Site Web entier

AgoraPress

 

Tribune

 

Politique

 

Culture

 

Société

 

Sites

 
 
 

 

6 mars 2006

 
[ No 63: 3 mars 2006]
L’urbanisation selon le ministre Aquitème : Il est désormais permis de construire dans les rues à Lomé

« Dans son programme, le Président Faure Gnassingbé a promis de créer un ministère de la Ville. Cette promesse a été tenue. Ce ministère a pour vocation de concevoir une politique de la ville pour créer un environnement propice à l’épanouissement des populations. […] Les lots seront ensuite cédés aux acquéreurs qui devront respecter un plan de construction préalablement établi », déclarait le Premier ministre Edem Kodjo dans son discours-programme présenté devant l’Assemblée nationale en juillet dernier. Mais ce qui se passe aujourd’hui à Lomé est loin de ces attentes. Le ministre de la ville semble être plus un ministre de bureau que du terrain. Par conséquent, il ne contrôle rien. Des individus fort de leur soutien n’hésitent même pas à construire des maisons dans les rues au grand dam des populations environnantes. Il y a un cas qui défraie actuellement la chronique à Agoè-Nyivé dans le quartier Atsavé-Novissi, 3e  « von » à gauche après le Commissariat d’Agoè en allant vers Hôtel la Plantation.

 
Les faits Depuis que la banlieue existe, il y avait cette rue qui traverse la Nationale 1 et qui continue jusqu’à SORAD. La rue est régulière avec les 14 mètres de large mais présente une pente. En saison pluvieuse, c’est un débit impressionnant d’eaux de ruissellement qui passent par là par les rigoles de la nationale 1. Il y a même les poteaux de Togo-Télécom et d’électricité sur la rue. Mais contre  toute attente, le 31 décembre dernier, un certain Glélé de nationalité béninoise, qui se passe pour le nouvel acquéreur de la parcelle, entreposa sur les lieux un camion contenant du sable. Malgré les protestations des populations du quartier, il revint quelques jours plus tard avec trois camions contenant du sable pour barrer carrément la voie et commencer par fabriquer des parpaings.

Dépassés par la situation, les habitants du quartier ont pris attache avec le chef canton d’Agoè, M Sedjro, pour lui poser le problème. « Quand nous sommes arrivés, le chef nous a demandé d’aller amener les plans et les géomètres qui avaient travaillé dans le quartier. Or, les lotissements ne datent pas d’aujourd’hui. Néanmoins, certains habitants avaient présenté le plan de leur lotissement montrant clairement que la parcelle litigieuse était belle et bien  une rue. Mais le Secrétaire général a rejeté cela en arguant que ce plan était clandestin. Lors de la deuxième rencontre, il était difficile de rassembler tous les propriétaires terriens. Donc, le Secrétaire général a promis mener ses enquêtes. Curieusement, au cours de la troisième rencontre, il nous brandit un plan de 1995 approuvé en 1996, un plan qui mentionne que la parcelle n’était plus une rue », raconte un habitant du quartier. Mais n’ayant pas eu gain de cause, les populations ont maintenu la pression sur l’acquéreur et entre temps, les jeunes du quartier ont dégagé les camions contenant du sable. « Dans cette affaire, nous pensons que beaucoup de sous circulent puisque ce terrain, il l’a acquis à moins de 4 millions F CFA. Il y aurait  même eu des pots de vin au cadastre, à la direction de l’urbanisation et chez nos autorités traditionnelles. L’acquisition du terrain a été faite à la va vite sans aucune enquête préalable », ajoute un autre.

Les bourdes du ministre et de ses structures

Compte tenu des tournures que prenait l’affaire, les habitants du quartier ont adressé des correspondances à la Direction Générale de l’Urbanisme et de l’Habitat (DGUH) et au ministère de la Ville. « Quand nous avons été à la DGUH, certains nous ont fait savoir que, s’il y a des protestations autour d’un lotissement dans un quartier, il y a des démarches à suivre. Une enquête devrait être normalement faite sur les lieux. C’est ainsi qu’ils ont promis venir se mettre au parfum de la situation. Mais rien n’y fit. Ils ne sont jamais arrivés. Entre temps, M. Glélé, auréolé des soutiens qu’il a eus auprès du chef canton, a repris les travaux. Le même jour, nous avons envoyé une autre lettre à la DGUH. Mais quelques jours plus tard, ils nous ont dit qu’ils étaient venus et qu’ils s’étaient égarés », se confie un vieux.

