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26 avril 2006

 
[ No 78: 26 avril 2006]
Absence aux travaux du dialogue:  Faure Gnassingbé se moque proprement des Togolais
 

Plus qu’un simple assemblage fortuit de termes, cette assertion peint à merveille une bien malheureuse réalité, un vice de comportement de la part de celui-là qui se prétend président de la République Togolaise. L’absence de Faure Gnassingbé aux assises du dialogue n’est que la manifestation de son désintérêt aux sorties de crise et de son indifférence à la souffrance des 5 millions d’âmes que compte le Togo.

Aucune raison ne saurait justifier cette non participation du « Chef de l’Etat » à un aussi important événement qu’est le dialogue intertogolais censé sortir le pays de la merde dans laquelle l’a plongé son père. Sans faire économie de termes, Faure Gnassingbé est un « hypocrite politique ». Dans ses propres discours, il se fait passer pour le plus soucieux du sort des millions de Togolais qui ont  été maintenus dans une non vie depuis quatre décennies. Il a toujours eu la paternité de nobles idéaux dans les discours de ses associés. Le bon sens aurait voulu que ce soit lui qui manage ces pourparlers. Sa seule présence serait une marque du « leader nouveau, un esprit nouveau » qu’on nous ressasse de lui à rompre nos tympans.

Par cette absence aux travaux, Faure a manqué de respect à
la Terre de nos Aïeux. Car, pour peu qu’il y ait une petite rencontre internationale, il n’hésite pas à y participer, même si la rencontre a lieu sur Pluton, aux frais du pauvre contribuable togolais. La plupart du temps, il répond présent bien que sa présence ne soit pas indispensable. Que valait la présence d’un Faure Gnassingbé au sommet « France à Fric » en décembre dernier à Bamako ? De quelle utilité serait-il à la conférence mondiale des Nations Unis à New York aux côtés d’éminences comme Kofi Annan, Georges Bush… ? Depuis le début d’année, il a effectué pas moins d’une demi douzaine de voyages. En février, il était en Chine pendant près de 9 jours. Il n’avait rien manqué aux cérémonies d’investiture de Blaise Compaoré, puis de Yayi Boni le 6 avril dernier. Quelques jours plus tard, il sauta dans un avion, direction Rome où il était allé rencontrer le Pape Benoît XVI, accompagné même de sa maman. A peine les Togolais sont-ils informés de son retour que bizarrement, ils le retrouvent au Gabon le 20 avril dernier où il ne s’est pas empêché d’assister aux obsèques du président du sénat gabonais, Georges Rawiri, décédé le 9 avril en France, voyage pour lequel il a quitté « Lomé la Poubelle » très tôt dans la matinée, à 5 h 30 mn. En somme, aucune rencontre internationale, sous-régionale, continentale n’a échappé à Faure Gnassingbé. Nous titrions à ce propos un de nos précédents articles « Faure fait de la présidence buissonnière » pour souligner son allergie à rester sur place, sa complaisance à s’inviter dans les rencontres où on pouvait se passer de lui.

C’est inconcevable qu’il prenne autant de plaisir à voyager à tout bout de champ pour des futilités et de ne point s’intéresser à ces assises aux enjeux aussi primordiaux que sont les pourparlers intertogolais. Pour l’ouverture du vendredi 21 avril, Faure a préféré recevoir en audience le ministre Burkinabé de la Sécurité, Djibril Bassolé, qui disait au sortir de l’audience être venu rendre à Faure « une visite de courtoisie ». En seconde audience, il avait reçu M. Fidèle Sarassoro, le représentant résident du PNUD en fin de mission au Togo. Au lieu de venir marquer de son sceau les  travaux, Faure  a fait de ces deux audiences des priorités. Et c’est là un manque de respect aux Togolais. Envoyer le premier ministre ne signifie pas grand-chose. S’il y a quelqu’un dont la présence au pouvoir accentue la crise socio politique  togolaise, c’est bien lui Faure Gnassingbé. La situation actuelle n’est que la conséquence de la mal gouvernance de son défunt père, situation qui s’est corsée par son arrivée au pouvoir contre le gré des Togolais qui l’ont exprimé à travers le scrutin du 24 avril 2005. Malheureusement, comme c’était dit que lui Faure Gnassingbé devra succéder à son papa, quel qu’en serait le prix, près de 1000 Togolais ont été tués, 5000 blessés par balles et environs 40 000 autres contraints à l’exil, histoire de lui baliser  la voie à une montée paisible au pouvoir. C’est à cause de sa présence au pouvoir que d’autres thèmes de discussions se sont imposés. Il s’agit de la question de l’impunité, de la réforme de l’armée, le retour des réfugiés et leur indemnisation, des points dont la nécessité d’en débattre s’est accentuée depuis la frauduleuse passée.

Au demeurant, Faure démontre par sa non participation aux assises qu’il n’en a cure d’une sortie de crise au Togo. C’est proprement de l’irrespect pour ses concitoyens qui souffrent depuis presque 40 ans de l’obscurantisme du clan Gnassingbé.

T. K.

 

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