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La
semaine dernière, le dialogue togolo-togolais a connu son premier couac avec
le refus des partis de l’opposition « traditionnelle » (CAR, CDPA, UFC)
d’aller à Ouagadougou pour le pré-dialogue. Par cet acte, ces formations
politiques entendaient protester contre l’invitation quelque peu discourtoise
du gouvernement. D’abord, les états majors de chaque partie prenante au
dialogue ont été conviés par téléphone le lundi 13 février 2006 par le
ministre des Affaires étrangères à désigner deux représentants pour prendre
part aux travaux préparatoires du dialogue. Ensuite, la date de la rencontre
était prévue pour mercredi 15 janvier, c’est-à-dire que les partis n’avaient
que 48 heures pour préparer une rencontre qui se tient hors du pays. « Compte
tenu des conditions dans lesquelles ce pré-dialogue va avoir lieu, le CAR a
décidé de ne pas y participer », précise un communiqué du CAR. Mais avant
cette invitation, le parti de Gilchrist Olympio avait exprimé sa position en
indiquant qu’il « n’a pas été consulté et par conséquent, n’a pas donné son
accord » et que « la tenue du dialogue en dehors du Togo, notamment à
Ouaga, pour être retenue, devrait être discutée et recueillir le consensus des
parties en présence ». « Les conditions du déroulement du dialogue
doivent être discutées et acceptées par tous avant le démarrage du dialogue.
Elles ne peuvent être imposées par qui que ce soit à l’opposition démocratique »,
avertit l’UFC.
Sans aucune raison officielle, le gouvernement a dû reporter le
dialogue sine die. Mais contre toute attente, le PDR de Zarifou Ayéva, qui se
la coule douce dans la mangeoire de Kodjo, pond un communiqué le mardi 21
février dans lequel il fustige le comportement de ses anciens camarades. Il y
a même une contradiction criarde entre cette réaction et le communiqué du CAR
par exemple. « Le 14 février 2006, les instances dirigeantes du PDR ont
reçu une correspondance du Premier ministre invitant ledit parti à prendre
part « à une réunion de préparation du dialogue politique » qui se tiendra à
Ouagadougou du 15 au 16 février », rapporte le communiqué. Ce qui veut
dire qu’il y avait eu une invitation téléphonique pour certains, faite par le
patron du PDR et une correspondance en bonne et due forme adressée par le
Premier ministre aux autres partis. Cela fait un peu désordre et constitue un
mépris pour les premiers. C’est la preuve indéniable que les transhumants ont
des récriminations et ne souhaitent pas une issue favorable au dialogue qui
s’annonce.
En outre, le PDR pense qu’«aucune composante au dialogue ne
devrait alléguer le rejet par l’une des parties du médiateur nommé par l’ONU,
pour refuser de prendre part à la réunion de Ouagadougou, étant entendu qu’il
s’agit d’une rencontre préparatoire qui permettra à toutes les parties de
donner leur point de vue sur le sujet ». S’il croit qu’avec les autres
partis ils sont en position de force, pourquoi ne s’étaient-ils pas rendus à
Ouaga pour commencer le dialogue ? N’est-ce pas pour des préparatifs
consensuels que Faure avait soumis un mémorandum à l’appréciation des parties
qui avaient déjà fait leur observation ? C’est être de mauvaise foi que de
dire que « Le lieu de la réunion préparatoire retenu par le gouvernement
n’est pas en contradiction avec la majorité des propositions faites par les
parties au chef de l’Etat suite au mémorandum qu’il leur a adressé ».
Cette position du PDR ne surprend aucun Togolais sérieux. Comme la
CPP, le PSR, la NDP et les ex-activistes de l’UFC, il est bien dans son rôle
qui consiste à consolider la position du clan. Si les « parties au dialogue
ne devraient pas trop s’embarrasser des questions de procédures, de préalables,
et d’exigences de toutes sortes pour refuser de se parler et continuer de
maintenir en otage le Togo et le peuple togolais », pourquoi ces
transhumants ne disent-ils pas la vérité à leurs nouveaux employeurs pour
qu’ils organisent une fois pour toutes un dialogue franc et sincère ? Ne
sont-ils pas en fait les vrais preneurs d’otage du peuple en prenant fait et
cause pour les partisans du statu quo ?
Evans Yemey
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