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Récit des faits
« En octobre 2004, j’ai
constaté, tout à fait par hasard
qu’au lieu de 1450 F à payer
comme frais d’abonnement, mes
factures téléphoniques portaient
2950 F, soit 1500 F de
différence à mon détriment.
Pendant dix mois, j’avais eu à
payer mes factures sans les
constater. C’est alors que je me
suis rendu un matin à la
direction de Togo-Télécom porte
10, muni de mes factures et où,
après mes explications et
vérification du maître des
lieux, celui-ci m’avait notifié
qu’il s’agissait d’erreur
provenant de Togo-Télécom, ce
qu’il rectifia sur son
ordinateur. Il me rassura que
cela ne se répétera plus. A la
question posée concernant mes
15.000 F indûment perçus par
l’Entreprise, il m’orienta vers
le secrétariat du Directeur
commercial où je pourrais
déposer une lettre de
réclamation pour être remboursé.
Ce que je n’avais pas hésité à
faire dans les 24 heures qui ont
suivi.
Du 29 octobre 2004 jusqu’au 25
août 2005, cette correspondance
demeurera sans suite. Et lorsque
plus tard je me suis transporté
dans cette boîte de pagaille et
ai cherché à savoir la suite
réservée à mon courrier d’il y a
quelques mois, un certain M.
Folly qui accueille les clients
visiblement mal, comme s’il
avait été forcé de travailler à
Togo-Télécom, s’était étonné que
quelqu’un dans la boîte eût pu
me rassurer d’être remboursé. Il
me découragea presque en me
disant qu’à sa connaissance,
cela ne s’était jamais passé
ainsi. Il n’a pas tort sur ce
plan, puisque la suite de mes
déplacements à Togo-Télécom (en
tout 13 comptabilisés) me le
confirmera. J’ai compris que ce
serait illusoire de me mettre
dans la tête un éventuel
remboursement. J’étais en train
de faire passer malgré moi cette
réclamation de 15.000 F aux
oubliettes, lorsque brusquement,
en janvier 2005, une autre
anomalie survient encore sur mes
factures. Cette fois-ci, la
facture mentionne un renvoi
d’impulsion. Donc de janvier à
mars, cela fait 4500 F soit 1500
F par facture, sans oublier
l’effet que cela a sur la TVA.
Or, je n’avais jamais demandé un
quelconque renvoi d’impulsion.
Curieusement, c’est le même M.
Folly dont le bureau était
attenant au secrétariat du DC
qui m’avait dit qu’il ne servait
à rien de compter sur un
quelconque remboursement, qui
cette fois-ci, me demandera
d’écrire une lettre de demande
de remboursement des 4500 F de
renvoi d’impulsion. Alors, ne
comprenant pas pourquoi je
pouvais réclamer 4500 F pour les
erreurs d’impulsion et pas les
15.000 F pour surfacturations de
l’abonnement évoquées plus loin,
j’ai saisi la balle au bond pour
réclamer le tout, soit au total
plus de 19.000 F. Depuis, c’est
l’indifférence totale vis-à-vis
de mes correspondances et je
sais qu’il doit en être ainsi
pour bien d’autres clients de
cette boîte qu’on appelle
Togo-Télécom. Et c’est pourquoi
j’ai tenu à ce que ce mépris à
l’égard de la clientèle soit
dénoncé publiquement.
En novembre 2005, j’ai eu à
relancer ma réclamation auprès
de la direction commerciale.
Mais rien n’y fit. Il y a
quelques mois, un nouveau
directeur est nommé en
remplacement du précédent. Je
croyais qu’il aurait un cœur
d’homme pour comprendre, lui au
moins, que l’autre n’avait pas
de raison de mépriser une
réclamation du client. J’ai vite
fait de comprendre qu’à
Togo-Télécom, le client ne
saurait être roi.
