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Liberté Hebdo

28 fevrier 2007

[ 173: du 28 fevrier 2007]  
Prochaines législatives : La crainte du bis repetita d’avril 2005

*Conscientiser les Forces armées et dissuader les milices
Décidément, la dynamique des élections législatives est en branle et la fièvre de ce scrutin emballe un beau monde. Aux différentes formations politiques qui descendent sur le terrain, qui pour installer des bureaux locaux, qui pour sensibiliser les militants autour du processus ou pour les remobiliser pour la bataille finale, viennent s’adjoindre des institutions de promotion de la démocratie, de la paix civile. Si le travail des premières est classique et n’a rien d’innovant, celui des secondes est assez louable et nécessaire, eu égard à l’expérience d’avril 2005 encore vivace dans les mémoires.

Former la jeunesse des partis, oui

La jeunesse a été l’instrument essentiel et la victime par excellence des violences. Vu l’expérience d’avril 2005, la psychose est grande dans les esprits qui conçoivent une élection au Togo comme devant rimer avec des violences et des morts. Il faudrait préparer les esprits à éviter de se prêter au jeu de certains leaders politiques et à rechercher la paix civile. Et le groupe cible par excellence est la jeunesse dans son ensemble. C’est dans cette perspective que l’initiative du WANEP (West African Network for Peace bulding) est à louer. L’institution assure à la jeunesse des partis politiques une formation dans ce sens intitulé : « jeunes leaders politiques : comment pouvez-vous gérer pacifiquement le prochain processus électoral au Togo ? ». Le ministère des Droits de l’Homme et de la Démocratie semble aussi résolument inscrit dans cette logique et on n’en voudrait pour preuve que le discours délivré par la préposée Mme Célestine Akouavi Aïdam à l’ouverture de l’atelier.

L’urgence ailleurs

Mais certains y voient de l’acharnement injustifié à l’endroit de la jeunesse des partis, arguant que les promoteurs et acteurs des violences sont ailleurs. Et quand on y voit de près, on se rend compte que les jeunes qui sont descendus dans les rues les 26 et 27 avril 2005 n’avaient posé aucun acte attentatoire à la vie d’autrui. Ils sont juste sortis pour revendiquer leur vote et pour ça, ils avaient creusé des tranchées, érigé des barricades et brûlé des pneus. Ces actes ne peuvent donc pas faire perdre la vie à des centaines de citoyens et envoyer sur les chemins de l’exil près de 60 milles autres.

            Les auteurs par excellence des violences, c’est bien les fameux « pacificateurs », constitués par les éléments des forces armées déployés dans les quartiers, puis les milices à la solde du RPT qui les ont beaucoup aidés dans leur besogne.

Dissuader les milices

Il paraît donc plus urgent de conscientiser d’abord les sommités du RPT à ne plus transformer leur jeunesse en milice, qu’on arme en plus. Ce ne sont pas des racontars. Les 26 et 27 avril 2005, on a vu de jeunes zélés du clan trimballer des pistolets et autres armes qu’ils n’ont pas hésité à utiliser contre les manifestants de l’opposition. Dans certains quartiers, ce sont exclusivement ces miliciens qui sont à la source des morts enregistrées. A Atakpamé par exemple, la plupart des décès enregistrés et des blessures sont l’œuvre de milices armées dirigées par l’inénarrable Major Kouloum. Les différents rapports établis sur les violences ont retenu d’ailleurs leur responsabilité. C’est plus ce beau monde qu’il urge de conscientiser afin qu’il se départisse de la violence.

Pacifier les esprits des FAT

Les Forces armées ne devront pas être en reste. Ce sont elles qu’il urge de sensibiliser car les violences portent leur griffe. Ce sont elles qui ont été déployées dans les quartiers pour les « pacifier ». Et la suite, tout le monde la connaît. Entre 150 et 1000 Togolais tués. Aujourd’hui, certes, un nouveau statut est adopté pour les Forces Armées togolaises. Mais nous n’avons pas cessé de le dire, une simple manifestation d’intention ne saurait suffire. Bien évidemment, le caractère « républicain » et « apolitique » des FAT est réaffirmé. Mais le plus gros du travail reste un travail de conscientisation des hommes en arme à se départir des instincts de répression violente des civils, même au péril de leur vie. Voilà les vrais chantiers à explorer. La paix civile en dépend.              

