le Togo à sauver son phosphate. Mais comme « chasser le naturel, il revient au galop », les habitudes de la maison ont refait surface lors de la constitution du Conseil d’Administration selon lesquelles « L’Etat veut repartir sur de nouvelles et saines bases en raison du poids du phosphate dans l’économie nationale » ne sont que du leurre.  De structures pour une véritable gestion opaque viennent d’être mises en  place. Le Conseil d’Administration  de la nouvelle société est dans le giron familial. Presque tous les membres de ce conseil sont proches du clan qui régente le Togo depuis plus de 40 ans. Selon des indiscrétions, c’est l’ancien Premier ministre Koffi Sama qui serait nommé à la tête du Conseil d’Administration, une façon de le remercier pour d’importants services rendus  au clan. Pour les autres membres, on cite Mme Ingrid Awadé Nanan, Directrice des Impôts, M. Kanékatoua,  Directeur de la BTCI et Président du Conseil d’administration de Togotelecom.

D’autres sources font état de ce que le ministre des Mines et de l’Energie, le ministère de tutelle de la nouvelle société, ne serait pas associé à la désignation des membres devant constituer cette structure. Tout se serait donc fait à son insu. Et c’est seulement au cours du dernier réglage que le ministre aurait été précipitamment invité et mis devant le fait accompli. Bizarre n’est-ce pas ? Ce n’est pas le ministre de tutelle qui a convoqué et présidé la réunion. Tout aurait été fait par son collègue des Finances. C’est comme cela  que Faure Gnassingbé, « un leader Nouveau, un esprit nouveau » entend faire du Togo « l’or de l’humanité »

R. Kédjagni

[ 211: du 6 juin 2007]
Cour Constitutionnelle : Faure Gnassingbé a nommé ses trois membres

Après la énième forfaiture de l’Assemblée nationale en élisant les six membres de la Cour Constitutionnelle qui sont tous du RPT et parmi lesquels il n’y a aucune femme, les regards étaient tournés vers le choix du chef de l’Etat. Comme le lui recommande la Constitution, il devrait nommer trois membres. Les femmes dont les neuf candidatures ont été toutes rejetées par la bande à Abass Bonfoh, ont aussi mis la pression en suggérant que les trois membres à nommer par le chef de l’Etat viennent de leur rang. Comme nous ne nous connaissons que trop au Togo, nous avions, dans notre parution (Liberté N°209 du mercredi 30 mai 2007), écrit : « Comme pour amadouer les opposants, il se pourrait que l’on fasse des jonglages ici.  Qu’on ne s’étonne pas que Faure Gnassingbé fasse le jeu en choisissant des personnes proches de l’opposition. Et là, ses fans auront des arguments pour le louer à profusion … », « Au nom de sa politique de réconciliation…. », « Vu l’esprit nouveau qui l’anime… » patati patata, entendra-t-on dire de lui. Mais que feront trois membres proches de l’opposition face à six autres acquis au  parti au pouvoir ? »

Le chef de l’Etat s’est exécuté le vendredi 1er juin dernier en portant son choix sur trois personnalités proches de l’opposition ou membres de la société civile. Il s’agit de Me Beby Olympio, de Mme Evelyne Hohoueto, la patronne de la Commission chargée de la réforme de la justice et M. Adoboli Gassou IV, chef traditionnel du village de Ahlon Bogo dans la préfecture de Danyi. Certes, Faure Gnassingbé a fait preuve de responsabilité et d’ouverture dans ses choix. A coup sûr, ses « perroquets » vont bientôt entonner  la chanson.  Mais il faut reconnaître que ces trois personnalités seront noyées par les six membres acquis au RPT.  Ce sera comme ce qu’on observe aujourd’hui aussi  bien dans le Gouvernement d’Union Nationale qu’au sein de la CENI.

            Maintenant que les neuf membres sont  connus, qui sera le successeur du « tristement célèbre » Atsu Koffi Améga ? Bien que les rumeurs soient persistantes sur une possible présidence de M. Aboudou Assouma, Conseiller de Faure, la piste d’un des nouveaux venus n’est pas exclue.  Selon l’article 101 de la Constitution, « le président de la Cour Constitutionnelle est nommé par le Président de la République parmi les membres de la Cour pour une durée de 7 ans ».

L.H

 
Elections législatives : Le recensement ne commence pas le 08 juin prochain

Programmées sur le 24 juin, les élections législatives ont été reportées au 05 août 2007 à la dernière session du Comité de Suivi. A cette session, le gouvernement ainsi que les différents partenaires ont été invités à mettre des moyens à la disposition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) afin qu’elle puisse respecter la date du 05 août. Contre toute attente, à la réunion avec les partis politiques et à la conférence de presse qui a suivi, la CENI n’a, au lieu du chronogramme de tout le processus électoral, rendu public que celui du recensement électoral.

