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Ce serait assez redondant de vouloir
s’éterniser sur les détails des
manœuvres irresponsables auxquelles se
livrent des dirigeants de l’instance
dirigeante du football togolais. Mais
chaque jour qui passe, accroît
l’inquiétude des fans des Eperviers
sur l’avenir de ces jeunes, surtout
sur la participation du Togo à la
Weltmeisterschaft du 09 juin au 09
juillet prochains en Allemagne.
Le black-out est entier… mais le
capharnaüm continue
Le public sportif s’est évertué depuis
le début de la question du limogeage
de Keshi, après la débâcle du Caire, à
ramener Rock Gnassingbé et les siens à
la raison afin qu’ils sursoient à
leur projet d’éviction de Stephen
Keshi, mais en vain. Tout en gardant
une grande estime à Keshi, les fanas
des Eperviers veulent aujourd’hui
savoir ce qu’il en est exactement.
D’aucuns se demandent si le public a
encore droit à l’information comme
cela se doit.
Depuis le retour des Eperviers sur la
pointe des pieds, jusqu’aujourd’hui,
le président de la Fédération
Togolaise de Football n’a fait aucune
déclaration officielle, aucune
conférence de presse, ni pour faire le
bilan de la campagne égyptienne, ni
communiquer les perspectives d’avenir.
Rock Gnassingbé, de qui le public
sportif gardait jusqu’alors une bonne
image a tout à coup perdu son latin,
et ce n’est que l’attaché de presse de
la FTF, Mensah Attolou qui avait
annoncé de manière cavalière le
limogeage de Keshi sans pour autant
fournir de copie de la note officielle
de limogeage à ceux qui en
requéraient. Le Nigérian n’est donc
pas légalement démis de ses
fonctions. Jusqu’au jour
d’aujourd’hui, il reste donc
l’entraîneur des Eperviers qui
d’ailleurs dans leur grande majorité
lui renouvellent une fois de plus leur
confiance. Et l’enrôlement de
l’Allemand Otto Pfister est effectué
dans un flou total. Les Togolais
pensaient qu’avec son enrôlement,
surtout étant l’homme de la Fédé, ce
dernier allait engager des actions
pour rattraper le temps perdu. C’était
de bonne guerre que le public sportif
fût malheureusement déçu car le Togo
était le seul pays qualifié pour le
Mondial à n’avoir pas livré de
rencontre amicale le mercredi 1er mars
passé. Les Togolais ne savent donc pas
à quelle sauce seront mangés les
Eperviers. Mais faudra-t-il
démissionner de si tôt comme le
préconisait Agassa Kossi, le goal des
Eperviers ? Rock Gnassingbé aurait
entre temps rendu publics le limogeage
de Keshi et l’enrôlement d’Otto
Pfister devant la presse étrangère
mais pas au Togo. Pourquoi l’Allemand
peine-t-il alors à démarrer avec
l’équipe. N’a-t-il pas lui un
programme de préparation ?
Le flou total qui caractérise la
gestion du dossier des entraîneurs et
la préparation de l’équipe pour le
Mondial n’est qu’un attribut de la
gestion globale du pays qui est
caractérisée par une opacité monstre.
La gabegie est-elle alors
congénitale ? That is the question.
Rock Gnassingbé, le 1er responsable du
football togolais, se terre dans un
mutisme monstre qui inquiète les
Togolais. Il ne fait qu’illustrer par
cette attitude l’absence de
communication entre les gouvernants et
les gouvernés qui a libre cours dans
la gestion du pays, ce qui pave la
voie à toutes sortes d’abus et à la
gabegie. Dans tout ce méli-mélo, le
public ne se réfugie que dans des
supputations de toutes sortes. La
presse est indécise à propos des
informations à fournir aux lecteurs
qui en requièrent. Une partie soutient
que c’est Keshi qui reste l’entraîneur
des Eperviers, une autre que c’est
l’Allemand qui l’est devenu, une autre
encore que l’Allemand a été engagé
pour assister Keshi dans sa tâche. Les
Togolais ne savent pas grand-chose des
suites du fameux tournoi à 12 clubs
organisé entre temps pour, disait-on,
détecter des talents pouvant rejoindre
l’équipe des Eperviers pour le Mondial
allemand. Dans ce capharnaüm, on
apprend que Otto Pfister serait
actuellement en tournée de prospection
en Europe pour détecter d’éventuels
joueurs togolais, assisté par certains
anciens internationaux togolais. Il
aurait aussi représenté le Togo à une
séance de travail des entraîneurs des
équipes qualifiées pour le Mondial à
Düsseldorf en Allemagne.
Le football togolais en sursis
Le hic dans toute cette histoire est
que pendant tout ce temps, c’est le
football togolais qui stagne. La
méforme des Eperviers est totale et
risque d’être préjudiciable au Togo et
à toute l’Afrique au Mondial, car à un
tel niveau, aucune erreur n’est
permise. Le redémarrage du foot
togolais reste donc suspendu aux
caprices des « irresponsables »
de la Fédé. Il a déjà du plomb dans
l’aile. Les récentes performances des
équipes togolaises engagées dans des
compétitions continentales sont un
signal fort que le foot togolais se
ressentira de tout ce cafouillis
autour de l’équipe nationale. Ayant
réalisé des matches nuls à Lomé, l’AS
Douanes engagée en Ligue des Chamions
a été défaite le 04 mars dernier au
retour par le Club du Port Autonome de
Dakar sur un score de 2-3, et DYTO
laminé 0-5 par l’AS Bamako en Coupe de
la CAF. C’est ce que mérite le foot
togolais qui est en dormance.
On a en fait l’impression d’assister à
l’affrontement de deux orgueils :
celui de Rock Gnassingbé et celui de
Faure Gnassingbé.
Le football togolais est actuellement
en hibernation à cause du fait du 1er.
Les Eperviers sont donc en saison
morte, en trêve. La marche des
Eperviers ne reprendra que lorsqu’il
le voudra, lui, le tout-puissant
président de la FTF, mais trop muet…
Et le second se complaît aussi dans
une indifférence monstre. Il est
interpellé en sa qualité de chef de l’Etat
– reste à savoir s’il l’est en réalité
– car il s’agit d’une affaire
nationale que cette question des
Eperviers. C’est l’honneur du Togo que
défendent vaillamment ces jeunes.
C’est à raison qu’on les appelle les
ambassadeurs du Togo. Il est du devoir
du gouvernement de prendre ses
responsabilités pour lever le blocage
et éviter une piètre prestation du
Togo au Mondial qui s’approche à
grands pas. C’est seul le football des
Eperviers qui a caché l’image
fantomatique du Togo politique.
Tout compte fait, les Togolais ne
roulent que pour l’honneur des
Eperviers, du Togo donc, et non pour
tel ou tel autre entraîneur. Dans leur
grande majorité, ils voudraient bien
continuer le chemin avec Stephen Keshi.
Mais si la Fédé a fait le choix d’Otto
Pfister, alors le public sportif a
tout simplement hâte de le voir à
l’œuvre pour la gloire des Eperviers,
pour le bonheur de tous les Togolais.
TINO Kossi |