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Le camp des détracteurs de Késhi
A l’allure où vont les tractations
dans l’antre de la fédération, le
sort de Késhi semble scellé,
malgré les déclarations du
président de la FTF qui
infirmaient son limogeage annoncé
avec faste par Mensah Attolou, l’« attacheur »
de presse de la fédération. Nous
tenons à informer le public
togolais que le limogeage probable
du coach sera dû à l’inimitié que
lui voue le « staff technique
de l’encadrement des Eperviers »
- reste à vérifier ce que ses
membres foutent - . Selon les
propos sur Radio Sport FM, le
samedi dernier, du sieur Raoul
Adablah, responsable marketing au
sein de la fédération, le
limogeage de l’entraîneur a reçu
l’aval de 10 des 11 membres du
staff technique et aussi de la
commission CAN Egypte 2006
fomentée par Gbogboyagbo à
quelques jours du début des
hostilités au Caire. Etait-ce une
de ses prérogatives de recueillir
l’assentiment des membres du staff
pour un limogeage de Keshi ? Sa
démarche a pris des allures de
pétition. Il a donc manifestement
cherché à recueillir le plus de
voix pour prononcer le limogeage
du coach par la voix de son
« complice » de la TVT. Les
fossoyeurs de Stephen Keshi ne
sont donc que les membres de
l’encadrement technique et de la
commission Egypte 2006. Quelle
iniquité a-t-il commise à leur
endroit pour mériter tant de
haine ? Ce n’est certainement pas
la débâcle égyptienne des
Eperviers. Ils ne sont pas plus
déçus que les fanas des Eperviers
qui, malgré les difficultés
financières, ont sacrifié des sous
pour s’acheter tous les gadgets
griffés Eperviers et consacré
leurs ressources spirituelles et
leurs énergies pour veiller et
prier pour la victoire des
Eperviers. Il suffit juste de se
transporter aux carrefours
stratégiques des quartiers de Lomé
en cette veillée de la rencontre
RDC – Togo le 21 janvier dernier
au stade Militaire du Caire pour
se rendre compte de cette
assertion. Des jeunes gens avaient
en effet organisé en ce vendredi
soir des veillées en l’honneur des
Eperviers, veillées au cours
desquelles des tam-tams et
chansons Eperviers avaient résonné
toute la nuit durant jusqu’au
petit matin. Ils sont tellement
déçus qu’ils n’ont pas le courage
de dégager les drapeaux géants
qu’ils se sont donné la peine
d’ériger aux carrefours. Mais
malgré cette déception, il y a
longtemps qu’ils s’en sont remis.
Où bien Keshi a-t-il fermé les
robinets ? That is the question.
Les fossoyeurs de Keshi semblent
décidés à aller au bout de leur
besogne. Selon nos informations,
la question de son limogeage
divise actuellement les membres de
la Fédération. Le limogeage semble
être consommé car il s’est formé
deux camps au sein de la Fédé, un
1er pro Otto Pfister et un 2nd pro
Bora Milutinovic. Ce n’est pas une
invention, nous apprenons qu’il y
a même certains qui ont recours
aux manœuvres cabalistiques pour
venir à bout des autres et que les
autres ont élu domicile dans la
chambre d’hôtel de l’Allemand Otto
Pfister. Les détracteurs de ce
camp arguent qu’avec « ce
vieux », les Eperviers
connaîtront une débâcle pire que
celle du Caire et qu’il serait
mieux de garder Keshi. Mais,
qu’ont-ils à s’opposer tant pour
un simple choix d’un entraîneur ?
Le Mondial, n’est-ce pas vraiment
une affaire de gros sous ?
Voilà des gamineries qui prendront
encore le pas sur les mesures
urgentes. Au moment où les Nations
qualifiées pour le Mondial
établissent des programmes de
préparations et prévoient déjà des
rencontres internationales
amicales en mars prochain, les
dirigeants de notre équipe
nationale eux se perdent dans des
conflits d’intérêts.
Malgré les avis des
intervenants sur différentes
chaînes qui trouvent dans leur
grande majorité inopportun le
limogeage de Keshi, ses
détracteurs continuent leur
besogne. Et là, nous trouvons des
symptômes d’hypocrisie dans les
déclarations du président de la
Fédé. Entre ses subalternes et
lui, qui décide finalement ?
Malgré tout, Keshi a de la qualité
A moins qu’ils aient des griefs
personnels contre sa personne,
autres que son conflit ouvert avec
Shéyi pour lui en vouloir, tout
esprit normal doit reconnaître à
Stephen Keshi des qualités uniques
de technicien. S’il faudra tabler
sur les qualités de technicien,
Keshi n’aura rien à envier à ses
deux courtisans, Otto Pfister et
Bora Milutinovic, malgré leur
palmarès un peu plus fourni que le
sien. Il a le mérite d’avoir hissé
le football togolais au firmament
des Nations africaines et
mondiales de football, surtout en
composant avec des joueurs, qui
évoluent pour la plupart dans des
championnats moins huppés et dans
des clubs amateurs. Et ceux qui
ont la chance d’évoluer dans des
championnats professionnels sont
rarement des titulaires. Ce sont
ces qualités qui lui ont valu le
titre de « meilleur entraîneur
2005 » à lui décerné par la
Confédération Africaine de
Football malgré la piètre
prestation de ses poulains à la
CAN. Il a aussi réussi à faire des
Eperviers la 2e meilleure équipe
nationale performante de l’année
2005 après les Eléphants de la
Côte d’Ivoire. La raison voudra
qu’on ne se débarrasse pas d’un
tel technicien pour quelque raison
que ce soit, même si c’est
« par hasard » une exigence d’Adébayor
Shéyi pour revenir jouer avec les
Eperviers. Sheyi joue pour
l’honneur du Togo et non pour
Keshi. Il n’abattra pas le boulot
de Keshi et Keshi non plus
n’abattra le sien. Tout compte
fait, c’est à lui de se soumettre
à son entraîneur quelqu’en soient
les raisons. Mido avait eu des
prises de becs avec son entraîneur
qui l’avait remplacé à un moment
par Arm Zaki, le dossard 19, lors
de la demi-finale de la dernière
CAN contre le Sénégal et a failli
en venir aux mains avec son coach.
Mais après tout, la paix a été
faite entre les deux et c’est ce
même Mido et son entraîneur qu’on
a vus s’étreindre à la suite de la
victoire de l’Egypte sur la Côte
d’Ivoire en finale le 10 février
dernier. Bel exemple n’est-ce
pas ? Ce conflit pourrait être
réglé sans anicroche si les
dirigeants le veulent vraiment,
encore que les deux protagonistes
sont des « Anago ».
Nous prenons à témoin
le public sportif du sort qui sera
réservé à Stephen Keshi et
l’invitons à apprécier à sa juste
valeur le zèle particulier de
certains pêcheurs en eau trouble.
Qu’ils soient tenus responsables
d’une éventuelle débâcle des
Eperviers en juin prochain en
Allemagne, ce que nous ne
souhaitons pas bien sûr.
Tino Kossi |