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Liberté Hebdo |
16 fevrier 2007 |
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N°168:
du 16 fevrier 2007]
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Législatives de 2007 : Emprunt des Kits de la RDC :
Le gouvernement a empiété sur les prérogatives de
la CENI |
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Après le difficile accouchement du bureau de
la Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENI), l’un des problèmes
auquel avait face cette institution chargée
d’organiser les prochaines élections législatives
était la question du recensement électoral. Deux
types de recensement étaient au cœur des
discussions. Ce qui évidemment avait conduit à
l’éclatement des membres en deux camps. Le RPT et
ses satellites
la CPP,
le PDR et le REFAMP-Togo arguaient que le pays n’a
pas les moyens et que compte tenu du temps qui
restait, il est souhaitable que l’ancienne opération
de vote soit reconduite. |
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En revanche, le CAR, la CDPA, l’UFC et le GF2D
optaient pour un recensement du type congolais (RDC).
D’après ce type de recensement, l’inscription des
électeurs sera réalisée grâce à un ensemble de
matériels informatiques, de fournitures et de
consommables rassemblés dans une trousse appelée
Trousse d’identification numérique (TIN) ou Digital
Enroulement Kit (DIK) en Anglais. Il a fallu que les
membres de la CENI
aillent à l’école des experts de la sous-région et
plusieurs mois avant que cette question ne soit
tranchée à la dernière réunion du Comité de Suivi du
16 janvier 2007 à Ouagadougou.
Et depuis, les discussions à
la CENI sont moins conflictuelles et les travaux
connaissent une légère avancée. Les membres de cette
institution étaient, dans le cadre de l’élaboration
du chronogramme, en train de plancher sur la façon
d’acquérir justement ces Kits. Selon certaines
indiscrétions, les différents experts de l’UE et du
PNUD auraient même souhaité l’achat de ces matériels
pour que le Togo en fasse son patrimoine. Les
discussions étaient à ce niveau quand, contre toute
attente, le gouvernement a, après avoir écouté une
communication du ministre de l’Administration
Territoriale sur l’état d’avancement du processus
électoral au conseil des ministres du vendredi 09
févier dernier, fait savoir qu’« un certain
nombre de questions délicates, notamment celles
portant sur le recensement électoral et la carte
d’électeur ont été réglées ; il a été retenu que
notre pays emprunte de
la République Démocratique
du Congo des Kits devant servir à ces opérations ».
« Chaque Kit c’est un ensemble constitué
d’ordinateur, d’une imprimante, d’un appareil photo
et un générateur, le tout livré ensemble en vue de
l’opération de l’établissement des cartes
d’électeurs avec photo numérisée », poursuit le
communiqué.
Dans l’ordre normal des choses, c’est
la CENI
qui devrait saisir le gouvernement avant qu’il ne
propose quoi que ce soit. Mais ici, les membres de
la CENI ont été mis devant le fait accompli. Ce
n’est que dans la presse que certains auraient eu
vent de cette décision gouvernementale. La procédure
laisse à désirer et c’est un empiètement patent sur
les prérogatives de cette institution. L’Accord
politique global prévoit qu’« une Commission
Electorale Nationale Indépendante (CENI) chargée
d’organiser et de superviser les consultations
électorales et référendaires, en liaison avec le
ministère de l’Intérieur et les autres services de
l’Etat, sera mise en place ». Le texte est bien
clair. Ce n’est pas le ministre de l’Administration
Territoriale qui doit agir au nom de
la CENI.
L’autre problème est de savoir pourquoi
le gouvernement s’entiche à emprunter à
la République Démocratique
du Congo des Kits devant servir aux opérations de
vote. N’y a-t-il pas des avantages quand le Togo
achète lui-même ces matériels ? Pour un expert, « la
meilleure solution est que le Togo les achète pour
se les approprier ». « Les prochaines
législatives ne seront pas les seules élections que
notre pays organisera et il est indispensable qu’on
puisse garder ces matériels dans le patrimoine
national. De la même façon, les Congolais ont eux
aussi d’autres scrutins à organiser et pourraient
tenter un jour de récupérer leurs Kits »,
ajoute-t-il.
