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Liberté Hebdo

14 avril 2007

[ 191: du 13 avril 2007]  
Cour Constitutionnelle : Un simulacre de recomposition en perspective

* Abdou Assouma pressenti à la présidence
Après moult rappels, les autorités compétentes semblent s’émouvoir pour matérialiser l’une des réformes fondamentales recommandées par l’Accord Politique Global du 20 août 2006. « Les parties prenantes au Dialogue National conviennent à propos du contentieux des élections législatives que dans l’esprit du Présent Accord, les organes compétents procèdent à la recomposition de la Cour Constitutionnelle en veillant à ce que les personnalités à nommer répondent aux critères de professionnalisme, de compétence et d’indépendance », y lit-on. Cette recomposition de la Cour Constitutionnelle paraît urgente pour donner plus de gage de crédibilité au prochain scrutin qui se veut des plus transparents. Mais selon des observateurs, cette réforme a été acceptée par le pouvoir pour « tranquilliser » l’opposition traditionnelle, sachant qu’en pratique, ce sera une « réforme générique » qui ne saurait guérir le mal des contentieux électoraux, et que donc toute action entreprise pour ce faire n’est que « trompe l’œil ».

Réformer avec l’actuelle Constitution ?
En effet, à voir de près, la composition de la Cour Constitutionnelle qui est « l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics » est elle-même basée sur la loi fondamentale qui lui consacre le Titre VI et précise en son article 100 les personnes habilitées à désigner ses membres. Or la partialité de la Constitution a toujours  été au centre des débats puisqu’elle a subi au cours de l’Histoire plusieurs « toilettages » destinés à écarter certains candidats aux différentes compétitions électorales, notamment le leader de l’Union des Forces de Changement Gilchrist Olympio. Même s’il est manifeste que ses membres actuels ne sauraient se prévaloir d’une quelconque neutralité et qu’il urge qu’on les change, ce serait à plusieurs égards bonnet blanc, blanc bonnet. La réforme idéale aurait donc voulu qu’en amont, la Constitution soit « purifiée » avant de guider cette réforme de la Cour Constitutionnelle.
Mise en scène
La manifestation d’intérêt du pouvoir à y procéder n’est qu’hypocrisie à haute dose. C’est dans ce contexte que l’appel à candidature lancé par l’Assemblée nationale paraît un vrai cirque de l’époque médiévale. « Le président de l’Assemblée nationale lance un appel à candidature pour six (06) membres de la Cour Constitutionnelle conformément aux dispositions des articles 100 et 157 de la Constitution et suivant l’esprit de l’Accord Politique Global », lit-on dans Togo Presse n° 7510 du mercredi 11 avril dernier.
L’appel à candidature est certes la voie administrative recommandée pour ces genres de postes. Mais c’est une mise en scène que sert le pouvoir pour flouer le peuple de tout faire de façon démocratique car le choix des membres ne sera nullement fortuit, surtout que ceux qui doivent procéder au choix sont connus. L’histoire nous a toujours montré que ces appels à candidature ne sont que des formalités et les dossiers retenus sont « téléguidés » ou  les candidats retenus sont souvent ceux qui ont été prévus. Les exemples de la CNDH (Commission Nationale des Droits de l’Homme) et de la HAAC (Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication) ne sont qu’assez illustratifs. Pour les former, un appel à candidature a été lancé, mais finalement ce sont les hommes du pouvoir qui sont majoritaires dans ces institutions. « La Cour Constitutionnelle est composée de neuf (09) membres désignés pour sept (07) ans renouvelables. Trois sont désignés par le Président de la République dont un en raison de ses compétences juridiques. Trois sont élus par l’Assemblée nationale à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres. L’un d’entre eux doit être désigné en raison de ses compétences juridiques. Trois sont élus par le Sénat à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres. Ils doivent être choisis en dehors des sénateurs. L’un d’entre eux doit être désigné en raison de ses compétences juridiques », indique la loi constitutionnelle