Les habitants décidèrent alors de rencontrer le ministre de la Ville, Marc Aklesso Aquitème. La rencontre a eu lieu dans le mois de février dernier. Au lieu de faire une petite enquête avant de se prononcer sur la question, le ministre a plutôt préféré une solution de bureau. Il s’en est tenu à ce que lui a dit le Directeur de l’Urbanisme et de l’Habitat. Il ne s’est même pas préoccupé des doléances de la délégation. Un membre de la délégation raconte : « D’entrée de jeu, il nous demande : « Dans quelles conditions aviez-vous acquis vos lots là-bas ? Vous les avez acquis dans un lotissement irrégulier. Comment voulez-vous empêcher quelqu’un qui a acquis sa parcelle dans un lotissement régulier de construire sa maison ? »». Ensuite, il leur a fait savoir qu’il n’est pas normal qu’il y ait plusieurs « vons » qui débouchent sur la Nationale 1 et qu’en fermant les voies, cela diminuerait les accidents. Celui qui est choisi pour « créer un environnement propice à l’épanouissement des populations » méconnaît que dans toutes les concessions, il faut l’aération et un minimum de confort. Il n’a trouvé aucune solution à la situation et a proprement nargué les membres de la délégation.

Les suites de cette affaire
Construire à cet endroit constitue un danger permanent pour les populations environnantes. D’abord, vu l’état de la rue, il y aura de l’inondation dans le quartier pendant la saison des pluies. Par exemple, nous étions sur les lieux hier après la dernière pluie qui s’est abattue sur la capitale. Le spectacle est désolant. Tout le parage est dans l’eau. De plus, certains n’auront plus de voie d’accès à leur maison. Actuellement, il y a une buvette sur la rue qui est étouffée avec les travaux. Le samedi dernier, les maçons avaient monté la fondation mais le lendemain tout était à terre. Les populations ne veulent pas du tout se laisser faire. Parfois, l’acquéreur se gausse des contestataires en déclarant à qui veut l’entendre que « les Togolais ont faim et vendent jusqu’à leur rue. » Présentement, il élève calmement le mur.

Suite à la destruction de la fondation, il est arrivé lundi dans le quartier avec des gendarmes qui ont apporté des convocations, et mardi, ces derniers sont revenus arrêter Zokplonou Koffi indexé par M. Glélé comme étant le cerveau des contestataires. Jusqu’à ce jour, il est détenu à la gendarmerie d’Agoè. Le but de son interpellation était de faire taire les habitants du quartier puisqu’il est toujours à la tête des différentes délégations qui ont rencontré les autorités tans locales qu’administratives. « A la gendarmerie, on promet le garder jusqu’à la fin des travaux. Il y a de la manipulation dans cette affaire », se révolte un autre jeune.

C’est donc ce qui se passe au Togo où le plus offrant est roi. Le ministre de la Ville a manqué de tact dans cette affaire et crée des précédents dangereux non seulement dans ce quartier mais dans toute la ville. Par ailleurs, selon certaines informations, on est en train de changer les numéros des lots acquis dans certains quartiers sans que l’acquéreur ne soit informé. Affaire à suivre…

Evans Yemey

 

Job.com

 

 

 

 
 
 

Nécrologie


Madame Adietou ADAM


Amidou ADAM

Leurs propos


Prof. Gnininvi

Richard Nyahoho

M. GNANDI Thomas
 

 

  Rapport de l'ONU / PDF
  Rapport FIDH
  Rapport Koffigoh

Publicité

Copy your games, movies, dvds, and data onto DVD.

 

You'll be amazed at the prices at CallingCards.com

 

AmericanSingles.com

 

Roxio Backup MyPC Deluxe!

 
 
   
 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved