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Rock et les siens ont plus
péché…
Nombre de Togolais
dans le vif de la déception du
Caire réclamaient dès les premiers
instants la tête de Keshi. Le
temps faisant, après être
instruits des risques encourus en
changeant d’entraîneur à une
échéance aussi brève du Mondial,
et surtout suite au mea culpa
public de Stephen Keshi sur Radio
Sport FM demandant au peuple
togolais de leur pardonner, lui et
les joueurs, les erreurs commises
et promis de ne pas récidiver, les
Togolais ont réintégré l’homme
dans leurs cœurs. Et la norme
aurait voulu que la Fédération, de
son président Rock Gnassingbé
jusqu’au subalterne, fasse amende
honorable, car elle est à 99%
responsable du manque de
performances des Eperviers. Par
une culture pathologique
d’improvisation et d’impromptitude
à satisfaire les doléances des
joueurs, elle a créé en amont
toutes les conditions de défaite.
Elle n’a traité les problèmes
qu’avec amateurisme. Ce n’est pas
à quelques jours d’une compétition
qu’on planche sur les primes des
joueurs. Qu’elle sache aussi qu’on
ne badine pas avec les préparatifs
des joueurs. Keshi affirme avoir
remis à la fédération son
programme de préparation deux
semaines après la dernière
journée qualificative pour le
mondial. Mais les Togolais ont
tous été témoins des gymnastiques
de dernières minutes auxquelles
s’est adonnée la Fédé. Il a même
fallu que ce soit Faure qui décide
de faire payer dix millions aux
joueurs et envoie au Caire un
intendant militaire pour contrôler
toutes les dépenses à faire alors
que la Fédération a un trésorier
resté à Lomé. Elle n’a pas su
régler en temps opportun le
conflit Shéyi-Keshi pour faire
changer le sort aux Eperviers qui
reconnaissent tous que la débâcle
égyptienne est due à la première
rencontre ratée contre les Simbas
de la RDC.
Les risques d’un limogeage
Au lieu de tirer les
enseignements nécessaires de cette
aventure égyptienne pour ne pas
faire de la Weltmeisterschaft une
Egypte 2006 bis, elle cherche à
jeter son dévolu sur le pauvre
Keshi et à lui faire porter tout
seul le chapeau. Limoger le coach
pourrait a priori constituer une
alternative. Mais les risques que
l’on encourrait en procédant ainsi
nous y défendent. Quatre mois,
l’échéance qu’il reste pour le
mondial, ne sauraient suffire à
un entraîneur, aussi compétent
soit-il, pour pouvoir bâtir une
équipe compétitive. Il lui faut un
peu plus de temps pour connaître
les qualités des joueurs, établir
une communication idéale avec eux,
pour enfin asseoir son système. Le
hic est d’ailleurs que les
professionnels ne seront à la
disposition de leur fédération
nationale qu’environ un mois avant
le Mondial, une semaine FIFA
courant le mois de mars, puis
trois semaines avant le début du
Mondial. Le nouvel entraîneur
n’aurait que les joueurs locaux à
sa disposition. Mais combien
seront-ils à faire partie de
l’équipe partante pour le
Mondial ? Ne vaudrait-il pas
sincèrement mieux de
résoudre les petits conflits
individuels entre les joueurs
eux-mêmes et avec leur coach et
continuer avec lui un travail
commencé il y a presque deux
années ? Les Togolais doivent
prendre exemple sur le Ghana qui a
reconduit son coach malgré la
méforme des Black Stars et lui a
adjoint des techniciens dont un de
la FIFA. En effet, la FIFA supplée
les entraîneurs des équipes
nationales qualifiées pour chaque
édition de la Coupe du Monde par
un expert pour les aider dans
leurs tâches. Alors, il serait
préférable qu’on adopte cette
option plutôt raisonnable. Limoger
Keshi en ce moment ne serait qu’un
règlement de compte car grief lui
est porté par certains membres
actifs de la FTF. Nous avons échos
des manigances de Raoul Adablah,
responsable marketing au sein de
la fédération, de Mensah Attolou
qui se dit attaché de presse de la
FTF, le très amateur Secrétaire
Général, Komlan Assogbavi et le
vieux conseiller Kossivi Reinhard.
Ils sont les plus actifs dans ce
limogeage présumé. A preuve,
l’attaché de presse n’a pas hésité
à annoncer à l’affirmative le
limogeage de Keshi ; mais contacté
par notre rédaction le mardi 14
février dernier pour avoir une
copie de la note officielle de
limogeage, il nous répondit qu’il
n’y en avait pas encore et que
l’annonce faite était une bombe
lancée pour avoir la température
du public sportif togolais. Par
cette blague, il a induit d’autres
médias dont RFI en erreur car ils
n’ont fait que reprendre cette
annonce. Il y a des gens qui font
donc des pieds et des mains pour
faire partir le Nigérian. Mensah
Attolou, en tant qu’attaché de
presse de la fédération avait-il
le droit de procéder ainsi ?
