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Malgré les exploits des Eperviers, le football
togolais se porte très mal. Le championnat
national de première division ainsi que les
autres compétitions sont très mal organisés et
le niveau du spectacle offert est, on ne peut
plus, bas. Point n’est besoin de revenir sur les
amortis de tibia, de la clavicule, de la bouche
et les contrôles des fesses et de l’omoplate que
les joueurs offrent à ces quelques courageux
spectateurs qui font le déplacement des stades.
En outre, la corruption des arbitres, des
commissaires au match et la complaisance de
certains membres de la fédération ont
définitivement scellé le sort du football
togolais. Ces comportements ne peuvent
qu’attiser les violences sur les stades. Mais à
Womé, la situation est toute autre. Corruptions,
intimidations, harcèlements, actes de violence,
tout y passe. Notre confrère « Forum de la
Semaine » s’est même intéressé au
problème en titrant dans son N°114 du 1er
décembre 2005 « Vol de vautours sur le
championnat national de D1 : Womé ou la
corruption à haute dose ».
Ce qui se passe à Womé
« Il ne serait donc pas exagéré de dire que
tout arbitre désigné pour officier à Womé,
jubile et se frotte les mains. Là-bas, la
corruption s’impose d’elle-même, et sans parler
de l’hospitalité que réserve le président de
Maranatha FC, Améyi Gabriel, au trio arbitral
les heures précédant la rencontre… », écrit
le confrère. Après le match Maranatha-Asko pour
le compte de la dixième journée du championnat
national, un autre confrère avait raconté: «
J’ai vu à Womé des choses horribles, qui vont de
la foutue hospitalité que les gens là-bas
réservent aux visiteurs, à la corruption dans
son vrai sens. Même les agents des forces de
l’ordre chargés de la sécurité ne sont pas
épargnés ». Les journalistes chargés de
couvrir les matches de Maranatha sont aussi
saoulés par la magnanimité du député et se
livrent à des reportages tendancieux. Nous
avions même abordé entre temps ce fait en
titrant dans la rubrique « Libertinage »
que « La vie coule comme du miel à Womé ».
Outre la corruption à haute dose, les
intimidations et les harcèlements proférés par
les supporteurs, surtout par les premiers
responsables, participent à ce que les gens
appellent « Opération victoire à Womé ».
Tout est fait pour faire passer Maranatha qui
évolue devant son public. Mieux, tout le monde
doit marcher aux pas d’« Abramovich » du
Grand Kloto qui semble bénéficier de la
complicité et du silence de la Fédération. Les
arbitres déséquilibrés par les délices « woméennes »
prennent des décisions sentimentales avec des
penalties bidon, des hors-jeu et des fautes non
sifflés. Il est même loisible de refuser un but
à l’équipe adverse pour un hors-jeu inexistant.
En plus de cela, les visiteurs sont provoqués et
sont matés s’ils osent répondre. « Nous les
attendons à Kara. Ils verront pire que ce qu’ils
nous ont fait vivre ici », déclarait un
responsable d’Asko de Kara après que son équipe
eut avalé les quatre buts des protégés du député
Améyi. La même chose s’est passée avec Agaza. « Agaza
ne mérite pas de perdre ce match par 0 but
contre 3…L’accès au terrain avait été refusé à
l’équipe d’Agaza, qui, après avoir subi des
insultes et menaces de toutes sortes de la part
des supporteurs de Maranatha FC, se voit
accueillir en début de rencontre par un penalty
imaginaire. Notre fameux commissaire au match
dans son rapport n’a fait aucune allusion à ces
choses », s’était indigné un responsable de
la FTF. De plus, les matches entre Gomido et
Maranatha ont été émaillés de violences aussi
bien à l’aller qu’au retour. L’Etoile Filante,
qui disputait entre temps le titre avec
Maranatha, a également été victime de
l’hospitalité « gentiment » violente de
la population de Womé. Les supporteurs des « Bleus »
ont été bien battus et il se raconte d’ailleurs
que l’un des premiers responsables du club de
Womé aurait même brandi son arme. Selon
certaines indiscrétions, les rapports ont été
faits et déposés sur la table de la fédération,
mais jusqu’à ce jour, rien n’a été fait et « Opération
victoire à Womé » fait son petit bonhomme de
chemin.
