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Plus qu’un simple assemblage fortuit de termes,
cette assertion peint à merveille une bien
malheureuse réalité, un vice de comportement de la
part de celui-là qui se prétend président de
la République Togolaise.
L’absence de Faure Gnassingbé aux assises du
dialogue n’est que la manifestation de son
désintérêt aux sorties de crise et de son
indifférence à la souffrance des 5 millions d’âmes
que compte le Togo.
Aucune raison ne saurait justifier cette non
participation du « Chef de l’Etat » à un
aussi important événement qu’est le dialogue
intertogolais censé sortir le pays de la merde dans
laquelle l’a plongé son père. Sans faire économie de
termes, Faure Gnassingbé est un « hypocrite
politique ». Dans ses propres discours, il se
fait passer pour le plus soucieux du sort des
millions de Togolais qui ont été maintenus dans une
non vie depuis quatre décennies. Il a toujours eu la
paternité de nobles idéaux dans les discours de ses
associés. Le bon sens aurait voulu que ce soit lui
qui manage ces pourparlers. Sa seule présence serait
une marque du « leader nouveau, un esprit
nouveau » qu’on nous ressasse de lui à rompre
nos tympans.
Par cette absence aux travaux, Faure a manqué de
respect à
la Terre
de nos Aïeux. Car, pour peu qu’il y ait une petite
rencontre internationale, il n’hésite pas à y
participer, même si la rencontre a lieu sur Pluton,
aux frais du pauvre contribuable togolais. La
plupart du temps, il répond présent bien que sa
présence ne soit pas indispensable. Que valait la
présence d’un Faure Gnassingbé au sommet « France
à Fric » en décembre dernier à Bamako ? De
quelle utilité serait-il à la conférence mondiale
des Nations Unis à New York aux côtés d’éminences
comme Kofi Annan, Georges Bush… ? Depuis le début
d’année, il a effectué pas moins d’une demi douzaine
de voyages. En février, il était en Chine pendant
près de 9 jours. Il n’avait rien manqué aux
cérémonies d’investiture de Blaise Compaoré, puis de
Yayi Boni le 6 avril dernier. Quelques jours plus
tard, il sauta dans un avion, direction Rome où il
était allé rencontrer le Pape Benoît XVI, accompagné
même de sa maman. A peine les Togolais sont-ils
informés de son retour que bizarrement, ils le
retrouvent au Gabon le 20 avril dernier où il ne
s’est pas empêché d’assister aux obsèques du
président du sénat gabonais, Georges Rawiri, décédé
le 9 avril en France, voyage pour lequel il a quitté
« Lomé
la Poubelle »
très tôt dans la matinée, à 5 h 30 mn. En somme,
aucune rencontre internationale, sous-régionale,
continentale n’a échappé à Faure Gnassingbé. Nous
titrions à ce propos un de nos précédents articles
« Faure fait de la présidence buissonnière »
pour souligner son allergie à rester sur place, sa
complaisance à s’inviter dans les rencontres où on
pouvait se passer de lui.
C’est inconcevable qu’il prenne autant de plaisir à
voyager à tout bout de champ pour des futilités et
de ne point s’intéresser à ces assises aux enjeux
aussi primordiaux que sont les pourparlers
intertogolais. Pour l’ouverture du vendredi 21
avril, Faure a préféré recevoir en audience le
ministre Burkinabé de
la Sécurité, Djibril Bassolé, qui disait au sortir
de l’audience être venu rendre à Faure « une
visite de courtoisie ». En seconde audience, il
avait reçu M. Fidèle Sarassoro, le représentant
résident du PNUD en fin de mission au Togo. Au lieu
de venir marquer de son sceau les travaux, Faure a
fait de ces deux audiences des priorités. Et c’est
là un manque de respect aux Togolais. Envoyer le
premier ministre ne signifie pas grand-chose. S’il y
a quelqu’un dont la présence au pouvoir accentue la
crise socio politique togolaise, c’est bien lui
Faure Gnassingbé. La situation actuelle n’est que la
conséquence de la mal gouvernance de son défunt
père, situation qui s’est corsée par son arrivée au
pouvoir contre le gré des Togolais qui l’ont exprimé
à travers le scrutin du 24 avril 2005.
Malheureusement, comme c’était dit que lui Faure
Gnassingbé devra succéder à son papa, quel qu’en
serait le prix, près de 1000 Togolais ont été tués,
5000 blessés par balles et environs 40 000 autres
contraints à l’exil, histoire de lui baliser la
voie à une montée paisible au pouvoir. C’est à cause
de sa présence au pouvoir que d’autres thèmes de
discussions se sont imposés. Il s’agit de la
question de l’impunité, de la réforme de l’armée, le
retour des réfugiés et leur indemnisation, des
points dont la nécessité d’en débattre s’est
accentuée depuis la frauduleuse passée.
Au demeurant, Faure démontre par sa non
participation aux assises qu’il n’en a cure d’une
sortie de crise au Togo. C’est proprement de
l’irrespect pour ses concitoyens qui souffrent
depuis presque 40 ans de l’obscurantisme du clan
Gnassingbé.
T. K. |