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20 avril 2006

 
[ No 76: 19 avril 2006]
Une FTF à l’image de l’exécutif togolais : Quels conseils les Généraux Gnofame et Mémène donnent-ils à Rock Gnassingbé?

En tant que Togolais pur sang et non « Brésilo-togolais » sorti du bonnet magique du patron de la FTF, il est de notre devoir de dénoncer des pratiques déshonorantes et presque puériles au sommet de notre fédération, et partant pour notre pays. N’en déplaise aux antiprogressistes qui font que dans la sous-région tous les pays bougent, évoluent vers une réelle prise de conscience, vers le bien et de meilleures perspectives, sauf le Togo qui tourne en rond et sauf miracle, tournera encore longtemps en rond, par manque de volonté politique, de maturité, de clairvoyance, de prévoyance et d’ambition noble pour la Patrie. Même ceux qui avaient promis le bonheur aux Togolais, une fois élus au sommet de l’Etat, font pire aujourd’hui, rendant les citoyens plus pauvres qu’auparavant. A la FTF, c’est le vrai cafouillage dans lequel Rock Gnassingbé baigne lui-même des pieds à la tête. Les ministres Zoumarou Gnofame et Séyi Mémène avaient traîné leur bosse à la FTF pour la petite histoire, et nous savons le rôle qu’ils ont eu à jouer courant 2005; voilà pourquoi nous les interpellons ici.

En effet, on n’a pas besoin d’aller à l’école pour constater que le patron de la FTF s’empêtre crescendo dans des erreurs monumentales qui, loin de servir la bonne cause de notre football, ne peuvent que le desservir. On dirait qu’il a juré de faire pire le lendemain que ce qu’il avait fait la veille. A chaque CAN, le Cdt Rock doit s’illustrer par des faux pas indignes d’un patron d’une institution aussi sérieuse et délicate à gérer que l’instance dirigeante du football national. En tout  cas, l’ex-entraîneur d’Agaza, avec son franc parler, avait « tout » dit avant de quitter le Togo: «Une fédération de football est une affaire si sérieuse qu’on ne peut pas la confier à…». Pour notre part, nous mêlons notre voix à la sienne en nous replongeant dans le passé pour nous rappeler cette phrase de M. Rock Gnassingbé lui-même lorsqu’il fut élu à la tête de la FTF pour la première fois: «Vous me devez respect !».

Il parlait aux membres du nouveau bureau composé des personnalités qui sont ses aînés, non seulement en âge mais aussi au niveau de la FTF et dont il devait plutôt quémander l’assistance avec modestie et humilité. Depuis, nous avions compris que cela ne marcherait pas. Le respect ne se décrète pas, il se mérite eu égard aux prestations, au flair, au doigté et à son propre respect pour les autres. Les résultats sont là aujourd’hui. Et le succès de notre football en 2005 semble être des parenthèses que le ciel nous a ouvertes et refermées aussitôt comme pour nous dire: « Vous pouvez allez loin, si ... ». Certains vont jusqu’à penser que la nature a voulu introduire cette coïncidence d’apogée de notre football, juste à ce moment précis pour consoler un peu les cœurs meurtris.

La modestie est une valeur qui reste à rechercher et à cultiver. La folle ambiance footballistique de 2005 risque de ne devenir qu’un lointain souvenir inégalable pour les Togolais. Quand on n’est pas apprécié pour ce qu’on fait, il faut avoir le courage de s’éclipser et donner la chance à d’autres. Beaucoup de Togolais aujourd’hui ne regrettent pas notre cuisant échec à la CAN 2006, car disent-ils, si cela avait été un succès, nous n’aurions plus notre gorge pour boire, et le clan avec Rock en tête, se ferait passer pour le grand héros de notre football et le grand faiseur de miracle, alors que ... Et l’on nous gaverait à n’en plus finir de réconciliation réalisée autour du football et patati et patata.

