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[ No 64: 10 mars 2006]
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Vers la violation
de la Constitution béninoise:
Mathieu Kérékou :
« Je ne veux pas remettre le
pouvoir à Yayi Boni » |
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Le
premier tour de l’élection présidentielle béninoise s’est déroulé sans heurt le
dimanche dernier et déjà, deux des 26 candidats, Yayi Boni et Adrien Houngbédji,
sont en train de sortir du lot dans la perspective du second tour. Mais après
ses déclarations le jour du scrutin mettant en cause la mauvaise organisation du
scrutin, le chef de l’Etat sortant vient d’enfoncer le clou en annonçant lundi
devant les ambassadeurs accrédités au Bénin qu’il se refuserait de céder le
pouvoir au candidat Yayi Boni, s’il advenait qu’il sortait vainqueur du scrutin.
« Je ne veux pas remettre le pouvoir à Yayi Boni », avait-il dit. Par cette
sortie qui est interprétée de différentes manières par la presse locale, le
« Caméléon » exprime clairement son intention de ne pas céder le pouvoir au
vainqueur éventuel du scrutin. Il a également au cours de cette rencontre pris
prétexte pour interdire aux ambassadeurs de parler de l’élection qui a cours
dans le pays.
Selon des
indiscrétions, les ressentiments de Kérékou à l’égard du candidat Yayi Boni
remontent quelque peu dans le passé. Lors de sa dernière visite en France, il
aurait été question de deux candidatures au cours de son tête-à-tête avec
Chirac. Mais le chef de l’Etat béninois se serait catégoriquement refusé
d’évoquer celle de Yayi Boni. Il aurait confié à Chirac que celui-ci lui avait
déjà dit qu’il ne voulait pas être candidat.
De sources
proches de la présidence de la République, le chef de l’Etat est actuellement
sous la pression de certains éléments de son entourage qui ne veulent en aucun
cas voir le pouvoir leur échapper. Ils sont d’autant plus déterminés à barrer la
route au candidat Yayi Boni qu’ils ont pris fait et cause pour un autre
candidat.
Même dans sa
sortie médiatique de dimanche, il s’en est indirectement pris à l’ancien
directeur de la BOAD en disant qu’il n’a aucune formation politique.
De
notre Envoyé Spécial à Cotonou
Evans Yemey |
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Vote des étrangers:
Des électeurs togolais interpellés |
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Selon la
présidence béninoise, certains candidats ont fait venir dans le pays des
électeurs étrangers pour augmenter leur chance lors du premier tour du scrutin.
Certaines chaînes privées ont passé un élément portant sur le démarchage de
citoyens togolais pour des votes irréguliers. D’après le reportage, un député
aurait approché des Togolais pour leur proposer de les faire voter au profit
d’un candidat contre une forte somme.
Mais pour
plusieurs journaux, c’est un montage « grotesque » faisant partie des tentatives
du président Matthieu Kérékou visant à faire annuler le scrutin aux fins de
s’accrocher au pouvoir.
E.Y. |
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Bitokotipou Yamgninim, chef de mission des observateurs de la CEDEAO |
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La CEDEAO qui a
laissé de très mauvais souvenirs au Togo, était au Bénin dans le cadre du
premier tour de l’élection présidentielle. La mission des 60 observateurs de la
CEDEAO « intervient conformément aux dispositions du protocole de la CEDEAO
relatif à la démocratisation et la bonne gouvernance de 2001, protocole
additionnel à celui portant sur le mécanisme de prévention, de gestion et de
résolution des conflits, du maintien de la paix et la sérénité ». Elle est
conduite par Bitokotipou Yamgninim, l’ancien ministre d’un pays qui brille dans
des parodies d’élection. Et déjà, dès quelques jours du scrutin, en bon
Togolais, il a déclaré que « le rôle des observateurs n’est pas de juger le
processus électoral mais de dénoncer la bonne et les mauvaises conditions de
vote ». Evidemment, comme dans tous les pays, la CEDEAO constate que le
scrutin est conforme aux normes universellement admises.
Au
Bénin, la « très gentille » Adrienne Diop était aussi là.
E.Y. |
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