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Liberté Hebdo |
26 avril 2007 |
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[
N°195:
du 25 avril 2007]
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Brouille et psychose de coup d’Etat au sommet :
Blaise Compaoré tente en vain de réconcilier les
deux frères |
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Depuis un certain temps, des rumeurs faisant état
d’un bras de fer engagé entre Faure Gnassingbé et
son demi-frère, ministre de
la Défense,
Kpatcha, circulaient sur toute l’étendue du
territoire. Ces appréhensions seront renforcées par
l’histoire de mutation avortée de certains officiers
soupçonnés proches du Président Faure Gnassingbé. |
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Et comme les rumeurs deviennent après coup des
clameurs, le journal français « La
Lettre du Continent »
révèle, dans sa livraison (N° 519 du 19 avril 2007),
qu’un bras de fer décisif est engagé entre les deux
frères. « Entre le président Faure Gnassingbé,
qui fêtera le 25 avril ses deux ans de pouvoir, et
son demi-frère « Kpatcha », le tout-puissant
ministre de la défense, surnommé le
« co-président », une lutte d’influence décisive est
engagée. Les deux frères qui se parlent à peine
vivent chacun dans leur propre bunker, encadrés de
nombreux gardes du corps ». D’après le journal,
la guerre déclenchée par
la Direction
des Impôts contre les mauvais payeurs et la mise à
l’écart des caciques du pouvoir seraient à l’origine
de la brouille entre les deux personnes. « Le
ministre a la confiance de la plupart d’entre eux,
nostalgiques des méthodes autoritaires de « Papa
Eyadèma » », rapporte-t-il.
Selon certaines indiscrétions, les relations entre
le chef de l’Etat et son ministre de
la Défense
étaient tellement froides que l’éternel médiateur du
Faso a dû intervenir. C’était dans ce cadre que
Faure Gnassingbé était au Burkina Faso le 23 mars
dernier. Les informations rapportées à l’époque par
le site gouvernemental republicoftogo: « A sa
descente d’avion, M. Gnassingbé a expliqué être venu
échanger avec le président Compaoré sur les moyens
et l’exécution de l’Accord Politique Global (APG)
signé en août 2006 à Ouagadougou, expliquant
notamment que des discussions sont en cours avec
l’Union des Forces de Changement (UFC), le principal
parti d’opposition, pour son entrée prochaine au
gouvernement » n’étaient en fait qu’un gros
canular.
Quelques jours après, c’était au tour du ministre de
la Défense et des Anciens Combattants d’être reçu
dans la capitale burkinabé par le président Compaoré.
Les discussions auraient porté sur la mésentente qui
existe actuellement entre les deux fils du Général
Gnassingbé Eyadèma. C’est dans le même cadre que le
Général Assani Tidjani s’est rendu tout récemment à
Ouagadougou. Il n’est rentré que le mercredi 11
avril dernier.
Nonobstant ces tractations diplomatiques tous
azimuts, les deux « frères ennemis » ont de
la peine à s’accepter. La fissure est tellement
grande que le Président Compaoré n’arrive pas à leur
faire entendre raison.
Par ailleurs, certaines sources rapportent que l’un
des deux protagonistes aurait commandé deux blindés
qui vont être réceptionnés bientôt. A la question de
savoir ce qu’il va en faire, on nous darde que c’est
pour assurer sa sécurité lors de la campagne
électorale.
R.K. |
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Législatives de 2007 : Le processus électoral
s’est grippé |
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Comme toutes les grandes décisions qui concernent
le « Noir continent » sont prises sur le parvis de
l’Elysée, M. Faure Gnassingbé ne s’est pas dérobé à
cette tradition lors de son séjour en France après
que l’Accord Politique Global (APG) l’eut légitimé.
Bien que tous les acteurs politiques soient dans
l’expectative de la nomination du Premier ministre
et du démarrage effectif des tâches contenues dans
ledit accord, le chef de l’Etat a émis le vœu de
voir les législatives se dérouler au mois de juin. |
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Et comme ce souhait venait de lui, c’est à prendre
pour une vérité d’évangile. Ainsi, après la
formation du fameux Gouvernement d’union
nationale, les membres devant constituer
la Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI) ont été désignés.
C’était un bureau provisoire, sans règlement
intérieur et sans chronogramme précis qui fut
sommé par les ministres de l’Administration
Territoriale et de la Coopération de proposer une
date afin que le pays puisse bénéficier de la
notification des reliquats du 9ème FED.
C’est alors que la date du 24 juin a été arrêtée
pour la tenue des législatives.
Mais, les discussions ont beaucoup traîné
lorsqu’il s’est agi de la constitution du bureau
définitif de
la CENI. Etaient
dans la course pour le poste de président les
candidats du RPT, de l’UFC, du CAR et du PDR.
Après quelques séances, le candidat du RPT, le
magistrat Abalo Pétchélébia s’est retiré de la
course tout en soutenant secrètement Henri Kolani
du PDR qui est devenu avec la CPP
les béquilles du RPT dans l’opposition. Il a fallu
plusieurs tractations avant que le choix ne soit
porté sur le représentant du Gouvernement Tozim
Potopérè qui est sans voix délibérative. Seule l’UFC
s’est opposée à ce choix en émettant des réserves
qui sont contenues dans le procès verbal. Ce
premier round a été pénible pour tous les membres.
La seconde difficulté a commencé lorsque le débat
sur la carte d’électeur « infalsifiable et
sécurisée » a été ouvert. Le RPT et ses
satellites (CPP, PDR, REFAMP-Togo) qui avaient
pourtant paraphé le fameux « Accord politique
de base » qui a institué une carte d’électeur
avec photo numérisée, se sont ravisés en arguant
que la disposition contenue dans l’APG ne prévoit
pas de photo. Dans la foulée, ils ont confectionné
un budget mirobolant qu’ils ont fait publier dans
certains canards de la place. Pour eux, il fallait
52 milliards FCFA et une éternité avant d’établir
des cartes d’électeur avec photo numérisée à
l’image de
la République Démocratique
du Congo (RDC). Ce blocage a duré plus de deux
mois et ce n’était qu’à la troisième session du
Comité de Suivi que la question a été tranchée.
Ensuite, lorsque les membres de la CENI
avec le concours des partenaires planchaient sur
la procédure à adopter aux fins d’avoir les kits,
le gouvernement a, au cours du conseil des
ministres du 9 février 2007, pris de court
la CENI
en optant pour l’emprunt des kits à
la RDC. Pourtant,
les partenaires ont souhaité l’achat de ces kits
qui pourraient être utilisés pour les prochaines
opérations électorales au Togo. Le but de toutes
ces manœuvres était de tenir les élections dans le
délai. Au lieu de faire des appels d’offre pour
l’achat des kits, on voulait aller vite en allant
ramasser les kits anciens de la RDC
et en concluant des contrats de gré à gré pour
l’attribution des marchés de transport des kits,
de développement des logiciels et de
réinitialisation de ces kits.
En dépit du boucan qui est fait, il est clair
aujourd’hui que la CENI ne peut pas organiser les
élections le 24 juin. Il y a des tâches qui
devraient être exécutées depuis et qui n’ont même
pas commencé. Nous l’avons déjà dit : la société
belge ZETES qui doit réinitialiser les kits
demandent un temps assez conséquent avant de faire
ce travail. Elle demanderait un report de deux
mois. Finalement, qu’est-ce qu’on a gagné en
allant ramasser des kits en RDC. Rien. Le report
qu’on voudrait à tout prix éviter est plus
qu’aujourd’hui inévitable. Si depuis le 09 février
on a fait des appels d’offre pour l’acquisition
des kits nouveaux, on aurait certes accusé un
léger retard mais ces kits deviendraient une
propriété togolaise. Bien que l’emprunt ait été
fait, la CENI
est aujourd’hui dans l’obligation de reporter les
élections. C’est la preuve que ceux qui régentent
le Togo, n’ont aucune ambition pour le pays et ne
pensent qu’aux dessous de table.
Depuis le report de la publication du chronogramme
des élections, il n’y a plus de plénière à
la CENI. Seules
les commissions continuent de travailler.
Actuellement, de la CENI à
la Présidence
en passant par le Gouvernement, personne n’a envie
d’annoncer officiellement le report des élections
ou d’avancer une nouvelle date. C’est l’aphasie à
tous les niveaux. Sûrement que tout se normalisera
après les nombreuses fêtes qui ont commencé depuis
samedi dernier.