La complaisance de la Fédération
Il est connu de tous que le prégo de la
fédération entretient de bonnes relations avec
le patron de Maranatha. Ce dernier avait
activement pris part à sa réélection lors du
congrès de décembre 2002. Compte tenu de cette
relation, Rock Gnassingbé n’arrive pas à exercer
des pressions sur le député Améyi pour qu’il
fasse cesser ces actes qui faussent le
championnat. Quand il y a des actes de violences
et que le match se termine en queue de poisson,
la Fédération ne donne que les trois points à
Maranatha sans chercher à résoudre le problème
en profondeur. On préfère garder le silence si
le rapport épingle l’équipe de Maranatha. C’est
le cas par exemple du rapport sur le match
Maranatha-Etoile Filante.
Cette complaisance de la fédération dans la
résolution des problèmes a ravivé les rancœurs
et est à l’origine des actes de violences qui
sont récurrents sur nos stades. Le match
Dyto-Sémassi n’était pas allé à son terme à
cause de l’invasion du terrain par les
supporteurs. La confrontation Etoile Filante-AS
Douanes s’est déroulée dans un cafouillage
monstre. Lors du match Agaza-Maranatha comptant
pour la 24ème journée du championnat, on a vu
les joueurs ainsi que les membres du staff
technique de Maranatha se gratter avec « appétit »
le corps après avoir essuyé des coups de poudre
provenant des tribunes. La fédération ne s’est
pas préoccupée de ces problèmes et les violences
ont atteint leur comble le dimanche 19 mars
dernier lors du match entre Messagers de Fiokpo
et Douaniers de Lomé. Les douaniers n’étant pas
satisfaits des décisions de l’arbitre avaient
envahi la pelouse en tentant d’en découdre avec
l’arbitre. Certes, ce comportement des douaniers
est condamnable. Mais il a eu le mérite d’ouvrir
les yeux à la fédération qui a laissé pourrir la
situation. Si la fédération avait pris au
sérieux cette déclaration d’un responsable d’Asko
de Kara, « Nous les attendons à Kara. Ils
verront pire que ce qu’ils nous ont fait vivre
ici », et avait agi promptement, on ne
serait pas arrivé à ce qui s’était passé le
mercredi dernier à Kara où la délégation de
Maranatha n’a eu la vie sauve que grâce à
l’intervention rapide des forces de l’ordre.
Aujourd’hui, les responsables de Maranatha
tentent de manipuler la presse en se passant
pour les grandes victimes de ces violences. Sur
ce qui s’est passé le dimanche 19 mars, une « réflexion
d’un confrère » dont le nom n’est jamais
précisé et qui n’est autre qu’un article sorti
des entrailles des responsables de Maranatha
pour brouiller les pistes, circule dans certains
journaux de la place. C’est une façon de dire
que Maranatha n’a jamais usé de violences et que
ce sont ses adversaires qui sont à l’origine de
ces situations. Titré « Le mensonge se lève
très tôt mais la vérité finit toujours par
triompher : Le cas de Maranatha FC de Fiokpo aux
prises avec l’As Douanes est révélateur à plus
d’un titre », l’article décrit à sa manière
ce qui s’est passé et a louangé l’honorable
député. « A partir d’aujourd’hui, nous
comprenons que Maranatha et son président ont
beaucoup d’ennemi dans le football. Pourquoi ne
veut-on pas que Maranatha soit champion après
avoir été trois fois vice champion ? C’est de la
jalousie. La pure jalousie. La vérité a fini par
triompher. A Womé, ce n’est pas la guerre comme
ils le disent. C’est plutôt d’autres supporteurs
qui provoquent ceux de Maranatha. Les douaniers
viennent de le prouver », lit-on.
Ce chantage médiatique n’a pour seul but que de
fausser les discussions qui sont ouvertes par la
fédération à propos des actes « barbares »
qui sont fréquents sur nos stades. Depuis
vendredi, les réunions ont commencé, mais rien
de concret n’a été décidé jusqu’à ce jour.
Tout compte fait, l’histoire retiendra que
Maranatha FC a été champion du Togo en 2006 en
produisant, non seulement un football plus ou
moins acceptable, mais en recevant les coups de
pouce des arbitres et en détenant les records
des violences sur les stades.
Evans Yemey |