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C'est ce qu'ânonncait
l’autre griot qui s’est affublé du titre d’attaché de presse de
la fédération dans son insipide magazine des sports de lundi sur
la Très Vilaine Télévision. Mais contacté hier au téléphone par
notre rédaction qui voulait avoir une copie de la note
officielle, Messan Attolou a déclaré qu’il n’y avait pas de note
officielle. « C’est une bombe que nous avons lancée »,
s’est-il contenté de dire. Et ce coup, il l’a réussi en
emballant le Correspondant de RFI.
Pour l’heure, Stephen Keshi reste l’entraîneur du Togo puisque
c’est en juin prochain que son contrat prend officiellement fin.
Nous ne disons pas que le sélectionneur Stephen Keshi est exempt
de tout reproche. Nous étions d’ailleurs de ceux qui avaient
dénoncé sa sélection des 23 joueurs et le désordre observé après
le match contre le Congo Démocratique. Nous sommes à plusieurs
reprises revenus sur la responsabilité de Keshi dans la déroute
des Eperviers à la CAN. N’avons-nous pas repris dans l’un de nos
articles le titre d’une chanson d’Afia Mala, « Tout le monde
est coupable » ? Pourquoi c’est seulement Keshi qu’il faut
alors sanctionner ?
Rock Gnassingbé et son bureau devraient aussi démissionner
« Au
Togo, il y a beaucoup de bons joueurs mais c’est tout ce qui est
à côté qui est mauvais », remarquait il y a quelques années
le Franco-italien Diego Garzito après un bref passage à la tête
des Eperviers. En l’espace de quelques jours, il avait su
apprécier à leur juste valeur les problèmes qui minent le
football togolais. Rock Gnassingbé et son équipe ont toujours
une culture pathologique d’improvisation qui a toujours attenté
aux performances des Eperviers. Vogue à l’apeuprèrisme !
Depuis que la crise a éclaté, la Fédération ne s’est pas remise
en cause. Or, il est connu de tous qu’elle n’a pas respecté le
programme de préparation que l’entraîneur lui avait soumis
quelques jours après la fin des éliminatoires. Annoncé pour le
27 décembre, le stage n’a commencé que quelques jours avant les
hostilités. Entre temps, c’était le Secrétaire Général, l’autre
amateur, de faire plusieurs voyages dans certains pays pour,
dit-on, préparer le stage des Eperviers.
Quand lui, il annonçait un regroupement en France, les autres
membres parlaient de Tunisie. Quant à la date du départ pour le
stage, elle variait d’un membre à un autre. C’était dans ce
méli-mélo que les Eperviers avaient fait leur préparation. Même
Gerson Dobou n’a pas, dans l’interview qu’il a accordée à
« Sports Hebdo » N° 28 du 10 au 17 février 2005, eu le courage
de reconnaître les défaillances de la Fédération et s’est mis à
jeter tout le tort sur l’entraîneur.
Il faut reconnaître par ailleurs que Rock et ses amis ont
rarement répondu à temps aux exigences matérielles et
financières des joueurs. Le problème de primes qui s’est posé
avant le départ pour le stage aurait pu trouver une solution
rapide si le président avait fait preuve de sagacité en
engageant une discussion avec les joueurs. Malgré les nombreuses
signatures de sponsoring sous les éclats des caméras, ils
n’arrivent pas à satisfaire les minuscules revendications des
joueurs. A tout moment, il faut qu’ils aient recours au
gouvernement avant d’acheter une baguette de pain à un joueur.
On se souvient que lors du démarrage du championnat, ces
messieurs avaient fait savoir aux clubs que la fédération
dépensait beaucoup pour l’équipe nationale et qu’elle n’avait
plus les moyens pour les soutenir.
N’y a-t-il pas alors un problème dans la gestion des fonds de la
Fédération ? Le Trésorier Général ne s’est-il pas dernièrement
plaint d’être écarté de la gestion ? Le rapport financier du
premier mandat de Rock n’est-il pas jusqu’à ce jour inconnu des
Togolais ?
