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12 fevrier 2006

 
[ No 57: 10 fev 2006]
Statu quo au Togo : Edem Kodjo, le grand bénéficiaire du pourrissement de la situation
 

« … Il nous faut, délaissant les voies d’un manichéisme sommaire, prendre la véritable mesure de nos échecs répétés. Nous devons nous convaincre aujourd’hui plus que jamais, de la nécessité de dépasser la logique de confrontation stérile et destructive, et, nous donnant la main en filles et fils d’une même famille, entraîner notre pays sur la voie constructive de la réconciliation, de l’unité nationale et du développement. J’en appelle solennellement à toute la classe politique, à la société civile, aux hommes et aux femmes de ce pays pour que nous entreprenions ensemble une rénovation nationale », lit-on dans le discours-programme d’Edem Kodjo.

Mais les actes qu’il pose actuellement montrent qu’il ne veut pas une résolution définitive de la longue crise togolaise. Etant à son automne politique, il n’espère plus rien en politique. Pour lui, la situation qui prévaut actuellement au Togo, est salutaire et lui permet de narguer ce peuple qui ne lui avait accordé qu’un peu plus de 0 % lors de l’élection présidentielle de juin 2003. Sa présence à la primature est plus une vengeance qu’une volonté de servir le pays. Sinon, comment comprendre qu’un chrétien de sa trempe puisse faire fi des jérémiades des populations en continuant à soutenir ou entretenir le statu quo ? Ne dit-on pas que la voix du peuple est celle de Dieu ?

            A en croire plusieurs observateurs, le patron de la CPP serait l’un des cerveaux de ceux qui tentent de saboter le prochain dialogue. Le voyage qu’il a effectué le jeudi 02 février au Burkina Faso avait un relent de complot. Il était accompagné pour la circonstance du directeur de cabinet de la présidence, Pascal Bodjona et le contrôleur des activités du ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères, Gilbert Bawara. Ces deux individus sont de véritables irréductibles du pouvoir RPT, ce qui veut dire qu’on est allé préparer le terrain pour la cause du parti au pouvoir et de ses deux tentacules qui sont dans l’« opposition traditionnelle ». Au cours donc de cette visite, « son Excellence sa Suffisance » a été très prolixe en laissant entendre que « les 22 engagements ont été presque tous mis en œuvre » et il ne reste que le point concernant le dialogue politique. « Nous sommes venus rendre une visite de courtoisie au président Blaise Compaoré de la part de son frère Faure Gnassingbé … lui souhaiter bonne année … Nous avons discuté avec lui de la possibilité de tenir, ici à Ouaga, les assises de ce dialogue », avait-il déclaré avant d’ajouter que la discussion portera, entre autres, sur le code électoral et le cadre pour l’organisation des élections législatives.

            Mais le hic, c’est que ce dialogue se déroulera sans médiateur ni facilitateur. Le diplomate algérien, Lakhdar Brahimi proposé par Kofi Annan sur demande de Louis Michel a été récusé par ce dernier, la France et plus tard par le gouvernement togolais bien que le Secrétaire Général ait déclaré que son parti est prêt à accepter tout facilitateur, « seulement que celui qui sera désigné ne doit pas être une personne à polémique mais plutôt qui connaît mieux le problème togolais et qui sera enfin quelqu’un qui n’a jamais pris position dans le cadre de la crise togolaise ». Même le mémorandum que Faure avait remis aux partis prévoyait qu’au « besoin, le dialogue bénéficiera du concours d’une personnalité étrangère ayant pour rôle de faciliter et animer le débat ». Après donc le blocage au niveau de la désignation d’un observateur, les Togolais sont laissés à eux-mêmes et c’est le gouvernement Kodjo qui est chargé d’organiser le dialogue et d’imposer les sujets à aborder.

            Convaincus que les Togolais sont fatigués des élections qui n’apportent pas le changement escompté, le pouvoir et ses alliés veulent prendre l’opposition de vitesse en allant rapidement aux élections et en passant sous silence les problèmes de l’impunité, du retour des réfugiés, de la réforme de l’armée. A défaut, il faut faire tout pour que le dialogue n’aboutisse pas. Et cela fait l’affaire du leader de la CPP qui veut mourir à la primature comme le père de …

Evans Yemey.

 
 

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