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Liberté Hebdo |
7 avril 2007 |
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[
N°189:
du 6 avril 2007]
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Que se passe-t-il au Centre National d’Instruction à
Kara ? Des décès parmi les jeunes policiers en
formation |
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Lors des opérations de recrutement pour le compte
des Forces Armées et de
la Police,
les candidats sont soumis à des tests et contrôles
médicaux. D’abord, on vérifie le dossier ; on prend
ensuite la taille et le poids des candidats. Après,
le candidat se déshabille et fait quelques pas aux
fins de permettre aux médecins militaires recruteurs
de se faire une idée sur l’état de sa colonne
vertébrale. On pince alors les testicules pour voir
si le candidat souffrait de l’hernie. Une analyse de
sang est aussi prévue. |
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Nonobstant ces tests qui sont faits en amont, force
est de constater qu’il y a de décès réguliers qui
surviennent lors de la formation au métier des
armes. Ce qui veut dire qu’il y a un laisser-aller
pendant l’étape de recrutement.
En effet, depuis que les jeunes recrues de décembre
2006 sont en formation au Centre National
d’Instruction (CNI) à Kara, on parle souvent de
décès dans leur rang. Il y a quelques semaines, des
informations en provenance de la ville de Kara font
état de sept morts parmi ces nouvelles recrues. Mais
au niveau de la hiérarchie policière, on minimise
ces allégations tout en déclarant que ce sont des
histoires à dormir débout.
Le cas qui défraie actuellement la chronique et dont
notre confrère « Crocodile » N° 761 du mardi
04 avril
2007 a
largement fait écho, est celui du jeune Sibabi
Inoussa. Il est décédé le 18 mars dans des
conditions jusqu’alors non élucidées. Puisque selon
le confrère, la victime aurait appelé ses parents la
veille de son décès pour s’enquérir de leurs
nouvelles. Il a été inhumé à Kara bien que son
enterrement soit programmé à Sokodé.
Comment se prend-on pour qu’il y ait autant de décès
lors de la formation au métier des armes ? Telle est
la question que se posent nombre de Togolais. De
deux choses, l’une. Soit il y a du laxisme et du
favoritisme pendant les opérations de recrutement,
soit c’est la rudesse de la formation qui conduit
les jeunes recrues à la géhenne. Il est alors
indispensable qu’on repense les conditions de
recrutement et de formation des forces armées et des
forces de sécurité.
L.H. |
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Législatives de juin/ Choix des candidats au RPT :
Faure et les vieux barons ne s’entendent pas sur la
procédure |
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. Major Kouloum, Candidat du RPT dans la préfecture
de Bassar
Le jeudi 03 août 2006, il s’était déroulé à la
Présidence de
la République
une rencontre entre le Groupe parlementaire RPT et
le chef de l’Etat Faure Gnassingbé. Au menu des
discussions, les prochaines législatives. « Faure
aurait dit à ses interlocuteurs que les législatives
s’approchent et que ceux qui savent qu’ils ne
peuvent pas faire le poids dans leur circonscription
respective donnent la chance à d’autres », avions
nous rapporté dans notre journal « Liberté » N°109
du 11 août 2006. |
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Quelques
mois plus tard, un conclave entre les membres du
Bureau Politique, du Comité Central et les
responsables préfectoraux du parti s’est tenu loin
des médias à Notsé. L’objectif était de se pencher
sur les comportements à adopter dans la perspective
des élections législatives. Selon des indiscrétions
émanant des participants, Faure aurait encore une
fois insisté sur le choix des candidats devant
défendre les couleurs du parti. Contrairement à ce
qui se faisait au temps du Général-Président, les
candidats seraient dorénavant proposés par la base.
Cependant, cette idée est combattue par certains
barons qui veulent continuer à goûter aux délices du
pouvoir. Dans une récente tournée à l’intérieur du
pays, le Secrétaire Général du RPT, M. Esso Solitoki,
a tenu un discours contraire aux vœux de Faure. Il
aurait dénoncé l’attitude de certains militants
surnommés « nouveaux riches » qui s’agitent
sur le terrain et qui veulent prendre la place de
tous ceux qui se sont toujours battus pour le parti.
Pour lui, le choix des candidats par la base serait
un non lieu. De forts accrochages se profilent à
l’horizon au sein du parti.