TINO Kossi

 
Péril en la demeure : Les diplomates togolais vivent dans des conditions misérables

Le Togo, comme la plupart des pays, dispose de par le monde des représentations diplomatiques. Mais les citoyens togolais qui y travaillent, tirent le diable par la queue. Leurs conditions de vie et celles de leurs progénitures sont très désolantes.

En réalité, les ambassades togolaises à l’étranger connaissent depuis quelques années des situations difficiles. Elles ploient sous le poids d’une dette estimée, selon des indiscrétions, à près d’une dizaine de milliards de francs CFA. De plus, l’Etat togolais dispose de biens mobiliers et immobiliers dans certaines capitales comme Paris, Londres, Washington, New York… Mais certains de ces biens sont inoccupés, donc à l’abandon. A ces problèmes s’ajoute celui du délabrement avancé des locaux abritant les différentes ambassades. Des millions de francs CFA auraient été débloqués à l’époque pour rénover les ambassades de New York et de Washington. Mais rien n’a été fait et il était fréquent d’entendre des railleries du genre : « On a honte de venir à votre ambassade, … même le drapeau est sale… ». Mais ces derniers jours, des informations font état de ce que l’immeuble sis sur la Massachusetts Avenue à Washington a fait une toilette. Les mêmes retouches ont été apportées au building 112E sur la quarantième Avenue à New York City.

            Nonobstant ces rénovations, la vie du personnel rime avec la misère. Il est difficile aux fonctionnaires de joindre les deux bouts dans des pays isolés où l’individualisme prime sur tout. Les recettes générées par certains services comme la délivrance des visas ne représentent que des miettes devant les dépenses énormes auxquelles ils sont confrontés.

            A Washington comme à New York, les diplomates togolais tutoient chaque jour que Dieu fait la misère. Ils seraient toujours dans les mêmes habits et vivent loin des quartiers habituels où logent les autres diplomates, y compris ceux des pays plus pauvres que le Togo.

            Cette situation n’est pas sans incidence sur les enfants de ces diplomates. Ces derniers sont obligés d’étudier, en anglais, la langue du pays. Ils ne peuvent pas aller à l’école française. On susurre qu’à New York, la Représentation devrait une bagatelle de 100 000 dollars US à un établissement français qui, dans le temps, accueillait les petits. Le cycle primaire terminé, fini leur scolarité, les parents n’ayant pas la possibilité de payer leurs études universitaires.

            Bien que des hommes aujourd’hui influents soient passés par là, c’est toujours le statu quo. Même l’actuel ministre des Affaires Etrangères, Zarifou Ayéva ne change rien. Il a juste organisé une conférence des Ambassadeurs à Lomé pour, dit-on, redynamiser la diplomatie togolaise. Mais après les belles promesses, silence radio.

R.K

 
Accueil populaire réservé à Gilchrist dans les Lacs : Lucien Messan, un pépé mythomane pris la main dans le sac

On se rappelle que dans le cadre de son congrès les 03 et 04 février derniers, l’Union des Forces de Changement (UFC) a entrepris une tournée dans certaines localités. Le leader Gilchrist Olympio et sa suite étaient à Atakpamé le 06 février puis dans les Lacs quarante huit heures plus tard. Comme on devait s’y attendre, l’accueil a été enthousiaste. « Fo Gil » a été accueilli en héros partout où il est passé, ce que des « journaux responsables » n’ont pas manqué de rapporter.

