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22 fevrier 2006

 
[ No 60: 22 fev 2006]
La question du limogeage ou non de Keshi : Le feuilleton continue

-La Fédération divisée entre pro Otto Pfister et pro Bora Milutinovic
-Des manœuvres mystiques seraient même entreprises par certains
La question du limogeage ou non de Stephen Keshi, qui a mobilisé presque toutes les stations radios et alimenté beaucoup de débats, connaît d’autres développements dans les sphères dirigeantes du football togolais, loin des yeux et des oreilles du commun des Togolais, soucieux du devenir des Eperviers, sans intérêt partisan à défendre autre que l’honneur du Togo.

Le camp des détracteurs de Késhi

A l’allure où vont les tractations dans l’antre de la fédération, le sort de Késhi semble scellé, malgré les déclarations du président de la FTF qui infirmaient son limogeage  annoncé avec faste par Mensah Attolou, l’« attacheur » de presse de la fédération. Nous tenons à informer le public togolais que le limogeage probable du coach sera dû à l’inimitié que lui voue le « staff technique de l’encadrement des Eperviers » - reste à vérifier ce que ses membres foutent - . Selon les propos sur Radio Sport FM,  le samedi dernier, du sieur Raoul Adablah, responsable marketing au sein de la fédération, le limogeage de l’entraîneur a reçu l’aval de 10 des 11  membres du staff technique et aussi de la commission CAN Egypte 2006 fomentée par Gbogboyagbo à quelques jours du début des hostilités au Caire. Etait-ce une de ses prérogatives de recueillir l’assentiment des membres du staff pour un limogeage de Keshi ? Sa démarche a pris des allures de pétition. Il a donc manifestement cherché à recueillir le plus de voix pour prononcer  le limogeage du coach par la voix de son « complice » de la TVT. Les fossoyeurs de Stephen Keshi ne sont donc que les membres de l’encadrement technique et de la commission Egypte 2006. Quelle iniquité a-t-il commise à leur endroit pour mériter tant de haine ? Ce n’est certainement pas la débâcle égyptienne des Eperviers. Ils ne sont pas plus déçus que les fanas des Eperviers qui, malgré les difficultés financières, ont sacrifié des sous pour s’acheter tous les gadgets griffés Eperviers et consacré leurs ressources spirituelles et leurs énergies pour veiller et prier pour la victoire des Eperviers. Il suffit juste de se transporter aux carrefours stratégiques des quartiers de Lomé en cette veillée de la rencontre RDC – Togo le 21 janvier dernier au stade Militaire du Caire pour se rendre compte de cette assertion. Des jeunes gens avaient en effet organisé en ce vendredi soir des veillées en l’honneur des Eperviers, veillées au cours desquelles des tam-tams et chansons Eperviers avaient résonné toute la nuit durant jusqu’au petit matin. Ils sont tellement déçus qu’ils n’ont pas le courage de dégager les drapeaux géants qu’ils se sont donné la peine d’ériger aux carrefours. Mais malgré cette déception, il y a longtemps qu’ils s’en sont remis. Où bien Keshi a-t-il fermé les robinets ? That is the question.

Les fossoyeurs de Keshi semblent décidés à aller au bout de leur besogne. Selon  nos informations, la question de son limogeage divise actuellement les membres de la Fédération. Le limogeage semble être consommé car il s’est formé deux camps au sein de la Fédé, un 1er pro Otto Pfister et un 2nd pro Bora Milutinovic. Ce n’est pas une invention, nous apprenons qu’il y a même certains qui ont recours aux manœuvres cabalistiques pour venir à bout des autres et que les autres ont élu domicile dans la chambre d’hôtel de l’Allemand Otto Pfister. Les détracteurs de ce camp arguent qu’avec « ce vieux », les Eperviers connaîtront une débâcle pire que celle du Caire et qu’il serait mieux de garder Keshi. Mais, qu’ont-ils à s’opposer tant pour un simple choix d’un entraîneur ? Le Mondial, n’est-ce pas vraiment une affaire de gros sous ?

Voilà des gamineries qui prendront encore le pas sur les mesures urgentes. Au moment où les Nations qualifiées pour le Mondial établissent des programmes de préparations et prévoient déjà des rencontres internationales amicales en mars prochain, les dirigeants de notre équipe nationale eux se perdent dans des conflits d’intérêts.

            Malgré les avis des intervenants sur différentes chaînes qui trouvent dans leur grande majorité inopportun le limogeage de Keshi, ses détracteurs continuent leur besogne. Et là, nous trouvons des symptômes d’hypocrisie dans les déclarations du président de la Fédé. Entre ses subalternes et lui, qui décide finalement ?

Malgré tout, Keshi a de la qualité

            A moins qu’ils aient des griefs personnels contre sa personne, autres que son conflit ouvert avec Shéyi pour lui en vouloir, tout esprit normal doit reconnaître à Stephen Keshi des qualités uniques de technicien. S’il faudra tabler sur les qualités de technicien, Keshi n’aura rien à envier à ses deux courtisans, Otto Pfister et Bora Milutinovic, malgré leur palmarès un peu plus fourni que le sien. Il a le mérite d’avoir hissé le football togolais au firmament des Nations africaines et mondiales de football, surtout en composant avec des joueurs, qui évoluent pour la plupart dans des championnats moins huppés et dans des clubs amateurs. Et ceux qui ont la chance d’évoluer dans des championnats professionnels sont rarement des titulaires. Ce sont ces qualités qui lui ont valu le titre de « meilleur entraîneur 2005 » à lui décerné par la Confédération Africaine de Football malgré la piètre prestation de ses poulains à la CAN. Il a aussi réussi à faire des Eperviers la 2e meilleure équipe nationale performante de l’année 2005 après les Eléphants de la Côte d’Ivoire. La raison voudra qu’on ne se débarrasse pas d’un tel technicien pour quelque raison que ce soit, même si c’est « par hasard » une exigence d’Adébayor Shéyi pour revenir jouer avec les Eperviers. Sheyi joue pour l’honneur du Togo et non pour Keshi. Il n’abattra pas le boulot de Keshi et Keshi non plus n’abattra le sien. Tout compte fait, c’est à lui de se soumettre à son entraîneur quelqu’en soient les raisons. Mido avait eu des prises de becs avec son entraîneur qui l’avait remplacé à un moment par Arm Zaki, le dossard 19, lors de la demi-finale de la dernière CAN contre le Sénégal et a failli en venir aux mains avec son coach. Mais après tout, la paix a été faite entre les deux et c’est ce même Mido et son entraîneur qu’on a vus s’étreindre à la suite de la victoire de l’Egypte sur la Côte d’Ivoire en finale le 10 février dernier. Bel exemple n’est-ce pas ? Ce conflit pourrait être réglé sans anicroche si les dirigeants le veulent vraiment, encore que les deux protagonistes sont des « Anago ».

            Nous prenons à témoin le public sportif du sort qui sera réservé à Stephen Keshi et l’invitons à apprécier à sa juste valeur le zèle particulier de certains pêcheurs en eau trouble. Qu’ils soient tenus responsables d’une éventuelle débâcle des Eperviers en juin prochain en Allemagne, ce que nous ne souhaitons pas bien sûr.

Tino Kossi

 
 

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Interview: Entretien de togoforum avec M. Alex BINIZI, SG de l’A.P.U.A.-FRD
 

 

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