En effet, la date butoir pour le dépôt des
candidatures au siège du parti était le 30 mars. Il
y aurait plusieurs centaines de candidats. Dans
certaines préfectures, cinq à six personnes se
seraient manifestées. « Les prochaines
législatives suscitent beaucoup d’intérêt auprès de
nos militants. Plusieurs candidats se sont
manifestés. Nous sommes en train de mettre en place
un comité pour faire un travail de conciliation dans
les préfectures où il y a des problèmes. Si ça ne
marche pas, on sera obligé de proposer d’autres
solutions », nous a confié un responsable du
parti. Selon certaines informations en notre
possession, il y aurait des problèmes dans toutes
les préfectures où les vieux et les jeunes se
livrent une bataille sans merci.
Dans la préfecture de Bassar par exemple, l’actuel
président de l’Assemblée Nationale, Abass Bonfoh,
aurait dans un premier temps laissé entendre qu’il
ne voudrait pas être candidat. Il se proposerait de
positionner une femme qui est aussi originaire de
Kabou. Mais les populations d’un village voisin,
Sanda, qui ont toujours voté pour le candidat de
Kabou, souhaitent vivement que l’un des leurs soit
parmi les trois candidats de la préfecture. Il
semble que la promesse leur aurait été faite au
temps du « Père de
la Nation »
qu’à la prochaine législature, il leur reviendrait
de désigner le candidat. C’est fort de cela que le
tout-puissant Major Kouloum, un fils de Sanda,
revendique sa candidature. Il est soutenu en cela
par les populations de son village. Mais la question
qui se pose est de savoir si l’Etat-major du RPT
accepterait la candidature de quelqu’un qui a fait
la misère aux populations d’Atakpamé et dont le nom
est régulièrement cité dans les différents rapports
publiés sur les violences de 2005.
Dans l’Oti, les éternels députés que sont les
Natchaba et Kantchatchi n’ont plus pignon sur rue.
Ils sont accusés par leurs populations de n’avoir
pas pris des années durant assez d’initiatives pour
le développement de leur milieu. Celles-ci auraient
envie de voir de nouvelles personnalités agir au nom
de la préfecture.
Le même conflit de génération a cours dans la
préfecture de
la Kozah
considérée à tort ou à raison comme le fief du RPT.
Les jeunes s’activent à détrôner les barons. D’après
certaines indiscrétions, l’actuel ministre de
la Défense
qui a été, il y a quelques mois, annoncé du côté de
la préfecture de Blitta, se préparerait à se
positionner plutôt dans
la Kozah.
Dans la préfecture de Tchamba, on susurre que le
ministre de
la Sécurité,
le Colonel Atcha Titikpina, aurait envie d’échanger
le treillis contre le manteau de député à
l’Assemblée Nationale. Les actuels députés Soulé
Oumorou et Inoussa S. Kidemokafo auront fort à faire
devant le colonel-ministre.
Comme on le voit, le RPT connaît de sérieux
problèmes quant au choix de ses candidats dans le
cadre des prochaines élections législatives. Vieux
et jeunes se tiraillent pour s’imposer lors du choix
définitif. Dans la foulée, il est fait état de ce
que «certaines très proches» de Faure
Gnassingbé envisageraient se présenter elles aussi
au nom du parti. Un choix qui s’annonce alors
difficile pour « un leader nouveau, un esprit
nouveau ».
R.K. |
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Accord tripartite Togo-Bénin-HCR : Le pouvoir
togolais fait la cour aux réfugiés |
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Le HCR sous pressions pour rapatrier les
réfugiés, affirmions nous sans détour dans notre
parution de vendredi dernier. « Les pressions des
autorités togolaises sont de plus en plus vives sur
les responsables du HCR dans les camps de réfugiés
installés sur le territoire béninois ( Lokossa,
Agamé, Comé) », indiquait à cet effet une source
concordante. |
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Par réflexes habituels de nos détracteurs, nous
avions été traités de tous les mots, d’oiseaux de
mauvais augure, de voir des problèmes là où il n’y
en a pas. Comme pour nous conforter dans nos
affirmations, la preuve a été donnée la semaine
suivante par la signature d’un accord tripartite
entre le Togo, le Bénin et le HCR intervenue mardi.