Mais tel Diogène de Synope, le fameux philosophe qui s’efforce de faire dans sa vie le contraire de tout le monde, notre « Doyen » Lucien Messan- un peu lunatique-, lui, avait vu autre chose. Dans son « Le Combat du Peuple » n°587 du 12 au 16 février 2007, « Doyen » dans un article au titre ronflant : « Visite de Gilchrist Olympio dans les Lacs ; le temps de l’usure et de la lassitude : l’attente des populations n’a pas été comblée » déversait sa bile sur le leader de l’UFC et minimisait l’accueil que les populations lui ont réservé. « Contrairement à ce que d’aucuns pensent, ce déplacement du leader de l’UFC dans les Lacs a été pour lui, un grand échec parce que, comme on est habitué à le voir, ou comme son parti aime le clamer, le leader de l’UFC n’a pas drainé de foule, ni soulevé d’enthousiasme… Gilchrist Olympio et les siens s’illusionnaient pouvoir mobiliser les foules et s’attendaient à un accueil très chaleureux. Malheureusement le constat est amer. Il s’agit d’un pari manqué… Le leader de l’UFC qui se déplaçait avec un cortège de plus de 35 véhicules dont un bus rempli de militants habillés en jaune, n’a trouvé nulle part, autant de monde que ceux qui se déplaçaient avec lui… Aklakou a infligé un cinglant camouflet à Gilchrist Olympio… A Avévé, contrairement à ce qu’on a toujours observé avec la visite des hautes personnalités qui sont toujours accueillies dans la grande cour de l’Ecole Officielle, Gilchrist Olympio n’a eu droit qu’à la place publique du quartier Sokodé, une place si exiguë qu’entre les joueurs de tam-tam Agbadja et un autre groupe folklorique, il n’y avait pas de lieu pour pavoiser… », a gribouillé « Pépée » Lucien Messan.

Avec une telle inimitié de notre « Doyen » à l’endroit de l’UFC, on était loin de «Fo GIl» qu’il pouvait s’afficher dans la masse. Mais quelle n’est notre surprise de le voir dans la foule de militants et sympathisants de l’UFC à Avévé. Observez bien la photo. L’homme à la tête en encadré n’est autre que M. Lucien Messan, Directeur de la Rédaction de « Le Combat du Peuple », celui qui voue pourtant une inimitié monstre au leader Gilchrist Olympio et à son parti. A voir les regards de Gilchrist et des autres, sûrement que notre «Doyen» a été l’objet d’une raillerie et cherche donc à s’éclipser. Sa mine en dit long.

Le mensonge a beau prendre un ascenseur, la vérité finit toujours par le rattraper. Notre Sérénissime « Doyen » a été pris la main dans le sac.

L.H

 
Dossier : Le système informatique de la Lonato un enfer pour le personnel

Nous avions dans notre livraison N°169 DU 19 février 2007 publié un dossier sur la Loterie Nationale Togolaise (LONATO) notamment sur le système d’informatisation qui, au lieu d’assouplir le travail du personnel, l’asservit. Les collecteurs qui font des va et vient entre les points de collecte et la direction de Lotosport, les agents qui s’épuisent en fouillant les lots des collecteurs pour chercher des coupons litigieux, les « dépouilleurs » qui s’usent des heures durant sur des machines vétustes pour le traitement des coupons qu’on appelle là-bas le scannage ne bénéficient pratiquement pas de repos. Bref, ce système leur impose une servitude infâme.

            Nous sommes heureux d’apprendre qu’il y a un petit assouplissement et que les agents ont pu rentrer chez eux lundi et mercredi derniers vers 22 heures. C’est la preuve que nous ne sommes pas des destructeurs comme le supposent certains. Au contraire, nous pensons au bien des Togolais et nous ne luttons que dans ce sens.

            Nous jugeons utile toutefois de revenir sur ce système d’informatisation qui déshumanise les agents de la société. Ceux-ci sont devenus esclaves de ce système. Il faut souligner que les agents passent 8 heures chaque lundi et mercredi à scanner les coupons sur les machines dites informatisées et plus d’un mois à fouiller les lots des coupons traités par les machines pour les retraiter manuellement. Ce qui fait un double travail pour aboutir au même résultat. Nous l’avions déjà dit, le premier jour où le système a été installé, les agents sont rentrés à 13 heures au boulot pour ne sortir qu’à 6 heures du matin le lendemain. En plus, il y a beaucoup de contraintes liées au travail. Quand on s’asseoit, on ne peut plus ressortir. Les agents ne sont autorisés qu’à aller se soulager (uriner ou faire des besoins) mais ils sont systématiquement fouillés. Certains habits et chaussures ne sont pas autorisés au travail. Malgré toutes ces contraintes, les agents ne bénéficient pas de primes et le traitement est dérisoire. Imaginez une mère de famille qui va faire pendant des heures durant ce travail infernal pour une modique somme de 3 000 F ou 4 000 F. Où est alors sa dignité ? Le comble, c’est qu’ils ne peuvent pas protester. Etant majoritairement kabyè dans la société, ils sont tenus par une obligation de solidarité. Toute initiative de contestation est étouffée parce qu’il y a parmi eux, certains qui sont prompts à vendre la mèche pour être promus. Les agents désabusés n’arrivent pas à s’expliquer qu’alors que rien ne marche, la direction de la Lonato persiste avec ce système qui dure plus de 6 ans déjà. Beaucoup se posent des questions sur cet état de chose. Ils se demandent si cette informatisation qui revient plus chère à la société ne serait pas guidée par des objectifs inavoués. Tout porte à le croire.

