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Liberté Hebdo

7 avril 2007

[ 189: du 6 avril 2007]  
Que se passe-t-il au Centre National d’Instruction à Kara ? Des décès parmi les jeunes policiers en formation

Lors des opérations de recrutement pour le compte des Forces Armées et de la Police, les candidats sont soumis à des tests et contrôles médicaux. D’abord, on vérifie le dossier ; on prend ensuite la taille et le poids des candidats. Après, le candidat se déshabille et fait quelques pas aux fins de permettre aux médecins militaires recruteurs de se faire une idée sur l’état de sa colonne vertébrale. On pince alors les testicules pour voir si le candidat souffrait de l’hernie. Une analyse de sang est aussi prévue.

Nonobstant ces tests qui sont faits en amont, force est de constater qu’il y a de décès réguliers qui surviennent lors de la formation au métier des armes. Ce qui veut dire qu’il y a un laisser-aller pendant l’étape de recrutement.

En effet, depuis que les jeunes recrues de décembre 2006 sont en formation au Centre National d’Instruction (CNI) à Kara, on parle souvent de décès dans leur rang. Il y a quelques semaines, des informations en provenance de la ville de Kara font état de sept morts parmi ces nouvelles recrues. Mais au niveau de la hiérarchie policière, on minimise ces allégations tout en déclarant que ce sont des histoires à dormir débout.

Le cas qui défraie actuellement la chronique et dont notre confrère « Crocodile » N° 761 du mardi 04 avril
2007 a largement fait écho, est celui du jeune Sibabi Inoussa. Il est décédé le 18 mars dans des conditions jusqu’alors non élucidées. Puisque selon le confrère, la victime aurait appelé ses parents la veille de son décès pour s’enquérir de leurs nouvelles. Il a été inhumé à Kara bien que son enterrement soit programmé à Sokodé.

Comment se prend-on pour qu’il y ait autant de décès lors de la formation au métier des armes ? Telle est la question que se posent nombre de Togolais. De deux choses, l’une. Soit il y a du laxisme et du favoritisme pendant les opérations de recrutement, soit c’est la rudesse de la formation qui conduit les jeunes recrues à la géhenne. Il est alors indispensable qu’on repense les conditions de recrutement et de formation des forces armées et des forces de sécurité.

L.H.

 
Législatives de juin/ Choix des candidats au RPT : Faure et les vieux barons ne s’entendent pas sur la procédure

. Major Kouloum, Candidat du RPT dans la préfecture de Bassar
Le jeudi 03 août 2006, il s’était déroulé à la Présidence de la République une rencontre entre le Groupe parlementaire RPT et le chef de l’Etat Faure Gnassingbé. Au menu des discussions, les prochaines législatives. « Faure aurait dit à ses interlocuteurs que les législatives s’approchent et que ceux qui savent qu’ils ne peuvent pas faire le poids dans leur circonscription respective donnent la chance à d’autres », avions nous rapporté dans notre journal « Liberté » N°109 du 11 août 2006.

 Quelques mois plus tard, un conclave entre les membres du Bureau Politique, du Comité Central et les responsables préfectoraux du parti s’est tenu loin des médias à Notsé. L’objectif était de se pencher sur les comportements à adopter dans la perspective des élections législatives. Selon des indiscrétions émanant des participants, Faure aurait encore une fois insisté sur le choix des candidats devant défendre les couleurs du parti. Contrairement à ce qui se faisait au temps du Général-Président, les candidats seraient dorénavant proposés par la base.

Cependant, cette idée est combattue par certains barons qui veulent continuer à goûter aux délices du pouvoir. Dans une récente tournée à l’intérieur du pays, le Secrétaire Général du RPT, M. Esso Solitoki, a tenu un discours contraire aux vœux de Faure. Il aurait dénoncé l’attitude de certains militants surnommés « nouveaux riches » qui s’agitent sur le terrain et qui veulent prendre la place de tous ceux qui se sont toujours battus pour le parti. Pour lui, le choix des candidats par la base serait un non lieu. De forts accrochages se profilent à l’horizon au sein du parti.

