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L’éternelle question de prime
Selon les informations en provenance de la
Fédération Togolaise de Football, les joueurs
auraient envoyé le mercredi dernier vers 15 heures
un fax qui contenait leurs doléances, surtout les
primes à leur allouer. Les joueurs exigeraient une
prime de participation de 101 millions de F CFA
chacun et cette doléance est assortie d’une date
butoir, d’un ultimatum qui serait le 31 mais 2006,
c’est-à-dire aujourd’hui.
La franchise nous oblige de reconnaître que les
joueurs ont placé la barre assez haut. Ce n’était
qu’une proposition qui devrait ouvrir la voie à
des négociations. C’est ici que les compétences
des responsables sportifs sont requises pour ne
pas frustrer les joueurs qui sont devenus de
« gros bébés ». Ils devront agir avec tact,
professionnalisme tout en ayant auparavant pris
soin de se débarrasser de leurs manteaux de
commandant, président, conseiller, secrétaire et
autres. Ils ne devront s’en prendre qu’à eux-mêmes
pour avoir toujours créé des situations pareilles.
La question des primes a toujours été posée au
tout dernier moment. Le public sportif se rappelle
certainement les manœuvres qu’il avait fallu
entreprendre pour que les Eperviers livrent le 08
octobre 2005 leur dernière rencontre qualificative
pour le Mondial contre le Congo Brazzaville à
cause d’une promesse de prime de victoire non
honorée par le Premier ministre, les jonglages de
dernière minute qui ont précédé le départ des
joueurs pour le stage d’avant CAN Egypte 2006
retardé pour question de prime, le bras de fer
engagé avec la FTF pour le départ du groupe pour
cette CAN à 48 heures du début des hostilités. La
question que les Togolais se posent est la
suivante : est-ce les joueurs qui ne font pas
parvenir assez tôt leurs doléances ou la Fédé qui
ne prend pas ses responsabilités pour régler
préalablement cette question avant la phase des
préparations ? Le mal est que cette question
attente toujours à l’équilibre psychologique des
joueurs et empoisonne l’ambiance du groupe. Nous
autres, nous restons convaincus que c’est la
Fédération qui n’assume pas ses responsabilités.
Elle n’est pas sans savoir qu’il faut toujours des
primes pour les joueurs pour chaque match ou
compétition. C’est à elle d’anticiper en réglant
en amont cette question au lieu d’attendre que des
joueurs fassent le premier pas. Nous avons
l’impression que c’est à dessein que la Fédération
crée cette situation pour entamer l’équilibre
psychologique du groupe afin de les empêcher de
jouer tout détendus. Comme ça, comme le dirait un
supporter, eux les dirigeants, ils économisent un
peu de sous débloqués pour se les partager après
coup.
Ambiance morose
Depuis que certains joueurs qui s’estiment plus
stars ont commencé à parler avec peu d’égard des
autres, la convivialité n’est plus au rendez-vous
au sein du groupe. Hier, c’était Adébayor Sheyi
qui s’en était pris vertement à son coéquipier
Robert Malm. Au lieu de sermonner ouvertement
Adébayor Sheyi et lui signifier directement qu’il
n’avait pas le droit de vilipender son coéquipier,
les membres de la FTF se contentent simplement de
dire vaguement qu’ils sont « en train de régler
ce problème ». Et lundi dernier dans son émission
intitulée « une heure pour convaincre », Sport
FM demandait à l’invité du jour, le sieur Kossivi
Reinhardt, Conseiller spécial de Rock Gnassingbé,
de savoir si les rapports entre Sheyi et le reste
du groupe se sont améliorés. Ce dernier a feint
d’esquiver la question et parlé des parties de
tennis que faisait Adébayor pour conclure que si
l’atmosphère n’était pas détendue, ce dernier ne
pouvait pas s’adonner à ces détentes. Drôle de
raisonnement.
Aujourd’hui, c’est Nibombé Daré qui lui emboîte le
pas. « Il y a des joueurs qui sont arrivés ici,
excusez-moi, ils n’ont pas le niveau. On laisse
Gafar, Mathias, Atté Odéyi-Zanzan pour nous
ramener les joueurs comme ça. Je préférerais qu’on
appelle Kola, Ouro Tagba Abass… pour venir
jouer », disait-il sur Sport FM lundi dernier.
De tels propos ne peuvent pas favoriser de bons
rapports entre les joueurs. Ceux qui sont indexés
ce sont les nouveaux venus les Richmond Forson,
Erassa Affo, Touré Assimiou, Agbo Kwami, Guédé
Karim, Robert Malm, Dossevi Thomas et autres.
C’est de bonne guerre que ce soit « le statu
quo » et qu’il n’y ait « pas la sérénité »
dans leurs rapports comme lui-même le précise. Et
tout ceci, c’est l’irresponsabilité de la
Fédération qui l’engendre.
Le niveau des rencontres de préparation
Les responsables de la Fédération interrogés sur
cette question ont tous donné l’impression de s’en
tenir au choix du coach. Selon les propos de Rock
Gnassingbé sur la TVT le lundi dernier et ceux de
Kossivi Reinhardt ce même jour sur Sport FM, le
choix des équipes de seconde zone, des sélections
de quartiers, des clubs de 5ème
division répondait au choix tactique du
coach Otto Pfister de peaufiner le démarcage. Ce
sont des alibis, des arguments qui ne tiennent pas
la route. Ils ont voulu tromper la vigilance des
Togolais en se remettant au pseudo choix tactique
du coach. La raison principale est que le Togo n’a
pas négocié assez tôt ses rencontres amicales
parce que la FTF se perdait dans des turpitudes au
sujet du limogeage ou non de Keshi. Et pendant ces
moments, les fédérations responsables étaient en
pleine négociation. Le hic est que ces genres de
rencontres avec des clubs de division impossible
ne permettent pas de jauger de la valeur réelle
des Eperviers qui auront à jouer des équipes plus
huppées et mieux organisées au Mondial. Nibombé
Daré, lui, a su bien le dire sans détours.
« Quand tu joues des matches contre des équipes
de, je ne sais de quelle division, il n’y a pas de
motivation. J’aimerais qu’on nous soumette à des
matches plus compétitifs. Quand on joue un match
avec des équipes comme ça, ça ne nous arrange pas.
A voir les matches qui nous attendent,
la Suisse, la France et la Corée, ce sont des
matches qui vont aller à mille à l’heure. Donc,
il faudrait qu’on joue un ou deux matches de ce
calibre quoi. Mais dommage que dans notre
programme, il n’y a pas ça »,
avait-il confié.
En outre, les Eperviers ont oublié leurs
maillots à leur lieu de regroupement quand ils
étaient partis jouer dimanche dernier un match de
préparation contre un club de Laupheim. Il a fallu
refaire l’aller-retour des 80 km pour chercher les
maillots. Ce sont là des signes qui ne trompent pas.
Les conditions pareilles ne sauraient
présager de meilleures performances pour les
Eperviers. Le mal est qu’ils ne sont que les petits
poucets dans la cour des grands. Que la Fédération
ne fasse pas regretter aux Togolais la qualification
au Mondial quand on sait qu’il y a des « diables
du foot » qui rodent dans les coins et sur les
terrains allemands, prêts à marquer autant de buts,
autant que les étoiles du ciel…
TINO Kossi |