« Rapatriement volontaire des réfugiés togolais
au Bénin ; Un accord tripartite entre le Togo, le
Bénin et le HCR signé hier à Lomé », annonça en
manchette le « Grand quotidien national
d’information » dans son édition n° 7506 du
mercredi 4 avril 2007. « Le Togo, le Bénin et le
Haut Commissariat des Nations Unies pour les
Réfugiés (HCR) ont signé, hier, un accord tripartite
pour favoriser le retour des Togolais qui ont fui le
pays lors des violences enrégistrées au lendemain de
l’élection présidentielle d’avril 2005. Ce sont les
ministres d’Etat, en charge de la diplomatie
togolaise, M. Zarifou Ayéva, des Affaires étrangères
du Bénin, Mme Mariam Aladji Boni et le représentant
du Haut Commissariat des Nations Unies pour les
Réfugiés (HCR) pour le Niger, le Togo, le Bénin et
le Burkina Faso qui ont signé le document »,
écrivait Togo-Presse.
Surenchère
Comme à leurs habitudes, les officiels
Togolais n’ont pas manqué de vanter l’événement, de
s’adonner au traditionnel exercice de propagande
politicienne et de récupération. Et c’était le
« très proverbial » Zarifou Ayéva qui s’est
produit. « Par cet acte simple mais plein de
signification que nous venons de poser, nous avons
tracé et formalisé le cadre juridique dans lequel le
rapatriement devra se dérouler pour rassurer les
populations concernées », déclara-t-il. Et à
« Togo Presse » de surenchérir qu’ « aux
termes de cet accord donc, les trois entités
s’engagent à réunir, non seulement les conditions
nécessaires d’un rapatriement volontaire dans la
dignité et la sécurité, mais également la
réinsertion socio-économique de ces réfugiés. D’ores
et déjà, le Togo s’engage à renforcer les structures
déjà existantes et à en créer d’autres. D’autres
mesures plus appropriées et des dispositions
nécessaires seront aussi mises en œuvre ».
Toutes ces dispositions paraissent des
manifestations d’intention. Mais à plusieurs égards,
passée à l’analyse de la situation politico sociale
réelle, cette cérémonie de signature du pseudo
accord tripartite apparaît comme une saynète
destinée à divertir les Togolais et la Communauté
Internationale,
selon des observateurs avisés de la scène politique
togolaise. Car, estiment-ils, les solutions se
trouvent ailleurs.
Et les « assassins », qu’en fait-on ?
Cette frange semble bien être dans le vrai à
considérer les mobiles qui sont à la base de l’exil
de la soixantaine de milliers de Togolais qui
vivotent aujourd’hui dans les camps de Lokossa,
Agamé, Comé en territoire béninois et au Ghana.
Comme on le sait, ces Togolais ont été obligés de
détaler à la suite des violences électorales d’avril
2005 qui ont coûté la vie à près de mille de leurs
compatriotes. Ils ont fui pour sauver leur peau. Ils
ne sont donc pas partis de leur gré. Le tort de la
plupart d’entre eux, c’est d’avoir été témoins des
tueries de leurs parents, amis et voisins et sont
poursuivis par leurs bourreaux qui craignent qu’ils
ne les dénoncent.
Toutes les organisations qui ont eu à élaborer des
rapports sur ces violences ont recommandé que
justice soit faite, convaincues que l’impunité des
crimes encourage la récidive, que la traduction de
ces assassins devant la Justice pour qu’ils
répondent de leurs actes est la seule action qui
puisse rassurer les réfugiés à rentrer au pays. L’Accord
Politique Global du 20 août 2006 recommandait en son
point 2.3 intitulé « Cas des réfugiés et des
personnes déplacées » la création d’« un
environnement politique et institutionnel rassurant
pour les réfugiés et personnes déplacées ». Et
comme l’a si bien ébauché le Représentant du HCR, M.
Rafik Saïdi, « Le tout n’est pas de convaincre
les compatriotes à rentrer au bercail ». Et ce
n’est certes pas la signature d’un accord tripartite
qui va les séduire. Car ils ont déjà été floués par
les gouvernants. On se rappelle qu’en mars 2006,
Edem Kodjo, à l’époque Premier Ministre, avait
demandé par une lettre circulaire aux organes
compétents « d’abandonner toutes poursuites
diligentées ou à diligenter » contre les auteurs
des violences et appela par la même occasion les
réfugiés à rentrer au pays. Beaucoup avaient cru à
la sincérité de ces mesures mais n’ont eu que leurs
beaux yeux pour pleurer. Certains ont été cueillis à
Sanvée-Condji, juste après avoir traversé la
frontière Togo-Bénin. D’autres ont été arrêtés une
fois arrivés à Lomé. Certains réfugiés du Nord qui
sont rentrés ont eu maille à partir avec les
autorités traditionnelles locales qui leur ont fait
voir de toutes les couleurs.
