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Depuis quelques années, une ONG
créée par l’ancien Premier
ministre, Kwassi Klutsè, fait
beaucoup parler d’elle. Il s’agit
de l’ONG « Investir dans
l’humain ( IDH ) » qui a une
école de BTS, des institutions de
micro finances et qui mène
d’autres activités. Mais il se
passe des choses incroyables au
sein de cette organisation. Ce qui
nous intéresse aujourd’hui, c’est
l’école de BTS où tout se gère
dans un ordre sans précédent.
En effet, la section BTS de l’IDH
a été créée, selon l’ancien PM,
pour permettre aux démunis à
accéder à l’étude supérieure à
moindre coût. Cependant, ce qui se
passe sur le terrain est loin de
ces bonnes intentions. On a plutôt
l’impression que l’initiateur de
ce projet s’est caché derrière le
concept de « démunis » pour
les gruger davantage et au même
moment bénéficier du soutien des
bailleurs. Et au finish, c’est une
formation au rabais qui est donnée
aux étudiants.
Pour donc « aider les démunis »,
les frais de scolarité sont fixés
à 250 000 F CFA. Mais avant que
l’étudiant ne soit accepté, il lui
est demandé de payer 5 000 F pour
la pré inscription, 12 000 F pour
l’inscription et enfin 13 000 F
pour le frais social. Ces dépenses
ne sont pas comptabilisées dans
les 250 000 F des frais de
scolarité. Quant aux offres de
bourses souvent annoncées tambour
battant, elles sont un gros
canular. C’est juste une tentative
d’attirer les « démunis »
dans leur filet. Officiellement,
aucun concours n’est organisé pour
repérer les potentiels
bénéficiaires. Seul un groupuscule
d’étudiants est choisi à la volée
pour dit-on bénéficier d’une
bourse entière ou d’une
demi-bourse. En cette période de
vache maigre, les parents, ne
pouvant pas supporter les frais
des autres écoles de BTS de la
place, ont recours à l’IDH. En
diminuant les frais de scolarité
et en arguant qu’ils « investissent
dans l’humain », Klutsè et ses
amis compensent le manque à gagner
avec l’effectif qui est très
important. Aujourd’hui, ils sont
plus de 1 000 étudiants à
s’inscrire dans cette école.
Conséquence, les étudiants d’une
école de BTS sont entassés dans
les salles de classe comme les
élèves des classes de 6ème des
CEG de la capitale. Par exemple,
dans la filière Comptabilité et
Gestion des Entreprises, ils sont
près de 70 dans la salle.
En outre, à l’IDH, il y a presque
toutes les filières. Le problème
ici c’est que toutes ces filières
créées en désordre ne sont pas
équipées. Il est connu de tous que
dans la formation BTS on met les
étudiants dans l’ambiance
informatique quelle que soit la
filière. N’est-ce pas
qu’aujourd’hui, c’est
l’Informatique qui gouverne le
monde ? Le problème est même
accentué dans les filières où
l’usage de l’Informatique est
nécessaire. C’est le cas par
exemple de la filière Informatique
de Gestion qui comprend deux
options : Développement
d’application et gestion des
entreprises. Mais dans les salles
informatiques, le spectacle est
désolant. Le peu d’ordinateurs que
l’école dispose sont désuets et
datables avec le carbone 14. Ils
ne sont pas assez puissants pour
supporter les logiciels avec
lesquels les étudiants ont besoin
de travailler.
Pour camoufler alors l’absence
criarde de matériels, la direction
de l’école a opté pour une ruse.
Elle essaie de jumeler
maladroitement certaines filières.
L’année dernière par exemple, les
étudiants de l’Informatique de
Gestion ont été mélangés avec
leurs camarades des filières
économiques. Pendant toute l’année
académique, ceux qui sont en
Informatique de Gestion n’ont
avalé que plusieurs heures de
cours de comptabilité. De plus, il
y a dans certaines classes, trois
filières qui n’ont rien en commun.
Le Développeur d’application, les
Finances Banques ainsi que les
comptables gestionnaires reçoivent
quasiment les mêmes cours durant
toute l’année. Cette situation
crée aux étudiants beaucoup de
difficultés dans leur matière de
spécialisation. Ce qu’ils y
apprennent ne sont pas en phase
avec ce qui se fait dans les
autres écoles de BTS. Et ils
traînent beaucoup de tares quand
ils arrivent en deuxième année,
l’année de la pratique des
théories reçues en première année.
Au lieu de corriger cet état de
chose et d’augmenter les heures
pour permettre aux étudiants de
rattraper le retard, Klutsè et les
siens ont adopté une solution
singulière. C’est le moment qu’ils
ont choisi pour réduire les heures
des enseignants sans les avoir au
préalable consulté. Chaque filière
a été touchée par cette mesure et
les enseignants ont perdu jusqu’à
8 h à 10 h de cours. Ainsi, si un
enseignant en Informatique a deux
heures de cours dans la filière
Finances Banques et quatre heures
en Informatique de Gestion, les
six heures qu’il a par semaine
dans les deux filières deviennent
trois heures. Et les étudiants de
ces deux filières incompatibles
sont mélangés et obligés de suivre
le même cours d’Informatique. A
cela s’ajoute le problème de
manque d’enseignant.
Un autre problème que vivent les
étudiants est celui de logement.
Ceux qui ont été logés l’année
dernière ont été chassés dans les
vacances de leur chambre et jetés
dans la rue. Rappelons qu’ils
étaient deux par chambre et
payaient 50 000 F pour dix mois.
Mais cette année, les deux
résidences, qui sont restées, leur
ont été louées à 70 000 F. Ils ont
transformé les autres résidences
en bureaux qui portent l’écriteau
« Entreprenariat», «en réseau
d’ONG » et qui sont quasiment
vides. Ceci dans le but de sauver
les apparences et gagner l’estime
des partenaires.
Les tractations des étudiants vers
le fondateur, Kwassi Klutsè, pour
l’informer de la situation sont
restées vaines. « On ne vous
force pas à venir. Si vous n’êtes
pas satisfait, vous êtes libres de
vous faire apprécier ailleurs ».
C’est souvent cela la réponse du
sauveur des « démunis ».
Mais quand il s’agit d’organiser
la semaine de l’étudiant qui lui
permet de vendre un peu son école,
on n’hésite pas à mobiliser des
fonds. Selon certaines
indiscrétions, c’est la bagatelle
somme de 1 800 000 F qui serait
débloquée pour le bamboula. Ils
n’ont que faire des conditions de
travail des étudiants. Simulacre
d’« investissement dans
l’humain ».
Hose Koffi
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