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« … Il nous faut, délaissant
les voies d’un manichéisme
sommaire, prendre la véritable
mesure de nos échecs répétés. Nous
devons nous convaincre aujourd’hui
plus que jamais, de la nécessité
de dépasser la logique de
confrontation stérile et
destructive, et, nous donnant la
main en filles et fils d’une même
famille, entraîner notre pays sur
la voie constructive de la
réconciliation, de l’unité
nationale et du développement.
J’en appelle solennellement à
toute la classe politique, à la
société civile, aux hommes et aux
femmes de ce pays pour que nous
entreprenions ensemble une
rénovation nationale », lit-on
dans le discours-programme d’Edem
Kodjo.
Mais les actes qu’il pose
actuellement montrent qu’il ne
veut pas une résolution définitive
de la longue crise togolaise.
Etant à son automne politique, il
n’espère plus rien en politique.
Pour lui, la situation qui prévaut
actuellement au Togo, est
salutaire et lui permet de narguer
ce peuple qui ne lui avait accordé
qu’un peu plus de 0 % lors de
l’élection présidentielle de juin
2003. Sa présence à la primature
est plus une vengeance qu’une
volonté de servir le pays. Sinon,
comment comprendre qu’un chrétien
de sa trempe puisse faire fi des
jérémiades des populations en
continuant à soutenir ou
entretenir le statu quo ? Ne
dit-on pas que la voix du peuple
est celle de Dieu ?
A en croire plusieurs
observateurs, le patron de la CPP
serait l’un des cerveaux de ceux
qui tentent de saboter le prochain
dialogue. Le voyage qu’il a
effectué le jeudi 02 février au
Burkina Faso avait un relent de
complot. Il était accompagné pour
la circonstance du directeur de
cabinet de la présidence, Pascal
Bodjona et le contrôleur des
activités du ministre d’Etat,
ministre des Affaires Etrangères,
Gilbert Bawara. Ces deux individus
sont de véritables irréductibles
du pouvoir RPT, ce qui veut dire
qu’on est allé préparer le terrain
pour la cause du parti au pouvoir
et de ses deux tentacules qui sont
dans l’« opposition
traditionnelle ». Au cours
donc de cette visite, « son
Excellence sa Suffisance » a
été très prolixe en laissant
entendre que « les 22
engagements ont été presque tous
mis en œuvre » et il ne reste
que le point concernant le
dialogue politique. « Nous
sommes venus rendre une visite de
courtoisie au président Blaise
Compaoré de la part de son frère
Faure Gnassingbé … lui souhaiter
bonne année … Nous avons discuté
avec lui de la possibilité de
tenir, ici à Ouaga, les assises de
ce dialogue », avait-il
déclaré avant d’ajouter que la
discussion portera, entre autres,
sur le code électoral et le cadre
pour l’organisation des élections
législatives.
Mais le hic, c’est que
ce dialogue se déroulera sans
médiateur ni facilitateur. Le
diplomate algérien, Lakhdar
Brahimi proposé par Kofi Annan sur
demande de Louis Michel a été
récusé par ce dernier, la France
et plus tard par le gouvernement
togolais bien que le Secrétaire
Général ait déclaré que son parti
est prêt à accepter tout
facilitateur, « seulement que
celui qui sera désigné ne doit pas
être une personne à polémique mais
plutôt qui connaît mieux le
problème togolais et qui sera
enfin quelqu’un qui n’a jamais
pris position dans le cadre de la
crise togolaise ». Même le
mémorandum que Faure avait remis
aux partis prévoyait qu’au « besoin,
le dialogue bénéficiera du
concours d’une personnalité
étrangère ayant pour rôle de
faciliter et animer le débat ».
Après donc le blocage au niveau de
la désignation d’un observateur,
les Togolais sont laissés à
eux-mêmes et c’est le gouvernement
Kodjo qui est chargé d’organiser
le dialogue et d’imposer les
sujets à aborder.
Convaincus que les
Togolais sont fatigués des
élections qui n’apportent pas le
changement escompté, le pouvoir et
ses alliés veulent prendre
l’opposition de vitesse en allant
rapidement aux élections et en
passant sous silence les problèmes
de l’impunité, du retour des
réfugiés, de la réforme de
l’armée. A défaut, il faut faire
tout pour que le dialogue
n’aboutisse pas. Et cela fait
l’affaire du leader de la CPP qui
veut mourir à la primature comme
le père de …
Evans Yemey. |