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CAN |
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2006 |
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[ No 53: 27-01-06]
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CAN Egypte 2006: Et
les Lions crucifièrent les
Eperviers… |
L’élimination au premier tour des différentes phases finales de la
Coupe d’Afrique des Nations
auxquelles le Togo a eu la chance
de participer devient comme un
signe indien qui le poursuit.
L’histoire s’est répétée après les
CAN de 1972, 1982, 98, 2000 et
2002. Egypte 2006 n’est que la
dernière en date, une compétition
que les Eperviers savent devoir
quitter par anticipation bien
qu’il reste un match à jouer.
Grande était la désillusion…
La déception était
perceptible sur tous les visages
le mercredi dernier à 20 heures.
Bon nombre de téléspectateurs
s’étaient tus, non pas parce
qu’ils n’avaient rien à dire, mais
parce qu’ils avaient perdu la
langue. Au sortir du Centre
Informatique Humaniste à
Nyékonakpoè où il a suivi la
rencontre Cameroun-Togo, un jeune
laissa entendre : « … je
n’avais pas pu manger le samedi
dernier avant de me coucher… Ce
sera pareil aujourd’hui ».
Ceux qui le pouvaient, parlaient
un tant soit peu d’Adébayor, du
penalty qu’aurait pu siffler
l’arbitre sur lui, de la méforme
de Touré Shérif, regrettaient les
ratées anthologiques de Kader lors
du premier match, de l’absence
d’Adébayor à cette rencontre, pour
enfin se consoler par le jeu dans
l’ensemble plaisant que les
Eperviers ont fait contre les
Lions Indomptables. Un groupe,
pour se consoler, décida de
confier son chagrin à Dieu le
décideur au son de « Fofo si
nusè lé… ». Les supporters qui
avaient eu le courage de porter
encore les maillots Eperviers les
enlevaient et se dirigeaient
torses nus vers leurs habitations.
Il est à préciser que nombre de
supporters, tellement déçus par la
défaite du premier match liée à la
mésentente Keshi-Shéyi n’ont plus
voulu s’afficher en s’habillant
Eperviers. Ils avaient porté ces
maillots en gilet sous d’autres
chemises pour les exhiber en cas
de victoire. La psychose d’une
défaite était perceptible. Même
l’engouement en ville d’avant –
match n’était pas au rendez-vous.
C’est avec la peur dans l’âme que
les téléspectateurs ont suivi la
rencontre qui devrait crucifier
les Eperviers car les cris de joie
étaient rares et ne se faisaient
entendre qu’avec les coups de
génie d’Adébayor qui a assez
nargué Rigobert Song et Raymond
Kalla qui a eu un claquage à la
suite d’un coup de rein de la
« star togolaise ». Samuel
Eto’o et Meyong viendront plus
tard sceller le torts des
Eperviers. Un calme de cimetière
régna à Lomé qui ressembla, ce
soir du mercredi 25 janvier 2005,
à une ville fantôme.
Le grand bluff
Le monde sportif tout entier
attendait de voir le Togo
confirmer tout le bien qu’on
pensait de lui. C’était une
occasion pour les Eperviers de
dissuader les sceptiques d’une
qualification digne du Togo pour
la phase finale de la coupe du
monde en juin prochain en
Allemagne. C’était le moment de la
consécration car, selon les
différents classements FIFA, c’est
le Togo qui fait la plus nette
progression en Afrique au cours
des éliminatoires pour occuper le
56e rang
mondial. Avec seulement une
défaite au cours de ces
éliminatoires, le Togo a sorti
avec la manière Maliens et
Sénégalais et a fait preuve d’une
bonne régularité. Placé dans le
groupe de la France, Suisse et de
la Corée du Sud, les observateurs
étaient au rendez-vous du Caire
pour les épier car le football
togolais leur est inconnu. C’était
l’occasion de faire une bonne
prestation pour semer la trouille
chez leurs futurs adversaires au
Mondial 2006 et réciproquer la
méfiance à leur égard.
