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Après plusieurs mois de
tergiversations, Faure Gnassingbé
a, à quelques jours du sommet « France
A fric », convoqué à la
va-vite les cinq partis
signataires de l’Accord cadre de
Lomé : le RPT et ses béquilles la
CPP et le PDR, et les trois partis
de l’opposition démocratique CAR,
CDPA, UFC et deux associations
féminines pour, dit-on,
« relancer » un dialogue qui
n’a même pas encore commencé. Il
convient également de rappeler que
cela a été fait suite à l’annonce
de l’arrivée au Togo d’une mission
de l’Union Européenne.
A l’occasion de cette
ouverture du dialogue, Faure
Gnassingbé a remis aux différentes
parties prenantes un mémorandum
dans lequel le pouvoir fixe le
contenu, les sujets et les
modalités de ce dialogue tout en
prenant soin d’y écarter les
vraies questions qui empêchent le
pays de se développer. A preuve,
la question de l’impunité est
écartée du dialogue ainsi que
celle relative à la réforme de
l’armée.
Une semaine a suffi aux partis
pour répondre à ce mémorandum. Ils
ont tous remis leurs propositions
et observations à Faure. « L’UFC
considère en conséquence que le
but du dialogue est de discuter
des questions d’intérêt national
visées ou non par les 22
engagements, mais dont le
règlement est nécessaire à
l’apaisement du climat politique
et à l’instauration de la
démocratie et de l’Etat de droit
dans notre pays », a fait
observer l’UFC de Gilchrist
Olympio. Suite à une rencontre
avec les responsables des partis
politiques, Faure Gnassingbé a
rangé les différentes propositions
dans les tiroirs pour aller
participer au sommet « France A
fric » à Bamako. Là, il a eu
deux rencontres avec le
Commissaire européen au
développement et à l’Action
humanitaire, le Belge Louis
Michel. La deuxième rencontre
serait même déroulée en présence
de l’« ami personnel de son
père », Jacques Chirac. La
conséquence de ses entrevues fut
l’annulation de la mission
d’évaluation de l’UE qui devrait
arriver au Togo le 08 décembre
dernier. Pour les soutiens du
clan, il faut faire avancer le
dialogue avant de prévoir une
visite d’une délégation européenne
au Togo et s’entendre sur un
minimum de préoccupations à savoir
le lieu de ce dialogue et le
médiateur qui devrait en faciliter
son bon déroulement.
Tout a été donc bloqué sur le
point qui concerne la médiation.
Moustapha Niasse, l’ancien Premier
ministre sénégalais et
ex-médiateur du dialogue inter
togolais de juillet 1999, a été
entre temps proposé par Louis
Michel qui avait tenu des propos
tendancieux lors de ses rencontres
avec Faure à Bamako. Ce médiateur
a été vite rejeté par certains
partis de l’opposition qui sont
désormais méfiants à l’égard des
« nègres africains » pour
le rôle trouble qu’ils ont joué en
entérinant la « dictature
héréditaire ». Des
indiscrétions ont fait aussi état
de la proposition de Ousmane Sy,
ancien expert du Programme des
Nations Unies pour le
Développement (PNUD) et ancien
ministre de l’administration
territoriale et des collectivités
locales sous Konaré. Cette
proposition a été également
rejetée. Le nom de l’ancien chef
d’Etat capverdien Anthonio
Mascarenhas Monteiro, qui a déjà
séjourné au Togo, le 18 février
2005 pour le compte de l’OIF suite
à l’accession dysnatique de Faure
au pouvoir, a entre temps circulé.
Devant cet imbroglio, Louis Michel
a finalement eu recours au
Secrétaire Général de l’ONU, Kofi
Annan, pour le choix d’un
facilitateur qui puisse être
accepté par toutes les parties.
C’est dans ce sens que le
diplomate algérien, Conseiller
Spécial du Secrétaire Général,
Lakhdar Brahimi, a été proposé.
Celui-là même qui aime se
surnommer « l’intermittent du
maintien de la paix », a déjà
fait ses preuves dans nombre de
pays.
Le vendredi 20 janvier dernier, il
a été reçu à Bruxelles par le
Commissaire Louis Michel et il ne
reste qu’à le confirmer dans ses
nouvelles fonctions. Mais des
indiscrétions font état de ce que
le pouvoir de Lomé ne serait pas
d’accord sur le choix de ce
diplomate rigoureux et qui veut
tout de suite des résultats. C’est
ce qui fait d’ailleurs traîner sa
confirmation. En outre, des
sources proches de Bruxelles
indiquent que Louis Michel ne
serait pas émerveillé de la
désignation du diplomate algérien.
Mais puisque c’est lui-même qui a
pris attache avec le Secrétaire
Général de l’ONU, il manque
d’argument pour rejeter ce choix.
Pour satisfaire ses desiderata qui
sont également ceux du RPT et de
la France, il se propose
d’adjoindre à Brahimi, l’ancien
Premier ministre sénégalais,
Moustapha Niasse. Que
redoute-t-il en optant pour cette
stratégie ? Veut-on encore faire
du « romantisme politique »
en désignant pour la longue crise
togolaise des médiateurs
manipulables à merci ?
Tout compte fait, le diplomate
algérien a refusé qu’on lui
associe Moustapha Niasse et exigé
qu’on lui laisse les coudées
franches pour faire le travail.
Mais pour l’heure, la question de
la facilitation constitue un
blocage au démarrage effectif des
discussions.
Hose Koffi |