Avec ces expériences malheureuses du passé récent,
ce pseudo « accord tripartite » risque de ne
point séduire les réfugiés à rentrer. Ce qu’il faut
pour les séduire, c’est de « réunir les
conditions nécessaires » à leur sécurité
d’abord, et cela passe par le châtiment des
bourreaux du peuple, puis à leur « réinsertion
socio-économique ». Ce qu’il faut pour les
séduire, ce ne sont plus des paroles, mais des
actes.
TINO Kossi |
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Après l’euphorie de la CAN et la désillusion, place
à la critique : Qui a obligé le Togo à organiser la
CAN U-17? |
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Depuis au moins deux ans, le Togo
avait été choisi pour abriter la 7è édition de la
Coupe d’Afrique des Nations de football catégorie
des moins de 17 ans (CAN U-17). Nous disons depuis
au moins deux ans, car généralement, pour ces genres
de compétition, au moment où l’on connaît le
candidat à l’organisation du prochain rendez-vous,
approximativement le pays censé organiser la
surprochaine compétition se connaît. |
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Le 7è championnat qui a débuté
le 10 mars 2007 s’est achevé sur une note de
satisfaction générale le dimanche 25 mars, en dépit
de la défaite de nos vaillants et ô combien
séduisants cadets face à l’équipe du Nigeria en
finale par une courte défaite (0-1). Ce serait
d’ailleurs trop leur demander que de remporter la
coupe mise en jeu, tellement l’improvisation et
l’impréparation au sommet de l’Etat étaient au top.
Depuis le premier jusqu’au sixième championnat, nous
parions que jamais organisation n’aura été aussi
piètre que celle présentée par le Togo dirigé à peu
près comme un village.
Une dizaine de jours après la fin de
cette compétition, nous refusons pour notre part de
noyer dans l’euphorie inattendue de la fin de la
compétition, la honteuse mauvaise organisation que
nos autorités politiques et sportives ont réservée à
cet événement, véritable fête nationale sous
d’autres cieux. Quand on sait que, ni la CAF ni la
FIFA, n’ont jamais imposé à telle ou telle nation
l’organisation de la CAN ou de la Coupe du monde, et
que c’est librement que les candidats se bousculent
de leur propre chef par simple prestige pour
postuler à l’organisation des jeux, il y a lieu de
s’interroger sur tout ce désordre et ce
laisser-aller qu’on a vus au Togo et auxquels sont
venues s’ajouter les coupures intempestives de
courant dans la ville de Lomé qui aura servi de
cadre à l’événement.
Pour postuler à l’organisation d’une
compétition sportive de l’envergure de la Coupe
d’Afrique des Nations de football quelle que soit la
catégorie, il faut en avoir le poids, et entre
autres des infrastructures sportives et hôtelières
de bon niveau, un intérêt manifeste incontestable
pour la chose sportive et culturelle de la part des
autorités du pays qui souhaite abriter la
compétition; en plus, le pays doit jouir aussi d’une
bonne santé financière. Or au Togo, toutes ces
conditions sont loin d’être réunies. A l’époque où
notre pays briguait l’organisation de la 7è édition
de la CAN des moins de 17 ans, le fils de feu
président Eyadèma était aux commandes de la FTF. De
là à présumer que ce n’était que par prestige et non
par conviction, le pas est vite franchi.
A un moment donné, on avait comme
l’impression, que d’après les responsables
politiques et sportifs, il suffisait d’avoir deux
stades répondant à peu près aux normes de la FIFA,
pour prétendre pouvoir organiser la CAN, erreur !
Nos responsables politiques n’aiment pas le sport et
le football plus spécifiquement, autrement ils en
auraient exploité depuis longtemps le caractère
fédérateur et développé au mieux notre football en y
injectant l’argent indispensable au lieu d’en
injecter dans l’armement à outrance et dans le
recrutement incessant de soldats pour un petit pays
comme le nôtre. Nos dirigeants n’aiment que les
dividendes que pourraient générer les grandes
rencontres de foot sur nos stades, et cela, pour
leurs propres poches; le foot étant devenu une
affaire de gros sous. Sinon pourquoi pendant près de
30 ans, il n’y avait eu qu’une catégorie de Togolais
qu’on impose ou qui s’imposent à la tête de la FTF
par des simulacres de vote ? Il y aurait eu
réédition le 9 janvier 2007, n’eussent été
l’intervention des instances du football mondial et
leur vigilance. Et si c’étaient les hommes en
uniforme qui devraient aider le sport togolais en
général à sortir des sentiers battus et émerger,
avouons qu’aucun pays de la sous-région ne
rivaliserait avec le Togo au jour d’aujourd’hui en
matière de sport, vu la place occupée à la tête de
nos instances sportives. Mais tel n’est pas le cas.
