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A quelques semaines du coup
d’envoi de la Coupe du Monde en Allemagne, une cacophonie sans précédent règne
au sein de la classe dirigeante sportive et de l’équipe nationale togolaise.
Jusqu’à présent, le public n’est pas fixé sur l’entraîneur qui doit conduire les
Eperviers au Mondial. D’aucuns parlent de l’Allemand Otto Pfister comme nouvel
entraîneur, d’autres soutiennent que c’est le Nigérian Stephen Keshi qui est
d’ailleurs toujours sous contrat avec le gouvernement. Depuis lundi, Otto
Pfister participe, en tant qu’entraîneur du Togo à un séminaire regroupant à
Dûsseldorf les sélectionneurs et assistants des équipes qualifiées pour la Coupe
du monde. Tout le monde est dans un flou total. Cette situation est à l’origine
de la non préparation des Eperviers la semaine dernière. Le Togo est le seul des
cinq mondialistes africains à ne pas jouer le 1er mars dernier qui est une
journée FIFA consacrée aux rencontres amicales internationales.
Certains pays à l’instar de
l’Angola ont déjà dévoilé leur programme de préparation. Au Togo, on tourne en
rond et on ne sait pas trop où l’on va. Aucun regroupement prévu, aucun
programme disponible. Cela est d’autant plus inquiétant puisque le football
constitue le seul exutoire pour le peuple togolais longtemps meurtri dans son
âme. Même si la dernière campagne en Egypte a été calamiteuse, force est de
reconnaître que seuls les Eperviers arrivent à donner la joie de vivre à ce
peuple. La liesse populaire engendrée par la qualification historique pour le
Mondial cède place à l’inquiétude. Le public sportif ne comprend pas le silence
des autorités à propos de la confusion qui entoure l’équipe nationale. A la
Fédération, au ministre des sports, on ne dit rien. On se complaît dans le statu
quo. La situation togolaise préoccupe plus d’un Africain qui souhaitent que les
représentants du continent fassent une bonne prestation en Allemagne. A ce
propos, un Camerounais estime que le problème ne se situe pas au niveau de
l’entraîneur et qu’il faut laisser Keshi faire son travail. Il rappelle qu’en
1990, le Cameroun avait été éliminé au premier tour de la Coupe d’Afrique des
Nations avec l’entraîneur russe Valeri Nepomniachi. Alors que tout le monde le
jetait en pâture après cette CAN, il a réalisé l’une des plus belles
performances du football africain quelques mois plus tard en qualifiant le
Cameroun aux quarts de finale de la Coupe du Monde. Voici ce que pensent M.
Tchimombé, un camerounais résidant en Suisse et Ali Boukari (Togolais) de la
confusion qui règne autour de l’équipe nationale togolaise.(Interventions faites
sur RFI)
Tchimombé (Suisse) :
« A deux mois et demi du
mondial, je ne vois pas ce qu’un nouvel entraîneur peut faire »
Pour ma part, je dis qu’il
faut arrêter avec cette manière de faire. Dès qu’il y a un petit échec pour
quelqu’un qui a eu un parcours élogieux et qui a connu quelques échecs au niveau
de la CAN, on veut le remplacer à quelques mois de la Coupe du Monde. Est-ce que
le nouvel entraîneur qui arrive aura assez de temps pour pouvoir connaître
l’équipe et pouvoir la mener à bien à la Coupe du Monde ? Ce n’est pas parce
qu’il arrive à deux mois qu’il pourra faire du miracle. Stephen Keshi a fait un
bon parcours avec l’équipe depuis très longtemps en la qualifiant. Ce n’est pas
parce qu’il a eu de l’échec qu’il faut l’évincer. Il faut plutôt chercher les
causes de cet échec et y remédier. Ce n’est pas un problème de changement
d’entraîneur. De plus, on constate qu’il y a un flou entre la Fédération et le
gouvernement qui recrute Stephen Keshi et qui ne le démet pas, et de l’autre
côté, la Fédération qui engage l’Allemand Otto Pfister. Les autorités sportives
de ce pays doivent plutôt se consacrer sur la préparation que de se livrer un
combat d’entraîneur.
Stephen Keshi a montré ses
preuves, on devait lui laisser la possibilité de conduire l’équipe à la Coupe du
Monde, essayer de voir ce qui ne va pas et faire les réglages nécessaires.
A deux mois et demi du
Mondial, je ne vois pas ce qu’un nouvel entraîneur peut faire comme miracle par
rapport à l’équipe nationale.
Ali Boukari (Lomé Togo)
« Il faut mettre Stephen
Keshi et Otto Pfister ensemble »
C’est une situation qui nous
laisse perplexe au Togo. Nous étions dans les nuages avec l’entraîneur Stephen
Keshi qui nous a donné de très bons résultats avec le concours de l’ensemble de
nos joueurs. Il s’est fait que ces derniers moments, nous nous sommes cassé le
nez à la CAN. Ce n’est pas du goût de tous les Togolais parce que nous
attendions faire mieux, et aujourd’hui, la situation qui nous complique la
tâche, c’est le fait que la Fédération Togolaise ait signé un contrat avec
l’Allemand Otto Pfister et que le gouvernement a aussi un contrat avec Stephen
Keshi qui n’est pas encore résilié. Donc, on se trouve en face de deux
entraîneurs qui entendent nous mener à bien en Allemagne. La fédération
elle-même avait souhaité renforcer le staff technique autour des Eperviers, et
je crois que le moment est peut-être venu de trouver une entente entre Stephen
Keshi et Otto Pfister pour nous amener à bon port parce que s’il faut chercher
actuellement à résilier le contrat d’Otto Pfister, ça nous fera perdre quelques
temps. La meilleure des solutions, c’est de mettre les deux entraîneurs
ensemble.
Actuellement, la directive à
suivre, c’est de pouvoir colmater les brèches étant donné qu’un fossé s’est
creusé à la CAN avec le problème Keshi.
Médard A.
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