Nous citons à l’actif de Monsieur FTF, un problème de véhicule à Accra avec feu Goeller qui avait pourri l’atmosphère au sein du staff togolais, au Mali avec des problèmes de caméra, relayés par RFI, en Egypte avec les préparatifs bâclés à l’à peu près pour les Eperviers doublés de problèmes de primes et sa propre déconvenue suite à son arrivée tardive à une réunion de l’instance dirigeante du football africain (CAF) qui se tenait au Caire en janvier dernier, le tout suivi de mesures impopulaires liées au licenciement de Stephen Keshi, licenciement pour lequel les auteurs ont nié longuement l’acte, avant de reconnaître à la fin qu’ils licenciaient effectivement l’entraîneur. Nous n’oublions pas l’opacité qui couvre la gestion de la trésorerie. Le bouquet, le grand bouquet, c’est la grande trouvaille du siècle: aller piocher en terre brésilienne un quaternion de Brésiliens pour jouer aux côtés des Eperviers, ce qui n’aurait pas rencontré l’assentiment du nouvel entraîneur. C’est sale et louche! Sans le sérieux et la rigueur envers soi-même, aucune œuvre humaine ne peut réussir durablement. Quand l’exécutif fait appel à des artistes étrangers pour animer le 27 Avril, la FTF fait appel de façon maladroite à des non Togolais pour défendre nos couleurs. Avec tout ce bordel, les Togolais pour mourir, le feront soit de trop rire, soit en piquant une crise de nerfs sans crier gare.

Si pour nous, les Généraux Zoumarou Gnofame et Séyi Mémène doivent être considérés comme des gens censés donner de bons conseils à celui qui se fait passer en ce moment pour le Président de la Fédération togolaise de football, et l’orienter dans la bonne direction pour le bonheur de notre football, c’est en connaissance de cause. D’abord ces deux personnalités ont eu à occuper l’un après l’autre l’actuel poste où trône avec beaucoup d’inefficacité depuis belle lurette, le fils du défunt chef de l’Etat et en tant que tels, ils doivent avoir une certaine somme d’expériences à partager avec lui sous forme de conseils, mais de bons conseils. Secundo, ils sont tous les trois du même corps de métier et enfin, ces deux Généraux font partie des « poids lourds » de notre armée qui ont organisé le putsch constitutionnel de février 2005 contre le gré du peuple et porté à bout de bras l’autre fils de Gnassingbé Eyadèma à la tête du pays par des gymnastiques aussi ridicules que puériles, que le monde entier n’oubliera jamais.

Si vous avez un ami qui, en partant pour un très long voyage ou en mourant, vous confie ses enfants et que vous les soutenez, le meilleur soutien à leur apporter à notre sens, si tant il est vrai que vous les aimez réellement, c’est de les orienter dans la bonne direction, leur prodiguer de bons conseils, non pas dans le mal, (nous savons de quoi nous parlons) mais dans le bien, pour les amener à mériter la confiance des autres, afin d’être acceptés pleinement dans leur environnement. C’est cela ce que nous notre petite cervelle d’humain nous permet de savoir. Dans la situation actuelle, il y a deux alternatives: soit les deux amis du défunt Général donnent des conseils à Rock Gnassingbé mais celui-ci ne les écoute pas et en fait à sa tête; soit ils ne lui disent rien du tout et apprécient à distance dans le ricanement toutes les mauvaises sorties de Rock Gnassingbé et attendent de le voir se casser proprement la figure (le RPT, étant une structure ma… dans laquelle « les gens n’aiment pas les gens » mais font simplement semblant).

