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Liberté Hebdo

25 mai 2007

[ 207: du 23 mai 2007]  
Législatives à venir / Chronogramme La CENI entretient le flou

L’une des opérations entrant dans le cadre des prochaines élections législatives et qu’attendent impatiemment les Togolais est sans nul doute le recensement électoral. C’est pourquoi le silence de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) mandatée par l’Accord Politique Global du 20 août 2006 pour l’organisation et la supervision des prochaines élections législatives inquiétait pas mal de monde. Un chronogramme y relatif a été finalement élaboré, puis adopté par la CENI lors de sa séance plénière du 12 mai. Après avoir été présenté le 14 mai dernier au Comité de Suivi lors de sa Sixième session à Ouaga, une conférence de presse a été organisée le  vendredi dernier à l’Hôtel 2 Février afin de le rendre public. Quelques heures auparavant, ce sont les partis politiques que la CENI a rencontrés.

Il faut tout d’abord signaler que la déception était grande du côté de ces derniers, car, de par les déclarations des uns et des autres, c’est le chronogramme complet de toutes les tâches à entreprendre par la CENI qui leur a été promis. Ce n’était malheureusement pas le cas à cette rencontre.  Ils ne l’ont pas eu. Les partis politiques ont été donc dupés.

Pour en venir au chronogramme du recensement soumis, on constate que du retard est déjà accusé dans l’exécution de certaines tâches. L’installation et la formation des CELI par exemple prévues démarrer le 15 mai, mardi dernier donc n’ont pas été effectives.

Le recensement proprement dit ne devra durer qu’un mois comme le précise en personne M.Tozim Potopérè, le président de la CENI : « Le recensement va durer juste un mois, c’est-à-dire du 08 juin au 08 juillet 2007 ». Mais il donnera sans s’en rendre compte le coup d’envoi de la critique en déclarant vaguement : « Le reste du temps entre le 08 juillet et le 05 août, vous savez qu’il faut faire un certain nombre de travaux, notamment la mise en forme du fichier  et plein d’autres travaux ». Justement, quels en sont donc ces travaux ? C’est la question que se posent les partis politiques. Pourquoi donc veut-on entretenir le mystère autour du reste des tâches ?

Ce  silence  manifeste sur le reste des tâches ne cache-t-il pas certaines  difficultés ?     Les détracteurs de Tozim Potopérè ont bien raison d’avoir des suspicions car le président de la CENI ne sera pas à sa première tentative de dissimiler les problèmes de son institution. On publiait entre-temps les nombreuses et graves anomalies révélées par les tests techniques effectués sur les kits pour vérifier leur conformité avec le logiciel, anomalies que viendra balayer du revers de la main M.Tozim Potopérè à travers un communiqué, appelant même les journalistes à vérifier la véracité de leurs informations comme si les anomalies révélées sont une invention de la presse. En réalité, cette réaction se justifie par la déception de voir ces anomalies, que l’on voulait garder secrètes, se retrouver dans la presse.

Ce black-out sur le reste du chronogramme ne fait que fournir d’avantage d’arguments à ceux qui ne se retrouvent pas dans le report du scrutin du 24 juin précédemment fixé au 05 août. D’après leur raisonnement, qui est aussi l’avis des observateurs avisés, c’est compte tenu des tâches à entreprendre et du temps qui leur est imparti que l’on fixe la date d’un scrutin. Or dans notre cas, voilà une date qui est arrêtée alors même que toutes les tâches ne sont pas encore cernées.

Une autre question intrigue les Togolais ; c’est celle relative aux revendications des techniciens formés sur le site de la Foire Togo 2000. Répondant à la presse à l’issue de la rencontre susdite, le président de la CENI déclarait y relatif : « …il y a eu un peu d’agitation…En réalité, ces agents auraient dû avoir un contrat en bonne et due forme, mais seulement nous nous disons qu’à l’étape actuelle, ce n’est qu’une transition. Que ce soient les techniciens, ils se sont formés et seront déployés sur le terrain et la CENI entend leur faire un contrat en bonne et due forme dès que le travail aura commencé ». Beaucoup ont l’impression que M. Tozim Potopérè a biaisé le sujet qui n’est pourtant pas à négliger. En effet, ces techniciens formés pour la maintenance des kits et d’autres aspects techniques ont dû observer un débrayage le jeudi 03 mai pour exiger des autorités le paiement de leurs rémunérations et avoir des éclaircissements sur leur contrat. Ils ont été ballottés entre la société ZETES qu’ils croyaient leur employeur et la CENI qui se livrent, toutes deux, à une interprétation du contrat. Dans l’entendement des techniciens, c’était à cette société qu’il revenait de les payer. Mais cette dernière les renvoie à la CENI, estimant que les termes du contrat ne la chargent pas de cette tâche. N’ayant pas obtenu satisfaction, ils ont dû observer de nouveau un débrayage jeudi dernier, comme on le signalait dans notre parution n°204 du vendredi dernier. « Nous avons bien voulu arrêter le travail jusqu’à ce que satisfaction totale soit donnée à notre mouvement mais, il y a certains collègues qui, d’emblée, ont pris pour une parole d’évangile les propos du président. Je crains le pire car, ils seront surpris si jamais ils nous flouaient », avait laissé entendre un des grévistes, sur un ton de menaces.

