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Le gouvernement togolais a résilié
le contrat qui le lie à la société
Togo « Obscurité », pardon,
Togo Electricité créée par le
groupement Elyo et Hydro Québec
International. Les autorités
justifient cette mesure prise lors
du conseil des ministres tenu
mercredi à Lomé par le non respect
des engagements pris par le
groupe Elyo.
« Face au non respect des
engagements pris par le groupement
Elyo et Hydro Québec International
qui a cependant perçu toute les
redevances dues à leur société
Togo Electricité, et en raison des
dysfonctionnements multiples
constatés dans l’exécution de la
convention de concession, le
gouvernement n’avait d’autre choix
que de mettre fin à cette
expérience qui s’est avérée
pernicieuse et douloureuse pour
nos populations »,
indique le communiqué.
Et pourtant, lorsqu’en 2000,
l’Etat togolais concédait la
production et la distribution de
l’énergie électrique au groupe
Elyo, la presse avait tiré sur la
sonnette d’alarme pour alerter les
autorités togolaises des
expériences amères que cette
compagnie a fait subir aux
Camerounais et Sénégalais qui
n’ont pas hésité à la chasser de
chez eux. Mais les dirigeants ont
fait la sourde oreille et ont
accueilli à bras ouverts ce
groupe. Aujourd’hui, ils ne
peuvent que s’en mordre les
doigts. « Une expérience qui
s’est avérée pernicieuse et
douloureuse pour les
populations », fait remarquer
le gouvernement.
En effet, il n’est un secret pour
personne que depuis quelques temps
la fourniture du courant
électrique est devenue aléatoire
dans notre pays. Les populations
subissent au quotidien des
préjudices liés aux coupures
intempestives du courant
électrique et à la surfacturation.
De nombreux quartiers sont privés
d’énergie. A l’intérieur du pays,
c’est le black out sur les villes
entières. Ce cycle permanent de
délestage a paralysé les activités
des opérateurs économiques et
autres industriels.
C’est cet état de délabrement
avancé dans lequel se trouve le
secteur de l’énergie électrique au
Togo, quand les responsables du
groupe Elyo ont assigné l’Etat
togolais devant le CIRDI, une
Commission internationale
d’arbitrage basée à New York en
réclamant une somme de plus de
trois milliards de F CFA. La
compagnie avait, dans une
correspondance adressée au
gouvernement, posé un certain
nombre de préalables qui doivent
être remplis avant la fin de ce
mois auquel cas elle suspendrait
sa fourniture d’énergie aux
Togolais. Aujourd’hui, c’est le
gouvernement qui anticipe sur les
événements en reprenant le secteur
de l’énergie à son propre compte.
Sa gestion vient d’être confiée à
la Compagnie d’Energie et
Electrique du Togo (CEET) pour une
période de six mois renouvelable.
Selon le ministre des Mines, de
l’Energie et Eau, M. Kokou Soleté
Agbemadon, les populations auront
à subir au moins deux semaines de
conséquences fâcheuses. « Nous
sommes conscients, qu’il y aura
des difficultés (…). Nous aurons
peut-être deux semaines de
difficultés et après cela, nous
allons répondre aux desiderata de
la population », a-t-il dit.
En clair, la CEET new look ne
saura tout de suite améliorer la
qualité du service. Le bout du
tunnel n’est pas pour demain et le
calvaire ne fait que commencer. Et
les Togolais auront à vivre au
moins quelques semaines de dur
délestage. Alors attachez vos
ceintures…
Médard A. |