Si l’achat des Kits était aussi le vœu
des partenaires qui sont déterminés à accompagner le
processus, pourquoi ne pas choisir cette option pour
que le Togo dispose de ces matériels une fois pour
de bon ? Sur la question, une source proche de
la CENI
a fait remarquer que le gouvernement a
malheureusement pris cette décision sans demander
l’avis des membres, mais qu’ils ne lui en tiennent
pas rigueur. « L’essentiel est qu’on ait de bons
matériels », nous a-t-elle dit.
R. Kedjagni |
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Sommet « France-A-Fric » à Cannes (France) Les
derniers hommages à Chirac, mais… la « Françafrique »
demeure |
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En début de semaine, la ville de Cannes a
enregistré un interminable ballet de chefs d’Etat
« nègres » et de leurs délégations. Et pour cause.
Le 24ème sommet
France-Afrique s’y tient, marqué d’un sceau
particulier. Cette rencontre aux allures de
carnaval, de conseil de famille sera sans doute la
dernière que présidera « Le Prince de la
duplicité », le bonimenteur « frère Jacques ». C’est
la nième palabre entre le « maître » et ses
« ouvriers » où de jolis thèmes ont été formulés
pour débats. « L’Afrique et l’équilibre du monde »
tel est celui du sommet. Des piliers de la « Françafrique »
ont été appelés à exposer : Blaise Compaoré sur
« les matières premières en Afrique », Sassou N’Guesso
sur « la place et le poids de l’Afrique dans le
monde », Paul Biya sur « L’Afrique et la société de
l’information ». Jolis thèmes, non ? |
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En décembre 2005, au cours du précédent
sommet à Bamako,
la Jeunesse
africaine a été à l’honneur. De beaux discours ont
été délivrés et des décisions ont été prises. Mais
cela n’a pas empêché des jeunes Africains-Maliens et
Sénégalais surtout- de défier les mers même au péril
de leur vie pour rallier l’Europe. C’est dire que le
présent qui se tient à Cannes ne changera rien au
vécu quotidien des Africains. Il parait donc plus
celui des adieux avec un homme et de renouvellement
de contrat avec un système mafieux.
Le temps des adieux
Ce sommet est celui des adieux entre Chirac et ses
« amis personnels », bon gré mal gré. Si cela
ne tenait qu’aux chefs d’Etat « Akabaraka »
(nègre), ils auraient déjà rendu
« élastique » et « éternel » le mandat de
Jacques Chirac pour continuer avec lui leur lune de
miel faite de pillage mafieuse des ressources du
continent. Pour ça, ils en ont le secret. Il suffit
d’un passe-passe de «sodomisation »
constitutionnelle et le tour est joué. Omar Bongo et
Faure Gnassingbé sont là pour mettre à profit leur
« expérience »… Les indiscrétions faisaient
d’ailleurs état de ce que les chefs d’Etat
françafricains voulaient lui proposer de rempiler.
Mais
la France n’est pas l’Afrique et Chirac même n’est
pas dupe. Les Français ne le laisseront pas faire.
D’ailleurs Nicolas Sarkozy lui a assez ravi la
vedette dans son UMP pour oser compétir.
Son départ forcé devra faire des
nostalgiques sur le continent car ses relations avec
les « complices » africains sont intimes.
« Pour les chefs d’Etat et les ministres africains
que j’ai rencontrés, l’image de Jacques Chirac est
exceptionnelle. Ils sont inquiets parce qu’ils ne
veulent pas perdre le meilleur avocat qu’ils ont
jamais eu », déclarait au confrère français « le
Figaro »
la Ministre
française déléguée au développement, Brigitte
Girardin, avant d’évoquer « la dimension
personnelle et affective » des relations les
liant.
Politique inhumaine
A voir de près, ce ne sont que des chefs d’Etat
françafricains qui regretteraient ce départ. Car le
peuple africain a une version différente de ces
relations. C’est une politique française décriée de
tout temps, fondée sur des rapports mafieux avec des
gouvernants africains. Voici ce que dit de lui une
personnalité de référence : « Je n’ai jamais
rencontré Chirac. Mais je l’ai beaucoup entendu. Il
a ce double visage de la « Françafrique. D’un
côté, il est cet homme aux mots novateurs, qui
touchent du doigt des réalités sur le pilage,la
colonisation, l’environnement, la culture africaine,
le sida. De l’autre, il est cet homme prisonnier de
sa propre culture politique, qui veut une Afrique
béni-oui-oui, une société civile docile, une
démocratie au rabais. Il a un amour étouffant pour
le continent. Or, avant d’aimer, il faut écouter…
Avant de parler migration, il faut comprendre
pourquoi nos enfants partent se perdre dans le
Sahara ou se noyer dans les eaux de
la Méditerranée.