En effet, la date butoir pour le dépôt des candidatures au siège du parti était le 30 mars. Il y aurait plusieurs centaines de candidats. Dans certaines préfectures, cinq à six personnes se seraient manifestées. « Les prochaines législatives suscitent beaucoup d’intérêt auprès de nos militants. Plusieurs candidats se sont manifestés. Nous sommes en train de mettre en place un comité pour faire un travail de conciliation dans les préfectures où il y a des problèmes. Si ça ne marche pas, on sera obligé de proposer d’autres solutions », nous a confié un responsable du parti. Selon certaines informations en notre possession, il y aurait des problèmes dans toutes les préfectures où les vieux et les jeunes se livrent une bataille sans merci.


Dans la préfecture de Bassar par exemple, l’actuel président de l’Assemblée Nationale, Abass Bonfoh, aurait dans un premier temps laissé entendre qu’il ne voudrait pas être candidat. Il se proposerait de positionner une femme qui est aussi originaire de Kabou. Mais les populations d’un village voisin, Sanda, qui ont toujours voté pour le candidat de Kabou, souhaitent vivement que l’un des leurs soit parmi les trois candidats de la préfecture. Il semble que la promesse leur aurait été faite au temps du « Père de
la Nation » qu’à la prochaine législature, il leur reviendrait de désigner le candidat. C’est fort de cela que le tout-puissant Major Kouloum, un fils de Sanda, revendique sa candidature. Il est soutenu en cela par les populations de son village. Mais la question qui se pose est de savoir si l’Etat-major du RPT accepterait la candidature de quelqu’un qui a fait la misère aux populations d’Atakpamé et dont le nom est régulièrement cité dans les différents rapports publiés sur les violences de 2005.

Dans l’Oti, les éternels députés que sont les Natchaba et Kantchatchi n’ont plus pignon sur rue. Ils sont accusés par leurs populations de n’avoir pas pris des années durant assez d’initiatives pour le développement de leur milieu. Celles-ci auraient envie de voir de nouvelles personnalités agir au nom de la préfecture.

Le même conflit de génération a cours dans la préfecture de
la Kozah considérée à tort ou à raison comme le fief du RPT. Les jeunes s’activent à détrôner les barons. D’après certaines indiscrétions, l’actuel ministre de la Défense qui a été, il y a quelques mois, annoncé du côté de la préfecture de Blitta, se préparerait à se positionner plutôt dans la Kozah.

Dans la préfecture de Tchamba, on susurre que le ministre de
la Sécurité, le Colonel Atcha Titikpina, aurait envie d’échanger le treillis contre le manteau de député à l’Assemblée Nationale. Les actuels députés Soulé Oumorou et Inoussa S. Kidemokafo auront fort à faire devant le colonel-ministre.

Comme on le voit, le RPT connaît de sérieux problèmes quant au choix de ses candidats dans le cadre des prochaines élections législatives. Vieux et jeunes se tiraillent pour s’imposer lors du choix définitif. Dans la foulée, il est fait état de ce que «certaines très proches» de Faure Gnassingbé envisageraient se présenter elles aussi au nom du parti. Un choix qui s’annonce alors difficile pour « un leader nouveau, un esprit nouveau ».

R.K.

 
Accord tripartite Togo-Bénin-HCR : Le pouvoir togolais fait la cour aux réfugiés

Le HCR sous pressions pour rapatrier les réfugiés, affirmions nous sans détour dans notre parution de vendredi dernier. « Les pressions des autorités togolaises sont de plus en plus vives sur les responsables du HCR dans les camps de réfugiés installés sur le territoire béninois ( Lokossa, Agamé, Comé) », indiquait à cet effet  une source concordante.

Par réflexes habituels de nos détracteurs, nous avions été traités de tous les mots, d’oiseaux de mauvais augure, de voir des problèmes là où il n’y en a pas. Comme pour nous conforter dans nos affirmations, la preuve a été donnée la semaine suivante par la signature d’un accord tripartite entre le Togo, le Bénin et le HCR intervenue mardi. « Rapatriement volontaire des réfugiés togolais au Bénin ; Un accord tripartite entre le Togo, le Bénin et le HCR signé hier à Lomé », annonça en manchette le « Grand quotidien national d’information » dans son édition n° 7506 du mercredi 4 avril 2007. « Le Togo, le Bénin et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) ont signé, hier, un accord tripartite pour favoriser le retour des Togolais qui ont fui le pays lors des violences enrégistrées au lendemain de l’élection présidentielle d’avril 2005. Ce sont les ministres d’Etat, en charge de la diplomatie togolaise, M. Zarifou Ayéva, des Affaires étrangères du Bénin, Mme Mariam Aladji Boni et le représentant du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) pour le Niger, le Togo, le Bénin et le Burkina Faso qui ont signé le document », écrivait Togo-Presse.