Le 31 janvier dernier, après
trois ou quatre déplacements
infructueux au secrétariat du DC
pour rencontrer ce dernier, je
lui laissai une lettre par
laquelle je demandais une
audience, en prenant soin de lui
laisser mes trois numéros de
contacts, avec l’espoir qu’il
donnerait l’ordre à sa
secrétaire de me communiquer le
jour et l’heure à laquelle il me
recevrait. Du 31 janvier à la
date d’aujourd’hui, aucun signe.
Le 13 février, ouvrant ma boîte
à lettres, j’y ai découvert la
dernière facture en date, celle
du mois de novembre. Depuis
début janvier, j’ai attendu
cette facture en vain. Elle
portait la mention : « à
payer avant le 14 janvier 2006 ».
Or, sur l’enveloppe, le cachet
de la poste indiquait
curieusement, assez curieusement
le 6 février 2006. S’il faut
tenir compte de la dizaine de
jours de délai de grâce, on peut
dire que cette facture devrait
être prête approximativement
vers fin décembre dernier.
Allez-y comprendre quelque
chose ! Ce n’est que le 6
février, tenez-vous bien, le
cachet de la poste faisant foi,
qu’elle est arrivée au niveau de
la poste. Et pourtant, on est à
Lomé.
Je me suis alors rendu au
secrétariat du directeur
commercial le 15 février
dernier, chef-d’œuvre de notre
fameux Togo-Télécom en main et
non encore ouvert (il s’agit
d’enveloppe à vitrail) et l’ai
brandi à l’une des secrétaires
qui, je tiens à le souligner
ici, ont été toujours gentilles
dans l’accueil, du moins c’est
mon constat. Je lui ai montré
l’enveloppe en l’état pour lire
les incongruités de la maison.
Puis, je suis reparti en prenant
soin de lui poser la question de
savoir si ma dernière lettre de
demande de rendez-vous a pu être
transmise à son patron. Réponse
affirmative. Entre temps, j’ai
enregistré la coupure de ma
ligne pour retard de payement.
Je signale que cela faisait la
deuxième fois que pareille
incongruité se produit au niveau
de mes factures téléphoniques et
l’on peut facilement imaginer
combien d’abonnés des produits
de Togo-Télécom peuvent se
retrouver dans le même cas,
impuissants face à
l’indifférence totale de ces « potentats » ».
Notre
commentaire
A la lumière de ces faits, nous
nous permettons de faire les
observations suivantes.
1°) On est presque tenté de
croire que ces services relevant
du ministère chargé des
télécommunications ont imaginé
toutes sortes de méthodes
sordides pour escroquer les
pauvres utilisateurs de leurs
services et renflouer les
caisses dont profite un
groupuscule. Notre petite
enquête menée avant la
publication du présent article
nous a permis de trouver des
abonnés qui ont confirmé eux
aussi une telle anomalie à leur
niveau. Alors y aurait-il une
combine entre le service de
distribution des courriers
postaux et Togo-Télécom par
hasard ? Cela ne peut pas être
exclu, si l’on connaît le type
de pays dans lequel nous vivons
et si l’on sait que cette
entreprise de télécommunication,
à ce qu’il
paraît, semble constituer une
chasse gardée pour certains où
tous les désordres et abus sont
permis. Le ministère chargé des
télécommunications serait-il une
propriété privée tout comme les
rumeurs prétendent depuis un
certain temps que la zone
franche dans la tête de certains
serait un héritage privé
légué par feu Gnassingbé ?
2°) Tout semble mis en œuvre à
Togo-Télécom pour ne jamais
rembourser ou dédommager la
clientèle victime d’erreurs ou
de pratiques illicites. Comment
peut-on comprendre qu’un client
victime d’erreur de la part
d’une si grande entreprise,
introduise une demande de
dédommagement qui ne soit jamais
prise en compte, ni par le
premier interlocuteur M. Kodjovi,
DC muté entre novembre et
décembre 2005, ni par le second,
M. Télou Balakiyem ? Dans leur
tête, ce client sera gagné par
la lassitude et à la fin,
abandonnera sa réclamation.