« La date du 08 juin est annoncée pour le recensement et la date du 05 août pour les élections. Il y en a qui se demandent si, dès qu’on commence le recensement électoral le 08 juin, c’est pour finir le 05 août, et aller voter. Le recensement va durer juste un mois, c’est-à-dire du 08 juin au 08 juillet 2007. Le reste du temps entre le 08 et le 05 août, vous savez qu’il faut un certain nombre de travaux notamment la mise  en forme du fichier et plein d’autres travaux », déclarait le Président de la CENI Tozim Potopèré à la conférence de presse du vendredi  18 mai dernier. A l’annonce du report des élections, et du démarrage du recensement, des voix ont fusé de toute part pour  condamner la volonté de la CENI à organiser les élections dans la précipitation. « C’est une supercherie. Les élections législatives n’auront pas lieu le 05 août 2007 », affirme Victor Alipui du GRAD dans  une interview accordée au site Internet  « Togoforum.com ». Parmi ceux qui sont sceptiques par rapport au démarrage du recensement du 08 juin figure l’UFC de Gilchrist Olympio. Pour les responsables de ce parti, du fait des tâches qui restent à exécuter, il est impossible de commencer le recensement à la date prévue. Reçue dans l’émission « Plateau de la Semaine » du dimanche 27 mai dernier, Me Isabelle Améganvi, Secrétaire Générale adjointe de l’UFC, a fait la démonstration suivante : «Il est reconnu que le matériel informatique qui est nécessaire pour ce recensement a été commandé par des Nations Unies le 15 mai avec un délai de livraison d’un mois. Ce qui nous amène  à dire  à travers un simple calcul que ce matériel n’arriverait dans notre pays que le 15 juin.  A l’arrivée de ce matériel le 15 juin, on aura besoin de quelques jours pour le dispatcher dans les préfectures et dans toutes les Commissions Electorales Locales Indépendantes (CELI). Ça  prendra au moins 5 jours. Ce qui nous amène probablement au 20 juin 2007. Compte tenu de ces paramètres, la question reste de savoir si le recensement pourrait véritablement commencer le 08 juin et si ces opérations peuvent se tenir dans les délais surtout quand on sait que les kits ne peuvent être dispatchés  sur toute l’étendue du territoire national que le 20 juin ».

            Malgré la volonté de la CENI à aller vite en installant les CELI, il est clair aujourd’hui que le recensement ne pourra pas commencer ce vendredi 08 juin 2007. Cette étape décisive dans le processus électoral sera reportée de quelques semaines. Ce qui hypothèque déjà la date du 05 août 2007.

            En effet, la CENI fait face aux problèmes matériels et logistiques qui l’empêchent de mener les opérations comme elle l’entend. Il y a par exemple le matériel informatique commandé le 15 mai dernier par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et qui ne sera réceptionné que le 15 juin voire plus. Ce qui induit de facto un report d’au moins une semaine.  A ce problème s’ajoute celui des matériels à installer dans les CELI. Cette opération ne sera effective qu’après mi-juin. En outre, une source proche de la CENI fait état de ce que les CELI ne sont pas aussi prêtes. Il se pose dans la plupart des préfectures des problèmes de local devant abriter les sièges des CELI. « Nous devons nous assurer de ces locaux et faire certains travaux  de ménage pour qu’ils puissent accueillir les matériels », nous confie cette source.

            Aujourd’hui lundi, les membres de la CENI seront en plénière pour évaluer la situation et voir la position à adopter. On annonce également une rencontre entre l’institution chargée des élections et les partis politiques. Mais ce qui est sûr, c’est que les élections ne pourront pas se tenir le 05 août puisque le délai prévu pour le recensement  va connaître beaucoup de chamboulements.  Il serait alors irresponsable que la CENI s’empresse encore à annoncer une nouvelle date sans une analyse approfondie des tâches à exécuter.

R. Kédjagni

 
Le gouvernement pléthorique et ses conséquences Conflit de compétence entre les ministres Mémounatou Ibrahima  et Agnélé

Le 18 mai 2007, le premier ministre français François Fillon a rendu publique son équipe gouvernementale. La France qui est l’un des pays les plus riches, les plus industrialisés au monde  ne dispose qu’un gouvernement de 20 membres.