Surenchère

            Comme à leurs habitudes, les officiels Togolais n’ont pas manqué de vanter l’événement, de s’adonner au traditionnel exercice de propagande politicienne et de récupération. Et c’était le « très proverbial » Zarifou Ayéva qui s’est produit. « Par cet acte simple mais plein de signification que nous venons de poser, nous avons tracé et formalisé le cadre juridique dans lequel le rapatriement devra se dérouler pour rassurer les populations concernées », déclara-t-il. Et à « Togo Presse » de surenchérir qu’  « aux termes de cet accord donc, les trois entités s’engagent à réunir, non seulement les conditions nécessaires d’un rapatriement volontaire dans la dignité et la sécurité, mais également la réinsertion socio-économique de ces réfugiés. D’ores et déjà, le Togo s’engage à renforcer les structures déjà existantes et à en créer d’autres. D’autres mesures plus appropriées et des dispositions nécessaires seront aussi mises en œuvre ».

Toutes ces dispositions paraissent des manifestations d’intention. Mais à plusieurs égards, passée à l’analyse de la situation politico sociale réelle, cette cérémonie de signature du pseudo accord tripartite apparaît comme une saynète destinée à divertir les Togolais et la Communauté Internationale, selon des observateurs avisés de la scène politique togolaise. Car, estiment-ils, les solutions se trouvent ailleurs.

Et les « assassins », qu’en fait-on ?

Cette frange semble bien être dans le vrai à considérer les mobiles qui sont à la base de l’exil de la soixantaine de milliers de Togolais qui vivotent aujourd’hui dans les camps de Lokossa, Agamé, Comé en territoire béninois et au Ghana. Comme on le sait, ces Togolais ont été obligés de détaler à la suite des violences électorales d’avril 2005 qui ont coûté la vie à près de mille de leurs compatriotes. Ils ont fui pour sauver leur peau. Ils ne sont donc pas partis de leur gré. Le tort de la plupart d’entre eux, c’est d’avoir été témoins des tueries de leurs parents, amis et voisins et sont poursuivis par leurs bourreaux qui craignent qu’ils ne les dénoncent.

Toutes les organisations qui ont eu à élaborer des rapports sur ces violences ont recommandé que justice soit faite, convaincues que l’impunité des crimes encourage la récidive, que la traduction de ces assassins devant la Justice pour qu’ils répondent de leurs actes est la seule action qui puisse rassurer les réfugiés à rentrer au pays. L’Accord Politique Global du 20 août 2006 recommandait en son point 2.3  intitulé « Cas des réfugiés et des personnes déplacées » la création d’« un environnement politique et institutionnel rassurant pour les réfugiés et personnes déplacées ». Et comme l’a si bien ébauché le Représentant du HCR, M. Rafik Saïdi, « Le tout n’est pas de convaincre les compatriotes à rentrer au bercail ». Et ce n’est certes pas la signature d’un accord tripartite qui va les séduire. Car ils ont déjà été floués par les gouvernants. On se rappelle qu’en mars 2006, Edem Kodjo, à l’époque Premier Ministre, avait demandé par une lettre circulaire aux organes compétents « d’abandonner toutes poursuites diligentées ou à diligenter » contre les auteurs des violences et appela par la même occasion les réfugiés à rentrer au pays. Beaucoup avaient cru à la sincérité de ces mesures mais n’ont eu que leurs beaux yeux pour pleurer. Certains ont été cueillis à Sanvée-Condji, juste après avoir traversé la frontière Togo-Bénin. D’autres ont été arrêtés une fois arrivés à Lomé. Certains réfugiés du Nord qui sont rentrés ont eu maille à partir avec les autorités traditionnelles locales qui leur ont fait voir de toutes les couleurs.