Le Général Gnofame, président du CNOT que Faure appelle, semble-t-il « Papa » et que son jeune frère Rock, d’emblée devrait aussi appeler logiquement « Papa », doit être au courant de tous les errements de son « fiston » et nous nous demandons à juste titre, ce qu’il lui conseille. A-t-il eu une fois l’idée de lui dire: «Mon fils, si tu as des décisions à prendre à la tête de la FTF, n’hésite pas à venir me voir et on va voir ensemble» ? En principe c’est à la mort de Gnassingbé Eyadèma que les meilleurs conseils devraient venir de ceux qui prétendent aimer le défunt et ses enfants et en direction de ces derniers, afin que ceux-là qui ont cautionné la macabre succession se disent au moins avec une petite fierté, ne serait-ce que ça, qu’ils n’ont pas fait œuvre totalement inutile. Cela, bien sûr à la vue des bons comportements des héritiers qui s’acharnent à faire irruption partout. Mais, loin de là. Pourtant, dans nos sociétés traditionnelles africaines, les vieux considérés à tort ou à raison comme des sages, sont là pour des conseils salutaires aux plus jeunes.

La dernière des erreurs en date du Cdt Rock Balakiyèm Gnassingbé et qui défraie la chronique est l’introduction de quatre Brésiliens dans le pays aux fins de les incorporer à notre équipe nationale pour participer à la Coupe du Monde. Nous n’exagérons pas si nous disons que le Président-trésorier de la FTF ne fait que collectionner des erreurs, même les plus impensables. Il y a une dizaine de jours, deux de ces Brésiliens qu’il a lui-même fait venir au Togo, ont été alignés au sein du DYTO, club dont il demeure le président d’honneur, et à l’occasion d’un match de demi-finale contre l’équipe de Togo-Port. Dire que l’Equipe de DYTO a fait jouer deux éléments que Rock lui-même a fait venir au Togo aux frais de la FTF sûrement, et avec des licences rapidement délivrées à ces jeunes, sans que le Président de la FTF ne soit au courant, relèverait d’une histoire à dormir debout. Qu’on arrête de nous prendre pour des cancres au Togo!

Cela nous paraît bien saugrenu et c’est à juste titre que nous disons à Liberté-Hebdo que la sanction prononcée contre les sieurs Bossou Komlanvi et Améwou Komlanvi n’est pour nous que de la poudre aux yeux. Les deux mois de sanction dont nous ignorons la nature exacte, sont pour nous insignifiants pour une faute aussi grave. Les règlements sont faits pour être respectés. Ces gars sanctionnés mériteraient plus que deux mois de sanction, s’ils sont réellement responsables d’une telle faute et le président de la FTF mérite lui-même de céder sa place à un autre et plus compétent que lui, s’il en est le vrai cerveau. Nous n’hésitons pas à dire que dans ce pays, il y a beaucoup de choses qu’on met sur le dos d’innocents bouc ­émissaires, pendant que les vrais coupables sont là et qu’on n’a pas besoin d’une loupe pour les identifier. Nous considérons également avec raison que la disqualification du club DYTO par la FTF pour pratique illicite, n’est qu’une mesure de rachat, la mort dans l’âme, parce que la chose était trop puante. AS Togo-Port n’aurait pas dénoncé la chose, relayée par les média, que la FTF se serait tue. Où serait le mal de la FTF, si la victime ne se plaignait pas ?

Dans un tout autre registre, qui sait si ces deux messieurs du Bureau exécutif de la FTF et du Club DYTO n’ont pas accepté eux-mêmes d’être présentés comme des victimes expiatoires juste pour dédouaner qui de droit? Dans ce pays que n’a-t-on pas vu? Des gens prétendus sanctionnés pour faute grave aujourd’hui et promus à des grades plus élevés demain, eh oui, les Togolais n’ont pas la mémoire courte. On se rappelle aussi des jeunes à qui l’on demandait de se présenter à la télé comme étant les auteurs de tel ou tel forfait contre espèces sonnantes. Les habitudes ayant la vie dure au Togo et étant héréditaires, c’est pour cette raison que nous demandons au public sportif d’être vigilant dans cette affaire de sanction. Bossou et Améwou peuvent être coupables à un certain degré. Nous n’excluons pas entièrement leur responsabilité, mais nous disons attention et vigilance, car chat échaudé craint l’eau froide. Les jours ou les mois à venir nous édifieront peut-être davantage.

Alain SIMOUBA

 

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