Par contre, le Togo une petite bande de terre dix fois moins grand que la France et très pauvre, compte un gouvernement pléthorique de 35 membres. Des portefeuilles ministériels  ont été créés de toutes pièces et sans rôle apparent et d’autres ministères ont été fractionnés.  Le traditionnel ministère de l’intérieur par exemple est divisé en trois : le ministère de la Sécurité, le ministère de l’Administration territoriale et le ministère délégué auprès du ministère de l’Administration territoriale chargé des collectivités locales. Le ministère des Affaires sociales a été de son côté éclaté en ministère des Affaires sociales et de la Promotion  de la Femme et en ministère délégué  au  ministère des Affaires sociales chargée des personnes âgées et de l’enfant. Et les exemples sont légions. Ces portefeuilles élastiques engendrent des chevauchements et des conflits de compétence.

Le cas patent est ce conflit qui oppose  depuis quelques temps la ministre des Affaires sociales et de la Promotion de la Femme Mme Ibrahima Mémounatou à sa collègue chargée des Personnes âgées et de l’Enfant, Mme Agnélé Christine Mensah.

En février 2007, un scandale s’était produit à Tsévié au cours d’un séminaire organisé par le ministère délégué chargé de la protection des personnes âgées et l’enfant pour mettre sur pied une commission qui devrait élaborer un document national sur la lutte contre la traite des femmes et des enfants. Mais à peine commencés, les travaux ont été interrompus par les forces de l’ordre et les séminaristes évacués de la salle. Les forces de sécurité auraient exécuté l’ordre émanant de la ministre Mémounatou, apprendra-t-on. Pour quelle raison, on n’en saura pas plus.

Par ailleurs, on indique que Mme Ibrahima Mémounatou aurait empiété  sur les  attributions de sa collègue en organisant une tournée à l’intérieur du pays où elle a entretenu les populations sur le trafic des enfants, ce qui ne relève pas de son domaine. Le climat est actuellement délétère entre les deux ministres. La même situation a été observée dans le gouvernement Kodjo entre Mme Agnélé Christine et sa collègue des Affaires sociales Dr Kanny Sokpoh-Diallo.

Le même cas de conflit de compétence se serait produit entre Mme Mémounatou et sa collègue des droits de l’Homme, Mme Célestine Aïdam.

Comme on le voit, tous ces empiètements ne sont que la conséquence du gouvernement pléthorique conseillé par le « technocrate » Faure Gnassingbé à la tête d’un pays économiquement à terre.

M.A.

 
Le Code électoral de nouveau modifié : L’UFC s’insurge contre un projet de loi introduit par Me Agboyibo
Dans une déclaration rendue publique le samedi 02 juin dernier, l’Union des Forces de Changement (UFC) s’inscrit en faux contre le projet de loi portant sur la réduction du délai de réclamation des inscriptions sur les listes électorales. Ce parti considère que « les nouvelles modifications que le Gouvernement cherche à introduire dans le code électoral vont plutôt créer des problèmes et des frustrations que de contribuer à accélérer dans la transparence le processus de recensement » (Voir déclaration ci-dessous).

En effet, les violences électorales au Togo commencent souvent lors des opérations de recensement. Quand des citoyens en âge de voter n’avaient pas leur carte d’électeur, ils se sentaient frustrés et le faisaient savoir par des manifestations parfois violentes. Lors de la présidentielle d’avril 2005, c’était Me Agboyibo qui s’était chargé, au sein de la Coalition, de gérer le dossier de toutes les opérations électorales. Il fut témoin des plaintes et des mécontentements des citoyens qui étaient empêchés d’accomplir leur devoir civique. Malgré les 23 jours de réclamation qui étaient prévus après l’inscription sur les listes électorales, les problèmes ne se résolvaient pas pour autant.

Mais curieusement, c’est la même personne, devenue aujourd’hui Premier ministre, qui, au nom du gouvernement, vient de saisir l’Assemblée Nationale pour une réduction des délais concernant les réclamations (Lire l’exposé des motifs et le projet en question). Le gouvernement souhaite que les délais de 22 jours soient réduits à 11 jours. La raison évoquée, le nouveau mode de recensement simplifie les opérations de recensement et permet une délivrance instantanée des cartes d’électeurs. Ce qui signifie que le nouveau code électoral adopté tout récemment, sera encore modifié pour pouvoir traduire dans les faits cette volonté du chef de gouvernement. Que gagne le gouvernement en réduisant les délais de réclamations ? Les 22 jours qui étaient prévus sont plutôt une aubaine pour mieux faire les choses. C’est la première fois que le Togo utilise ce type de recensement et il est normal que les citoyens aient assez de temps pour exercer leurs recours. On court encore un danger en réduisant les délais de réclamations.

Pour l’heure, le projet est en étude à l’Assemblée nationale qui, pour entretenir le mirage, a invité les partis à envoyer des représentants qui vont prendre part aux travaux de la commission des lois constitutionnelles et de la législation de l’administration générale.

R.K.

 
 
 

 
 
 
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