|
C'est
ce que
précise un communiqué du
Groupement Uni des Français du
Togo (GUFT) en réaction à un
article paru dans Le Monde du
vendredi 10 février 2006 sur
l’interpellation des dirigeants de
Bolloré. Malgré ce discours
louangeur, il faut reconnaître,
même s’il y a encore du chemin à
faire, que la France est en train
de tomber au Togo. La période des
éléphants blancs est révolue et
les Français ne doivent plus se
soustraire aux lois qui régissent
le Togo. Il n’y aura plus une
justice pour les Français et une
autre pour les nègres du Togo.
Dorénavant, ils ne vont plus être
extradés vers leur pays d’origine
comme ce fut toujours le cas sous
l’ère Gnassingbé 1er.
Aujourd’hui, certaines sociétés ou
personnalités, qui incarnent le
crime économique instauré par la
France au Togo, sont dans la
tourmente. Elles ont maille à
partir avec des autorités
gouvernementales et judiciaires du
pays.
Depuis quelques mois, Robert
Montoya, ex-gendarme français, qui
avait été plusieurs fois dénoncé
par les organisations
internationales pour son
recrutement de mercenaires au
profit de Mobutu et qui avait
rendu d’immenses services au
pouvoir togolais, est lâché par
ses anciens protecteurs. Il est
accusé d’avoir livré aux forces
loyalistes ivoiriennes des
matériels de guerre qui avaient
servi au bombardement de Bouaké.
Une procédure judiciaire est
actuellement ouverte contre lui.
Le patron de SAS Togo est au Togo
mais interdit de sortir du
territoire.
Entre temps, certains responsables
de la société Total au Togo
avaient été brièvement
interpellés. Des rumeurs indiquent
d’ailleurs que cette crise couve
toujours.
Ensuite, ce fut le tour d’un
ex-gendarme, Philippe Desmars,
propriétaire du restaurant L’Okavango,
d’être écroué à la prison civile
de Lomé pour avoir abusé d’une
mineure de 15 ans. Il se cache
derrière des activités de
restauration pour se livrer à des
activités peu recommandables
notamment l’abus sexuel des
mineurs. Il droguait ses victimes
avant d’exiger d’elles de se
livrer à une séance de
photographie pornographique sous
la menace d’une arme à feu. Depuis
le 26 janvier dernier, il médite
son sort derrière les barreaux.
Nous en sommes là quand en début
de semaine dernière, certains
journaux pro Bolloré annonçaient
en manchette que le groupe avait
remporté le procès qui l’opposait
à Dupuydauby. Mais curieusement,
quatre dirigeants du groupe
avaient été interpellés à
l’aéroport de Lomé le mercredi 08
février dernier alors qu’ils
s’apprêtaient à rentrer. Ils
avaient été conduits vers le
tribunal où ils devaient être
entendus pour une affaire de
corruption de magistrats. L’un des
deux directeurs généraux du
groupe, Gilles Alix, le
responsable pour l’Afrique
francophone, Georges Cognon, ainsi
que Dany Chuteaux, son adjoint, et
Pascal Cotti, le patron du groupe
au Togo ont été incarcérés pendant
36 heures dans les cellules
togolaises. Ils n’ont été libérés
que vendredi après l’intervention
de l’Elysée. Les bureaux du groupe
Bolloré à Lomé avaient même été
perquisitionnés par la police
togolaise.
« Notre sentiment, c’est qu’ils
sont tombés dans un piège »,
affirme-t-on du côté de l’Elysée.
Qui a piégé qui dans cette
affaire ? Et à quelle fin ? Selon
Le Monde, « le président
togolais avait en effet demandé à
voir les cadres de Bolloré après
ce procès. C’est pour cela qu’ils
sont venus à Lomé. Mais Faure
Gnassingbé ne les a pas finalement
rencontrés. Et ils ont été
emprisonnés ». Qu’insinue
cette information ? Qui a donné
l’ordre alors d’interpeller ces
responsables qui sont venus pour
rencontrer Faure Gnassingbé ?
Aucune réponse ne sera donnée.
Mais le journal continue son
développement en faisant
remarquer : « M. Dupuydauby est
un homme puissant à Lomé. Il est
proche au frère du président,
Kpatcha, qui contrôle le port de
Lomé et est aujourd’hui considéré
comme l’homme fort du Togo. Il est
également proche du juriste
Charles Debbasch, le juriste
français conseiller de la
présidence togolaise, qui fait
l’objet d’un mandat international ».
Comme on le voit, la France
s’écroule au Togo. Ces citoyens
offrent un spectacle désolant en
étant présents dans plusieurs
affaires louches : trafic d’armes,
détournement de mineurs, pillage
économique…Les prestiges dont ils
jouissent dans le temps sont en
train de prendre de l’eau. Et
déjà, ils ont commencé à affirmer
que « le nouveau président
semble vouloir prendre ses
distances avec la France ».
Evans Yemey |