N’est-il pas sous le coup de la
rancune gardée pour la sordide
histoire de trois millions de FCFA
que lui aurait refusé Keshi?
A propos, le Togo
est-il capable de payer
convenablement ces entraîneurs
remplaçants potentiels annoncés ?
Rappelons que, outre ses petites
indemnités de publicités, l’un
d’entre eux, Bora Milutinovic,
percevait 400 millions de francs
CFA annuellement quand il était
aux commandes de l’équipe
chinoise.
Le tournoi à 12, l’autre truc
bidon
L’autre incongruité, c’est le
pseudo tournoi à 12 qu’organise la
FTF en collaboration avec la
fameuse Commission Eperviers
Egypte 2006 créée à la hâte par Fo
Kodjo et qui s’est illustrée par
un anonymat particulier. Car les
Togolais ne savent pas au juste ce
qu’elle a fait et attendent donc
un bilan de sa part. Ce tournoi
est un truc bidon qui ne dénote
d’aucun professionnalisme. Selon
un de ses organisateurs, Dobou
Gerson, ce tournoi vise à détecter
de nouveaux talents locaux devant
étoffer l’équipe des Eperviers
devant participer au Mondial
2006. Nous à Liberté Hebdo, nous
sommes convaincus qu’une telle
initiative est une marque
d’amateurisme et n’est point la
solution. C’est un peu rigolo que
pareille initiative effleure
l’esprit de ses organisateurs car
à plusieurs égards, elle est
diaboliquement nulle. Ce n’est pas
un tournoi qu’une fédération
compétente et responsable
organise pour déceler de nouveaux
talents. Dans des pays plus
« Normaux », où il y a un
championnat de football de 1ère
division, il y a une équipe
technique chargée de déceler et
remarquer les performances
individuelles des joueurs. Dans le
championnat togolais de 1ère
division, la FTF ne peut pas dire
aux Togolais qu’après la saison de
foot qui tend vers sa fin, elle
n’a pas encore découvert de
talents et que c’est un tournoi
organisé pour quelques jours qui
va révéler des Zidane, des
Ronaldinho. « Hoo nami »,
avons-nous presque envie de
crier. Il est plus facile qu’un
joueur se défonce en quelques
matches pour s’attirer la
sympathie des sélectionneurs. Et
le danger, c’est qu’il est plus
facile qu’à coup d’argent, un
joueur arrive à s’acoquiner avec
eux. C’est le moment idéal où des
publicités seront faites autour
des joueurs selon leurs affinités
et leurs largesses financières. Il
y a eu la dernière édition de Togo
Football Awards qui a récompensé
des joueurs pour leurs
performances. Mais bizarrement ces
joueurs ne se retrouvent pas dans
l’équipe des Eperviers. S’il faut
découvrir des talents, ce serait
donc au cours d’une saison entière
qui compte 30 journées que ce
simulacre de tournoi qu’on
improvise. C’est une trouvaille
qui ne mord pas à l’hameçon. Et,
ces locaux-là, combien auront-ils
la chance d’intégrer cette
sélection nationale ? Les
Eperviers n’ont pas besoin d’être
remplacés à tous les postes par
les locaux. Là où il existe des
failles, c’est surtout le latéral
gauche, le poste de stoppeur et
le milieu de terrain. On n’a pas
besoin de 23 locaux pour remplacer
les 23 ex-Eperviers du Caire. Il
suffira juste que des joueurs
comme Richmond Forson, Dossevi
Thomas soient incorporés au groupe
et que Afanou Kodzo, par exemple
accepte de jouer pour le Togo.
Nous sommes désolés de le dire, ce
tournoi est une perte de temps et
de sous. Ses organisateurs veulent
donner l’impression aux Togolais
qu’ils sont préoccupés par le sort
des Eperviers. C’est une ruse qui
ne prend pas la mayonnaise. Et
puis, les Togolais ne sont pas
dupes. Ils savent que le produit
Musi-Foot a rapporté un peu de
sous qui, au lieu de servir la
cause des Eperviers, ont servi aux
dépenses personnelles de ces
personnalités qui ont fait de la
java au Caire avec leurs
maîtresses. Et pour masquer ces
dépenses, ils organisent ce
tournoi bidon pour dire après que
les sous ont servi le foot. Ils
veulent tout simplement amuser la
galerie.
Le public sportif
prend pour l’instant acte des
agissements des responsables
sportifs togolais. Il saura
apprécier en temps opportun.
T.K. |