Tout ce rappel pour dire que ce problème ne doit pas être traité avec légèreté. Car on risque de les pousser à abandonner le boulot et là, les efforts faits depuis un moment tomberont à l’eau. Dans ce cas de figure, on sera obligé de recruter d’autres techniciens à former pour reprendre le travail. Ce ne serait que du temps perdu.

Au demeurant, l’absence de chronogramme pour toutes les opérations n’arrange pas les choses.

TINO Kossi

 
Le 05 août, une date qui ne convainc pas

Décidément, si l’imminence des élections législatives est acquise par toutes les parties, la date de son organisation continue de susciter de la polémique. Il nous souvient que c’est en début septembre 2006, dans l’euphorie de sa rencontre avec Jacques Chirac, le récent ex-président de la République française que Faure Gnassingbé proposa juin 2007 pour abriter le scrutin. Malgré les critiques des observateurs avisés qui ont dénoncé la manière cavalière et inconséquente dont la décision a été prise, la CENI l’imitera dans cette voie. Son bureau provisoire viendra retenir le 24 juin, bien que ce ne soit pas de ses prérogatives.

Malheureusement, à l’approche de cette date, elle paraît de plus en plus non tenable, et pour cause. Beaucoup de retards sont accusés sur les tâches préélectorales à entreprendre et il y en a encore assez. Les leaders de partis politiques prirent la relève de la presse pour appeler au report du scrutin car à une rencontre avec eux organisée par la CENI  le 12 avril, le constat de l’impuissance a été fait. Leur appel ne sera pas entendu dans l’immédiat. C’est à la sixième session du Comité de Suivi à Ouaga le 14 mai dernier que sera  prise la décision d’abandonner cette date du 24 juin. Sur proposition de la CENI qui proposa le 05 août, cette date sera entérinée par le Comité de Suivi.

Si tous les leaders politiques ont unanimement salué l’abandon de la date du 24 juin, car estiment-ils, c’est la voie de la raison retrouvée, celle du 05 août retenue  ne suscite pas pour autant  la même euphorie. Cette date fait grincer des dents.

A l’Union des Forces de Changement (UFC), on n’a pas mis du temps pour réagir. « Je suis un peu perplexe devant cette date [du 05 août]…Ce que nous cherchons aujourd’hui, ce n’est pas d’organiser coûte que coûte des élections mais d’organiser de bonnes élections », confia Jean-Pierre Fabre, Secrétaire Général du parti. Le MODENA (Mouvement pour le Développement National), le dernier né de la famille politique viendra aussi rejeter cette date, la trouvant toujours trop rapprochée. Ce parti l’a signifié à travers un communiqué rendu public. A eux, viendra s’ajouter le GRAD (Groupe de Réflexion et d’Action pour la Démocratie et le Développement). Cette formation de la Société Civile viendra aussi dénoncer l’empressement du pouvoir à organiser en toute hâte  les élections.

Tous veulent qu’on prenne le temps nécessaire pour organiser de « bonnes élections ». Et les arguments  pour démonter cette  date du 05 août ne manquent pas. Ils évoquent par exemple la non disponibilité des fonds pour toutes les opérations.  A supposer que la CENI ne soit pas effectivement rentrée en possession de la totalité des fonds pour toutes les opérations, devra-t-on assister à un autre report ? Certains partis déplorent que ce soit seulement le chronogramme du recensement électoral qui soit signifié aux partis alors qu’un black-out total est observé sur le reste des opérations à entreprendre.  Pour eux, la date ne devra être fixée que compte tenu du chronogramme complet de toutes les tâches. Mais à la CENI et au RPT, on néglige ces critiques.

Tout compte fait, on attend de voir celui qui aura raison en fin de compte.