Avec ces expériences malheureuses du passé récent, ce pseudo « accord tripartite » risque de ne point séduire les réfugiés à rentrer. Ce qu’il faut pour les séduire, c’est de « réunir les conditions nécessaires » à leur sécurité d’abord, et cela passe par le châtiment des bourreaux du peuple, puis à leur « réinsertion socio-économique ». Ce qu’il faut pour les séduire, ce ne sont plus des paroles, mais des actes.

TINO Kossi

 
Après l’euphorie de la CAN et la désillusion, place à la critique : Qui a obligé le Togo à organiser la CAN U-17?

Depuis au moins deux ans, le Togo avait été choisi pour abriter la 7è édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football catégorie des moins de 17 ans (CAN U-17). Nous disons depuis au moins deux ans, car généralement, pour ces genres de compétition, au moment où l’on connaît le candidat à l’organisation du prochain rendez-vous, approximativement le pays censé organiser la surprochaine compétition se connaît.

 Le 7è championnat qui a débuté le 10 mars 2007 s’est achevé sur une note de satisfaction générale le dimanche 25 mars, en dépit de la défaite de nos vaillants et ô combien séduisants cadets face à l’équipe du Nigeria en finale par une courte défaite (0-1). Ce serait d’ailleurs trop leur demander que de remporter la coupe mise en jeu, tellement l’improvisation et l’impréparation au sommet de l’Etat étaient au top. Depuis le premier jusqu’au sixième championnat, nous parions que jamais organisation n’aura été aussi piètre que celle présentée par le Togo dirigé à peu près comme un village.

Une dizaine de jours après la fin de cette compétition, nous refusons pour notre part de noyer dans l’euphorie inattendue de la fin de la compétition, la honteuse mauvaise organisation que nos autorités politiques et sportives ont réservée à cet événement, véritable fête nationale sous d’autres cieux. Quand on sait que, ni la CAF ni la FIFA, n’ont jamais imposé à telle ou telle nation l’organisation de la CAN ou de la Coupe du monde, et que c’est librement que les candidats se bousculent de leur propre chef par simple prestige pour postuler à l’organisation des jeux, il y a lieu de s’interroger sur tout ce désordre et ce laisser-aller qu’on a vus au Togo et auxquels sont venues s’ajouter les coupures intempestives de courant dans la ville de Lomé qui aura servi de cadre à l’événement.

Pour postuler à l’organisation d’une compétition sportive de l’envergure de la Coupe d’Afrique des Nations de football quelle que soit la catégorie, il faut en avoir le poids, et entre autres des infrastructures sportives et hôtelières de bon niveau, un intérêt manifeste incontestable pour la chose sportive et culturelle de la part des autorités du pays qui souhaite abriter la compétition; en plus, le pays doit jouir aussi d’une bonne santé financière. Or au Togo, toutes ces conditions sont loin d’être réunies. A l’époque où notre pays briguait l’organisation de la 7è édition de la CAN des moins de 17 ans, le fils de feu président Eyadèma était aux commandes de la FTF. De là à présumer que ce n’était que par prestige et non par conviction, le pas est vite franchi.

A un moment donné, on avait comme l’impression, que d’après les responsables politiques et sportifs, il suffisait d’avoir deux stades répondant à peu près aux normes de la FIFA, pour prétendre pouvoir organiser la CAN, erreur ! Nos responsables politiques n’aiment pas le sport et le football plus spécifiquement, autrement ils en auraient exploité depuis longtemps le caractère fédérateur et développé au mieux notre football en y injectant l’argent indispensable au lieu d’en injecter dans l’armement à outrance et dans le recrutement incessant de soldats pour un petit pays comme le nôtre. Nos dirigeants n’aiment que les dividendes que pourraient générer les grandes rencontres de foot sur nos stades, et cela, pour leurs propres poches; le foot étant devenu une affaire de gros sous. Sinon pourquoi pendant près de 30 ans, il n’y avait eu qu’une catégorie de Togolais qu’on impose ou qui s’imposent à la tête de la FTF par des simulacres de vote ? Il y aurait eu réédition le 9 janvier 2007, n’eussent été l’intervention des instances du football mondial et leur vigilance. Et si c’étaient les hommes en uniforme qui devraient aider le sport togolais en général à sortir des sentiers battus et émerger, avouons qu’aucun pays de la sous-région ne rivaliserait avec le Togo au jour d’aujourd’hui en matière de sport, vu la place occupée à la tête de nos instances sportives. Mais tel n’est pas le cas.