en son article 100. Devra-t-on s’attendre à ce que Faure Gnassingbé fasse le choix d’un candidat proche de l’opposition ? Ce n’est pas évident, surtout que son « RPT chéri » est tout obsédé par le souci d’être majoritaire au sein de la prochaine Assemblée et quand on se rappelle les services que cette Cour lui a toujours rendus. Quant aux trois membres que devrait désigner normalement l’Assemblée nationale, on ne doute point qu’ils seront diaboliquement acquis à la cause du clan Gnassingbé. On pourrait espérer en avoir au moins trois (03) « clean » parmi les neuf (09), mais en l’absence d’un Sénat, il lui revient   de se substituer à lui, selon les Dispositions Transitoires de la Constitution, article 155 : « Les compétences dévolues au Sénat pour la désignation des membres de la Cour Constitutionnelle sont exercées par l’Assemblée nationale jusqu’à la mise en place du Sénat… » ; puis l’article 157 : « En attendant la mise en place du Sénat, l’Assemblée nationale exerce toute seule le pouvoir législatif dévolu au parlement ». Que ce ne soit donc pas étonnant que l’on fasse partir la bande à M. Atsu Kofi Amega et fasse revenir son homonyme. Surtout que déjà, le patron de l’Assemblée nationale, en bon formateur des muscles, est en train de « muscler » pour arracher le choix des membres dévolus au Sénat comme si quelqu’un le lui disputait.
Abdou Assouma pressenti
Des craintes sont d’ores et déjà à nourrir quant à la présidence de cette Cour Constitutionnelle à réformer. De sources bien indiquées, tout serait tramé pour propulser à sa tête M. Abdou Assouma qui se trouve être le Vice-président de l’actuelle Cour Constitutionnelle à problème. De là à retrouver les réflexes de la bande à Atsu Kofi Améga, il n’y a qu’un pas. Et quand on se rappelle l’empreinte qu’elle a laissée dans le passé récent, il y a de fortes craintes qu’un nouveau contentieux ne naisse à l’issue du scrutin du 24 juin prochain. En rappel, elle n’a éprouvé aucun remords à valider la « sodomisation constitutionnelle » qui permit à feu Gnassingbé Eyadema de jouer un « extra time » au pouvoir avant que ne survienne la « Catastrophe Nationale » ; elle qui, statutairement est « la juridiction chargée de veiller au respect des dispositions de la Constitution », a avalisé le « toilettage nocturne » qui suivit le décès d’Eyadéma ce 05 février 2005 et qui fit de Faure Gnassingbé, en un clin d’œil, Président de l’Assemblée nationale puis Président de la République par intérim, accepta de manière éhontée le serment de ce dernier de ne pas organiser les élections dans les 60 jours requis, mais de terminer « le mandat à Papa » ; elle qui encore, viendra valider les résultats de « La Frauduleuse » du 24 avril 2005 malgré les fraudes innombrables constatées en amont et en aval, et les violences qui s’en suivirent.
Le plus intrigant est que M. Abdou Assouma se trouve être un magistrat de formation. Or les chefs des administrations locales du processus électoral, les CELI sont des magistrats. Ils auront donc devant eux leur « big boss », et dans ces genres de rapports, on sait ce qui arrive souvent. Ce scénario fait revenir sur le tapis les raisons qui ont motivé l’attribution des présidences des CELI aux magistrats.
Au demeurant, le bout du tunnel n’est pas pour si tôt.

TINO Kossi

 
Choix des candidats du RPT/ Mécontentement dans le Moyen Mono : Kokou Tozoun a imposé l’ex-militante du CAR, la ministre Christine Agnélé

* Le Consul de la Slovaquie au Togo  force les choses et devient candidat
 Le fait qui défraie aujourd’hui la chronique au Togo est incontestablement le choix des candidats du RPT dans le cadre des prochaines élections législatives. Si tout se déroule bien dans certaines préfectures, il se pose par contre de sérieux problèmes dans les autres régions. Parmi ces préfectures,  il y a celle du Moyen Mono qui a pour chef-lieu Tohoun. Ici, les militants du RPT sont mécontents des manœuvres de Kokou Tozoun, ancien ministre et aujourd’hui représentant du RPT à la CENI, qui a  imposé des gens qui ne sont pas membres du RPT et dont certains ne seraient pas originaires de la préfecture. Ce membre de la CENI est accusé d’être un adepte de « diviser pour régner ».