            Sur un tout autre plan, on croit savoir que le DG avait fait il y a quelques temps la promotion du Lotto Q auprès des collecteurs. Pourquoi jusqu’alors, il n’arrive pas à lancer ce produit ? D’aucuns estiment que M. Pékemsi est conscient que rien ne marche. Dans ce cas, on se demande ce qu’il attend pour traduire en justice la société EDITEC de France pour non respect des contours de charge fournis par la Lonato. Mieux encore, qu’il sanctionne la commission chargée d’élaborer ce cahier de charge. Il s’avère nécessaire que le conseil d’administration de la Lonato se penche sur cette question d’informatisation afin de dissiper tout suspicion et trouver définitivement une solution aux agents de la société. Avant tout, le travail doit libérer l’homme et non l’opprimer, l’asservir.

            La question que nous nous posons est de savoir s’il n’y a pas de cadres capables de réfléchir et trouver des voies et moyens pour sortir la Lonato du gouffre actuel dans lequel elle se trouve. Il y en a à gogo au chômage à Lomé et la direction doit impérativement en engager pour entretenir l’image de cette institution et assurer son rayonnement. Dans tous les cas, nous continuons nos enquêtes et nous n’hésiterons pas un seul instant à mettre à nu les dessous de cette informatisation si la direction s’obstine à maintenir le statu quo.

            Par ailleurs, selon des sources proches de la direction générale, le reclassement des agents de A2 en A1 dont nous avions fait cas, ne concernerait que les directeurs de département pour cause de service rendu.  On se demande comment un directeur de département peut être à la fois un agent d’encadrement et un agent d’exécution puisqu’il est le seul à être encouragé. Tout compte fait, dans cette procédure, il y a un gaspillage de finance publique alors que plein de jeunes chômeurs courent les rues avec leurs diplômes. Le revenu du contribuable doit pouvoir profiter aux Togolais. Nous rappelons à ce propos qu’un niveau ne se décrète pas, il s’acquiert. Nous ne voulons pas voir les choses capoter dans cette société. Aussi tenons-nous à attirer l’attention du directeur pour qu’il revoie ses relations avec l’ensemble de ses partenaires. Car selon des indiscrétions, une bombe couve au sein de cette société et si elle s’explose, on assure que où que M. Pékemsi se trouve les débris de cette bombe l’atteindront. A bon entendeur…

Affaire à suivre             

M.A.

[ 171: du 25 fevrier 2007]
Nayone quitte la Primature et démissionne du CAR

Rentré au bercail en Octobre 2006 après 11 ans d’exil dans l’hexagone, M. Dénis Nayone, l’un des cadres du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) et militant d’avant-garde du parti de Me Yawovi Madji AGBOYIBO, l’actuel Premier Ministre de la République du Togo, vient de claquer la porte de sa formation politique et démissionner de son poste de Chargé de mission à la Primature. Selon certaines sources, il s’agit d’une démission qui et permettrait à celui-ci de créer son propre parti en cette période préélectorale afin de pouvoir participer aux législatives en perspective. Mais, pour l’instant, l’intéressé ne parle que de convenance personnelle sans autres précisions.

Qu’est-ce qui a pu motiver une telle décision d’un militant qui, à peine rentré et l’enthousiasme que son retour a suscité au sein du parti, surtout pour ceux qui étaient présents le jour de sa conférence de presse que lui a organisée le parti pour qu’il annonce publiquement son retour ? Telle est la question que se posent les Togolais ayant appris la nouvelle. En effet, tout est possible sur le champ politique, c’est pourquoi les hommes avisés parlent d’incompatibilité entre le sentiment et les jeux politiques. A toutes ces questions, les réponses divergent par rapport aux versions des uns et des autres, aussi selon la position. Ainsi, deux camps se dégagent : ceux qui condamnent et fustigent la décision de leur camarade et ceux qui comptent partir avec lui.