Notre analyse nous amène à
conclure que le tout premier qui
avait demandé à l’abonné de
faire une lettre de réclamation
du trop perçu savait, les
habitudes de la maison aidant,
que cette démarche n’aboutirait
pas, néanmoins, il pense que ce
n’est pas de sa bouche que cela
devrait sortir. Certainement
qu’il reconnaît que dans les
normes, il devrait pouvoir être
remboursé. Le plaignant nous a
déclaré qu’il y a un an, il
avait eu à faire une démarche
similaire auprès de
Togo-Electricité et en moins de
trois semaines, il avait été
remboursé. Si l’on prévoit un
système de remboursement,
pourquoi cela ne
fonctionnerait-il pas ? C’est
déplorable qu’un citoyen qui
gagne son pain à la sueur de son
front, avec cette misère
artificielle créée au Togo, se
voit exploiter d’une si
maladroite et cruelle manière.
3°) Huit Togolais sur dix au
moins ont une fois été victimes
de ces prédateurs de techniciens
recrutés par nos services de
télécommunication qui ont les
moyens d’entrer dans les lignes
des abonnés en en faisant usage
comme bon leur semble. Il n’est
pas rare de recevoir des détails
de vos appels et de trouver des
numéros en Europe ou ailleurs
dans le monde que vous n’avez
jamais connus. Vous avez beau
vous plaindre, le problème
demeure. Jusqu’à ce jour, la
situation est demeurée telle. Et
c’est en désespoir de cause que
certains usagers, dépités,
préfèrent carrément mettre leur
ligne en réception d’appel.
C’est la tendance actuellement.
Quel est donc ce pays de
foutaises ? Est-il impossible
pour Togo-Télécom d’aller à
l’encontre de ces pratiques d’un
autre âge ? Togo-Télécom
s’est-il résolument engagé à
avoir la réputation d’une « maison
de vo… » ? Le client n’a
aucune espèce d’importance pour
cette entreprise. Table
d’écoute, n’en parlons pas ! En
l’absence de démocratie et de
concurrence réelle, voilà ce à
quoi les utilisateurs des
produits Togo-Télécom sont
soumis. Aucune espèce de volonté
de mieux faire pour une bonne
renommée de ce pays.
4°) M. Télou Balakiyem parachuté
du CMTL (Centre de maintenance
des télécommunications de Lomé)
entre novembre et décembre 2005
à la tête de la direction
commerciale s’est
mis à refaire son vaste bureau,
son secrétariat et la petite
salle d’attente à coup de
plusieurs millions de francs
CFA, allant jusqu’à faire
changer les meubles qui y
existaient avant son arrivée par
mégalomanie et zèle du néophyte.
Est-ce là la priorité du moment
? Cela est-il plus urgent que de
soigner l’image de la maison en
faisant droit à la requête de la
clientèle ? Quelles dispositions
techniques particulières pour
son nouveau poste de directeur
commercial exigent de tels
travaux en cours depuis environ
deux mois ? Quand on sait que
les devis sont souvent
abusivement gonflés dans nos
administrations, on peut
imaginer ce que Télou Balakiyem
et son entourage dans leurs
calculs, entendent tirer comme
profits matériels et financiers
surtout, de ce réaménagement à
notre avis inopportun, lorsque
nos gouvernants crient que le
pays manque de sous.
5°) M. Faure Gnassingbé a été
pendant quelques années,
ministre chargé des
télécommunications et son ancien
département traîne encore ses
vieilles casseroles jusqu’à ce
jour. Son passage à la
télécommunication n’a pas permis
de donner une meilleure
réputation à Togo-Télécom et à
ses autres branches. Alors, il
serait illusoire d’attendre de
ceux qui prétendent nous diriger
aujourd’hui un quelconque
miracle, car le poisson pourrit
toujours par la tête et ce ne
sont pas les promesses d’une
campagne électorale flatteuse
qui nous apporteront quelque
chose.
L.H. |