En réalité, M. Kokou Tozoun est depuis quelques années considéré comme le parrain politique de la préfecture du Moyen Mono. A ce titre, il a influencé les choix des candidats du RPT lors des précédentes joutes électorales. Aux législatives de 1999, tout comme à celles anticipées de 2002, ce sont deux dissidents du CAR qu’il avait positionnés au grand dam des vrais militants du RPT. Dans le cadre des prochaines législatives, l’ancien ministre se propose de positionner une autre dissidente du CAR, la ministre Christine Agnélé Messan qu’il se vanterait d’avoir ramenée au RPT et d’avoir fait nommer ministre. L’information fut portée par les autorités locales à la connaissance des chefs traditionnels du Moyen Mono Nord quand ne fut pas encore signé l’Accord Politique Global. Ainsi, lors d’une tournée le 7 juin à Kpékplémé, le 9 juin à Saligbé et le 15 juillet  2006 à Ahassomé, le préfet du Moyen Mono, le Commandant Djato, aurait instruit les chefs de villages de ces cantons que les nouvelles donnes politiques veulent que ce soient les ministres qui soient les prochains candidats aux élections législatives et que, puisqu’ils n’avaient pas un fils dans le gouvernement, ce serait Mme Messan Agnélé qui serait la candidate pour qui ils appelleront leurs populations à voter. M. Kokou Tozoun, alors ministre serait le candidat du Moyen Mono Sud. Cette décision n’a pas plu aux chefs traditionnels, encore moins aux militants du RPT.
            Cependant, la nomination du ministre comme représentant du RPT à la CENI a changé la donne. Il y a quelques semaines, les natifs du Moyen Mono ont été invités par un directeur de société également natif de la région et qui se trouvait être un émissaire du ministre Tozoun. Il a fait savoir à l’assistance que le ministre l’a chargé de leur dire que, puisque lui-même il ne pouvait plus aller aux élections, ce sera son petit- frère, le Consul de la Slovaquie au Togo, M. Sossou Viwoto, qui sera candidat du RPT aux élections législatives prochaines en plus de la ministre Agnélé. La réaction des participants ne s’est pas fait attendre. Certains ont déclaré que les deux candidats ne sont pas du RPT et qu’ils n’ont aucune instruction à recevoir du ministre Tozoun. La question qu’ils se posaient était de savoir comment ce Consul qui n’est pas du Moyen Mono serait présenté aux populations. « Le consul m’a chargé de vous dire qu’il ne connaît pas en toute franchise le Moyen Mono et aucun de ses fils, mais il promet  à vous qui êtes cadres à Lomé que si vous le faites découvrir et si les fils du Moyen Mono l’acceptent comme les leurs, il vous fera beaucoup de choses », avait commencé par déclamer le fameux envoyé spécial avant d’annoncer une kyrielle de promesses de Gascon : bitumage de la route Notsè-Tohoun, des postes de nomination politique…
            « Que les populations le veuillent ou non, nous sommes aujourd’hui les hommes de la situation », soutient-on dans l’entourage du ministre. Selon certaines informations en notre possession, le 05 avril passé, le Consul de la Slovaquie Sossou Viwoto s’est permis de convoquer, sous les instructions de son frère Tozoun, les autres postulants du RPT à se désister en sa faveur. Quelques billets flambant neufs auraient circulé. Le samedi 07 avril dernier, à la préfecture  du Moyen Mono s’est déroulée une parodie de primaire pour le choix des futurs candidats du RPT. « Le ministre nous a dit que trois personnes étaient déjà retenues depuis Lomé à savoir son petit frère Sossou Viwoto, la ministre Agnélé et l’ancien député Tsegnon. Donc il restait un seul candidat à élire au Moyen Mono Nord. Là encore, le préfet est venu dans la salle nous recommander celui que nous devrions choisir », nous a confié un chef traditionnel avant de poursuivre : « Je ne vois pas comment on nous dit que Faure lui, il a apporté un changement et au même moment ce sont des étrangers qui viennent s’imposer chez nous et qui nous disent que même nos fils qui sont dans le RPT n’ont pas le droit de déposer leur candidature ». 
            Ainsi, après ces manœuvres du ministre Tozoun dans le Moyen Mono, sont retenus sauf revirement le Consul Sossou Viwoto, Mme Agnélé Messan et leurs suppléants, M. Tsegnon et un chauffeur nommé Tchidéwou Komla.
Affaire à suivre
L.H.
 