Un petit retour à la CAN senior de 2006 en Egypte et à la Coupe du Monde en Allemagne nous rappelle les bourdes de l’ex-président de la FTF, bourdes qui ont vite fait de le discréditer, alors que son pays s’est engagé à abriter la CAN cadette en 2007. Il était critiqué pour sa mauvaise gestion de la FTF et surtout pour l’opacité qui entoure la gestion de la trésorerie. Rappelons qu’aucune lumière n’a été faite jusqu’ici sur le bilan financier de la FTF sous Rock Gnassingbé et la passation de service a fait motus et bouche cousue sur les fonds de la Fédé pendant ses deux mandats. Avouons que, même s’il n’avait pas été évincé de la fédération grâce à la FIFA et la CAF par une élection limpide, ce à quoi on aurait eu droit comme organisation n’aurait pas été différent de ce que nous critiquons ici et dont, tout bien pesé, personne ne saurait en faire porter le chapeau au Sieur Tata Avlessi qui a hérité d’une « pourriture » à laquelle il lui faut absolument redonner vie.

Pour revenir à l’organisation de la CAN proprement dite, quelques péripéties édifiantes méritent rappel. Nous sommes en décembre 2006, à deux mois du coup d’envoi de la CAN-cadets et ce n’est qu’à cette période qu’on commençait timidement à se réveiller pour la compétition en mettant sur pied des commissions comme la « Commission Cérémonie Animation » chargée du mouvement d’ensemble, du groupe folklorique et du ballet. On ne dirait pas que cette piètre performance du samedi 10 mars 2007 à l’ouverture, qui aura duré environ trois quarts d’heure, mais n’avait rien d’extraordinaire, applaudie, avouons-le, par simple courtoisie, aura englouti des millions de francs CFA. N’est-ce pas quelque part, le résultat du réveil tardif ?

A quelques jours de la compétition, le stade Omnisports de Lomé, n’était pas au point. C’est dans la perspective de la CAN qu’il avait été prévu du gazon synthétique. Tout le monde se rappelle la bataille que les média ont dû engager par des dénonciations de rétention du matériel au port de Lomé, jusqu’à sa libération. Selon certains, Rock et ses sbires seraient passés par là. Vrai ou faux ? Si l’on prétend aimer son pays, le sport et le foot en particulier, nous nous demandons à quoi servaient ces manœuvres. Tout se passe depuis un certain temps dans ce pays comme si le Togo n’a plus de dirigeant. Car autant on crie sur tous les toits que nos professionnels ou la FTF font la honte du Togo, autant il faut reconnaître que, si les autorités au sommet avaient pris les dispositions adéquates, cette affaire de gazon bloqué au port n’aurait pas fait tant de bruits au point de tomber dans « les oreilles de la FIFA ». Signalons que sur ce stade de Lomé en tout et pour tout, seuls deux matches ont été joués pendant les deux semaines.

Autre chose, tous ceux qui ont eu à fréquenter les toilettes sans eau du stade de Kégué, et confrontés à des odeurs pestilentielles, ont dit être presque tombés en pâmoison. C’était au début de la compétition. Quelle bonne impression nos visiteurs ont pu avoir de nous ? Il semble que cela se soit amélioré par la suite. Mais avouons que ça ne fait pas honneur au pays. Pour confirmer le parfait désordre de l’organisation de la CAN U-17 et montrer l’image d’un « pays auquel on aurait imposé de force d’organiser la compétition et qui s’y prend sans y avoir le cœur », la télévision nationale a apporté son habituel grain de sable par des images d’ouverture assez défectueuses. Oh quelle honte!