Un petit retour à la CAN senior de
2006 en Egypte et à la Coupe du Monde en Allemagne
nous rappelle les bourdes de l’ex-président de la
FTF, bourdes qui ont vite fait de le discréditer,
alors que son pays s’est engagé à abriter la CAN
cadette en 2007. Il était critiqué pour sa mauvaise
gestion de la FTF et surtout pour l’opacité qui
entoure la gestion de la trésorerie. Rappelons
qu’aucune lumière n’a été faite jusqu’ici sur le
bilan financier de la FTF sous Rock Gnassingbé et la
passation de service a fait motus et bouche cousue
sur les fonds de la Fédé pendant ses deux mandats.
Avouons que, même s’il n’avait pas été évincé de la
fédération grâce à la FIFA et la CAF par une
élection limpide, ce à quoi on aurait eu droit comme
organisation n’aurait pas été différent de ce que
nous critiquons ici et dont, tout bien pesé,
personne ne saurait en faire porter le chapeau au
Sieur Tata Avlessi qui a hérité d’une
« pourriture » à laquelle il lui faut absolument
redonner vie.
Pour revenir à l’organisation de la
CAN proprement dite, quelques péripéties édifiantes
méritent rappel. Nous sommes en décembre 2006, à
deux mois du coup d’envoi de la CAN-cadets et ce
n’est qu’à cette période qu’on commençait timidement
à se réveiller pour la compétition en mettant sur
pied des commissions comme la « Commission
Cérémonie Animation » chargée du mouvement
d’ensemble, du groupe folklorique et du ballet. On
ne dirait pas que cette piètre performance du samedi
10 mars 2007 à l’ouverture, qui aura duré environ
trois quarts d’heure, mais n’avait rien
d’extraordinaire, applaudie, avouons-le, par simple
courtoisie, aura englouti des millions de francs
CFA. N’est-ce pas quelque part, le résultat du
réveil tardif ?
A quelques jours de la compétition,
le stade Omnisports de Lomé, n’était pas au point.
C’est dans la perspective de la CAN qu’il avait été
prévu du gazon synthétique. Tout le monde se
rappelle la bataille que les média ont dû engager
par des dénonciations de rétention du matériel au
port de Lomé, jusqu’à sa libération. Selon certains,
Rock et ses sbires seraient passés par là. Vrai ou
faux ? Si l’on prétend aimer son pays, le sport et
le foot en particulier, nous nous demandons à quoi
servaient ces manœuvres. Tout se passe depuis un
certain temps dans ce pays comme si le Togo n’a plus
de dirigeant. Car autant on crie sur tous les toits
que nos professionnels ou la FTF font la honte du
Togo, autant il faut reconnaître que, si les
autorités au sommet avaient pris les dispositions
adéquates, cette affaire de gazon bloqué au port
n’aurait pas fait tant de bruits au point de tomber
dans « les oreilles de
la FIFA ».
Signalons que sur ce stade de Lomé en tout et pour
tout, seuls deux matches ont été joués pendant les
deux semaines.
Autre chose, tous ceux qui ont eu à
fréquenter les toilettes sans eau du stade de Kégué,
et confrontés à des odeurs pestilentielles, ont dit
être presque tombés en pâmoison. C’était au début de
la compétition. Quelle bonne impression nos
visiteurs ont pu avoir de nous ? Il semble que cela
se soit amélioré par la suite. Mais avouons que ça
ne fait pas honneur au pays. Pour confirmer le
parfait désordre de l’organisation de la CAN U-17 et
montrer l’image d’un « pays auquel on aurait
imposé de force d’organiser la compétition et qui
s’y prend sans y avoir le cœur », la télévision
nationale a apporté son habituel grain de sable par
des images d’ouverture assez défectueuses. Oh quelle
honte!
