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Le mardi 21 mars dernier, Edem Kodjo a une fois
de plus mobilisé l’attention des autorités
administratives et du corps judiciaire sur un
des thèmes qui devient presque redondant : la
réforme de la justice. A beaucoup d’égards,
cette pseudo modernisation de la justice
togolaise n’aura eu qu’une réalité discursive.
« L’ouverture de l’atelier de validation du
Programme National de Modernisation de la
Justice (fin août 2005), la 6e rentrée
solennelle de la conférence du stage, jumelée
aux festivités du 25e anniversaire du Barreau
togolais en janvier dernier… »,
l’inauguration fin janvier 2006 de « nouveaux
locaux de la prison civile de Lomé dans le cadre
qui porte le nom Fausep…la récente rentrée
solennelle des cours d’Appel, le 10 mars
dernier » n’auront été que des
manifestations fantoches pour flouer l’opinion
nationale et internationale. Car, il n’en est
rien dans les actes. Parler de modernisation de
la justice, laisse penser à l’existence d’une
justice au Togo. Mais y a-t-il véritablement une
justice digne de ce nom au Togo pour penser à la
réformer ? La réponse c’est non ! Les Togolais
sérieux pourraient croire à ce semblant de
volonté du régime de moderniser la justice
togolaise si des actes l’accompagnaient. Si le
pouvoir s’est rendu compte que « …
l’instauration d’une justice saine, équitable,
impartiale, sereine, transparente et surtout
proche des justiciables… » contribue
réellement « à sécuriser et à pacifier les
rapports sociaux » et qu’ « une telle
justice est une attente très forte de plus en
plus exprimée par nos concitoyens »,
pourquoi ne donne-t-il pas de suites aux divers
rapports sur les violences pré et
post-électorales d’avril dernier qui avaient
fait entre 154 et 1000 tués, des milliers de
blessés par balles et près de 40 000 réfugiés ?
La véritable réforme de la justice est pourtant
à ce prix. Par cette attitude d’indifférence, le
régime fait plutôt la promotion d’ « une
justice aux petits pieds » ; mieux, il
promeut l’injustice et avalise l’impunité par sa
décision d’abandonner ou suspendre les
poursuites contre les auteurs des violences
d’avril 2005. On peut donc tuer pour la gloire
des Gnassingbé et se la couler douce. N’est-ce
donc pas contradictoire de prétendre moderniser
la justice en gardant pareille position ? La
« révolution judiciaire » qui « doit
préfigurer le nouvel ordre judiciaire que nous
attendons tous, un nouvel ordre fait de liberté,
d’égalité, d’équité… », n’est que leurre et
les Togolais qui y croiront ne devront s’en
prendre qu’à eux-mêmes.
Le PNMJ et ses 6 sous-programmes ne sont qu’une
caisse vide. Ledit programme ne devait retenir
qu’un seul thème qui, exécuté, révolutionnerait
la justice togolaise et offrirait de notre pays
« une image de modernité judiciaire » ;
il s’agit de l’indépendance de la justice.
Lorsque les juges ne diront « que le droit,
rien que le droit », débarrassés de toute
pression du pouvoir public, alors-là, on
réaliserait la « normalisation» de la
justice avant d’envisager une modernisation.
Ce ne sont pas des discours qui réformeront la
justice togolaise. Ce sont plutôt des actes.
Alors, trêve de balivernes autour de ce thème !
TINO Kossi |