L.H.

 
Promotions sur fond de népotisme : Le Col. Titikpina fait des mécontents au sein de la Police Nationale

Le Ministre de la Sécurité, le Col. Titikpina a tout récemment procédé à des nominations et affectations au sein de la Police nationale.  Ces promotions, à  en croire certaines indiscrétions, ont été faites sur fond de népotisme et de favoritisme. Certains corps habillés ont été promus non pas par mérite ou compétence mais  par pur « mèdèfrèrisme ».

             A titre d’exemple, on cite les cas des Commissaires Dedji Awo et Assih Abalo nommés respectivement Directeur des Affaires Communes et Directeur Central de la Police judiciaire pendant  que les Commissaires principaux Kouleossi Antoine et Lakmon Aregba qui font plus de dix ans d’intérim à l’Inspection générale des Services de Police sont toujours maintenus à leur poste d’intérim. Les exemples sont légion. Cette règle qui veut qu’on mette l’homme qu’il faut à la place qu’il faut est balayée du revers de la main par ceux qui ont le pouvoir décisionnel dans notre pays. Les plus méritants sont laissés à la touche pendant que les moins bons se font tisser des lauriers.  Voilà le mal qui gangrène  toutes les  administrations  au Togo. Dans tous les cas, les promotions taillées sur mesure ont créé des  frustrations au sein de la Police nationale.

            Visiblement, certaines personnes abhorrent le vent de changement qui   commence à souffler dans le pays et sont promptes à ressusciter les pratiques moyenâgeuses qui mettent à mal la réconciliation nationale.

            Déjà on annonce que le jeune président, dans sa politique de réforme, s’apprête à   faire tomber des têtes. Vivement que ce vent puisse emporter tous ceux qui agissent à l’encontre de l’unité nationale.         

 L.H

 
Congrès statuaire  : La FTF harmonise ses textes sur les statuts standard de la FIFA

.Tata Avlessi et Gabriel Améyi transportent leurs querelles de clocher au congrès
La Fédération Togolaise de Football (FTF) en vue d’harmoniser ses statuts  aux normes des statuts standard de la FIFA, a organisé hier mardi 22 mai à l’Hôtel Accor Sarakawa, son congrès extraordinaire statutaire. La cérémonie d’ouverture du Congrès a été présidée par M. Gilbert Atsu, secrétaire d’Etat à la Jeunesse.

Les débats ont été houleux. Presque tous les articles relatifs aux fonctions et attributions des membres du Bureau Exécutif de la FTF ont été sujets à de vives discussions. D’aucuns sont allés même jusqu’à remettre en cause le bureau actuel et exiger que soit organisé dans les trois mois à venir un nouveau congrès électif car, quatre ans de mandat de l’actuel bureau est trop. Tout a failli capoter en dernière minute sur cette question.

Finalement, les 51 délégués ayant droit de vote se sont prononcés sur deux propositions : La première proposition voudrait qu’on garde le Bureau actuel en l’état avec les attributions des uns et des autres. La seconde voudrait qu’on nomme un  nouveau Secrétaire Général et que les anciens (le Secrétaire Général et son adjoint élus au Congrès électif du 9 janvier 2007) continuent à être membres du BE mais n’occuperont plus leur fonction initialement prévue. Il faut souligner que cette seconde proposition émane de M. Boukpéssi Essoyaba, vice-président de la FTF.

Les membres du Présidium ont, par des gymnastiques et tacts, réussi à surmonter les clivages qui ont permis l’adoption par acclamation des nouveaux statuts standard de la FIFA, mais toujours avec des réserves portées sur l’aspect ci-dessus énuméré à joindre au dossier à envoyer à la FIFA.

Il faut souligner que  Tata Avlessi n’a pas caché sa peur à  la veille de ce Congrès. « Nous venons de gagner une grande journée qui,  à la veille  sentait sabatique. Je suis aujourd’hui un président comblé », a-t-il  souligné avant de rassurer l’assistance du  devoir qui l’attend dans les prochains jours : « je l’avais dit tantôt, dès demain, je fais le rapport à la FIFA ».

Tout au long du débat, le président de la FTF, Tata Avlessi de Mass et son vice-président Gabriel Améyi ont transporté leurs éternelles querelles de clocher au congrès. Deux tendances se  sont dégagées inflexibles, ce qui a donné du fil à retordre à M. Bernard Walla, ministre des Petites et Moyennes Entreprises qui a présidé les travaux.

D. L

 

 
 
 
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