Pendant une vingtaine de minutes
environ, des images passaient sans le son et avec
quelquefois des grésillements insupportables. C’est
cela, la marche en avant du Togo. Inutile de parler
du délestage électrique pendant les moments de
compétition. Mais ce qui marquera encore longtemps
les esprits, c’est cette coupure pendant quelques
minutes à Kégué en pleine finale, plongeant et le
Président national et son Premier Ministre et tout
le reste dans l’obscurité. Belle leçon de délestage
pour le régime RPT qui a vu fuir discrètement notre
PR national. Comme quoi, au Togo, on a passé tout le
temps à chanter et danser (« heureux le peuple
qui chante et qui danse » dixit RPT), pendant
que nos frères du Ghana à côté suaient
sang et eau au travail pour avoir un barrage digne
de ce nom dont nous profitons depuis belle lurette,
ainsi que d’autres attributs de souveraineté.
Dans un tout autre registre, au
total trois matches livrés par le pays hôte ont été
rendus gratuits et donc pris en charge par le
Président de la République, nous a-t-on laissé
entendre. Ce sont Togo-Afrique du Sud, Togo-Gabon et
Togo-Nigeria. Or ce sont les matches du pays hôte
qui sont censés attirer le public et faire le plein
du stade. Il en est ainsi dans tous les pays. Toutes
ces places doivent être payées par le Togo à la CAF.
Nous, nous pensons que s’il y avait eu une
organisation convenable, avec publicité sur les
média nationaux et internationaux tels que RFI par
exemple et bien sûr également des affiches géantes
dans nos rues, la mobilisation des Togolais aurait
été telle que, nul n’aurait eu besoin de creuser
encore des gouffres à notre économie déjà malade.
Comparons le prix des places à ce qu’on aurait pu
investir en amont pour la publicité et nous tirons
nos conclusions. Pendant qu’on annonce l’entrée
gratuite au stade, l’administration fonctionne.
Curieux, n’est-ce pas ? Pauvre Togo ! Et jusqu’à la
fin tout a semblé tiré par les cheveux. C’est
surprenant que pour toute la CAN, on n’eût pas jugé
utile de ficeler préalablement un calendrier spécial
CAN U-17 consacrant des journées continues comme
cela se passe dans d’autres pays pour les mêmes
circonstances. Ce pays est spécial.
Revenons à nos vaillants Eperviers
cadets admirables de combativité et de technicité !
Combien de matches de préparation avec des
adversaires huppés avait-on pris la peine
d’organiser pour nos cadets ? Pourtant nous étions
des organisateurs qualifiés sans éliminatoires. Des
matches insignifiants livrés au dernier moment;
c’est tout. Grâce aux relations personnelles de
l’actuel Président de la FTF, le gros de leur
préparation a pu être réussi en terre ivoirienne
pendant trois semaines de mise au vert. Le cas de
ces 6 joueurs présentant des problèmes de santé et
qui avaient surgi au dernier moment, alors qu’on s’y
attendait le moins, avait fini par saper le moral du
public sportif togolais. Cela dénote de l’esprit
d’approximation avec lequel les choses sportives
sont traitées au Togo. Heureusement, nos jeunes
frères ont montré qu’on pouvait compter sur eux.
Même les autorités politiques qui ne semblaient pas
accorder une grande importance à la CAN des cadets
qu’elles ont demandé elles-mêmes à abriter
(continuité de l’Etat oblige) se sont
désillusionnées par la suite et ont trouvé qu’il
était indispensable de mettre leur poids dans la
balance. Mais trop tard.
La leçon à tirer, c’est que si l’on
n’est pas sûr de bien faire ce que d’autres
réussissent bien, il ne sert à rien de vouloir se
l’approprier et gâcher la fête du football à la CAF.
Ailleurs, dans bien d’autres pays, le football
constitue un ferment pour l’unité nationale,
contrairement à ce qu’au Togo, on ne prône que du
bout des lèvres et qu’on a du mal à traduire dans la
réalité. Autre chose, les Togolais en ont assez du
ridicule dans lequel les traîne depuis longtemps le
régime RPT à cours d’idées novatrices et réellement
séductrices. La sénilité finit toujours par avoir
raison des performances. A un moment donné, on eût
dit que l’organisation de la CAN U-17 a été confiée
à des enfants ! Vivement que cela ne se répète plus.
Quand on n’est pas en mesure d’assumer une
responsabilité, on ne la sollicite pas. Comme note,
s’il y avait à noter le Togo pour sa CAN, il mérite
juste 5/20 et encore par complaisance. Nous
terminons en souhaitant bon courage à nos jeunes
Eperviers et merci de nous avoir fait rêver, les
gars !
Alain SIMOUBA |
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