Z.A. |
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Dossier secret : Une enquête est ouverte sur les
comptes et les biens immobiliers de Charles Debbasch |
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Dans sa livraison N°516 du 19 avril 2007, « La
Lettre
du Continent »
a accordé une place de choix au Togo. Dans sa
rubrique « who’s who », elle révèle que depuis
Genève en février 2007, un rapport documenté sur les
comptes bancaires et les biens immobiliers de
Charles Debbasch, Conseiller du Président togolais
Faure Gnassingbé Eyadèma, a été commandité. |
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Selon ce rapport qui sera publié dans les tout
prochains jours, le « mercenaire juridique en col
blanc » disposerait des comptes en banque en
Suisse ainsi que de plusieurs biens immobilisés.
Pour nombre d’observateurs, la plupart de ses biens
sont acquis par le biais de ses accointances avec le
clan Gnassingbé même s’il est impliqué dans le
détournement d’œuvres de Victor Vasarely.
Cet ancien Conseiller du Président Valéry Giscard
d’Estaing s’est réfugié au Togo depuis quelques
années aux fins de se soustraire des déboires
judiciaires dans sa France natale. Il était
l’artisan incontesté de la « dictature
héréditaire » qu’un quarteron d’officiers a
voulu imposer aux Togolais à quelques minutes après
l’annonce du décès du Général-Président. Et pour le
remercier, le premier acte posé par Faure Gnassingbé
en tant que Président de
la République
était de le nommer son Conseiller Spécial. « Omniprésent
depuis le 05 février, l’ancien doyen de la faculté
de droit d’Aix-en-Provence est aujourd’hui plus
incontournable encore qu’il était sous Eyadèma. Il a
accompagné Faure en Libye, au Maroc, au Burkina Faso
et ailleurs. Il a été de toutes les décisions et de
toutes les négociations, pilotant le jeune héritier,
largement novice en politique intérieure et
extérieure, à travers le maquis des hommes et des
procédures », avait écrit en mai 2005 « Jeune
Afrique Intelligent ».
Selon des indiscrétions, il fait partie des soutiens
du Groupe Progosa de Jacques Dupuydauby qui a une
main mise sur le Port Autonome de Lomé, le poumon de
l’économie togolaise. Lui et le clan ont même pris
fait et cause pour Dupuydauby qui nargue proprement
son ancien employeur, le Groupe Bolloré.
L.H. |
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Droits de l’homme : Un paysan arbitrairement détenu
à
la Prison
de Bassar |
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Au Togo, il y a une catégorie de personnes
nostalgiques de l’ancien système et qui évoluent à
contre courant de la réforme de la justice
enclenchée par les autorités. Les détentions
arbitraires continuent leur bonhomme de chemin à
l’intérieur du pays. Le sieur Djabal Ouro est
actuellement détenu à
la Prison de Bassar sans qu’aucune charge ne soit
retenue contre lui. |
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En réalité, M. Djabal Ouro est un paysan de 60 ans qui
vit à Bangéli. Entre-temps, il est parti dans son champ
sis à Tankpayabrou, un village qui est au centre d’un
litige entre les populations de Kabou et celles de
Bangéli. Après y avoir fait des butes pour la plantation
de l’igname, certains habitants de Kabou sont allés les
détruire. Celui-ci informa le chef de son village qui le
conduisit chez le Préfet Lamboni Casimir. Après les
échanges, le Préfet leur aurait demandé de chercher
l’auteur de cet acte ignoble et de refaire les butes aux
fins de planter l’igname.
Ayant constaté qu’il était dans son champ le 10 avril
dernier, certaines personnes de Kabou sont allées le
signaler à
la Gendarmerie
de Kabou qui n’hésita pas à lui envoyer une convocation.
Dès qu’il s’est présenté à
la Gendarmerie,
il a été cueilli et mis en cellule. Le 12 avril, il a
été déféré à
la Prison
de Bassar sans que des charges soient retenues. Il est
derrière les barreaux depuis ce jour. Ce qui est
chagrinant, c’est le silence dans lequel s’est muré le
préfet. Il se ravise en affirmant qu’il n’aurait jamais
demandé au pauvre d’aller refaire ses butes. Selon
certaines indiscrétions,le jeune Djabal était vendredi
dernier devant le Procureur de
la République
de Bassar qui lui aurait conseillé d’engager un avocat.
L.H. |
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