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Rock Gnassingbé |
La gestion du
football togolais est
manifestement à l’image de celle
globale du pays faite par le
clan Gnassingbé. Le traitement
bancal du fameux dossier
Eperviers et du limogeage de
Stephen Keshi l’illustrent à
merveille. L’affaire est loin
d’être à son terme et chaque
jour qui passe apporte son lot
de surprises, en fait des
gamineries entretenues par les
responsables sportifs togolais.
Stephen Keshi
aura eu le malheur de débarquer
dans un pays où les responsables
sportifs ne font montre d’aucune
compétence, sont génétiquement
disposés à rejeter sur les
autres la responsabilité de
leurs actes. Des choses bizarres
se passent dans l’antre de la
FTF.
Il y a en effet
quelques jours que Mensah
Attolou, l’attaché de presse de
la Fédération Togolaise de
Football, annonçait le limogeage
du coach des Eperviers au moment
où celui-ci était au Nigeria
pour assister à la cérémonie de
remise du ballon d’or africain.
De retour au Togo, les
formalités administratives
devraient être exécutées par la
Fédération pour lui signifier
son limogeage, s’il y en a.
Mais contacté par
notre rédaction hier jeudi,
Stephen Keshi, très déçu, nous
fit comprendre qu’aucune note de
limogeage ne lui est parvenue
jusqu’à ce jour. Mais un nouvel
entraîneur, l’Allemand Otto
Pfister, vient d’être engagé par
la Fédération pour conduire les
Eperviers au Mondial en juin
prochain. L’Allemand aurait même
déjà commencé une prospection en
Europe pour contacter les
joueurs togolais. Tout portait à
croire que dans les jours qui
ont suivi l’annonce du limogeage
de Keshi le lundi 13 février ou
la signature du contrat avec
Otto Pfister le 18 février, Rock
Gnassingbé et sa bande allaient
tenir une conférence de presse
pour rendre publiques les deux
informations, le limogeage du
Nigérian et l’enrôlement de
l’Allemand. Mais que nenni !
Voilà le cafouillage monstre
dans lequel s’illustre la Fédé.
Selon toujours les
renseignements recueillis dans
l’entourage de Keshi, son
contrat initialement signé avec
la Fédération aurait jusqu’à fin Mars, mais
qu’à la suite de la
qualification historique des
Eperviers pour le mondial, il a
été prolongé jusqu’à fin juin,
après donc le mondial. A quel
jeu joue alors la fédé ? Et le
limogeage du premier, et
l’enrôlement du second sont
officieux.
Mais dans tout ce désordre, Keshi a
dignement gardé la tête sur les
épaules. Selon les informations,
lorsqu’il est revenu à Lomé avec
son titre de meilleur entraîneur
2005 de la Confédération
Africaine de football, il est
allé en début de semaine, comme il se doit
présenter le prix au ministre de
la Jeunesse et Sports, Agouta de
Ouyenga. Mais ce dernier n’a dit
mot à propos de son limogeage
ou même de l’enrôlement d’un
autre à sa place. Tout un flou
caractéristique entoure donc ce
dossier qui divise même les
membres de la Fédération. Rock
Gnassingbé et « certains »
militeraient pour l’enrôlement
de l’Allemand, alors que
d’autres, et mêmes des proches
de Rock militeraient pour le
maintien de Stephen Keshi. C’est
donc un bras de fer qui oppose
les uns aux autres sur ce
dossier.
Le mal dans tout
ça, c’est la conséquence que
peuvent avoir ces gamineries sur
les préparatifs des Eperviers.
Déjà, le premier Mars est une
date FIFA où les équipes
nationales devront avoir leurs
joueurs professionnels à leur
disposition pour livrer des
rencontres amicales. Or, le Togo
n’a pas encore résolu la
question de l’entraîneur. Ne
court-on pas dans ces conditions
vers une débâcle à « haute
dose » en Allemagne ? Contre
quel pays le Togo jouera-t-il le
1er mars prochain et sous la
conduite de quel entraîneur ?
L’ambiance entre les joueurs
eux-mêmes sera t-elle au beau
fixe comme avant ?
Les responsables sportifs manquent
manifestement de respect à
Stephen Keshi. Rock et ses
copains auraient mieux fait de
le situer sur son sort et comme
ça il libérera le plancher. S’il
faut honorer un homme qui fait
œuvre utile aux Togolais depuis
presque deux années, c’est sans conteste
Stephen Keshi. Aucun togolais ne
peut se targuer de le rivaliser,
pas même les leaders politiques.
Il mérite tout de même l’honneur
suprême de la Nation car lui au
moins il est inoffensif. Il
mérite à lui seul tous les
honneurs du peuple que Rock et
ses disciples réunis. Keshi a réussi à procurer de la
joie à tous les Togolais, du RPT
comme de l’UFC, ce que n’a
réussi à faire ni un Gnassingbé
ni un Olympio.
Tout doucement, mais sûrement, Rock
et ses acolytes mènent le bateau
des Eperviers à faire naufrage.
Le président de la FTF a montré
ses limites dans la gestion du
football togolais. Et d’un côté,
le monde entier verra en les
Togolais des «ingrats»,
pour avoir d’aussi vile manière
remercié Stephen Keshi qui, par
ses qualités, a réussi à
qualifier le Togo pour sa
première Coupe du monde.
Les plus hautes
autorités du pays doivent se
saisir du dossier qui
visiblement dépasse les
compétences de la Fédé. En
maintenant Keshi, le Togo
romprait avec cette manie des
Africains de plus se fier aux
entraîneurs «blancs».
Mais une chose est certaine,
Stephen Keshi ne chômera jamais
avec ses qualités uniques. Il
n’est pas pour autant exempt de
reproche dans cette débâcle
égyptienne des Eperviers. Mais
tout homme est faillible.
N’est-ce pas?
TINO Kossi |