Pendant une vingtaine de minutes environ, des images passaient sans le son et avec quelquefois des grésillements insupportables. C’est cela, la marche en avant du Togo. Inutile de parler du délestage électrique pendant les moments de compétition. Mais ce qui marquera encore longtemps les esprits, c’est cette coupure pendant quelques minutes à Kégué en pleine finale, plongeant et le Président national et son Premier Ministre et tout le reste dans l’obscurité. Belle leçon de délestage pour le régime RPT qui a vu fuir discrètement notre PR national. Comme quoi, au Togo, on a passé tout le temps à chanter et danser (« heureux le peuple qui chante et qui danse » dixit RPT), pendant que nos frères du Ghana à côté suaient sang et eau au travail pour avoir un barrage digne de ce nom dont nous profitons depuis belle lurette, ainsi que d’autres attributs de souveraineté.

Dans un tout autre registre, au total trois matches livrés par le pays hôte ont été rendus gratuits et donc pris en charge par le Président de la République, nous a-t-on laissé entendre. Ce sont Togo-Afrique du Sud, Togo-Gabon et Togo-Nigeria. Or ce sont les matches du pays hôte qui sont censés attirer le public et faire le plein du stade. Il en est ainsi dans tous les pays. Toutes ces places doivent être payées par le Togo à la CAF. Nous, nous pensons que s’il y avait eu une organisation convenable, avec publicité sur les média nationaux et internationaux tels que RFI par exemple et bien sûr également des affiches géantes dans nos rues, la mobilisation des Togolais aurait été telle que, nul n’aurait eu besoin de creuser encore des gouffres à notre économie déjà malade. Comparons le prix des places à ce qu’on aurait pu investir en amont pour la publicité et nous tirons nos conclusions. Pendant qu’on annonce l’entrée gratuite au stade, l’administration fonctionne. Curieux, n’est-ce pas ? Pauvre Togo ! Et jusqu’à la fin tout a semblé tiré par les cheveux. C’est surprenant que pour toute la CAN, on n’eût pas jugé utile de ficeler préalablement un calendrier spécial CAN U-17 consacrant des journées continues comme cela se passe dans d’autres pays pour les mêmes circonstances. Ce pays est spécial.

Revenons à nos vaillants Eperviers cadets admirables de combativité et de technicité ! Combien de matches de préparation avec des adversaires huppés avait-on pris la peine d’organiser pour nos cadets ? Pourtant nous étions des organisateurs qualifiés sans éliminatoires. Des matches insignifiants livrés au dernier moment; c’est tout. Grâce aux relations personnelles de l’actuel Président de la FTF, le gros de leur préparation a pu être réussi en terre ivoirienne pendant trois semaines de mise au vert. Le cas de ces 6 joueurs présentant des problèmes de santé et qui avaient surgi au dernier moment, alors qu’on s’y attendait le moins, avait fini par saper le moral du public sportif togolais. Cela dénote de l’esprit d’approximation avec lequel les choses sportives sont traitées au Togo. Heureusement, nos jeunes frères ont montré qu’on pouvait compter sur eux. Même les autorités politiques qui ne semblaient pas accorder une grande importance à la CAN des cadets qu’elles ont demandé elles-mêmes à abriter (continuité de l’Etat oblige) se sont désillusionnées par la suite et ont trouvé qu’il était indispensable de mettre leur poids dans la balance. Mais trop tard.

La leçon à tirer, c’est que si l’on n’est pas sûr de bien faire ce que d’autres réussissent bien, il ne sert à rien de vouloir se l’approprier et gâcher la fête du football à la CAF. Ailleurs, dans bien d’autres pays, le football constitue un ferment pour l’unité nationale, contrairement à ce qu’au Togo, on ne prône que du bout des lèvres et qu’on a du mal à traduire dans la réalité. Autre chose, les Togolais en ont assez du ridicule dans lequel les traîne depuis longtemps le régime RPT à cours d’idées novatrices et réellement séductrices. La sénilité finit toujours par avoir raison des performances. A un moment donné, on eût dit que l’organisation de la CAN U-17 a été confiée à des enfants ! Vivement que cela ne se répète plus. Quand on n’est pas en mesure d’assumer une responsabilité, on ne la sollicite pas. Comme note, s’il y avait à noter le Togo pour sa CAN, il mérite juste 5/20 et encore par complaisance. Nous terminons en souhaitant bon courage à nos jeunes Eperviers et merci de nous avoir fait rêver, les gars !

Alain SIMOUBA

 

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