La politique africaine de Chirac n’est que le reflet
de la politique de Chirac en France. Sous couvert de
désir de régulation de la mondialisation, Chirac l’Aficain
a toujours adoubé les réformes des institutions
internationales qui prônent la privatisation et les
dogmes libéraux. Il est une parfaite synthèse de la
politique française en Afrique, qui a toujours
privilégié ses réseaux, ses multinationales qui
absorbent nos entreprises, s’approprient nos
matières premières, inondent nos marchés de biens
subventionnés. Chirac jouit d’une impunité en
France, à l’image de l’impunité de Chefs d’Etat ou
de despotes qu’il contribue à maintenir au pouvoir
contre la société civile africaine, dont il invoque
pourtant les mânes. Ce vieux chef, cet homme du
refus de la guerre en Irak, cet avocat de l’Afrique
porte encore un regard infantilisant vis-à-vis de
ceux qui défendent un autre partenariat, une autre
vie démocratique et d’autres savoirs et
savoir-faire ».
C’était d’ailleurs la dénonciation de cette
politique qui a motivé lundi l’organisation du
sommet citoyen France-Afrique ayant regroupé des ONG
et organisations de la société civile et qui a servi
de réplique anticipée au « rendez-vous
diplomatique » des chefs d’Etat.
Peut-être que c’est la campagne
électorale qui les y oblige. Toujours est-il que
Ségolène Royal et surtout Nicolas Sarkozy dénoncent
« en chœur »
la Françafrique
de Chirac. A la première qui affirme sans
détour que « depuis bientôt cinq ans,
la Droite
française est à l’origine de désordres sans
précédent sur le continent africain. La conception
de la présidence de la République de Jacques Chirac
y est pour beaucoup… Je crois possible de mettre fin
au désordre créé par des décennies de politiques
clientélistes en Afrique »,
renchérit Sarkozy qui plaide pour « une relation
nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée,
débarrassée des scories du passé et de ses
obsolescences » et souhaite « tourner la page
des complaisances, des officines, des secrets et des
ambiguïtés ».
Tous ces discours paraissent nobles et
peuvent bonimenter certains faibles d’esprit. On
pourrait être tenté de penser que tout sera rose
avec Sarkozy ou Royal à l’Elysée. C’était le même
espoir au terme du mandat de François Mitterrand et
on voyait Jacques Chirac en messie, en sauveur de
l’Afrique. Mais comme dira l’autre, ça a été « plus
pire ». Chirac, Sarko ou Ségo, c’est bonnet
blanc, blanc bonnet. Les intérêts de
la France
d’abord. L’Afrique, peu importe. Ainsi l’ont voulu
ces chefs d’Etat « nègres »…
TINO Kossi |
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Après l’annonce de la loi portant statut des
militaires : Des tensions couvent au sein de
la Police Nationale |
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« Un quatrième projet de loi a été enfin adopté
par le conseil des ministres. Il porte statut des
personnels militaires des Forces Armées Togolaises.
Jusqu’ici, c’est la loi du 17 juillet 1963, avec des
modifications qui lui ont été apportées en 1964, qui
régit le statut des personnels militaires. Il est
évident que ce texte, conçu pour une armée de
quelques centaines d’hommes, est devenu obsolète si
bien que des pratiques non consignées dans la loi
ont dû s’instaurer pour répondre aux exigences de
commandement des Forces Armées. Le nouveau texte
souligne d’entrée que les Forces Armées Togolaises
sont nationales, républicaines et apolitiques.
Elles ont pour mission de préparer et d’assurer la
défense de la patrie et des intérêts supérieurs de
la nation et sont entièrement soumises à l’autorité
politique constitutionnelle régulièrement établie.
Elles comprennent l’armée de terre, l’armée de
l’air, la marine nationale, la gendarmerie
nationale, la musique des armées, le corps des
commissaires des armées et le service de santé des
armées. Il est à souligner une innovation de
taille : la carrière militaire sera désormais
ouverte aux femmes ». |
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C’est ce qui ressort du communiqué ayant sanctionné
le conseil des ministres du vendredi 09 février
2007. Cette mesure fait partie des recommandations
de l’Accord Politique Global (3.5 et 3.6). Ce projet
de loi qui améliore un tant soit peu les conditions
de vie et de travail du personnel militaire des FAT,
est actuellement en étude à l’Assemblée nationale.
Ainsi, après les Forestiers et les Douaniers qui ont
vu leur situation s’améliorer un peu, c’est le tour
des militaires de goûter aux délices des réformes.
Comme on aurait pu le constater, le
corps qui semble être délaissé est celui de
la Police
qui, par définition, est une administration, une
force publique qui veille au maintien de la sécurité
publique. Toutes les questions liées à la sécurité
interne la concernent en premier lieu. Mais les
conditions de travail et de vie des policiers sont
des plus désolantes.
En effet, les vieux indices de la police
les plaçaient sur l’indice 270 alors que ceux
qu’avait proposés
la Conférence Nationale
et qui étaient conformes à ceux de la fonction
publique les situeraient à l’indice 550. Mais cette
décision n’a jamais été traduite dans les faits et
les policiers continuent de végéter dans la misère.
Ainsi, toute nouvelle recrue, avec son niveau BEPC
et après avoir suivi une formation militaire et
policière est abonnée aux modiques salaires des « 21 000
F et poussière » qu’impose l’indice 270. C’est
ce qu’avaient contesté en octobre dernier les élèves
fonctionnaires de la police. On se souvient que
ceux-ci ont, au cours de leur cantonnement dans les
locaux de
la Foire Togo
2000, observé un mouvement de grève pour exiger une
conformité de leur salaire avec celui de leurs
camarades forestiers. Rappelons qu’avec le niveau
BEPC, un policier aurait un salaire de base de « 21 000
et poussière » alors qu’un forestier du même
niveau en percevrait plus du double. A l’époque,
cette revendication légitime a été étouffée par le
Ministre de
la Sécurité,
le Colonel Atcha Titikpina, et les
élèves-fonctionnaires ont été reconduits au Centre
National d’Instruction (CNI) pour une « correction
exemplaire ». Et depuis lors, on n’en parle
plus.
Aussi, n’ont-ils pas de salaire
correspondant à leur diplôme. Ils se distinguent en
fonction des grades qu’ils prennent au fil des
années et en fonction des diplômes qu’ils ont. Par
contre dans la police, les grades sont seulement
fonction des diplômes. On comprend alors pourquoi
les policiers excellent dans les pots de vin, les
dessous de table. Un fonctionnaire qui est mal payé
ne peut passer que par des voies tortueuses pour
arrondir sa fin du mois. Les nouvelles recrues qui
sont à
21 000 F par mois n’ont-elles pas toutes les raisons
de harceler les conducteurs de taxi-moto ou autres
pour améliorer leur condition financière ?
Un autre problème auquel est confronté
le corps de la police est le blocage des
affectations. Certains agents sont maintenus à des
postes juteux et y passent plusieurs années sans
être inquiétés. On susurre d’ailleurs qu’il y a
plusieurs années que le personnel de
la Police nationale n’avait pas connu de mouvement.
Et au lieu que ce corps soit piloté pas
des policiers de formation, ce sont plutôt des
militaires qui se succèdent à
la Direction Générale
de
la Police. Les
vrais policiers ne sont confinés que dans les
seconds rôles. Les militaires DG ne se préoccupent
que de leurs intérêts et des « petites affaires »
qu’ils font.
Depuis vendredi 09 février dernier, date
de l’annonce du projet de loi portant statut du
personnel militaire, des tensions couvent dans le
rang de
la Police Nationale.
Les policiers seraient mécontents de la façon dont
ils sont traités quand la situation des autres corps
s’améliore.
Somme toute, il urge que les gouvernants
commencent à plancher sur le cas des policiers qui
jouent un rôle non moins important dans la
sauvegarde de la paix civile. Comme prévue dans l’APG,
la réforme des Forces de Sécurité doit être aussi
une des priorités du gouvernement.
R.K. |
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N°167:
du 14 fevrier 2007]
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Pour une véritable réconciliation Armée-Nation : « Désethniciser »
l’Armée, lutter contre l’impunité |
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Le
parcours démocratique au Togo s’est révélé comme un
chemin de croix pour les citoyens imbus d’un
changement. Toutes les manifestations qui sentent la
protestation contre une méthode de gouvernance du
clan au pouvoir sont violemment réprimées par une
armée prompte à sévir jusqu’au sang. Les Forces
Armées Togolaises sont devenues une béquille du
pouvoir qui n’hésite pas à en user contre les
populations, même pour des manifestations pacifiques
et légitimes. La fameuse « pacification » d’avril
2005 en est l’illustration en date. |
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Aujourd’hui, les gouvernants en sont arrivés à
réaliser que la paix et la réconciliation nationale
pourront être acquises en attendrissant les
relations entre militaires et civils.
Cela passe sans doute par une
« socialisation » de l’Armée afin de la rendre
républicaine. L’Accord Politique Global du 20 Août
2006 a
fait une recommandation essentielle à ce propos.
« S’agissant des questions de sécurité, les parties
prenantes au Dialogue conviennent que les
dispositions nécessaires soient prises en vue de la
réaffirmation solennelle et du respect effectif de
la vocation apolitique et du caractère national et
républicain de l’Armée et des Forces de sécurité,
conformément à la constitution et aux lois
pertinentes du pays », y lit-on. Il urge donc de
réformer l’armée en lui créant un nouveau statut.
Les gouvernants actuels semblent résolument inscrits
dans cette dynamique. Le dernier conseil des
ministres a planché sur la question.
Parallèlement, des projets professant la
réconciliation armée-nation sont initiés. L’exemple
type est le projet ASSEREP (African Security Sector
Reform Progamm) ou Programme de réforme du secteur
de la sécurité en Afrique visant un rapprochement
entre le militaire et le civil. C’est au Togo qu’il
est mis en expérimentation pour deux (02) ans pour
la toute première fois et les résultats motiveront
sa mise en application dans onze autres pays
africains inscrits au projet.
Les Togolais ne peuvent que se féliciter
d’une telle initiative qui à terme, empêchera le
militaire et le civil de se regarder en chiens de
faïence, le premier de vouer une inimité monstre à
l’endroit du second, ce qui le dissuadera de le
réprimer sans ménagement lorsqu’il sera requis par
le politique pour ce faire. Mais il y aurait une
plus grande efficacité en couplant cet effort à la
lutte contre l’impunité et l’ « ethnicisation »
à outrance de l’armée.
Décourager la récidive
L’impunité est un fléau qui compromet la
réconciliation nationale. Les Togolais ne peuvent
pas se réconcilier si certains ont la liberté
d’attenter continuellement à la vie des autres et se
la couler douce. Les différents rapports établis sur
les violences d’avril 2005 ont nommément mis en
cause les hommes en arme et recommandaient des
poursuites judiciaires contre les bourreaux et leurs
commanditaires. Mais jusqu’à ce jour, rien n’est
fait dans ce sens. Le dernier rapport d’Amnesty
International ne montre que des victimes criant à la
justice et à la réparation. Il est donc évident
qu’une situation pareille ne peut pas favoriser le
rapprochement des cœurs. Lorsque ces bourreaux
seront jugés, on aura créé en d’autres la peur du
gendarme. Ce qui évidemment les empêchera de
violenter les civils. Ce serait le prix à payer pour
une vraie réconciliation armée-nation.
Une armée architribalisée
La « désethnicisation » de
l’Armée togolaise est l’autre prix à payer. Une
armée doit être représentative de toutes les ethnies
d’une Nation. Or ce n’est pas le cas au Togo comme
le révèle Comi M. Toulabor, Professeur au
CEAN-Sciences Po Bordeaux à travers une étude menée
en décembre 2005 sur les FAT et titrée « Togo :
Les Forces armées togolaises et le dispositif
sécuritaire de contrôle » : « Jamais armée
africaine n’est aussi ethnicisée ou tribalisée que
l’armée togolaise. Le général Eyadema a bâti
essentiellement les FAT autour de son groupe
ethnique… Sur les 13 000 hommes qu’elles comptent,
10 000 viennent de la partie septentrionale du pays
et les 3.000 restants du sud. Parmi ces 10 000
hommes du Nord, 7 000 sont Kabyè, et parmi ceux-ci
3 000 sont originaires de Pya, le village natal du
Président. Alors que les Kabyè se situent entre 10
et 12% de la population, ils représentent en
revanche à eux seuls 53,84 % des effectifs des
Forces Armées, dont 23% de Pya, pendant que le Nord
dans son ensemble se taille 76,92% des effectifs
globaux…
L’encadrement des Forces armées
togolaises est aussi presque entièrement entre les
mains des Kabyè. En effet, sur ses 300 officiers, 50
(ndlr : seulement) sont du Sud, alors qu’ils sont
250 pour le Nord, parmi lesquels 200 Kabyè, dont 50
pour le seul village de Pya. Par ailleurs, aucune
des 26 unités de commandement qui composent
l’ossature des Forces Armées Togolaises n’est
confiée à un ressortissant du Sud. Sur les 17 unités
commandées par des Kabyè, 10 le sont par des
officiers de Pya, tandis que les 7 reviennent aux
autres groupes ethniques du Nord. C’est logiquement
que les structures de formation telles que l’Ecole
de Formation des officiers des FAT à Kara et l’Ecole
de Formation des sous-officiers des FAT à Témédja
recrutent essentiellement parmi les ressortissants
du Nord à l’instar du Collège militaire de Tchitchao
(ndlr : qui porte désormais le nom du Général
Gnassingbé Eyadema) dont les 80% des recrues
proviennent de l’ethnie du Général Eyadema ».
Toute cette parenthèse pour montrer
l’ampleur du fléau. Cette « ethnicisation »
de l’armée serait négligeable si elle ne se
manifestait pas dans les actes des hommes en armes.
A preuve, lors de la fameuse « pacification »
des quartiers Bè, Nyékonakpoe, Kodjoviakopé d’avril
2005, ce sont majoritairement des éléments du Nord
qui ont été convoyés sur ces quartiers pour… Le 26
avril 2005, lorsque les hommes en arme entraient
dans les maisons et tabassaient à mort hommes,
femmes, jeunes, vieux et enfants, un jeune homme
habitant une maison dans le quartier de Nyékonakpoè
près de Togo Chaussures et sa nièce en ont été
épargnés car cette dernière qui était Kabyè a dû
supplier les « pacificateurs » dans sa langue
tout en pleur avant que ceux-ci, touchés par ses
supplications ne les en épargnent. Assez illustratif
non ? Seuls ceux qui ne sont pas Kabyè ou ne
comprennent aucun mot de la langue savent ce qu’ils
ont subi à l’époque !!!
La «désethnicisation » de l’Armée
s’avère aussi donc comme un des prix à payer pour la
réconciliation armée-nation tant recherchée. On a
bien peur que de simples projets genre ASSEREP ne se
révèlent inefficaces.
TINO Kossi |
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Contre manifestation à Atakpamé : Gilchrist Olympio
échappe de justesse à un plan du Major KOULOUM
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De retour au bercail le 02 février 2007 pour
présider le Conseil National de son parti l’Union
des Forces de Changement (UFC), tenu à Lomé les 3 et
4 février, Gilchrist Olympio, avait un agenda bien
garni. Il avait, outre le Conseil National, organisé
une série d’autres activités telles des tournées à
l’intérieur du pays pour constater de visu le drame
engendré par les violences post-électorales du
scrutin présidentiel controversé du 24 avril 2005
qui a vu Faure Gnassingbé arriver au pouvoir. |
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Une rumeur selon laquelle le Major
Kouloum s’apprêterait à organiser une contre
manifestation au cours de laquelle Gilchrist Olympio
serait la cible privilégiée avait circulé. Cette
information parvenue à l’Etat-major de l’UFC était
prise comme une boutade dont l’objectif était
d’amener ce parti à surseoir à sa tournée qui devait
le conduire à Atakpamé où le bilan des événements
douloureux était aussi catastrophique qu’ailleurs.
Mais le complot contre le leader de l’UFC aurait été
désamorcé par les hautes sommités du Togo.
A Atakpamé tout comme à Lomé où ont été menées nos
investigations, l’information s’est avérée à partir
des témoignages recueillis de part et d’autre. Le
Major Kouloum aurait regroupé des jeunes et mis les
moyens à leur disposition pour perturber les
manifestations de l’UFC dans cette localité
considérée à tort ou à raison comme fief de
l’opposition. Un nombre important d’éléments étaient
en état d’alerte pour infiltrer les militants de ce
parti en saccageant les véhicules du convoi puis
prendre en otage le leader. Il faut souligner que
cette rumeur sur la route de devenir clameur est
parvenue plus tôt aux sommités dirigeantes du Togo.
Ainsi, informées du plan, les autorités politiques
et militaires n’auraient ménagé aucun effort pour
dissuader le Major Kouloum dans son projet sordide
et sournois quitte à envenimer encore la situation
déjà tendue. C’est ainsi qu’il a été mis en demeure
d’être tenu pour responsable de tout ce qui pourrait
advenir, à en croire les sources dignes de foi.
Des indiscrétions proches du pouvoir RPT ont
confirmé cette hypothèse. « Il est vrai qu’il a
voulu frapper afin d’être apprécié par les hauts
responsables de notre parti. Mais, il s’est trompé
d’époque, car l’heure est à la réconciliation et à
l’apaisement. Le petit, comme vous l’appelez n’est
pas prêt à adhérer aux vieilles méthodes qui ont
grillé son père. Je crois que, dès qu’il a été
informé, il a même pris des mesures urgentes pour
que la sécurité de Gil soit renforcée. Parce qu’il
ne tient aucun discours qui entrave le processus de
réconciliation nationale », nous a confié une
haute autorité militaire.
Cet acte posé par les gouvernants mérite un coup de
chapeau. La concorde nationale et la réconciliation
ne peuvent être concrètes que s’ils poursuivent leur
action dans cette droite ligne. De ce fait, ils
pourront aller plus loin en interpellant le Major
Kouloum et le traduire devant les tribunaux pour que
le mythe de l’impunité soit totalement éradiqué de
notre pays, dans la mesure où il est cité dans les
nombreux rapports sur les violations des droits de
l’homme au Togo.
Didier LEDOUX |
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Goût démesuré du pouvoir : Edem Kodjo crée sa propre
présidence |
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Le Togo dispose dorénavant de deux présidences : une
présidence pour Faure Gnassingbé et une autre pour
l’un de ses conseillers spéciaux, le président de
la CPP Edem
Kodjo. |
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Celui-ci vient de créer à la cité OUA sa propre
résidence qu’il a proprement baptisée « Présidence
de
la République Annexe :
Ministère d’Etat ».
Les Togolais n’arrivent pas à comprendre qu’un «ministron»
puisse s’offrir le luxe de créer sa présidence à lui
et s’interrogent sur les mobiles et l’utilité d’une
telle démarche qui va encore augmenter les charges
de l’Etat. La plupart sont parvenus à la conclusion
que sa suffisance, le Roi Kodjo 1er de
Noepeville a un goût démesuré du pouvoir.
Les actes antérieurs posés par l’Enarque
confortent les Togolais dans leur conviction. Il
nous souvient que lorsque le président de
la CPP
a été contre toute attente nommé Premier ministre au
lendemain de la frauduleuse d’avril 2005, il aurait
refusé d’occuper les locaux de l’Office des Produits
Agricoles du Togo (OPAT) qui serviraient de bureau
de
la Primature. C’était
sa résidence privée sise à Tokoin Protestant qu’il
avait transformée en siège de
la Primature. Il
a fallu qu’on lui aménage une villa à la Cité OUA
pour qu’il l’intègre.
Tout récemment, lorsqu’il a été bouté de
la Primature
à la faveur de l’Accord Politique Global singé le 20
août 2006, M.
Edem Kodjo a été réticent à libérer le siège au
nouveau locataire. Il a fallu l’intervention de
Faure Gnassingbé avant qu’il ne vide les lieux.
Lorsqu’il s’est finalement décidé à le faire,
l’Enarque avait emporté tous les matériels et
documents administratifs jusqu’aux trombones.
Quelques jours seulement après l’avoir
sauté, Faure lui accorde sa confiance en le nommant
ministre d’Etat avec rôle de conseiller à la
présidence.
Aujourd’hui, l’économiste patenté, celui
dont on dit avoir fait des grandes écoles en France,
pose des actes qui démontrent que l’homme n’est pas
ce qu’il prétend être. Comment peut-on comprendre
que le « visionnaire incompris »,
« l’Enarque », « le grand Economiste »,
« l’homme politique de grande envergure et d’une
compétence indiscutable » peut se permettre de
créer une présidence bis dans un Togo économiquement
exsangue ? N’y a t il pas de place à la nouvelle
présidence récemment inaugurée à grande pompe par
son mentor ?
Pourquoi n’est-il pas allé occuper un
bureau dans l’ancienne bâtisse de la présidence de
la République qui sert de quartier général à Faure
Gnassingbé ?
Autant de questions auxquelles les
Togolais attendent des réponses.
M.A. |
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