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Bien que Rock
Gnassingbé se soit exécuté en tenant une
conférence de presse le mardi 14 mars dernier
pour « essayer » de faire le point sur la
question des Eperviers, les inquiétudes des fans
des Eperviers ne sont pas pour autant dissipées,
tant le « projet de programme » de la
Fédération Togolaise de Football rendu public
souffre de précisions.
Un programme indécis,
des décisions approximatives
Oui, nous l’appelons même un « brouillon de
programme » car pour une Fédération qui a
accusé tant de retard dans la mise à jour d’un
programme officiel de préparation digne de
l’échéance du 9 juin au 9 juillet 2006 en
« Deutschland », l’heure n’est plus aux
approximations, à l’à-peu-près. Le Togo est à
cent lieues de la vague de pays qualifiés pour
le mondial et qui sont au stade pratique de
leurs programmes. Les férus des Eperviers
pensaient qu’avec tout le temps que s’est
accordé la Fédération, un éventuel programme
préciserait du coup les équipes que joueraient
les Eperviers en matches amicaux de préparation
et leurs dates précises. C’était mal connaître
Rock Gnassingbé. Le programme mijoté ne parle
que d’un stage de préparation dans une ville
allemande « à partir du 15 mai » et
« des rencontres qui sont en cours de
négociation », alors que déjà toutes les
équipes mondialistes sont fixées sur les
formations à rencontrer en amical. Entre temps,
ce sont les Eperviers locaux sélectionnés lors
du tournoi à 12 organisé il y a quelques jours
par Dobou Gerson et ses alliés et qui aurait
coûté 20 millions de nos pauvres francs, qui
devront se retrouver pour un pré stage. Des
tractations ardues seraient mises en branle pour
découvrir de nouveaux talents Togolais évoluant
en Europe afin de composer une équipe des
Eperviers « new look » en y associant des
locaux. Il aurait été découvert de nombreux
talents parmi lesquels Yoann Folly évoluant à
Sheffield Wednesday en Angleterre et Serge Gakpé
de l’AS Monaco. Il serait aussi décidé que les
joueurs qui n’évolueraient pas en 1ère, 2e ou 3e
division et qui ne seraient pas titulaires dans
leurs clubs respectifs seraient écartés de la
sélection ; qu’aussi, en seront-ils écartés
« certains » joueurs du convoi du Caire
rentré à Lomé bredouille et sans même la
gibecière.
Un peu de naïveté
C’est bien beau, toutes ces décisions. Le public
sportif togolais appréciera le moment opportun
si les résultats escomptés sont à la hauteur des
mesures prises. Il n’y a a priori aucun
inconvénient que « certains » joueurs de
la campagne cairote soient virés car ils n’ont
signé aucun pacte avec l’équipe nationale. Leur
appartenance à la sélection n’est point sacrale,
et ce n’est non plus une identité qu’ils doivent
porter toute leur vie. Mais de grâce, qu’ils
n’en soient pas écartés pour satisfaire les
humeurs de « quelqu’un ». Ils doivent
être jugés sur leurs rendements. Tous les
Togolais savent les postes qui ont flotté au
Caire. Si un nouvel élément est visiblement
meilleur à un ancien, c’est de bonne guerre que
son choix prime.
Mais est-ce qu’il
faille tant s’enticher de ces « nouvelles
perles » que l’on a découvertes il n’y
a pas longtemps ? Ces joueurs ont-ils déjà fait
leurs preuves avec la sélection?
D’ailleurs, les
joueurs phare qu’on annonce, à savoir Yoann
Folly et Serge Gakpé, ont-ils déjà donné leur
aval pour jouer pour le Togo ? Ne serait-ce pas
de l’imprudence que de trop compter sur eux ?
L’histoire devrait inspirer les dirigeants à ne
plus trop se fier à ces « oiseaux rares ».
On se rappelle que la FTF avait fait rêver tout
un peuple de voir sa sélection renforcée par
l’arrivée d’un si grand et expérimenté joueur,
Valérien Ismaël. La FTF l’avait dragué et avait
rassuré le peuple des contacts noués pour
l’enrôler. Malheureusement, le public sportif a
dû déchanter quand il a été instruit des propos
du sociétaire de Bayern München qui se déclarait
surpris des attentes des autorités sportives
togolaises qui comptaient sur son mariage avec
une fille togolaise pour arriver à le « séduire ».
On était tout penaud lorsqu’il déclarait s’être
divorcé de notre compatriote « il y a très
longtemps, au temps de nos grands-parents ».
Et les nouveaux
joueurs décelés, est-on sûr et certain qu’ils
jouent vraiment dans les clubs indiqués ? N’y
a-t-il pas des joueurs fantoches, fictifs et
occasionnels là-dedans, c’est-à-dire veilleurs
de nuit mais joueurs à temps partiel ? Dans
quels clubs jouent-ils en Europe et les regards
des férus des championnats européens ne les ont
jamais croisés ? Et puis Otto Pfister n’est pas
un magicien à ce que l’on sache pour pouvoir
créer de la cohérence dans le jeu de ces
nouveaux joueurs qui n’ont jamais évolué
ensemble, en 23 jours de préparation du 15 mai
au 8 juin 2005. Que l’on soit réaliste.
Lorsqu’on radote
aussi que ne seront sélectionnés que des
sociétaires de clubs de 1ère, 2e et 3e
divisions, et surtout qui doivent être
titulaires, pense-t-on vraiment arriver à
rassembler 23 joueurs sur ces critères ? Et que
pense-t-on du cas du goal togolais Agassa Kossi
qui réalise à lui seul 90% du jeu togolais mais
fait depuis des années la banquette au FC Metz,
caché par un Gregory Wembé à qui il n’a pourtant
rien à envier ? A-t-on prévu des dérogations
spéciales pour des joueurs comme lui ? Sinon le
portier qui peut valablement remplacer Agassa
Kossi n’est pas encore né, ou du moins on ne le
connaît pas encore.
L’autre gaucherie
est de vouloir compter sur les locaux qu’on dit
avoir sélectionnés lors du fameux tournoi à 12,
« made by Dobou Gerson », au cours
duquel des joueurs de certains clubs se sont
perdus « dans Lomé ». Ma foi, le Togo ne
foutra rien en Allemagne avec ces locaux qui
font des amortis du menton, du tibia, de la
clavicule et du talon. Le niveau du championnat
togolais devrait hanter les dirigeants sportifs.
Quand nos clubs n’arrivent même pas à franchir
le 1er tour des compétitions continentales- Dyto
a pris 5 buts contre 0 en coupe de la CAF contre
l’AS Bamako, l’AS Douanes 3 contre 2 en
champion’s League contre UCS Port Autonome de
Dakar, l’équipe nationale féminine 9 buts contre
0 devant les Congolaises- peut-on faire avec eux ?
Le mondial de foot c’est la cour des grands.
C’est une compétition où il n’y a pas de
« David du football ». Il n’y a que des
« Goliath », des « sorciers » du cuir
rond, prêts à marquer autant de buts qui se
présenteront. Alors, les dirigeants sont avisés.
Voilà un peu les
gamineries qui caractérisent le programme. Les
autorités sportives doivent, dans un sursaut
patriotique, tout faire pour prouver que la
conférence de presse du mardi dernier n’était
pas une simple occasion pour juste rompre le
silence.
Les Togolais ont
encore envie de jubiler au rythme des Eperviers.
Alors, à l’endroit du coach, Otto Pfister, les
fans Eperviers font appel à la légendaire
ténacité allemande et lui disent : « seien
sie mutig, Herr ! ».
TINO Kossi |