Les manœuvres lors des primaires du RPT dans l’Oti (Mango) : Le ministre Kantchati a détruit Natchaba comme il massacre la flore du pays

Il nous souvient que dans le mois de mars dernier, une délégation du RPT conduite par l’« ancien président de la République par intérim en exil »,  M. Fambaré Natchaba était dans la préfecture de l’Oti pour déblayer le terrain et prendre le pouls des populations. Cette tournée n’a pas donné les résultats escomptés puisque les populations les accusent de ne rien faire pour le développement de leur milieu. Et comme à leurs habitudes, les membres de la délégation ont proféré des menaces à l’endroit de ces dernières en leur intimant l’ordre de ne pas laisser l’opposition gagner du terrain. Nous avions dénoncé cet état de chose en son temps.

On en était là quand la nouvelle est tombée comme un couperet le week-end dernier. L’actuel député Natchaba est écarté de la liste du RPT pour les prochaines législatives. Il a été trahi par l’un de ses « sujets », le sieur Lamboni Mindi, ancien Directeur de la Caisse d’Epargne. Ce dernier l’a poignardé dans le dos avec la complicité du ministre de l’Environnement et des Ressources Forestières, Oukoulou Issifou Kantchati.
            En effet, comme toutes les grandes préfectures du Togo, l’Oti dispose de trois sièges à l’Assemblée Nationale. M. Natchaba se positionnait toujours dans l’Oti Sud, Kantchati à Mango et ses environs (Oti Centre) et dans l’Oti Nord, c’est un Moba qui est élu du fait que c’est le peuple majoritaire dans la circonscription. Mais en terme d’électeurs, l’Oti Centre est la plus petite circonscription (environ 15 000 électeurs) contre 25 000 pour l’Oti Nord. Quant à la circonscription de l’Oti Sud, elle dépasse de loin les électeurs des deux circonscriptions réunies (50 000 électeurs). Natchaba a toujours été candidat dans cette circonscription.
            Compte tenu du scrutin de liste qui est prévu, les populations de l’Oti Nord soutiennent qu’elles viennent après l’Oti Sud en nombre d’électeurs et que la deuxième place sur la liste leur revenait de droit. La tête de liste est alors le candidat de l’Oti Sud qui n’est autre que Natchaba.
Puisque les élections s’annoncent très serrées dans la région avec la participation de l’opposition, celui qui est en tête de liste a plus de chance que les autres. Théoriquement, les chances du ministre Kantchati qui devrait être troisième sur la liste s’amenuisent. Il met alors en branle ses talents de manipulation. Il a joué sur la fibre ethnique en sommant M. Lamboni Mindi qui est du village de Tontondi et qui est Gam-Gam (ethnie majoritaire dans la région) de déposer sa candidature contre son mentor Natchaba. Celui-ci a, sans ambages, accepté ce deal qui a consisté à poignarder le « Parisien » (surnom de Natchaba) dans le dos. Beaucoup d’espèces sonnantes et trébuchantes ont circulé pour le besoin de la cause. Certains délégués cantonaux du RPT, notamment ceux de Tchamonga et de Mogou, le canton d’origine de Mindi ont mordu à l’appât et ont réussi en l’absence de Natchaba à basculer le vote en faveur du néo putschiste. Rappelons que les délégués soutenant l’ancien Président de l’Assemblée Nationale sont partis avant le vote. Ainsi, Mindi a gagné avec 54 voix contre 3 pour  Natchaba, sur 57 votants. Lui qui fait partie de la plus grande circonscription (près de 50 000 votants) se retrouve troisième sur la liste du RPT après bien sûr le ministre Kantchati    et l’actuel DG de la CEET,  Noupokou Dammipi pour le compte de l’Oti Nord.
Pour l’heure, M. Natchaba conteste la procédure et son éviction. Déjà, dans les méandres du pouvoir, on susurre qu’il aurait reçu le soutien du ministre de la Défense et qu’il est fort possible qu’il y ait un revirement de la situation. Les mêmes informations font état de ce que le chef de l’Etat Faure Gnassingbé ne se mêle pas à cette affaire et qu’il laisse les bases opérer le choix de leurs candidats.
Selon certaines indiscrétions, le ministre Kantchati aurait apporté un soutien consistant à l’ancien Directeur de la Caisse d’Epargne lorsque celui-ci avait été arrêté dans une affaire de détournement de fonds. Le ministre aurait dû débourser plus d’une dizaine de millions avant la libération de celui-ci. Pour nombre de cadres de la préfecture de l’Oti, ce retournement de situation n’était qu’un geste de reconnaissance de M. Mindi envers M. Kantchati.
Affaire à suivre

