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Nous avons souvenance qu’il y a
environ six mois, un député membre
du parti du Président nigérian
Olusegun Obasanjo et très proche
de ce dernier avait eu à dénoncer
les manœuvres qui se préparaient
côté présidence nigeriane pour une
modification de la constitution du
pays, en vue de permettre à
Obasanjo de briguer un troisième
mandat. Tout le monde sait que
l’Afrique est devenue un continent
d’attardés volontaires à la risée
du monde et où la mode de changer
la constitution semble devenue un
vrai jeu d’enfants.
Plusieurs chefs d’Etat l’ont
essayé et n’ont pas rencontré
grande difficulté. Notre fameuse
Communauté internationale, elle
aussi dont l’UE, le Commonwealth,
y compris les puissances
occidentales qui prétendent
encourager et soutenir la
démocratie en Afrique comme les
USA, la France, la Grande
Bretagne, ainsi qu’une grande
organisation comme l’ONU, gardent
le silence, s’ils n’encouragent
pas ou ne félicitent pas les
violateurs de constitution dans
leur initiative par un coup de fil
discret.
Le Président Mamadou Tandja du
Niger, au moment de passer la main
à un autre chef d’Etat pour
présider aux destinées de la
comateuse CEDEAO, s’est vu
prolonger son mandat de président
en exercice pour une année encore
dans le jonglage et la médiocrité
qu’il a étalés toute l’année 2005.
Défaut de candidat? On s’attendait
à ce que Obasanjo au dernier
sommet de Khartoum, se voie aussi
prolonger son mandat au poste de
Président en exercice de l’UA et
maintenir en place le
« parfait » tandem Obasanjo-
Tandja (Nigeria Niger), deux
mauvais panafricanistes qui ont
enfoncé davantage les Togolais
dans la souffrance. Beaucoup de
média donnaient Obasanjo reconduit
pour un nouveau mandat avant même
la tenue du sommet de Khartoum.
Tel n’a pas été le cas.
Finalement, on a été surpris qu’il
cède « la couronne » à un
autre; pas en Afrique orientale
mais centrale. Nous sommes
convaincu qu’il a dû insister pour
s’en démettre, afin d’être libre
avant 2007, année de la prochaine
élection présidentielle au
Nigeria. Certainement que d’ici la
fin de l’année 2006, on verra
Olusegun procéder manu militari à
la modification de leur
constitution, lui qui n’avait pas
eu le courage de réagir
personnellement pour démentir les
rumeurs à la manière de Mathieu
Kérékou.
N’allons pas trop vite en besogne.
Peut-être, en bon Yoruba, en bon
militaire reconverti à la vie
civile, et en bon ex-chef d’Etat
réélu démocratiquement, il nous
réservera la deuxième bonne
surprise après celle de Kérékou
qui a su montrer que même
caméléon, il sait refuser, le
moment venu, de changer de couleur
pour être en harmonie avec son
environnement. Attendons de voir!
Si au bout du compte, Obasanjo est
incapable de suivre l’exemple
donné récemment par son voisin
direct de l’Ouest, alors tous les
Africains comprendront que ce
Monsieur, en dépit de son grand
âge, manque cruellement de sagesse
et qu’il n’est pas de ces chefs
d’Etat à même d’œuvrer pour le
développement et le mieux-être de
notre Continent. Avouons qu’il
serait très malsain d’oser
modifier la constitution de son
pays tout en occupant le fauteuil
de président en exercice de
l’organisation panafricaine, d’où
question de stratégie. La balle
est dans le camp du Monsieur qui
avait décidé de sacrifier les
pauvres Togolais sur l’autel d’un
siège au Conseil de Sécurité des
Nations Unies.
Alain SIMOUBA
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Sommet de l’UA à Khartoum :
Le
moins pire a été choisi
Le 6e sommet
ordinaire de l’Union Africaine qui s’est tenu les 23 et 24 janvier derniers à
Khartoum a mobilisé beaucoup d’énergie autour de la présidence de l’Union. Ce
thème a abordé 80% du temps du sommet et les autres points inscrits à l’ordre du
jour n’ont été qu’épluchés.
