Site Web entier

AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
 

 

29 mars 2006

 
[ No 70: 28 mars 2006]
Maranatha FC ou le symbole de la corruption et de la violence

Malgré les exploits des Eperviers, le football togolais se porte très mal. Le championnat national de première division ainsi que les autres compétitions sont très mal organisés et le niveau du spectacle offert est, on ne peut plus, bas. Point n’est besoin de revenir sur les amortis de tibia, de la clavicule, de la bouche et les contrôles des fesses et de l’omoplate que les joueurs offrent à ces quelques courageux spectateurs qui font le déplacement des stades. En outre, la corruption des arbitres, des commissaires au match et la complaisance de certains membres de la fédération ont définitivement scellé le sort du football togolais. Ces comportements ne peuvent qu’attiser les violences sur les stades. Mais à Womé, la situation est toute autre. Corruptions, intimidations, harcèlements, actes de violence, tout y passe. Notre confrère « Forum de la Semaine » s’est même intéressé au problème en titrant dans son  N°114 du 1er décembre 2005 « Vol de vautours sur le championnat national de D1 : Womé ou la corruption à haute dose ».

Ce qui se passe à Womé
« Il ne serait donc pas exagéré de dire que tout arbitre désigné pour officier à Womé, jubile et se frotte les mains. Là-bas, la corruption s’impose d’elle-même, et sans parler de l’hospitalité que réserve le président de Maranatha FC, Améyi Gabriel, au trio arbitral les heures précédant la rencontre… », écrit le confrère. Après le match Maranatha-Asko pour le compte de la dixième journée du championnat national, un autre confrère avait raconté: « J’ai vu à Womé des choses horribles, qui vont de la foutue hospitalité que les gens là-bas réservent aux visiteurs, à la corruption dans son vrai sens. Même les agents des forces de l’ordre chargés de la sécurité ne sont pas épargnés ». Les journalistes chargés de couvrir les matches de Maranatha sont aussi saoulés par la magnanimité du député et se livrent à des reportages tendancieux. Nous avions même abordé entre temps ce fait en titrant dans la rubrique « Libertinage » que « La vie coule comme du miel à Womé ».

Outre la corruption à haute dose, les intimidations et les harcèlements proférés par les supporteurs, surtout par les premiers responsables, participent à ce que les gens appellent « Opération victoire à Womé ». Tout est fait pour faire passer Maranatha qui évolue devant son public. Mieux, tout le monde doit marcher aux pas d’« Abramovich » du Grand Kloto qui semble bénéficier de la complicité et du silence de la Fédération. Les arbitres déséquilibrés par les délices « woméennes » prennent des décisions sentimentales avec des penalties bidon, des hors-jeu et des fautes non sifflés. Il est même loisible de refuser un but à l’équipe adverse pour un hors-jeu inexistant.

En plus de cela, les visiteurs sont provoqués et sont matés s’ils osent répondre. « Nous les attendons à Kara. Ils verront pire que ce qu’ils nous ont fait vivre ici », déclarait un responsable d’Asko de Kara après que son équipe eut avalé les quatre buts des protégés du député Améyi. La même chose s’est passée avec Agaza. « Agaza ne mérite pas de perdre ce match par 0 but contre 3…L’accès au terrain avait été refusé à l’équipe d’Agaza, qui, après avoir subi des insultes et menaces de toutes sortes de la part des supporteurs de Maranatha FC, se voit accueillir en début de rencontre par un penalty imaginaire. Notre fameux commissaire au match dans son rapport n’a fait aucune allusion à ces choses », s’était indigné un responsable de la FTF. De plus, les matches entre Gomido et Maranatha ont été émaillés de violences aussi bien à l’aller qu’au retour. L’Etoile Filante, qui disputait entre temps le titre avec Maranatha, a également été victime de l’hospitalité « gentiment » violente de la population de Womé. Les supporteurs des « Bleus » ont été bien battus et il se raconte d’ailleurs que l’un des premiers responsables du club de Womé aurait même brandi son arme. Selon certaines indiscrétions, les rapports ont été faits et déposés sur la table de la fédération, mais jusqu’à ce jour, rien n’a été fait et « Opération victoire à Womé » fait son petit bonhomme de chemin.