S’il n’y avait pas un problème dans les finances de la
fédération, le gouvernement ne devrait pas envoyer au Caire un
intendant militaire pour gérer les fonds. Certes, « …on ne
fait pas d’omelettes sans casser des œufs et toute révolution,
qui se fait, se fait dans la douleur. Et de toutes les façons,
aujourd’hui, c’est de l’honneur national, de la dignité et de la
fierté de chaque Togolais dont il s’agit. Et qui veut défendre
l’honneur national ne doit pas avoir d’état d’âme » (Gerson
Dobou dans « Sports Hebdo »). Mais pour que cette omelette soit
consommable pour les Togolais, il va falloir que toute la
fédération rende le tablier pour avoir fait preuve d’un
amateurisme sans précédent. Oui, « qui veut défendre
l’honneur national ne doit pas avoir d’état d’âme »,
pourquoi eux, ils ne démissionnent pas et ils veulent sacrifier
le pauvre Keshi pour cacher leurs propres turpitudes ? Le
ministre des Sports, le président de la fédération et
l’entraîneur du Mali et du Sénégal n’avaient-ils pas démissionné
quand les Eperviers avaient plongé ces deux pays dans un silence
de cimetière ? Ah, nous oublions, nous sommes au Togo, le pays
dans lequel on ne démissionne pas; on s’y accroche plutôt.
Les artisans du limogeage de Keshi
Les vrais
artisans du limogeage de Stephen Keshi sont incontestablement
ces griots qui gravitent autour du président de la fédération et
qui se sont costumés de titres d’attaché de presse et du
responsable au marketing. Ce sont des gens qui se font
l’important dans la corporation et qui se comportent comme s’ils
sont nés avec des micros dans la bouche. Ce sont des super
journalistes qui manipulent le président à leur guise. Tout leur
travail consiste à fouiner dans la presse écrite ou à écouter
les radios pour détecter ceux qui critiquent leur bienfaiteur.
En effet, celui qui se passe pour l’attaché de presse de la
Fédération rayonne dans les commérages au lieu de faire son
travail. S’il avait vraiment maîtrisé son travail, il aurait dû
gérer la guerre verbale qui avait opposé l’entraîneur à son
joueur. L’attaché de presse est celui qui sert de canal entre la
fédération et les médias, et entre les joueurs et les médias.
Mais il n’en était rien au Caire.
Pire encore, l’attaché de presse ne connaît pas le nom du site
Internet de la fédération. Là où le bât blesse, c’est qu’il vend
les cassettes des matches des Eperviers au sélectionneur. Ainsi,
pendant tout le temps qu’ont duré les éliminatoires, Stephen
Keshi achetait les cassettes auprès de l’attaché de presse.
Malgré tout cela, les deux entretenaient de bonnes relations
jusqu’au jour où l’affaire des primes a éclaté. On parle d’une
somme de trois millions de F CFA qu’il aurait exigée de
l’entraîneur. Et depuis ce temps, Keshi est devenu un ennemi à
abattre.
Quant au responsable au marketing, après ses bamboulas au Caire,
il avait fait sortir son canard « Sports Hebdo » le
vendredi 10 février dernier, le jour où la FTF, les présidents
des clubs et le comité mis en place par le gouvernement
s’étaient réunis pour plancher sur l’avenir du football
togolais. « Stephen Keshi se défend et accuse Adebayor »,
lit-on à la une avec une grande photo d’Adebayor. La plupart des
pages du journal étaient consacrées à Keshi. Il a été traité de
tous les noms d’oiseaux. On pouvait lire des détritus du genre :
« Notre opinion est qu’il ne servira à rien de prendre la
défense du sélectionneur Keshi sinon que pour faire connaître
aux Togolais des humiliations pires que celles qu’ils ont
connues lors d’Egypte 2006 » ; « Le bureau
exécutif de la Fédération Togolaise de Football (FTF) a donc
raison de ne pas vouloir reconduire le contrat de Stephen Keshi » ;
« Etonnement détendu et relaxe pour un homme qui sait sans
aucun doute qu’il peut d’un instant à l’autre être éjecté de son
siège de sélectionneur et perdre donc son gagne-pain, Stephen
Keshi nous a livré sa version des faits »…Ainsi, en bon
responsable au marketing, il avait réchauffé le terrain pour que
tout le monde table sur son limogeage.
Même s’ils arrivent à réussir leur coup, il faut reconnaître
que dans tout ce jeu, c’est Keshi qui en sortira très grandi.
Il a fait son mea culpa en présentant ses excuses au peuple : « Je
voudrais saisir cette opportunité pour présenter mes excuses au
peuple togolais pour les torts causés ». Qui d’entre ces
amateurs qui dirigent notre football l’a fait ?
Hose Koffi |