On avait des arguments car, bien
que la plupart des joueurs
togolais évoluent dans des clubs
moins célèbres, ils ont réussi par
la solidarité dans l’effort à
s’imposer devant des équipes
pourtant favorites. Le peuple
avait raison de croire en eux
parce que c’est sans doute la
meilleure équipe nationale qu’ait
connue le Togo, non pas parce
qu’il est qualifié pour la
première fois au Mondial, mais
parce qu’il pratique enfin un
football de haut niveau, un jeu
plaisant.
C’est aussi une occasion manquée
pour les joueurs de taper dans
l’œil des recruteurs car ces
jeunes méritent d’évoluer dans de
plus grands clubs. Nous pensons en
prime au goal Agassa Kossi, qui
parait le plus malheureux dans
cette histoire car, malgré ses
qualités uniques qui le font
classer parmi les meilleurs
portiers africains après Tony
Sylva, le Sénégalais évoluant à
Lille, il fait la banquette au FC
Metz depuis des années derrière un
Grégory Wembe a qui il n’a rien à
envier. Alaixis Romao mérite
mieux que Louhan-Cuiseaux en CFA
français, Sénaya Yao Junior en 2e division
suisse et d’autres encore. Ils
auraient pu séduire un recruteur
s’il pouvait continuer la
compétition. Mais désolé…
A qui la faute ?
A Stephen Keshi bien sûr. Sans
pour autant donner l’impression
d’avaliser l’improvisation et
l’irresponsabilité virale des
dirigeants de la Fédération
Togolaise de Football (FTF) et des
autorités qui régentent le pays,
c’est le coach qui porte la
primeur de la responsabilité de
l’élimination des Eperviers au
premier tour de cette CAN Egypte
2006. Et ce ne sont pas ses coups
de gueule et ses mastications de
chewing-gum lors de la rencontre
du mercredi dernier qui vont en
dissuader les supporters. Il a
savamment créé un conflit
d’intérêt avec Adébayor qui
n’avait pas voulu donner une suite
heureuse à ses intentions de futur
manager de contrat. Par ego
personnel, il a écarté Adébayor au
premier match et les résultats
sont là… Or l’entrée d’une équipe
dans une compétition est très
importante. C’est cette entrée que
Keshi a sacrifiée pour tous les
Togolais sous l’autel des intérêts
personnels par la mise à l’écart
de Sheyi, un règlement de compte
en fait.
Les Togolais n’oublieront pas de
si tôt les ratées qui ont
caractérisé son choix des 23
joueurs pour la CAN. Ils ne
comprendront pas les raisons qui
l’ont poussé à écarter le milieu
titulaire de FC Valenciennes
Dossevi Thomas, le petit latéral
titulaire Richmond Forson qui
n’avait rien à envier à Zanzan,
Wadja Lantam qui avait stabilisé
le milieu de terrain par son
entrée lors de la rencontre
éliminatoire du Togo contre le
Sénégal à Lomé. Même les
diffuseurs de la rencontre fatale
du mercredi dernier ont exprimé
leur étonnement devant la non
sélection de Dossevi Thomas dont
ils disaient « avait lui au
moins des qualités pour garder la
balle ». Et comme pour
continuer dans cette séquence de
maladresses de choix, il a fait
évoluer des
« joueurs-passeoires » à la
défense face aux Trésor Lua lua et
compagnies. Zanzan et Eric Akoto
étaient « merveilleusement
perméables » corsé la défaite.
Même si les entrées de Tchangaï
Masamaesso et Ludovic Assemoasa
n’ont pas permis à l’équipe de
gagner le Cameroun, ces deux
joueurs ont eu le mérite de
« mieux » faire que les
remplacés au point de persuader
les supporters que leur
titularisation en lieu et place de
ces derniers au premier match
aurait pu éviter au Togo cette
défaite qui aura été le déclic à
l’élimination anticipée des
Eperviers que les Togolais
n’oublieront pas de si tôt.
En attendant le retour de
l’équipe, des dispositions
sécuritaires devront être prises
autour du coach car les supporters
sont assez agris contre lui…
TINO Kossi |
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