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Le pouvoir semble manifestement
oublier le zèle avec lequel il a
initié le dialogue intertogolais,
recommandé par les 22 engagements. Et
depuis l’échec de la rencontre
préparatoire improvisée par le pouvoir
et devant se tenir à Ouagadougou le 15
février dernier, c’est le black out
total, d’où l’inquiétude du peuple qui
demeure la victime par excellence de
la crise sociopolitique togolaise qui
n’a fait que trop durer.
Beaucoup de Togolais, naïfs en fin de
compte, avaient pensé que le retour de
Faure de son voyage en Chine du 12 au
18 février passés allait booster les
discussions. Mais aujourd’hui, tout
est clair que le régime n’est
nullement intéressé par ces
pourparlers. La première préoccupation
de Faure a été l’organisation des
funérailles dites traditionnelles de
son papa. Durant toute une semaine
presque, il y eut fête à Pya pour la
gloire des Gnassingbé. Le reste du
temps, il le consacre aux audiences et
conseils des ministres qui ne
planchent jamais sur les problèmes de
l’heure, le redémarrage du dialogue,
le retour des réfugiés, la réforme de
l’armée. Sa démarche est donc claire,
il ne gagne rien en enclenchant le
processus. Faure, Kodjo et compagnies
ne se perdent que dans des prises de
décrets de nominations fantoches dont
les dernières sont celles du mercredi
passé lors du conseil des ministres.
Ce ne sont pas les promotions de
Zakari Nandja et Laokpessi etc qui
changeront quelque chose au quotidien
des Togolais. On ne va non plus duper
le peuple par des discours hypocrites,
et ce ne sont pas les propos tenus par
Kpatcha Gnassingbé, ministre délégué à
la présidence en charge de la défense
des anciens combattants qui
embobineront les Togolais sérieux. Il
déclarait, à la suite de sa visite de
certains camps militaires, sur la TVT
avoir été instruit par le gouvernement
d’engager des réformes sur le statut
de l’armée. Le peuple n’a cure des
discours, il a besoin d’actes.
Jusqu’à présent, aucune date n’est
retenue pour le redémarrage des
pourparlers. Le pouvoir cherche par
contre à séduire à chaque fois l’Union
des Forces de Changement en initiant
des rencontres bilatérales à Rome sous
l’égide de Sant’Egidio. Cette démarche
n’est destinée qu’à semer de la
discorde au sein de l’opposition
CAR-CDPA-UFC qui n’arrive d’ailleurs
pas à arrêter une plate-forme
revendicative commune. Faure et
compagnie y réussissent car le CAR et
l’UFC, respectivement par la voie de
leur président, Yawovi Agboyibo et 2e
vice-président, Amah Gnassingbé, sont
à couteaux tirés, Agboyibo accusant
notamment l’UFC de vouloir écarter les
autres partis en faisant de la
surenchère autour des pourparlers
bilatéraux à Sant’Egidio. Ce qui
constitue le vrai blocage, c’est
l’indisposition du pouvoir à accepter
la désignation d’un médiateur pour
faciliter les discussions et son
obstination à ne pas engager la
réforme de l’armée tant nécessaire
pour redéfinir son rôle. Cette armée
qu’on dit républicaine a trop souvent
fait irruption sur la scène politique
et constitue la béquille du pouvoir.
Au regard de cette attitude, le peuple
doit comprendre que c’est Faure, Kodjo
et compagnies qui sont résolument
opposés au dialogue qu’ils font donc
traîner le plus possible. Mais le
peuple attendra-t-il si ce blocage
devra durer toute une éternité ?
TINO Kossi |