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L’Organisation des Nations Unies
vient de matérialiser mardi
dernier ses menaces de sanctions à
l’endroit de certaines
personnalités ivoiriennes accusées
de bloquer le processus de paix en
Côte d’Ivoire. Il s’agit de deux
dirigeants des Jeunes Patriotes,
Charles Blé Goudé et Etienne Doué,
et un commandant des Forces
Nouvelles, Martin Kouakou Fofié.
Mais les questions que se posent
les observateurs de la crise
ivoirienne restent les suivantes :
ces sanctions seront-elles
efficaces ? L’ONU ne s’est-elle
pas trompée de cibles ?
Certes responsables, mais…
Ne pas sanctionner les
responsables des Jeunes Patriotes,
surtout Charles Blé Goudé, serait
une injure à l’endroit des
Ivoiriens et des amis de la Côte
d’Ivoire épris de paix. Car c’est
lui qui a toujours appelé les
jeunes qui se disent des patriotes
à descendre dans les rues, et
leurs manifestations, plus qu’un
soutien à Laurent Gbagbo, sont de
pures provocations à l’endroit des
Ivoiriens des autres formations
politiques de l’opposition.
Charles Blé Goudé a toujours prôné
la violence contre les intérêts
français et onusiens, les
atteintes physiques contre les
étrangers. Il n’a pas hésité à
appeler les jeunes à s’attaquer
aux forces onusiennes de la MINUCI,
aux forces françaises de
l’Opération Licorne. Des
Françaises furent entre temps
violées lors de la vague de
violence qui virent nombre de
Français et d’étrangers quitter la
Côte d’Ivoire pour regagner leurs
pays. Il a toujours un langage de
haine, de xénophobie et de
tribalisme, opposant le sud
considéré à tort ou à raison comme
chrétien et pro Gbagbo au Nord dit
musulman et pro Ouattara, le
leader du Rassemblement Des
Républicains (RDR). Tout
dernièrement, Abidjan a été
bloquée pendant plusieurs jours
par les Jeunes Patriotes à l’appel
de Charles Blé Goudé à la suite du
refus du Groupe International de
Travail sur la crise ivoirienne (GIT)
à proroger le mandat de
l’Assemblée Nationale Ivoirienne.
Après analyse, force est de
reconnaître que ces sanctions
n’auront aucune efficacité, aucune
incidence sur la crise. Bloquer
les avoirs financiers de ces
personnalités et les interdire de
voyage à l’extérieur de la Côte
d’Ivoire ne résoudra rien. L’on a
d’ailleurs l’impression que tout
est fait pour que ces sanctions
n’affectent en rien l’orientation
de la crise, surtout quand on
sait que c’est la « France
hypocrite » qui a pris le
devant des pays ayant proposé
cette liste de trois personnes,
car elle y gagne assez. Etienne
Doué déclarait d’ailleurs n’avoir
pas de compte à l’étranger et être
prêt à rapatrier de France sa
famille pour vivre à Abidjan.
Combien de voyages ces gens
font-ils ?
Ces trois personnages sanctionnés
n’ont aucune personnalité, aucun
statut particulier ni en Côte
d’Ivoire, ni sur le plan
international. Blé Goudé et Doué
ne sont que des syndicalistes, de
simples exécutants de stratégies
de blocage peaufinées par le
sommet. Le commandant Kouakou
Fofié par ces sanctions vient se
soustraire à l’anonymat. Les
personnages sanctionnés ne sont
que des personnalités de second
rang que cachent d’autres. L’on se
rappelle une mise en garde
dernière de Kofi Anan à l’endroit
des hautes autorités qu’il
déclarait tenir responsables de ce
qui arriverait aux forces
onusiennes et au personnel. Ces
hautes autorités sont-elles celles
qui sont sanctionnées ?
Le principal responsable, c’est
Gbagbo
Tout observateur crédible de la
crise ivoirienne doit se rendre à
l’évidence que le vrai responsable
du blocage du processus de paix en
Côte d’Ivoire n’est autre que
l’actuel président, Laurent Gbagbo.
Le personnage s’est toujours
illustré par la remise en question
des accords qu’il a librement
signés. Celui de Linas Marcoussis
en est une illustration parfaite.
C’est lui qui a rendu la tâche
difficile au Premier ministre de
transition Seydou Diarra dont le
mandat n’aura été qu’un échec. Il
a dû supporter les sautes d’humeur
de Gbagbo tout son passage durant.
Pendant qu’il pose des actes de
blocage, il profite pour s’acheter
des armes. N’est-ce pas le Sukhoï
de l’armée qui a bombardé les
positions françaises de la force
Licorne ayant entraîné des morts ?
Et puis les Jeunes Patriotes
n’auront aucun pouvoir s’ils n’ont
pas la caution de Gbagbo. Il est
le planificateur de toutes ces
manifestations des Jeunes
Patriotes qui bravent ses pseudo
interdictions à manifester sans
qu’il ne bronche. La communauté
internationale lui a fait la part
belle en prorogeant, malgré le
refus de l’opposition politique et
des Forces Nouvelles, son mandat
d’un an quand bien même il
expirait réglementairement le 30
novembre 2005. Mais lorsqu’il
s’est agi que le GIT ait refusé de
prolonger le mandat de l’Assemblée
Nationale Ivoirienne, il y a
opposé une fin de non recevoir et
a laissé les Jeunes Patriotes
bloquer Abidjan pendant des jours.
Il a défié la communauté
internationale en la réinstallant
par décret présidentiel et a même
convoqué sa première session
extraordinaire pour mercredi
passé. Entre ces trois personnages
sanctionnés et Gbagbo, qui bloque
plus le processus de paix ?
L’hypocrisie de l’ONU donne raison
aux peuples qui optent pour la
lutte armée comme réplique à la
mal gouvernance. Ces personnages
sanctionnés ne que des boucs
émissaires, des faux-fuyants.
L’Onu n’a pas eu le courage de
sanctionner les vrais responsables
du blocage. Ce faisant, elle donne
raison à ceux qui ne se fient pas
à elle pour un règlement impartial
des conflits. Il faut des gens
pour la défier souvent afin
qu’elle prenne conscience, des
gens comme Mugabe du Zimbabwe,
Fidel Castro du Cuba, Ahmadjin
Hedjad de l’Iran, car l’hypocrisie
de l’ONU crève les yeux.
TINO Kossi
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