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22 avril 2006

 
[ No 77: 21 avril 2006]
Démarrage aujourd’hui du dialogue politique : Une mise en scène en perspective …De la comédie dans l’air

Sans pour autant souhaiter un échec à ces pourparlers que tout Togolais sérieux voudra fructueux, des signes avant-coureurs d’un douzième dialogue mort-né renforcent notre scepticisme quant à l’aboutissement heureux des assises togolo-togolaises qui démarrent aujourd’hui au Corinthia Hôtel du 2 février. Tout semble n’être que mise en scène.

Un dialogue au gré du pouvoir

Lancé précipitamment à quelques heures du sommet « France à Fric » en décembre dernier à Bamako par Faure Gnassingbé, il aura fallu que beaucoup d’eau coule sous les ponts avant le redémarrage du dialogue qui répond finalement aux caprices du clan Gnassingbé. Censé reprendre la mi-février passée, le dialogue a été une fois de plus ajourné car le bataclan au pouvoir était plus préoccupé par les funérailles traditionnelles de celui par qui le mal de la mauvaise gouvernance est venu. Faure, préoccupé à partager son temps de règne entre villégiatures et visites d’amitié dans des pays non indiqués car n’étant aucune référence en matière démocratique, n’a que faire du dialogue. Il aura fallu la venue « salutaire » d’une mission de l’Union Européenne le 28 mars dernier, et surtout des retombées financières dont le déblocage en faveur du Togo d’une somme de 20 millions d’Euros, l’équivalent en F CFA de 13 milliards, en attendant les fonds stabex et d’autres liés au 9ème FED (Fonds Européen de Développement) -ce qu’avait annoncé d’ailleurs à belles dents Gilbert Bawara- pour que le gouvernement convoque les parties prenantes au redémarrage du dialogue, cette fois-ci non plus à Ouagadougou mais à Lomé.

Les appelés au dialogue

C’est la composition des parties prenantes au dialogue qui est intrigante. En effet, à la signature des fameux 22 engagements le 14 avril 2004 par le gouvernement Sama à Bruxelles, l’opposition dite « traditionnelle » était composée de 5 partis politiques dont l’UFC, le CAR, la CDPA, la CPP et le PDR. Mais aujourd’hui, les données ont changé avec le copinage de Edem Kodjo et Zarifou Ayéva avec le pouvoir. Mais aucune clarification n’est faite par la partie qui convoque le dialogue concernant le positionnement de ces « particules », à savoir la CPP de l’Enarque Edem Kodjo et le PDR de Zarifou Ayéva. Vont-ils au dialogue avec leur ancien statut ou porteront-ils leur nouveau manteau ? C’est dans ce flou phénoménal que baignent les Togolais, flou qu’entretiennent le pouvoir et les deux leaders indiqués car ni le premier, c’est-à-dire le pouvoir qui se fait « chairman » des pourparlers, ni les concernés ne font de déclarations pour lever cette zone d’ombre. Ensuite vient la société civile qui est la 3ème force appelée à ces pourparlers, composé pour la circonstance du GF2D et de REFAMP-Togo, des associations triées dans le tas de manière cavalière. La société civile, si elle existe, est-elle vraiment apolitique au Togo ?

La comédie en vue

L’on frisera le ridicule lorsqu’il sera question de passer éventuellement au vote sur des questions sur lesquelles il ne se dégagerait pas de consensus. C’est là que réside toute la difficulté. La partie qui en tirerait profit serait sans doute le pouvoir en place…

Il est en effet dit que chaque partie ou parti sera composé d’une délégation de 5 membres. En cas de vote sur une question précise, s’il arrivait que l’opposition traditionnelle par la force des choses arrivait pour une seconde fois de son histoire à s’entendre sur une chose- la 1ère ayant été la candidature unique à la « Frauduleuse » du 24 avril dernier à travers la personne du « jeune » Bob Akitani-, elle se retrouverait alors à 15 voix, le pouvoir ou le RPT à 5 ou plus… C’est là qu’entreront en jeu les voix de délégations de la CPP et du PDR, 10 au total et celles des 2 fameuses associations de la société civile. Edem Kodjo et Zarifou Ayéva  pourraient-ils faire le jeu de l’opposition traditionnelle bien qu’ils aient rejoint avec arme et bagage le gouvernement ? Par ailleurs, ces 2 associations de la société civile, auront-elles le « culot », ayant été « amoureusement tirées au hasard »  parmi la pléthore d’associations que compte la société civile, d’accorder leurs voix à l’opposition traditionnelle ?

C’est donc là que se jouera la tragi-comédie qui est en perspective. Il s’agit d’une réelle tragi-comédie car de ces assises dépend la survie de 5 millions de Togolais. Le mal est que dans tous les cas, lorsque surviendra un qui- proquo ou un blocage par le partage équitable des voix-ce serait d’ailleurs improbable-, ce ne serait que le pouvoir qui en tirera profit. Il trouverait donc des raisons pour faire traîner au maximum les pourparlers, s’il n’arrive pas à brader, extrapoler ou ébaucher les questions essentielles dont celles de la reforme de l’armée, le retour des réfugiés… et à les confiner dans la dizaine de jours devant abriter ces travaux. Dans le cas où il serait nécessaire de reporter ces assises à plus tard, sa reprogrammation dépendra du bon vouloir du gouvernement qui ne gagne rien en s’exécutant expressément. Cette situation allongerait encore la durée de vie du gouvernement Kodjo II car le gouvernement de transition qui devra être formé à l’issue des présents pourparlers ne serait que remis aux calendes grecques.

On en n’est pas encore là. Mais en attendant, c’est une opposition traditionnelle « idéalement  divisée » qui va affronter le Faure-Kodjo, qu’on dit ouvert au dialogue. L’UFC participera-t-elle aux assises sans médiateurs ? C’est le Wait and See.

TINO Kossi

 

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