La complaisance de la Fédération
Il est connu de tous que le prégo de la fédération entretient de bonnes relations avec le patron de Maranatha. Ce dernier avait activement pris part à sa réélection lors du congrès de décembre 2002. Compte tenu de cette relation, Rock Gnassingbé n’arrive pas à exercer des pressions sur le député Améyi pour qu’il fasse cesser ces actes qui faussent le championnat. Quand il y a des actes de violences et que le match se termine en queue de poisson, la Fédération ne donne que les trois points à Maranatha sans chercher à résoudre le problème en profondeur. On préfère garder le silence si le rapport épingle l’équipe de Maranatha. C’est le cas par exemple du rapport sur le match Maranatha-Etoile Filante.

Cette complaisance de la fédération dans la résolution des problèmes a ravivé les rancœurs et est à l’origine des actes de violences qui sont récurrents sur nos stades. Le match Dyto-Sémassi n’était pas allé à son terme à cause de l’invasion du terrain par les supporteurs. La confrontation Etoile Filante-AS Douanes s’est déroulée dans un cafouillage monstre. Lors du match Agaza-Maranatha comptant pour la 24ème journée du championnat, on a vu les joueurs ainsi que les membres du staff technique de Maranatha se gratter avec « appétit » le corps après avoir essuyé des coups de poudre provenant des tribunes. La fédération ne s’est pas préoccupée de ces problèmes et les violences ont atteint leur comble le dimanche 19 mars dernier lors du match entre Messagers de Fiokpo et Douaniers de Lomé. Les douaniers n’étant pas satisfaits des décisions de l’arbitre avaient envahi la pelouse en tentant d’en découdre avec l’arbitre. Certes, ce comportement des douaniers est condamnable. Mais il a eu le mérite d’ouvrir les yeux à la fédération qui a laissé pourrir la situation.  Si la fédération avait pris au sérieux cette déclaration d’un responsable d’Asko de Kara, « Nous les attendons à Kara. Ils verront pire que ce qu’ils nous ont fait vivre ici », et avait agi promptement, on ne serait pas arrivé à ce qui s’était passé le mercredi dernier à Kara où la délégation de Maranatha n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention rapide des forces de l’ordre.

Aujourd’hui, les responsables de Maranatha tentent de manipuler la presse en se passant pour les grandes victimes de ces violences. Sur ce qui s’est passé le dimanche 19 mars, une « réflexion d’un confrère » dont le nom n’est jamais précisé et qui n’est autre qu’un article sorti des entrailles des responsables de Maranatha pour brouiller les pistes, circule dans certains journaux de la place. C’est une façon de dire que Maranatha n’a jamais usé de violences et que ce sont ses adversaires qui sont à l’origine de ces situations. Titré « Le mensonge se lève très tôt mais la vérité finit toujours par triompher : Le cas de Maranatha FC de Fiokpo aux prises avec l’As Douanes est révélateur à plus d’un titre », l’article décrit à sa manière ce qui s’est passé et a louangé l’honorable député. « A partir d’aujourd’hui, nous comprenons que Maranatha et son président ont beaucoup d’ennemi dans le football. Pourquoi ne veut-on pas que Maranatha soit champion après avoir été trois fois vice champion ? C’est de la jalousie. La pure jalousie. La vérité a fini par triompher. A Womé, ce n’est pas la guerre comme ils le disent. C’est plutôt d’autres supporteurs qui provoquent ceux de Maranatha. Les douaniers viennent de le prouver », lit-on.

Ce chantage médiatique n’a pour seul but que de fausser les discussions qui sont ouvertes par la fédération à propos des actes « barbares » qui sont fréquents sur nos stades. Depuis vendredi, les réunions ont commencé, mais rien de concret n’a été décidé jusqu’à ce jour.

Tout compte fait, l’histoire retiendra que Maranatha FC a été champion du Togo en 2006 en produisant, non seulement un football plus ou moins acceptable, mais en recevant les coups de pouce des arbitres et en détenant les records des violences sur les stades.

Evans Yemey

 

Job.com

 

 

 
 

Nécrologie


Madame Adietou ADAM


Amidou ADAM

Leurs propos


Prof. Gnininvi

Richard Nyahoho

M. GNANDI Thomas
 

 

  Rapport de l'ONU / PDF
  Rapport FIDH
  Rapport Koffigoh

Publicité

Copy your games, movies, dvds, and data onto DVD.

 

You'll be amazed at the prices at CallingCards.com

 

AmericanSingles.com

 

Roxio Backup MyPC Deluxe!

 
 
   
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved