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Rumeur ou clameur ? Les menaces de
coup d’Etat planent toujours sur le
pouvoir du clan Gnassingbé incarné par
Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir
par un coup d’Etat puis à l’issue du
scrutin présidentiel controversé du 24
avril 2005. Pour se mettre à l’abri de
tout danger, il faut prendre le
taureau par les cornes avant qu’il ne
soit trop tard.
Ainsi, le ministre délégué
à la présidence de la République,
chargé de la Défense et des Anciens
Combattants, Kpatcha Gnassingbé, a
entamé depuis la semaine dernière une
tournée de prise de contact dans les
différentes casernes. Cette
information a été relayée tambour
battant dans le moindre détail par les
médias propagandistes du pouvoir RPT.
Au cours de cette tournée,
il a rencontré le samedi 11 mars
dernier dans la Kozah, le Régiment
Parachutiste Commando (RPC) de Landja,
les différents corps des Forces Armées
Togolaises (FAT). C’était l’occasion
pour le ministre de la Défense, de
saluer, féliciter et encourager dans
leurs missions, les différents corps
des FAT pour la solidarité, la
fidélité et la loyauté dont ils font
preuve depuis la disparition Général
Gnassingbé Eyadema.
Cette tournée a suscité
beaucoup d’interrogations au sein de
la population qui la trouve
inopportune car : « il y a
longtemps qu’il a pris fonction et les
prises de contact se font
habituellement les tout premiers jours
suivant la passation de service ».
Tout le monde sait qu’il y
a quelques temps, des rumeurs
faisaient état de coup d’Etat en
perspective contre le Togo. A cette
rumeur sont venues s’ajouter des
doléances en sourdine des militaires
parmi lesquelles le problème de leur
statut. Dans cet océan de remous, de
part et d’autre, plus d’un Togolais
s’interrogent sur les mobiles réels de
cette tournée de prise de contact.
Selon les médias
propagandistes au service exclusif du
régime RPT, il s’agit tout simplement
de prise de contact. Mais on sait que,
depuis un certain temps, des rumeurs
persistantes font état de coup d’Etat
en perspective contre le pouvoir
Faure.
En effet, selon une
indiscrétion d’un officier des FAT:
« Nous sommes en état d’alerte
maximale depuis trois mois sur un
éventuel coup d’Etat. Les informations
dont disposent nos services de
renseignements généraux attestent que
nous serons victimes d’une agression
terroriste de type 23 septembre 1986.
Mais, nous sommes confiants par
rapport à notre force de frappe. Car
l’armée togolaise est aujourd’hui
l’une des meilleures de la sous région
voire continentale ».
La dénonciation et la mise
en garde de la famille militaire de
Kpatcha Gnassingbé contre les
intoxications et les promesses
démagogiques des politiciens lors de
sa visite des casernes constituent
quelque part des indices qui ne
trompent pas. De toutes les façons, en
réponse au discours du ministre de la
défense, les Colonels Gnakouda Béréna
et Lémou Tchalo ont, au nom de leurs
camarades d’arme, réaffirmé leur
disponibilité, fidélité et loyauté au
chef suprême des Armées et se sont
engagés à œuvrer pour une armée forte,
disciplinée et opérationnelle dans ses
différentes composantes au Togo.
L’autre raison qui
sous-tend cette démarche du ministre,
se rapporte aux remous des militaires
sur la question des statuts de l’Armée
qui feront d’eux des professionnels
dans une armée républicaine. Cette
doléance buterait implicitement sur un
refus « poli » du pouvoir.
C’est ainsi que le ministre de la
défense a déclaré avoir pris acte des
doléances exprimées liées à
l’amélioration des conditions de vie
et de travail des FAT en promettant
d’apporter des solutions de façon
graduelle, a-t-il précisé, grâce au
soutien du chef de l’Etat et du
gouvernement.
Mais les « jaloux de
ses acquis » affirment déjà qu’il
aurait fait bénéficier ses
interlocuteurs de la magnanimité
légendaire du clan.
Le statu quo engendré par
l’impasse politique que vivent les
Togolais a de nombreuses conséquences
sur la vie socio-économique et
culturelle du pays.
Alors cette situation
interpelle les acteurs politiques à
œuvrer afin que les Togolais finissent
avec la peur d’un lendemain incertain.
C’est le lieu de souligner que sans
paix, il n’y a point
d’investissement. Et sans
investissement, le développement
intégral d’une nation est d’avance
voué à l’échec.
D.L. |