R. Kédjagni

 
Elections législatives du 24 juin prochain au Togo Le chemin de la fraude  balisé

« Au commencement était l’intox » pourrait être un bon titre du tome1 d’un roman sur l’actualité politique togolaise et « Au finish, les fraudes étaient massives » celui du second tome pouvant paraître au lendemain des élections législatives du 24 juin prochain au Togo. Car tout est d’ores et déjà mis en branle pour baliser la voie aux fraudes devant favoriser l’imminente victoire du RPT, parti au pouvoir sans partage depuis presque 40 ans. Alors, pour métamorphoser l’échec en victoire, les laboratoires du redoutable RPT ne chôment point. Ils s’emploient à merveille pour trouver la bonne formule devant leur permettre de surprendre les Togolais à l’issue des législatives anticipées si jamais elles ont lieu.

Pour ce faire, le RPT, depuis l’annonce de ces consultations qui sont devenues la condition sine qua non pour  toute reprise de la coopération avec l’UE, fait des pieds et des mains en vue de maintenir le cap dans un paysage politique qui, en toute évidence dans le contexte politique actuel lui est défavorable. Mais aujourd’hui, l’aspiration profonde des populations togolaises est en parfaite inadéquation avec la logique de ce parti vomi par celles-ci.

Pour déblayer le chemin aux fraudes, le RPT use de l’intox et fait croire que les élections en vue ne serviront à rien, tout ceci sur fond de menaces qui ravivent les souvenirs douloureux des présidentielles controversées du 24 avril 2005 qui continuent de hanter les esprits comme des fantômes de brume, dans la mesure où aucune solution n’est jusqu’ à ce jour  trouvée à la question de l’impunité. Cette stratégie n’a qu’un seul objectif : décourager les populations et les inciter au boycott du processus dont l’apothéose reste les élections du 24 juin prochain.

Cette méthode déjà enclenchée pour freiner l’adhésion des populations à participer massivement à l’opération de recensement vise à ouvrir grandement les portes à toutes les fraudes possibles. C’est très machiavélique de vouloir détourner la conscience du peuple souverain dans l’accomplissement de son devoir civique . Ce serait criminel que les populations se prêtent à ce jeu dangereux dans la mesure où il n’y aura certainement plus de recensement avant les prochaines présidentielles. C’est dire que ceux qui ne s’inscriront pas au cours des prochaines opérations ne seront pas sur le futur nouveau fichier électoral national et par voie de conséquence ne pourront guère se prononcer aux prochaines consultations sur une échelle de plus de cinq ans, à en croire un observateur avisé de la politique togolaise.

L’autre coup de pouce à ce plan, ce sont  les conditions financières dans lesquelles vivotent ces formations politiques qui auront à gérer des milliers de délégués qui veilleront sur la transparence du processus électoral. En statuant par exemple sur les anciennes données du fichier électoral, l’opposition togolaise fera face à la gestion de minimum 3000 délégués pour les centres de vote et plus de 4000 délégués pour les bureaux de vote, soit un total minimal de 7000 délégués. La crainte ici est la perte de conviction chez certains militants qui seront des proies faciles à faire le jeu du RPT. La suite n’est plus un secret pour personne.

Déjà, on susurre l’envahissement des états-majors des partis politiques de l’opposition par de jeunes « militants et dissidents » en quête d’être enregistrés pour avoir le statut de délégués. Délégués pour qui ? La question reste posée. C’est ainsi que le RPT, à travers ses laboratoires compte tabler sur cette défaillance de l’opposition comme clé de voûte à la manipulation des résultats. Ces pions ont d’ores et déjà infiltré le dispositif, les autres suivront pour que le quota voulu par le RPT pour sa victoire soit effectif aux prochaines législatives.
Et dire que pendant ce temps, l’opposition, elle, au lieu de chercher une contre stratégie se meurt dans des conflits de personnes.
D.L.

 

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