Le
mandat du président en exercice de l’Union, Olusegun OBASANJO, arrivant à terme,
il fallait assurer sa succession et c’était à l’Afrique Orientale que revenait
la présidence selon le principe de rotation d’une présidence tournante à
l’instar de l’Union Européenne. Le soudan abritant le sommet, son président Omar
el Béchir déposa sa candidature. Mais ce dernier n’a pas une bonne image de
marque eu égard à la situation, hier au sud Soudan, aujourd’hui avec la crise au
Darfour où les populations civiles sont la cible des milices armées qui les
soumettent à des traitements inhumains. La violence et l’impunité y sont de
règle et la violence gagne le Tchad voisin. Fallait-il confier la direction
d’une organisation qui se veut promotrice de paix, d’union et de développement à
un président d’un pays en guerre qui abrite des rebelles sur son territoire et
qui déstabilisent un Etat voisin souverain ? Il a fallu des heures interminables
de débats, des huis clos, des tentatives de dissuasion pour que Béchir accepte
retirer sa candidature. Reste à trouver un autre candidat à ce poste qui risque
d’être vacant avec l’arrivée à échéance du mandat de celui qui a bradé le sort
des Togolais en apportant sa caution manifeste à la succession familiale au
trône. On a dû convaincre Denis Sassou N’Guesso du Congo Brazzaville à déposer
sa candidature sans grande conviction. Il fallait trouver « un président »,
ce qui justifie le choix de Sassou N’Guesso dont le pays se situe normalement en
Afrique Centrale. Il a donc fallu que l’UA « viole légitimement » le
principe d’une présidence devant revenir à l’Afrique Orientale. Le nouvel élu ne
l’a point été, il a été tout simplement plébiscité. Il devient président en
exercice de l’UA non pas parce qu’il incarne les vertus de rassembleur d’hommes.
Il ne saurait être cité parmi les références en matière de démocratie en
Afrique. Son pays n’est pas à l’abri de conflits armés. Il n’est point un
personnage charismatique. C’est un président de vice, de compromission qui devra
combler un vide créé par la sortie de l’ancien président. Cette question a
mobilisé tellement d’attention que les autres furent à peine ébauchées. La
question de l’extradition de l’ancien dictateur tchadien réclamé par la Belgique
pour son jugement a été étudiée à la va-vite. La décision prise n’illustre que
les faiblesses de cette organisation panafricaine déjà éprouvée par des vices de
fonctionnement. Les chefs d’Etats de l’Union se sont unanimement opposés à
l’extradition d’Hissène Habré pour répondre devant un tribunal international au
nom du principe de la compétence universelle malgré les charges de crime contre
l’humanité retenues contre lui. Et pourtant depuis que Abdoulaye Wade a refusé
de l’extrader et soumis le dossier à l’appréciation du l’Union Africaine, aucun
ne s’est engagé à le juger sur son territoire. Cette position des dirigeants
africains a tellement contenté Me El Hadj Diouf, l’avocat de Habré, qui s’est
permis de déclarer que « L’Afrique n’a pas de leçon à recevoir des Blancs en
matière des droits de l’homme ».
Oh que si !
C’est du délire de sa part. L’Afrique est encore à des années lumières de la
Démocratie. Cette position sur l’extradition de Habré est un recul, un déni
volontaire de l’Etat de droit. C’est une caution tacite à la perpétuation de la
mauvaise gouvernance, de la dictature, des brimades sur les populations, des
conflits, des génocides sans que leurs auteurs ne soient inquiétés par la
justice car protégés par les chefs d’Etats. L’Union par cet acte vient assurer
la promotion de ces vices politiques.
Le fait de
repousser à 2007 l’attribution de la présidence au Soudan n’est qu’un report des
difficultés réveillées par l’élection d’un président. Il est clair que Sassou
N’Guesso est un palliatif, un président générique… Et si en 2007 la situation
au Darfour ne s’arrangeait pas, doit-on élire cette fois-ci Béchir parce qu’on
l’a fait attendre ?
Les mécanismes
de fonctionnement et les principes sont assez défaillants. C’est l’occasion de
mieux penser la question de la succession car bon nombre d’Etats africains sont
en guerre. Que ce ne soit pas aux présidents en fonction seuls que revient la
présidence. On pourrait initier par exemple le principe des grands électeurs qui
devrait d’abord étudier les vertus démocratiques du candidat à ce poste qui
pourrait être tout intellectuel imbu de démocratie. Et si l’on essayait aussi de
confier tous les pouvoir à l’actuel secrétaire exécutif de la commission de
l’UA, Alpha Omar Konaré qui est un « monument démocratique » en Afrique ?
Comme cela on éviterait des désaveux entre le président et son secrétaire
exécutif comme OBASANJO avant désavoué KONARE à propos du Togo.
L’union devrait procéder à certains réglages de fonctionnement. Elle gagnerait
assez en crédibilité en se remettant en question.
TINO Kossi
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