            « Je pense que Me Agboyibo tirera des leçons de cette déconvenue. Parce qu’il a trop misé sur certaines personnes qui ne maîtrisent pas l’idéologie du parti aux dépens de ceux qui, nuit et jour, sous la pluie et le soleil bravaient les menaces et intimidations de l’adversaire commun, pour maintenir le parti en vie jusqu’au Gouvernement d’Union Nationale où il a tout donné à ceux-ci. Ce n’est que le début d’une série de départ programmé par d’autres militants. Il faut reconnaître aussi qu’il y a derrière tout çà, les mains de nos adversaires pour fragiliser le parti pour les prochaines législatives », nous a confié un cadre du CAR. Un autre son de cloche, celui d’un militant qui épouse l’acte de M. Nayone : « Il a raison de quitter ce parti où il existe des cercles non accessibles à tous. Il y a une sorte d’ethnicisme où certains membres ne jouissent pas des mêmes droits et privilèges de manière statutaire. C’est certainement pourquoi notre frère a décidé d’agir autrement », a-t-il souligné.

            De toutes ces versions, l’on se demande si l’on adhère à un parti par conviction ou pour des intérêts. Parce que depuis le début de cette lutte qui n’a que trop duré, nombre de personnes confondent les partis politiques par rapport à leur mission à des structures d’action humanitaire. Telles sont le plus souvent les raisons évoquées lors du phénomène de dissidence. C’est aussi, plus intriguant quand l’on se permet de dire que « C’est parce que ça ne marche pas bien au sein du parti ». Est-ce de l’extérieur qu’on pourra régler les choses ? N’est-ce pas plus indiqué d’y rester pour faire bouger les choses comme on le veut ? Tels doivent être les sujets de réflexion pour le bien de tout citoyen en quête de l’instauration d’une réelle démocratie et d’un vrai Etat de droit, facteurs indéniables d’un développement harmonieux d’une nation.

D .L.

 
Elections législatives : La mauvaise foi et la gourmandise du RPT font piétiner le processus

Après s’être taillé la part du lion dans le Gouvernement d’Union Nationale, le pouvoir RPT au régime depuis 40 ans et considéré comme un obstacle à l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit qui sont les aspirations profondes des populations togolaises, fait des pieds et des mains une fois encore pour rendre caduque l’application de l’Accord Politique Global (APG) signé le 20 août 2006 entre les acteurs politiques de la crise politique sous l’égide de Blaise Compaoré.

En réalité, les Togolais sont dans le dernier virage de l’application de l’APG dont l’apothéose sera la tenue des élections législatives libres, transparentes et démocratiques acceptées par tous c’est-à-dire par tous les acteurs politiques. C’est pour atteindre cet objectif dans la sérénité que l’APG a recommandé le partage du pouvoir. Celui-ci ne doit pas en principe se limiter au Gouvernement d’Union Nationale. Il doit s’étendre aux préfectures où sont les représentants du pouvoir central. Pour la simple raison que par le passé les Préfets sans exception aucune ont montré leur limite. Ces derniers, dans leur zèle afin de se faire beaucoup plus remarquer par leurs mentors, ont négativement contribué à l’organisation des nombreuses élections qui se sont déroulées au Togo, entachant ainsi celles-ci d’irrégularité par le refus à l’opposition de vaquer librement à ses activités dans leur localité.

            Les nouvelles donnes politiques aujourd’hui exigent, du fait des expériences du passé, que soit opéré un changement à la tête des préfectures afin de corriger les insuffisances le plus souvent constatées en période électorale. Mais, cet idéal a du mal à se concrétiser pour la simple raison que le pouvoir RPT, dans sa mauvaise foi de voir aboutir le processus électoral, fait feu de tout bois pour qu’il n’y ait pas de changement de Préfets. Pour ce faire, il utilise la gourmandise comme stratégie de blocage, voulant ainsi à lui seul se tailler la part du lion en exigeant de prendre au moins la moitié de l’effectif des préfets tel qu’il l’a fait dans la formation du Gouvernement d’Union Nationale. Ainsi, l’opposition, contrairement à sa logique de tout concéder pour voir aboutir le processus enclenché, ne veut plus se laisser marcher là-dessus et exige cette fois-ci un partage équitable à en croire les sources.

            L’on annonce au début mars le remaniement des Préfets si tout va bien et à la seule condition qu’une solution appropriée et adéquate soit trouvée à ce problème crucial au prochain Comité de Suivi (CS) prévu pour demain 27 février 2007 à Ouagadougou au Burkina Faso sous la présidence du facilitateur Blaise Compaoré. Mais jusqu’à ce jour, le parti présidentiel comme à l’accoutumée resterait intransigeant sur le sujet. « En principe, c’est le moment où le RPT doit faire preuve de bonne foi, car il n’a pas grande chose à perdre dans le remaniement des Préfets. Ce serait une compensation pour l’opposition qui, au Gouvernement s’est contentée que des miettes. Dans le contexte actuel du Togo, tout doit se faire dans la logique de « donnant-donnant ». C’est de cette seule manière que votre pays pourra retrouver sa lettre de noblesse », nous a confié un diplomate en poste à Lomé.

            Outre cette question épineuse qui entrave l’application à la lettre de l’APG qui au demeurant peut favoriser non seulement la tenue des législatives en perspective dans la plus grande transparence mais une sortie honorable de la crise politique togolaise, il y a celles concernant les observateurs militaires et la recomposition de la Cour Constitutionnelle. Il urge aujourd’hui que le Comité de Suivi (CS) statue aussi et en même temps sur ces deux questions afin de dissiper l’inquiétude des Togolais quant aux risques qu’ils encourent en allant aux urnes. Car pour nombre des populations, les élections riment avec violences et résultats réels tronqués.

Didier LEDOUX

 
Le parc automobile du Port fermé : La Direction des Impôts réclame plus de 5 milliards de FCFA à Bassam El Najjar
* Des pressions énormes sur la Directrice

Depuis quelques jours, la direction des impôts a décidé de mener une guerre sans merci contre ces étrangers notamment les Libanais et autres Indopakistanais qui prennent le Togo pour un paradis fiscal et font leur commerce en toute illégalité. La société RAMCO a été la première à être épinglée par la dame de fer, la directrice des impôts, Mme Ingrid Awadé qui a mis sous scellé les magasins de la société pour cause de non-paiement d’impôt. Face à la détermination de cette dame qui n’a reculé devant les menaces, le patron de la société M. Ram s’est mis aux pas et a versé en l’espace de 2 semaines 2 milliards de F CFA sur les 3 milliards 300 millions qu’il devait aux services des impôts.

            Après Ramco, c’est la société Immobilière du Golfe (SIG) du sieur Bassam, El Najjar sise au Port Autonome de Lomé qui subit la foudre de la direction des impôts. Des sources concordantes révèlent que cette société doit une bagatelle somme de 5 milliards 300 millions de F CFA aux services des impôts.

            Au lieu de se soumettre, M. Bassam avec la complicité de hautes personnalités des sphères décisionnelles du pouvoir exercerait des pressions énormes sur la directrice pour l’amener à se rétracter.

Mais sans compter sur la détermination de celle-ci. Les parcs automobiles du Port Autonome de Lomé sont fermés et toute activité a cessé depuis le 22 février. La direction des impôts demande désormais aux directeurs de ces parcs notamment les Libanais qui sont les principaux importateurs de véhicules dans notre pays de verser 15 000 F CFA par véhicule aux sous-parcs avant le parking de tout véhicule. Ce à quoi protestent les directeurs des parcs.

            Il est inadmissible que ces étrangers après avoir brassé plusieurs centaines de millions de chiffres d’affaires, après s’être enrichis sur le dos du contribuable togolais, refusent de payer leurs impôts en narguant les paisibles citoyens. M. Bassam et compagnie doivent savoir que le temps où ils se comportaient en territoire conquis au Togo est révolu. On n’admettra plus que ces fossoyeurs de l’économie nationale continuent de se moquer de la République.

M.A.

 

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